SLAVES
^^^-*^ ous les historiographes * sont d'accord que les Rutheniens anciennement ont été aj^ellé Russiens. Voire il a semblé aux plus récents historiens que les Rutheniens ( ou Roiiargais ) peuple de la Gaule Aquitanique , dévoient plutôt éti'e appeliez Rus-
» Mattb. Micrer. Polon. lir. II, eh. i. — Cliron. li . I, cb. X.
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siens , que Rutheniens. Mais d'où est sorty ce nom de Russien ? Non certainement d'ailleurs que de l'usage du mot ancien par lequel les mêmes peuples ont etc appelles Roxoliens. Mais depuis que la rudesse de la lettre X âiGOEKââiieklcë d'être adoucie par une SS. double, de là est avenu ^ que les Roxoliens ont été nommez Rossoliens, ou Rossiens ( comme il se trouvera avoir été souvent usurpé par les Grecs ) ou par deux syllabes Rhœens , et par les Latins Russiens; et la province a commencé d'être appellée Russie S qui étoit dicte Roxolanie. Pline fait mention des Roxoliens , peuples d'enti'e les Sarmalcs , et les assied à côté du palus Meotide , léquels par après dilatèrent leurs limites.
Que la région des Roxoliens, ou Rusr siens , ait été large et spacieuse , les écrivains de l'histoire de Pologne nous le témoignent, disans qu'elle contient en son circuit toute celle partie des Sarmates , qui
' Plin. Hist. liv. m,cli. i.
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est fermée du côté d'Orient, du palus Meotide, de laTaurique Chersonese, et du fleuve Tanaïs : du côté de Midy , des monts Cai^ pa tiens : du côté d'Occident, des bornes et limites de la Pologne et de Lituanie : contenant par ce moyen la plus grande part de la Sarmatie qui est en Europe. Ghromerus en l'histoire de Pologne* en parle ainsi :
Elle comprend ( dit-il ) , préque tout le terroir qui est entre le golfe de Venedie, Livonie, Suesse, TOcean glacé, le Rha ou Volga , le palus Meotide , la mer Pontique, les monts de Sarmatie, la Pologne , la Lituanie et Samigitie. Tous aussi sont d'accord et confessent que la Moschovie appartient à la Russie *j et que ceux de ce pais là portans premièrement le nom de Russiens, furent appeliez Moschovites du nom d'un fleuve, ou ville dicte Mosqua.
Tout semblablement d'une commune voix témoignent , que ces peuples receurent l'E-
' Chrom. liv. V de THist. de Pol. ch. x, xii, xiv. ' Cbrom. et Matth. liv. II, cb. m, et les autres»
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vangUe par Tevéque de Consta'Dtinople, au tems <\e Basile et de son fils Constantin , et par même moyen leur^fut ctably un métropolitain à Kijow. Or pour le regard de la division , qui arriva par api^es entre les églises de Russie et de Moschovie , voicy ce que les ambassadeurs Russiens nous en ont fait entendre.
Un tems après que la foy chrétienne fut plantée en ces quartiers là; les princes de Moschovie , soit ou pour le chemin difficile à Kijow , ou pour la longueur du voyage, ou pour crainte qu'ils eussent, que par la frécjuentation des étrangers ( laquelle encores même à présent ils défendent soigneusement ) leur Etat rec^ist quelque altération ou détriment : ils supplièrent le patriarche de Constantinople leur donner un autre métropolitain : Mêmes n'a pas long tems qu'ils impetrcrent un patriarche pour être toujour présent et résident en Moschovie. De sorte que maintenant en la Russie sujette aux Polonois de vingt evéques, et plus, qui étoient sujets au métro-
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politain de Kijow , i} n'y en a plus que sept. Les autres , encores que par présens et dons fréquents, ils reconnoissent son droit et autorité , obfissent toutefois au patriarcheevéque de Moschovie. C'est ce qu'ils en disent. A quoi ils adjoutent encor :
Que ces sept avec leur métropolitain, desirans se réunir à l'Eglise de laquelle ils ont été long tems séparez , par un commun conseil , ont délégué d'entre eux , deux reverends personnages, sçavoir Hypatius Pociei , primat , evéque d'Uvlodimir et de Brestki : et Cyrille Terleczki, exarche , evéque de Luoeorija et Ostroiesera , premiers autheurs de cette délibération , pour en faire la requête à ce S. Siège et lui promettre obéissance tant en leur privé nom , que d'eux tous en gênerai. Ce qui , à la vérité, n'est pas un petit accroissement à l'Eglise de Dieu . et y a espérance qu'en bref la semence de la foy multipliera beaucoup plus abondamment en ces pais là. Cariaçoit que leurs diocèses soient en petit nombre , ils sont toutefois de large étendue, et com-
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prennent des provinces toutes entières assavoir la Podolie , Russie , Volinie , Podlachie , et le grand duché de Lituanie. Ils sont aussi ornez d'un grand nombre de mcnastères , y ayans en tous ces evéchez près de douze mille églises. Voire même il y a grande espérance que les Moschoviles ( qui sont de même langue et religion) se résoudront dans peu de tems , à se réduire , à l'imitation de ceux cy : principalement quand ils sçauront que le S. Siège leur aura donné permission de garder en tout et par tout les coutumes et cérémonies de l'Eglise orientale desquelles ils sont fort étroits observateurs. Tel est le rapport que nous en ont fait les susdits ambassadeurs de Russie.
