Voyez Saint-Yon, p. i3i
2. Voyez, sur la place de cette réserve et sur la disposition en lignes, qui ne semble pas avoir été bien comprise, même par les écrivains militaires, l’Atlas de Poirson, p. 7.
rent pendant la bataille. Cette réserve, se portant sur les points affaiblis, en arrêtant les avantages de l’ennemi, rendit, sans presque combattre, les plus grands services, et, à la déroute, fournit des troupes fraîches qui achevèrent la ruine des ennemis. Il faut remarquer que, dans aucun corps, les officiers ne cédèrent au désir de poursuivre le succès; après avoir repoussé l’attaque, tous se rallièrent à leurs positions ; l’ordre convenu fut conservé avec une exactitude qui montre la parfaite entente des chefs et de leurs subalternes.
On commençait, dans l’armée protestante, à comprendre l’importance de l’artillerie ‘ et la
I. Henri IV avait dit à Sully, à Coutras, en lui ordonnant de ramener les pièces: «Il faut faire paraître votre esprit et votre diligence: de l’artillerie bien logée, bien munie et bien exploitée, dépendra en grande partie le gain de la bataille. « Voyez Mémoires de Sully, éd. Mich. et Pouj., I, p. 62. Le manuscrit de la Bibl. nat., p. 3 5, 7114 ancien, 652 actuel, fait dire par le maréchal de Biron à ceux qui professaient que le canon faisait plus de bruit que d’effet : « L’artillerie, où elle donne à plomb, est si furieuse qu’on ne la peut longuement souffrir, et faut déplacer le bataillon où elle donne, ou le faire
venir au combat mal à propos ou en faveur
«... Je dirai de l’artillerie qu’il est bon d’en avoir quantité. 3> Voyez, Revue critique, 1874, p. 61, les notes
commander était un honneur recherché. A Coutras, Tarmée protestante en retraite est attaquée; Henri fait ramener par Sully les trois pièces qui étaient déjà de l’autre côté de la rivière, et elles aident puissamment au succès*. A Arques, les pièces placées sur le château rendirent un immense service; les quatre canons du retranchement sont un moment menacés, on les retire, pour les rétablir dans leur position quand l’ennemi est repoussé. A Ivry, Henri IV avait six pièces, sous le commandement de La Guiche. Il en sut tirer un habile parti, et l’on peut dire que ce fut la cause de la perte de la bataille pour les ligueurs , puisque ce fut l’infériorité de leur artillerie qui les força à quitter leurs positions 2.
Arrivé à portée de l’ennemi, le roi vit que
très-intéressantes de M. Tamizey de Larroque sur l’auteur de ce manuscrit.
1. La Confession de Sancy, chap. VIII, rappelle la surprise que produisit cette artillerie inattendue: «Toutes les bonnes personnes ont crû que les huguenots, estant forcés à la bataille, l’ont gaignée par trahison, parce qu’ils avoyent caché leur canon sous terre, et ainsi firent sauter nos gens en l’air, m