DE PARIS
(Séance du 7 juin 18'20.)
Messieurs ,
La sûreté de la Chambre n'existe pas , et depuis hier celle des citoyens n'existe pas davantage. Il est du devoir des ministres , il est de leur responsabilité de réprimer les excès qui ont eu lieu. Hier , un citoyen très estimable, M. Dubief, bijoutier, homme important dans son commerce , connu par son attachement au roi et à la Charte , était sur la place de la Concorde.
(Murmures à droite A droite : C'est une
expression de la révolution. ) Je dis sur la place Louis XV. J'avais improprement employé le mot de place de la Concorde , et je vois que ce mot ne convient pas à ceux qui m'interrompent M. Dubief
marchait avec un ami , non au milieu de la place , mais de coté. Il ne proférait pas un seul cri. Le commandant d'un détachement de dragons de la garde s'est approché , et a traité ces deux individus , qui étaient fort tranquilles , d'une manière très injurieuse.
L'un d'eux ayant fait quelques observations , a reçu un coup de sabre ; M. Dubief a le bras droit coupé jusqu'au tendon. Voilà comme la police s'exerce. 11 sera facile de savoir le nom de l'officier qui a si# indignement rempli sa mission. Je dépose la lettre de M. Dubief et la déclaration du chirurgien. J'espère que nous n'entendrons plus parler de charges de cavalerie contre des hommes qui ne font rien , qui n'ont aucune mauvaise intention. Je mets de tels actes tout entiers sous la responsabilité des ministres , et je demande si , dans cet état de choses , la sûreté de la Chambre et de la capitale est assurée.
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