‹ Discours de M. Henri Bourassa, M.P. sur la guerre du Sud-Africain [microforme]Chapitre 6 sur 9 · FEDERATION IMPERIALE —LAURIER L'AP- PROUVE, TUPPER LA CONDAMNE · texte numérisé non relu

FEDERATION IMPERIALE —LAURIER L'AP- PROUVE, TUPPER LA CONDAMNE

LA GUERRE SUD-AFRICAINE—LAURIER DE- CLARE QUE NOUS PRENDRONS PART AUX AUTRES GUERRES DE LA GRANDE BRETAGNE, SI C'EST NECESSAIRE.

Et, ne l'oubliez pus, le commerce de ce bijou électoral ne se ralentit pas un instant après là pieuse dénonciation @. sir Charles Tupper, Je crois en vérité que cette dénon cation fit perdre à sir Charles Tupper plus de votes dans Québec que toutes les autres erreurs que lui et ses amis ont commises et Dieu suit qu'elles furent nombreuses et gigantesques ! Celle-ci ouvrit les yeux aux quelques conservateurs qui voyaient encore naivement dans leur chef Je erand adversaire de l'impérialisme : mais surtout elle en Convainquit un mfombre beaucoup plus con- Sidérable que le parti tory, dans ses efforts désespérés pour escalader Je pouvoir, était prêt À se servir de tous les movens, Le résultat fut que de nombreux suffrages ac cordés aux candidats libéraux ne vinrent pas d'un amour et d'une admiration manifestes pour le parti ministériel, mais d'un dégoût profond à l'endroit des manœuvres torvs. Ceci peut paraître dure à le +1 et peu flatteur au ministère, Mais c'est vrai. J'espère qu'en contiat Ja direction de leur parti au leader actuel de l'opposition en qui je me plais à reconnaître un esprit large et uu vrai patriote, les conservateurs ont ouvert les Veux sur leurs mé-

laits des dernières années et se préparent

IA revenir à leurs meilleures traditions, à

celles des jours de Macdonald et de Cartier, Je suis de ceux qui croient à la nécessité d'une saine opposition autant qu'à celle d'un bon gouvernement, Mais une mauvisé scInence à été enfouie dans le so] natienal : il faut la déterrer et l'exposer au grand jour atin de la rendre stérile,

A l'exemple du député de Pictou (sir Charles Hibbert Tupper), plusieurs chefs et OrSunes CONservateurs on attribué leur défaite au cri de ralliement des Francais de Québec, Où croirait vraiment qu'ils ne sa- Vel jis que non seulement le peuple de cette province lit ses journaux français, Mais qu'il suit en méme temps le mouveinent des idées dans les autres Parties du Canada, En vérité, le peuple de Québec il voté en masse à l'appui de sir Wilfrid Lautrier. L'honorable premier ministre me pardonnera si je le nomme en ce moment, C'est le meilleur moyen d'exprimer la portée des suffrages que son gouvernement a recueilis dans la province de Québec et parmi tous les groupes français du Canada. Mais je nie que ces suffrages soient l'expression d'un esprit de domination et d'exclusivisme francais. Les Canadiens-francais n'ont pas voté pour le premier ministre parce qu'il était Canadien-francais, mais le peuple canadien ayant placé le premier Ministre au faîte du pouvoir, ils ne voulaient pas qu'on l'en précipitât pour le seul laotif qu'il était Canadien-francais, Le premier ministre ayant confié le portefeuille des Travaux publics à M. Tarte et celui-ci NU avant fait un usage utile au Pays. ils ne comprenaient pas que ce ministre dût ôtre conspué Simplement parce qu'il était Canadien-francais et qu'il jugeait à propos de le dire. Et j'affirme sans ambages que c'était le droit et le devoir de mes Combatriotes d'en agir ainsi. Eussent-ils fait autrement, ils se seraient montrés vils et indignes des institutions que leurs pères eurent tgnt de peine à conquérir ; indignes du noble brapesu qui protège sur ce sol les droits égaux de toutes los nationalités et de toutes les er ’ances ; indignes dôtre les sujets d'une reine qui fut elle-même un exemple vivant de tolérance, Le vote français n'est pas le défi d'une race à l'autre race, C'est la réponse calme, digne, constitutionnelle, d'une classe respectable de citoyens, d'un tiers du peuple canadien, AUX provocations insultantes d'une bande de fanatiques. C'est une protestation de liberté, de droits égaux. de vraie citoyenneté britannique, Et tous les hommes de bonne volonté qui désirent sincèrement le bonheur du Canada devraient F applaudir, nt ‘{{ue personne ne parle de mettre des troupes anglaises en garnison à Québec pour y faire face aux éventualités de l'avenir, Notre parole, nous l'avons gardée depuis cent quarante ans et nous l'avons scellée de notre Sang, deux fois versé pour la défense du drapean britannique qu'assaillaient les pu-

