Voyez Mémorial, p
proposaient de faire charger ce reste des ennemis par la réserve qui était fraîche, d’autres d’employer les corps d’infanterie qui n’avaient pas combattu. Le maréchal de Biron conseilla de faire avancer le canon et de le traiter comme un bastion. C’est le premier exemple d’un déplacement de l’artillerie, dans une circonstance où elle est irrésistible et où elle produit un plus grand effet que les deux autres armes ensemble. A Arques le mouvement avait pour but principal de soustraire les pièces à l’ennemi, à Ivry il complète la déroute. En attaquant ce gros corps de Suisses, on aurait été obligé de sacrifier beaucoup de monde, peut-être sans réussir; en faisant amener du canon, Biron était sûr de les obliger à se rendre, ou au moins de leur faire essuyer de grandes pertes, sans en essuyer lui -même aucunes q
Les Suisses étaient dans l’impossibilité de résister. Le roi leur offrit une capitulation hono-
I. Voyez Saint-Yon, p. 346. Le général Suzane, dans VHistoire de l'artillerie (Hetzel, 1874, in-i 2], p. i 20, indique un déplacement de l’artillerie pendant la bataille. Il nous semble qu’il y a confusion d’Arques et d’Ivry.
rable, ils l’acceptèrent ^ L’artillerie avait commencé la bataille, elle l’acheva ainsi sans tirer.
La retraite des ligueurs se fît de deux côtés. Le duc de Nemours, Bassompierre, Tavannes, Rosne et quelques autres prirent la route de Chartres; Mayenne gagna Ivrj pour passer la rivière 2.
Le roi, afin de poursuivre les ennemis, partagea sa cavalerie en trois corps : un à droite sous le baron de Biron, un à gauche sous le grand prieur; il se mit à la tête de celui du milieu, où étaient les 3oo gentilshommes d’Humières arrivés pendant le combats. Mayenne, en passant par Ivry, avait rompu le pont; Henri fut obligé de gagner le gué d’Anet. Beaucoup de ligueurs se noyèrent en passant l’Eure. Les lansquenets essayèrent en vain de retarder la poursuite, en faisant dans les rues d’Ivry des barricades des corps de leurs chevaux, auxquels ils avaient
1. Voyez les termes de cette capitulation, Mémoires de la Ligue, IV, p. 259.