LE CONTRAT DE VENTE DE LA PARTIE OUEST
Si l’on compare attentivement et à tous les points de vue les diverses propositions qui ont été faites au gouvernement, on constate qu'après tout il ya peu de différence dans les sommes offertes pour le chemin. Le prix moyen est à peu près le même.
Les montants les plus élevés pour l’affermage et pour l'achat de la ligne sont ceux offerts par le syndicat connu sous le nom de Allan-Rivard. La proposition de ce syndicat aurait mérité une attention toute particulière, s’il eût été possible pour le gouvernement, comme pour cette honorable Chambre, de réduire cette importante question aux proportions restreintes et excessivement dangereuses d’une simple affaire de chiffres. Mais j'affirme hautement, devant cotte Chambre, et devant la province qui recueille toutes nos paroles dans cette discussion, que ma profonde conviction est que la raison d'Etat, que les grandes raisons de la politique
rovinciale faisaient un impérieux devoir au cabinet de ne pas accepter a proposition de Sir Hugh Allan et de ses associés,
J’ai déjà dit, ot je ne saurais trop le répéter avec toute l'énergie dont je suis capable, que depuis la législation du parlement fédéral, l’an dernier, au sujet de notre grand chemin de fer intercontinental,la seule politique provinciale, vraie, juste, nationale, était celle ayant pour objectif la vente en entier, ou au moins en partie, du chemin du Nord à la compagnie du Pacifique, devenue propriétaire du Canada central se terminant à Ottawa. C'est la seule politique provinciale vraie, juste, et nationale, parce que dans cette affaire, le point le plus important, celui qui prime tous les autres, est d'assurer à notre chemin provincial, d’une manière certaine, positive, irrévocable, le trafic du Nord-Ouest canadien, qui ne pourra lui arriver que par le chemin du Pacifique.
Si la compagnie du Pacifique n’eût pas voulu acheter la partie ouest, je m'aurais approuvé la vente du chemin provincial à un syndicat, que si l’on m'avait démontré d’une manière irréfutable qu’il s'était assuré des conditions permanentes et sûres d'échange du trafic avec la compagnie du Pacifique, qui eût dû y trouver assez son affaire pour ne pas être tentée de construire une ligne rivale à la nôtre entre Ottawa et Montréal, sur la rive sud de la rivière Ottawa.
Toute proposition faite sans ces conditions nécessaires, essentielles, devait être mise de côté, quelle que fût la somme offerte pour le chemin.
La proposition de Sir Hugh Allan ne rencontre point mes vues sur ce que je considère comme d’une nécessité absolue dans un contrat de vente du chemin, et dès que j'en eus connu la nature, je dis tout de suite qu'elle devait être fermement rejetée.
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