ritains anglais, pères, oncles et cousins du député de Norfolk-nord (M. Charlton), Si on ne trouve pas là une garantie sutlisante de notre tidélité, une garnison anglaise à Québec ne la rendra pas meilleure. Jl Sutlirait de quelques habits rouges pour faire de nous, non pas des pro-Boers, mais de vrais Boers,

Mais imaintenant lorsqu'on vient prétendre que es suffrages canadiens-francais ont approuvé cet acte particulter du gouverne ment qui fut l'envoi de soldats canadiens en Afrique ; et plus encore, lorsqu'on vient dire que ces suffrages sont une expression de sentiments inpérialistes, jatlirme que cette thèse est tellement absurde g#'aucun repré sentant de cette province ne viendra la répéter ici-à moins qu'il ne s'en trouve pour qui la vérité et l'exactitude sont les moindres soucis. Au contraire. je déclare catégoriquement que le succès du parti lié ral dans Québec a profité du sentiment hostile à la guerre-bien que, je le répète, cette question lt écartée autrnt que Joss .ble de là discussion politique,

Ainsi que le ministre des Travaux publies UM Tartes la déclaré en France, quatre vingt-dix-net Sur cent Canadiens-francnis abhorrent e fuerre, comme tout le monde CiVITiSé la déteste, comme la moitié au moins du royauiue-uni la condamne. IIS croient qu'un arbitrage auritt pu l'éviter et que les diflicultés politiques du Trausvaal ne la rendaient pas nécessaire : ils croient que Ja rapacité de M. Rhodes et le rofus arrogant et brutal de M, Chamberlain de consentir à un arhitraze ont été les causes réelles qui ont précipité le conilit ; ils voudraient que cette Tuite sanglante cessat. Le secrétaire colonial et ses fidèles peuvent les appeler des pro-Boers. Ils sont des pro-Boers à l'exemple de M, Bryce, de M. Morley, de M. Courtney, de sir Robert Reid, de sir

Edward Clarke et de millions d'Anglais et d'Ecossais, IIS ne sont pas pro-Boers parce qu'ils sont anti-britanniques, Mais

leur sympathie instinctive Va à un petit peuple combattant pour son indépenilance, Une politique mère de celle de M. Chamberlain et une répression semblable à celle de lord Kitchener ont forcé leurs pères à in révolte, les ont conduits en exil ou trainés à l'échaffaud : ils se rappellent encore lord Colborne et les fermes incendiées de Saint-Eustache et de Saint-Benoît. La paix et la liberté se rétablirent ici avec l'inauguration d'une politique comme celle que lord Grey et M. Gladstone tentèrent au Sudafricain et dont leurs vrais disciples réclament aujourd'hui l'application. Et si leurs sentiments les portaient jusqu'au point de Se réjouir des succès des Boers, on ne doit pas les accuser de sédition lorsqu'on se rappelle que William Pitt faisait des vœux publics pour le triomphe des Américains en révolte, croyant que leurs victoires ouvriraient jes yeux de la nation anglaise et dompteraient cet esprit de domination arrogante qui avait saisi les gouvernants et

le peuple d'Angleterre et qui conduisait le royaume à sa perte,

Quant à l'intervention du Canada dans cette guerre, il est inutile de s'aveugler davantage, En tant que cette question fut soumise au peuple de Québec, il n'a pas tpprouvé mais il à excusé l'acte du gouvernement; et il l'a excusé parce qu'il a cru que l'avenir du pays n'était pas engagé et que les torvs étaient plus dangereux sur ce terrain que les libéraux.

