‹ Discours de M. Benjamin Constant à la Chambre des DéputésChapitre 64 sur 72 · DE M. DE LA FAYETTE · texte numérisé non relu

DE M. DE LA FAYETTE

Séance du 4 juin 1821.)

Messieurs ,

J'attribue aux interruptions fréquentes et souvent tumultueuses , qui ont eu lieu sans doute , parce que les interrupteurs comprenaient mal le sens du discours J'attribue, dis-je, aux interruptions qui

ont empêché d'entendre M. de La Fayette, une partie de ce qu'on vient de dire ; car si l'on avait écouté avec attention, l'on aurait vu que jamais peutêtre on ne s'est élevé avec plus de force , avec la force d'une conscience plus profondément indignée , contre les excès de la révolution. Ce n'est sans doute que parce qu'on a cru voir une sorte d'apologie de ces excès , qu'on s'est opposé à l'impression du discours ; car si on avait vu dans ce discours ce qui y est, c'està-dire l'apologie des véritables principes de la liberté, des principes sur lesquels reposent nos institutions actuelles, ou sur lesquels elles reposaient, avant qu'on

ne les eût violées , on n'aurait pas voulu flétrir les principes qui ont dicté la Charte , que l'auteur de la Charte est venu professer lui-même plus d'une fois , tant en 1 790 que sur le trône , au sein de cette assemblée.

Je dis que dans le discours de M. de La Fayette on ne trouve que des principes adoptés par l'immense majorité de la nation — Quant aux censures qui s'y rencontrent contre la marche actuelle de l'administration , vous en avez toléré qui n'étaient pas moins fortes , et qui partaient d'un autre côté que celui où siège l'orateur ; ce ne peut donc être que par esprit de parti que l'on s'oppose à l'impression. M. de La Fayette a retracé toutes les horreurs de cet abominable ancien régime sous lequel la nation gémissait II a retracé les violations de la Charte , les outrages faits à l'indépendance nationale ; il a retracé les injustices dont les citoyens ont été victimes. Dans ce qu'il a dit , il n'y a rien qui ne soit d'une entière vérité ; il n'y a rien dont la nation ne soit convaincue. Ce qu'il a dit , nous le pensons tous ; ce n'est pas en refusant l'impression que vous empêcherez cette conviction d'exister et de faire chaque jour des progrès. Ne croyez pas qu'une majorité , quelque bruyante qu'elle soit , puisse dénaturer les faits et puisse faire que ce qui est ne soit pas. M. de La Fayette vous a dit que l'on faisait la contre-révolution ; oui , Messieurs , elle

se fait — (Nouvelle interruption Voix diverses:

Parlez donc sur l'impression. ) Pour motiver l'impression , il faut bien que j'entre dans l'examen du discours ; donc je suis dans la question — M. de La Fayette a rappelé des faits qu'il sera toujours utile de retracer , i. 34

parce qu'il faut que la parlie de la nation , qui peutêtre n'est pas assez éclairée, sache où l'on veut la mener. Je regarde le discours de M. de La Fayette comme éminemment propre à éclairer toute la nation, et c'est sous ce rapport que j'en appuie de toutes mes forces l'impression —

SUR LES FRAÏS

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