LA POSITION PRISE DEVANT MES ÉLECTEURS
De même que tous mes honorables collègues dans cette Chamuwre, en novembre et décembre derniers je briguais les suffrages des électeurs de
. l’un des comtés de cette province. Les citoyens du district électoral de * Montmorency m'avaient spontanément prié de me porter cundidat con-
servuteur à l'élection alors prochaine. J'avais accepté la candidature qui m'avait été offerte, d'une manière si honorable pour moi, par une résolution adoptée à l'unanimité dans une réunion de nombreux délégués du comté. J'étais en campagne et j'avais engagé la lutte depuis peu de jours, lorsque je lus dans la presse le compte-rendu de l’éloquent discours que l’honorable premier ministre avait prononcé à Ste. Thérèse, dans son comté, au début de la bataille électorale qui devait se terminer par un si éclatant triomphe pour le gouvernement et pour celui qui en est le chef distingué. Je fus enchanté de constater que l'honorable premier ministre faisait de la vente du chemin du Nord à la compagnie du chemin de fer du Pacifique le principal article du programme qu’il demandait au peuple d'approuver, Cet article remplissait parfaitement mes vues sur la politique que j'espérais voir la province adopter avant longtemps relativement à notre chemin de fer provincial. J'étais très satisfait de ce que le
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ouvernement en était si tôt venu à cette décision que j'avais souhaité ans l'intérêt bien entendu de notre province.
Dans toutes les assemblées devant lesquelles j'eus l'honneur d'adresser la parole, je déclarai que j'approuvais pleinement le projet du gouvernement de vendre le chemin de fer provincial à la compagnie du Pacitique. Jelus maintes fois les extraits suivants du discours de l’honorable premier ministre à Ste. Thérèse, le trois novembre 1881,
“ Messieurs, j'ai encore une question à traiter devant vous, c’est celle du chemin de fer du gouvernement,
‘“ Notre chemin nous coûte 813,000,000. D’après le plan primitif nous devions donner aux compagnies qui le construisait 82,000,000 en argent, et près de 3,000,000 d’acres de terre valant certainement au moins une piastre de l’acre, soit un total d'environ $85,000,000. Nous ne les àvons
as données, mais le chemin nous coûte $13,000,000 TEE dordske
‘“ Aujourd'hui, il se présente une occasion de vendre notre chemin. C'est une belle propriété destinée à servir de dernier chuînon entre les différentes lignes de chemins de fer qui doivent relier l’Atlantique au Pacifique, en traversant dans toute son étendue le sol du Canada. A quel prix devons-nous vendre cette propriété? Je crois que 8 millions de dollars n’est pas un prix exagéré. Nous n’aurions alors donné que les 5 millions que nous devions sacrifier en premier lieu...
‘“ Je n’hésiterais pas à dire que la compagnie du chemin de fer du Pacifique devrait Rata notre chemin, mais c’est une compagnie privée qui ne nous demande pas de voir à ses intérêts, et elle n’est pas obligée d'acquérir notre chemin de fer. Mais nous espérons qu'elle prendra en considération le but pour lequel ce chemin a été construit. De plus le gouÿernement fédéral devra travailler avec nous, et nous aider à faire M par la compagnie du Pacifique nos conditions, qui sont raisonnables.” \
J'ai plusieurs fois pris cette position en faveur de la vente du chemin de fer du Kord à la Compagnie du chemin du Pacifique en présence de mon adversaire, M. Charles ARTS le candidat libéral et oppositionniste à la dernière élection, qui ne s’est pas dit hostile à la vente du chemin, et à l'article du programme du gouvernement qui en faisait la principale question d'intérêt publie à discuter pendant la campagne électorale. Le jour de la présentation des candidats dans la paroisse du Château- Ricber, je fus honoré de la visite de l'honorable chef de l'opposition, qui vint mettre sa parole au service de mon adversaire, son partisan politique. . Novs étions au vingt-cinquième jour de novembre. Le discours programme de l’honorable premier ministre était devant la province depuis trois longues semaines. L’honorable chef de l'opposition avait certainement dû le lire, Il avait sans doute entendu de la bouche même de l'honorable premier ministre, l'exposition des grandes lignes de la politique du gouvernement, surtout des vues du cabinet sur la vente de notre voie ferrée provinciale. Ce jour-là, je répétai devant: l'honorable chef de l'opposition et devant mon advereaire que j'approuvais entièrement l’idée de vendre le chemin du Nord à la compagnie du Pacifique.
Ni l’un ni l’autre ne souleva la moindre objection contre cette politique.
J'ai donc été élu comme partisan de la vente du chemin du Nord à la compagnie du Pacifique. Je veux être fidèle à l'engagement que j'ai contructé envers mes électeurs, et conséquent avec la position que j'ai
ubliquement prise devant le comté que j'ai l'honneur de représenter,
ii y a à peine quatre mois. J'étais en faveur du principe de là vente du chemin ; je le suis encore, je le suis plus fermement que jamais.