‹ Discours de la bataille de Garennes (Ivry) en mars 1590Chapitre 3 sur 25 · Voyez Davila, p · texte numérisé non relu

Voyez Davila, p

leur jugement. Henri IV fut brave, et jusqu’à la témérité, quand il fallut l’être et qu’une attaque impétueuse était nécessaire à la réussite d un projet sagement médité^ mais, sauf quelques circonstances périlleuses , dans lesquelles son courage et souvent le hasard l’ont entraîné, il était brave à propos, et les précautions qu’il prit à chaque affaire indiquent un général qui croyait plus aux succès de la sagesse et de la science militaire qu à ceux de l’intrépidité personnelle. Ce qui est certain, c’est que Coutras, la première bataille rangée gagnée par les protestants, est la première bataille où il commandait en chef, et que depuis, partout où il a commandé, il a triomphé.

S il faut en croire le P. Daniel et Legrain, les officiers généraux trouvèrent son plan si beau et dressé avec tant d’habileté que tous jugeient qu il ny avait rien à changer î. Il en

I. ^ oyez Histoire de France{\n-J^'\ i 7 2 2 , Paris), 7 e vol., p. 45; Mémoires de la Ligue, t. IV, p. 288; et Legrain, Décade de Henri IV, etc. (in-40, i63 3, Rouen), p. 416 : « II montre ce plan... que tous, d’une voix, jugèrent (sans flatterie) avoir été digéré par une cervelle incomparable. »

remit copie au baron de Biron, qui devait faire la fonction de maréchal de camp général, et à Vic,mestre de camp, qu’il fît son sergent de bataille. Les troupes furent rangées afin de décamper dans l’ordre qu’elles devaient tenir dans la bataille même.

Malgré les affirmations du P. Daniel et de Legrain, il paraît qu’il y eut dans le conseil des officiers généraux qui déconseillèrent la bataille ' , ou qui, prévoyant un insuccès, songeaient aux mesures à prendre en cas de défaite. Voici ce qu’écrit Pasquier, annonçant la victoire

« Il délibéra de ne refuser le combat, encore qu’il en fût dissuadé par plusieurs grands capitaines Le mardi dont le lendemain on com-

battit, fut tenu conseil avec MM. les princes, et maréchaux de France, où il lui fut proposé que l’on ne donnait pas de batailles sans s’assurer d’un lieu de retraite , en cas de malheureux succès. Mais lui leur dit que de sa part il ne désignait autre lieu de retraite que le charup où

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