‹ Discours de la bataille de Garennes (Ivry) en mars 1590Chapitre 2 sur 25 · De Thou, in'-4f*, éd. de Londres, 1734, t. XI, p. I · texte numérisé non relu

De Thou, in'-4f*, éd. de Londres, 1734, t. XI, p. I

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secours très-importants danslagêne qui le pressait. En se retirant vers la Loire, il cessait de menacer Paris; la Ligue triomphante reprenait sur la population une autorité qu’elle commençait à perdre. Enfin (c’était l’opinion de Biron), si l’on reculait, Mayenne les suivrait et, les chargeant en queue au passage des rivières, leur ferait éprouver des échecs considérables et inévitables; si l’on attendait, les ligueurs attaqueraient en détail, et l’armée du roi, inférieure en nombre, obligée de livrer une série de petits combats, s’épuiserait même par les victoires et se réduirait à rien'. Le plus sûr était donc de chercher une bataille 2 dans laquelle la qualité des troupes, leur bon emploi et le choix du terrain compenseraient l’inégalité du nombre et donneraient un succès constaté et décisif.

Il nous semble qu’une raison plus puissante

1. Voyez Davila, t. III, p. 28, Histoire des guerres civiles de France. In- 40, 3 vol. 1757, Amsterdam.

2. Voyez recueil des Lettres missives de Henri IV, par Berger de Xivrey, t. III, p. 162 : « Il a plu à Dieu de m’accorder ce que j’avais le plus désiré: d^avoir le moyen de donner une bataille à mes ennemis, w

que les raisons militaires, et qui est la cause et l’explication de beaucoup de déterminations de Henri IV, forçait à une prompte solution. C’est le manque d’argent pour retenir les soldats et même les chefs, qui, ne recevant que des subsides insuffisants, étaient désireux de retourner à leurs propres affaires'. La première partie de la vie de Henri IV n’est qu’une lutte contre le besoin, une suite d’emprunts onéreux et d’expédients pour ne pas rendre ou obtenir des délais. Ses

I . Voyez Lettres missives publiées par Berger de Xivrey, t. III;

«... Rien ne me combat tant aujourd’hui que le défaut d’argent...» (28 décembre iSSq, au duc de Wurtemberg.)

«... La difficulté est au moyen de remboursement, estant mes affaires en tel estât que je ne fais que appauvrir en acquérant ... » (2 5 janvier iSqo, à Espernon.)

«... Si l’argent qui doit être apporté de la Rochelle est arrivé, amenez-le avec vous et venez promptement. . . » (i 5 janvier iSqo, à Duplessis.)

Duplessis apporta 80,000 écus qui furent immédiatement distribués. Voyez Pasquier, p. 842, Ed. Feugères.

A la fin de 1589 et au commencement de iSqo, Henri IV, pour emprunter, avait envoyé, au duc de Mantoue, de Thou; au Landgrave de Hesse et au comte de Montbéliard, Sancy; à Ulm et à Nuremberg, des Réaux et Perrot. (Voyez De Thou, t. XI, p. 79, 94, 96, 97.)

succès ne Pavaient pas enrichi, et il était nécessaire qu’un triomphe rassurât l’armée et l’engageât, par l’espérance d’un prochain résultat, à rester autour de son chef^.

Le I 2 mai, le soir de la levée du siège, l’armée va coucher à Nonancourt, où l’avant-garde était arrivée la veille 2. Afin de ne pas être surpris par

1. Voyez de Thou, t, XI, p. 69 et 1 47 : « A l’égard des troupes françaises, elles n’avaient que le pain qu’on leur fournissait tous les jours; on les retenait par l’espérance du butin... En avril iSqo, Méry fut pillé avec l’autorisation des officiers, persuadés que dans un temps où l’on avait si grand besoin de troupes, il valait mieux permettre quelque chose au soldat aux dépens de quelques particuliers, que de lui donner occasion de passer au service de l’ennemi, en voulant le retenir dans une discipline trop exacte. »

Voyez Lettres missives, t. III ; « Je crains que plusieurs soldats et gentilshommes demeurent derrière

« ... Je vous prie faire le procès à ceux qui manqueraient de me venir trouver. » (5 février iSqo, à M. de la Court.)

Henri IV nous a conservé l’exemple d’une terrible débandade de son armée après le siège d’Amiens, dans des temps cependant meilleurs ;

« J’avais jeudy au soir cinq mille gentilshommes; saraedy à midy, je n’en ai pas cinq cents. » (28 septembre 1597, à Catherine.)

2. Voyez Saint-Yon, p. laS ; Lettres missives^ t. III, p. i65 ; Mémoires de la Ligue, t. IV, p. 287.

une attaque imprévue, le roi, ce jour et le jour suivant, fit marcher ses troupes dans l’ordre de combat. Il évitait ainsi le désordre inséparable d’une manœuvre devant l’ennemi. Cette précaution nouvelle, enseignée depuis comme un principe, a servi de base à la théorie des manœuvres ‘ .

Le trajet, quoique court, fut très-pénible. Les troupes arrivent à Nonancourt par un grand froid et par une pluie battante. Elles y trouvent de grands feux et des vivres en abondance, que le maréchal de Biron, qui est partout dans cette bataille, fit distribuer avec ordre dans tous les quartiers, tant de cavalerie que d’infanterie 2.

C’est à Nonancourt que Henri soumit son plan aux membres du conseil , qui 1 approuvèrent. C^uelques écrivains modernes ont fait de Henri IV un vaillant gendarme, qui se jetait à corps perdu dans la mêlée, et par son exemple entraînait les troupes; les contemporains, plus justes, le considèrent comme un grand homme de guerre, et l’étude de ses campagnes confirme

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