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de la lettre que je viens de citer. Tant mieux, si elle peut réussir à acom-
lir ce prodige. Mais malgré toute sa bonne volonté, malgré son énergie, il se peut fort bien qu'il lui faille une couple d'années de plus pour parachever la partie au nord du lac Supérieur, dont les travaux seront très difficiles et très dispendieux. Qu'elle remplisse cette tâche immense dans le cours de six À sept ans, et elle aura fait un effort vraiment merveilleux.
De quelle grande utilité la partie est du chemin du Nord serait-elle à la compagnie du Pacifique avant que cette dernière n'ait relié la station Callander au terminus de Ia partie de Winnipeg à la Baie du Tonnerre, par la ligne au nord du lac Supérieur? Si l’on se place au point de vue de la compagnie du Pacifique, on voit tout de suite qu'il est évident qu’elle ne saurait avoir besoin de la partie du chemin provincial entre Québec et Montréal avant six, sept, huit ans peut-être. Je conçois facilement que cotte compagnie, désireuse de consacrer ses ressources et son énergie à l’accompiissement de l’œuvre colossale qu'elle a entreprise, n’aime pas à compliquer, sans de très graves raisons, les grandes opérations financières qu'il lui faut faire, en contractant de nouvelles obligations qu'aucune nécessité immédiate, ou même prochaine, ne justifierait. Comme citoyens du Canada, nous devons souhaiter le succès de la compagnie du Pacifique dans l’entreprise nationale dont elle est chargée. Nous ne pouvons pas raisonnablement demander qu’elle rende encore plus difficile sa lourde tâche, en étendant à des affaires secondaires pour elle, bien qu’importantes pour nous au point de vue provincial, la vigoureuse initiative qu'elle est obligée de concentrer sur les grands travaux qu’elle exécute dans l'intérêt général de la confédération. Tout ce qui importe à la comp:;:nie du Pacifique, pour le présent et pour quelques annéos encore, c'est d’atteindre le fleuve St. Laurent au point le plus rapproché. Voilà pourquoi elle achète la partie ouest du chemin de fer du Nord.