I est un fait remarquable, d'une grande portée nationale, dont nos voisins d'origine anzlaise ne se rendent pas un compte exact, peut-être, mais sur lequel ils devraient ouvrir les yeux. Tandis qu'ils allaient errant des limites étroites du provincialisme, où nous étions tous continés, jusqu'à l'impérialise sans bornes, nous nous sommes 6ten dus peu à peu sur le terrain solide de l'attacheinent au sol canadien, Nous pouvons étre, à leurs Veux, moins britanniques dqu'eux-—-tmais nous sommes plus décidément, plus exclusivement Canadiens et, qu'on m:

permette de le dire en toute bonne amitié, ioilleurs Canadiens qu'eux,

J'ai cité le Times de Londres, ses prévi- Sons sur le verdict populaire au Canada et ses fausses déductions du «crutin Je re commande maintenant à l'attention de mes collègues une série de Ictires adressées du Canada au Manchester Guardian par un jourualiste anglais distingué, M. Harold Spencer. qi ViNT au pays et y demeura durant la période électorale atin d'y étudier les sentiments réels du peuple canadien et ceux en particulier des Canadiens-français. [eut bientôt saisi la véritable situation.

Ou me permettra de donner quelques extraits de cette correspondance instructive :

A peu près comme dans notre dernière lutte en Angleterre, candidats conservateurs et candidats libéraux, à très peu d'exceptions près, se courent sus l'un à l'autre en acclamant l'empire t en agitant le drapeau. Mais sous ces apparences de parti, reste le fait sombre et patent, qu'aucun parti ne pourrait cacher, que les Canadiens-françcais haïssent la guorre et se servent de toute leur influence pour contrecarrer la politique qui a fait cette guerre. , . . En résumé, comme leurs amis d'Angleterre, les torys d'ici s'efforcent d'écraser le parti libéral au cri de ‘“ pro-boer.”’ Un autre lien de l'empire, vraiment! Mais là-dessous s'agitent des éventualités tragiques ; car, avec tout cela, ils s'aliènent peu à peu les Canadiens-français et ils séparent une race de l'autre race,

Dans une autre lettre, parlant du peu d'intérêt que la question de la guerre, telle qu'on la discute au Canada, pourrait offrir à ses lecteurs auglais, il dit :

Ils préfèrent même, peut-être, que les Canadiens se réservent à eux-mêmes le droit de discuter, un an après le fait, si sir Wilfrid Laurier a envoyé le contingent canadien un mois trop tard cu trop tôt. Nous n'avons rien à faire dans cette querelle domestique, qui est réellement la seule forme sous laquelle l4 question de la guerre se soulève ici, en dehors du romté de M. Bou- TASSE J'ai déjà dit que les Canadiens

n'ont pas considéré pleinement 'es causes de la

guerre sud-africaine ; et si un Canadien lit ces mots Il me blämera sans doute fortement à caus de cette opinion. Mais j'ai causé de cette que

tion avee un grand nombre, ot je pourrais compter sur les doigts de ma main ceux que J'al trouvés au cout d causes du conflit ou de détails des dépêches. . Sans doute, la ma- Jo'‘ité des Canadion appuis Laurier dans sa po tique dte ‘de cntingents." i Tupper eût été au pou Fr l'opposition des Canadions français, dont les sympathl vont aux Boct l'aurait r nduv impossibl Ainsi Lauri per suada Québe et Ontario avait déjà pris la tête du mouvement, Mails bien que les Canadiensfrançais suivent leur idole jusque dan poli tique sud-africaine, c'est Tarte qui exprime leur sentiments réels en criant ‘ Pas de pr lent ” lesile probléme de l'avenir: La guerre sudafricaine servira-t-elle de précédent ? Les liupérialist de nto le posent, en pou le Canada à ermmazasiner di et à bâiir di ‘asernes i le dov un inc il taire prête à appuver l'empire dat toutes | crises, Les libéraux de Qu eut à tou ceci sans bruit mais avec iaitreté Or à avoir À propos « quoi l’on se bat et suite, la guerre a soulevé les questions les pl liportantes du gouvernement de l'empire { dent e l il x us questioi ue e soit à voliique i J'ai déjà ! ot \ au Can à a'l cune d ission ni aucu! n'ai nee tréell des q'estior n reproduit peu maintenant la guerre et l'on n'accorde aucun int à son règlement Cevi tient en partis à l'esprit de clocher J'attire l'attention de mes collègues sut

les paroles suivantes :

certain défaut dt la politique

tel

mais e:

couragt canadienne, Canada : ]

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