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# C'est dans cet esprit de mutuelle bonne volonté qu'il faut conduire les
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ans un autre article du même An intitulé: L'Etat et les chemins de fer, je trouve aussi les quelques lignes suivantes dont cette honorable Chambre aimera sans doute à entendre la lecture.
‘ IL est cortain que ces dernières ( c’est-à-dire les compagnies ), grâce à la plus-value croissante de leurs recettes, sont en mesure d'assumer la Charge de lignes nouvelles, M. Léon Say avait, dans une étude financière récente indiqué qu'un recours à l’industrie privée serait, dans ces conditions, éminemment opportun. Le gouvernement l’a compris.”
Et à la fin de ce second article sur le sujet :
“Si maintenant nous cherchons à nous rendre compte du prix de revient des travaux exécutés par les compagnies et par l'Etat, nous voyons que le prix du kilomètre des lignes dont l'infrastructure est faite par l'Etat n’est pas inférieur à 245,700 fr. par kilomètre. Ces chiffres démontrent d’une façon péremptoire combien l'industrie privée est supérieure au point de vue de l’économie à l’administration de l'Etat. De tels résultats sont bien faits pour décider le ministère à persévérer dans l'intention qu'on lui prête de faire largement appel aux compagnies privées pour l'achèvement de notre réseau national.”
Nous avons donc à l'appui de la politique du gouvernement de cette province au sujet du chemin de fer du Nord, le grand exemple du ministère français abandonnant lo projet de rachat des chemins de fer, et chargeant des compagnies privées de la tâche de terminer et d’oxploiter le vaste réseau jusqu’à présent en cours d'exécution comme entreprise de l'Etat. C'est, dans les deux cas, la même idée politique qu'il n'entre pas dans les attributions régulières des gouvernements de construire et d'exploiter les chemins de fer.
Quand la France, cette France que nous aimons toujours avec tout le dévouement de fils qui n’oublieront jamais leur origine, cette Franco que nous souhaitons voir grande, prospère et heureuse, entreprenait, il y a peu d'années, la construction de l'immense réseau de chemins de fer et les travaux de canalisation proposés par M. de Freycinet, il n’y oût, dans le monde entier, qu’un cri d'admiration pour l'énergie nationale de ce peuple se relevant si fort et si riche des désastres dont il avait été victime dans la grande guerre de 1870. Les milliards d’indemnité payés à la Prusse n'avaient pas épuisé les ressources de sa prodigieuse épargno, et il n’hésitait pas à commencer des travaux évalués à au moins trois mildiards de francs. Nous nous sommes réjouis des succès de notre ancienne mère-patrie, parce que si nous avons pour la Couronne britannique, dont je vois l'emblème sur le bureau de cette Chambre, pour le drapeau que nous avons juré de défendre, pour le grand empire dont nous faisons pue la loyauté de la fidélité, la loyauté de l’allégéance, la loyauté de la reconnaissance pour les libertés reconnues, la loyauté de l'honneur, nous avons et nous aurons toujours pour la France la loyauté filiale du sentiment, la loyauté du cœur.
Les puissances continentales ont pourtant une grave raison pour s’assurer la propriété et le contrôle absolu des voies ferrées. On sait quelles sont leurs relations diplomatiques, leurs rivalités, leurs traditions militaires. Jilles sont à tout moment exposées à des difficultés internationales les obligeant à prondre les armes pour la défense de leurs territoires, Les chemins de fer donnent le meilleur moyen de mettre en
pratique le principe que le plus grand homme de guerre de tous les temps, celui qui au commencement du siècle promenait ses armées victorieuses dans toutes les capitales de l'Europe, proclamait comme l’un des plus essentiels à la victoire, et, qu'avec son vigoureux et profond langage, il exprimait en huit mots: se diviser pour vivre, se réunir pour combattre,
Les voies ferrées favorisent au plus haut degré la rapide concentration pour le combat des troupes qu'un général est obligé de diviser pour pouvoir tirer leur subsistance d’une plus grande étendue de pays. C'est sans doute le but de la politique de contrôle de l'empire allemand sur les chemins de fer.
Cependant, malgré cette raison d'Etat d’un ordre tout à fait supérieur, on voit la France qui s’impose de si lourds sacrifices pour l’organisation de son armée nationale, pour son matériel de guerre, pour sa marine militaire, pour ses places fortes, s'en rapporter au concours des compagnies pour la mobilisation et le transport do ses troupes, plutôt que de charger son gouvernement du fardeau de la construction et del'exploitation des chemins de fer et des difficultés financières qui en découlent. .
Il ne faut pas oublier non plus que notre situation est bien différente de celle des puissances européennes, Notre pays est encore nouveau. Son organisme se perfectionne et se consolide tous les jours, mais ce sorait manquer de sagesse et de prévoyance que de le soumettre inutilement à une trop forte tension. On a beau dire et on a beau faire, les fortes administrations, comme toutes les grandes choses, sont l’œuvre du temps, de l'expérience, du génie des générations. Je conçois facilement que dans des pays fortement constitués comme l’Angletorre, la France, l'Allemagne, au point de vue administratif, les gouvernements puissent exploiter les chemins de fer plus avantageusement qu’on ne saurait le faire au Canada et aux Etats-Unis, où les rouages de l'administration publique ne sont point encore parvenus à cette régularité d’engrenage qui sont, en Europe, le fruit de siècles de fonctionnement et d'épreuves de tous genres dans les troubles civils, les révolutions, et les guerres.