Or d'autant que nous avons appercu les historiens avoir passé , ou donné à entendre mal à propos beaucoup de choses , qui concernent TËglise de Russie : nous pensons qu'il ne sera point ennuyeux au lecteur de parler plus amplement de ces choses : produisans en premier lieu l'Annaliste de Po-
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iogne ^ , là où il faict mention de l'antiquité et religion des Kussiens.
Entre les saincts ( dit-il ) les Russiens honorent le plus Thaddée apôtre , disans qu41 les a enseigné et converty à la foy chrétienne. En après ils honorent aussi le sainct apôtre de Dieu Barthélémy , par lequel ils tiennent que ils ont receu beaucoup d'articles de la foy. Voila ce qu'il dit avoir entendu parmy ce peuple là. Auquel à la vérité i'adjoute plus de foy , qu'à ceux qui disent que le christianisme des Russiens commença environ Tan 990 , léquels tout maintenant nous montrerons faillir grandement.
Car il se trouve qu'au concile gênerai d' Antioche sous Tempereur lovinian, assista Antipater evéque de p.ussie , ou Rhœûe , ou Rossie^ selon l'interprétation latine (duquel nom nous avons montré nagueres les Rutheniens avoir été appeliez) et le même evéque se trouve avoir souscriptàl'epitre synodale présentée au même lovinian , qui se trouve en l'histoire ecclésiastique de Socrates'.
' Mattli. Mie. liv. U, ch. i. — ' Liv. IIT, ch. xxi.
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Mais si tant est <|ae cette nation a quelquefois receu la religion chrétienne : comme par faute de culture le chaiof) devient forestier , ainsi entre eux la religion se perdit : laquelle , an dire des historiens , fut diepois ramener* , et de nechef cultivée Pan 990 ou 9^0, sons îes empereurs Basile et Constantin.
Maisxen cecy encore esl-il manifeste qu'ils ont failly. Car il est certain par le témoignage des Grecs , que cela avint , non sous Basile le ieune qui tint l'empi*e avant €on<^ stantin , mais souz Tancien Basile , dit le Macédonien, qui après Michel commença à régner seul Fan de Nôtre Seigneur huit cens soixante sept. Ce que nous sçavons par le témoignage de Curopalates , Zonare et Nicephore : combien que quant à Nicephore , le discours entier qu'il en a fait ne soit point parvenu iusques à nous, nous étant senlement resté le sommaire du vingt troisième livre , oii il en traitoit. Mais oyés
» Matth. Mie. Hv. IT, cb. nxii, et Cron. liv. UT.
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un petit Curopalates exeeUent historien \ parlant de la conversion des Russiens faite par la diligence et le soin de Pemperenr Basile le Macédonien.
Les Rhœens (ainsi appelle-t-il les Russiens) ayant fait alliance arec eux (assavoir les Grecs ) Pempereur Basile firt cause qu'ils receurent le baptême, leur ayant envoyé un arche vécpie. Mais il est bon de raconter le rairade qui a vin t. Car étans encor et le prince du pais, et sa noblesse , et par même , tout le peuple , ensorcelez de la superstition payenne , et conferans leur ancienne reKgion avec la foy chrétienne , le prince ayant fait appeller Tarchevêque à eux nagueres envoyé , hiy demanda qu'ctoit-ce qu'il leur annonçoit , et quelle instruction cela leur pourroit apporter. L'archevêque tirant le sacré livre du divin Evangile , leur fit récit de quelques miracles que fit Nôtre Seigneur , lors qu'ayant pris chair humaine, il conversoit parmy
' Curopalates en la vie de Basile emp.