‹ Discours de M. L.G. Desjardins... sur la résolution relative à la vente de la partie ouest du chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa et occidental fait à l'Assemblée législative de la province de Québec à la séance de lundi, le 3 avril 1882 [microforme]Chapitre 39 sur 49 · mo en · texte numérisé non relu

mo en

milles.

de l'Inter.

Les recettes du chemin du Nord n’ont été, en 1880-81, comme je l'ai prouvé plus haut, que de 82,240 pour chaque mille, tandis que celles du Grand Tronc ont été de £9,395 pur mille, ou 44 fois autant que celles du chemin du Nord, et celles du Great Western, le Grand occidental, de 85,293 ou 24 fois autar t que celles de notre ligne provinciale,

J'ai cherché et trouvé duns cette statistique colle d’un chemin de fer qui offre les meilleurs points de comparaison avec le chemin du Nord, c'est le Canada Southern, le chemin du sud du Canada, dans l’ouest d'Ontario, celui dont j'ai parlé il ÿ a un instant, Le Canada Southern à une longueur de 326 milles ; c'est trente milles de moins que celle de la ligne principale du chemin du Nord et de ses embranchements, Kn 1880-81, les recettes de l'exploitation du Canada Southern se sont élevées à 83,648,311.44. Recettes pour chaque mille du chemin 811,191, ou 5 fois autant que celles du chemin du Nord qui n’ontété que de 82,40 par mille,

Il y a plusieurs années, quand le Grund Tronc n'avait que des recettes de 82,240 à peu près par mille, comme le chomin du Nord en 1880-81, on le considérait pour ainsi dire en banqueroute. En présence de pareils chiffres, comment peut-on sérieusement affirmer qu'il est bien facile au gouvernement d'obtenir de l'exploitation du chemin provincial un rendement de recettes nettes de plusieurs centaines de mille piastres annuellement.

Si l'on veut avoir une idée de ce qu'est le trafic d'une grande ligno de chemin de fer, on n’a qu'à consulter la statistique américaine, En premier lieu vient la compagnie du New York Central and Hudson River.

Pendant l’année financière terminée le 30 septembre 1879, les recettes de l'exploitation du New York central se sont élevées à... 828,396,583.60 Longueur de la ligne principale et des embranchements. 1000 milles Recettes pour chaque mille du chemin... $ 28,396,58

Voici la statistique de trois autres grandes lignes. Le chemin de fer de New York, lac Erié et Occidental : Longueur de la ligne principale et des embranchements. Recettes de l'exploitation pendant l’année terminée le 30

septembre 1879... ....,...,....., PR DTA PAT TEN 60 Recettes pour chaque mille du chemin... EOTTETEEET

929 milles.

La compagnie de Chicago et du Nord-Ouest—Le Chicago & North-

western Railway. ; Longueur de la ligne principale et des embranchements

exploités... ....... en 1620% milles Recettes de l'exploitation pendant l’année terminée le 31 décembre 1879.................,... sens rossossssssessee B14,692,348.19

Recettes pour chaque mille du chemin... us $9,132.10

Le Lake Shore & Michigan Southern Railway —cette grande ligne qui longe la rive sud du Inc Érié et traverse la partie sud de l'Etat de Michian, * Longueur de la ligne principale et des embranchements 1177,67 milles Recettes de l'exploitation pendant l’année terminée le 31 décembre 1879... ss erssssosenesessessesecseosese 810,145,406.02 Recettes pour chaque mille du chemin... e $12,975.00

Les grandes compagnies dont je viens de donner le résultat des opérations ont une double et une triple voie sur une partie de leurs lignes. Klles ont dû fuire ces travaux pour répondre aux exigences de l'énorme trafic de leurs chemins. :

Je pose le principe indiscutable que le rapport dès dépenses d'exploitation aux recettes d’un chemin de fer diminue à mesure que le trafic augmente. Si les compagnies canadiennes et américuines réalisent des produits nets considérables, c'est par:e qu'elles sont arrivées à se créer, par l'énergie qu’elles ont déplorée et par la persévérance dont elles ont fait preuve, un immense trafic qui leur donne des recettes de plusicurs millions de piastres annuellement,

On nous dit avec une assurance inexplicable, que le chemin de fer du Nord peut être exploité pour 60 pour cent de ses recertes. On calcule comme suit: recettes d'exploitation, $1,000,000 ; dépenses d'exploitation, 60 pour cent des recettes, ou $6U0,000 ; recettes nettes $400,000. Dans l'opinion de ces arithméticiens, ce n’est pas plus difficile que cela. Ne leur parlez pas des causes multiples qui font varier tous les ans, tous les mois, tuutes les semaines, tous les jours, le montant des recettes d’un chemin de ter, celui des dépenses d'exploitation, et, par conséquent, celui des revcottes nettes. Ils vous réponuraient : les dépenses d’une ligne ne doivent pas dépasser 60 pour cent des recettes d'exploitation, nous le décretons dans notre infaillibilité.

L'expérience de l'exploitation des chemins au Canada et aux Etats-Unis détrui 1x prétention erronée de ces personnes qui calculent le revenu net d'une voie ferrée comme un créancier fait son compte d'intérêt. Quelques chittres le prouveront. Les recettes du Canada Southern, moins lorg de quelques milles que notre chemin provincial, puisqu'il n'a que 32 milles, se sont élevées pendant l’année terminée le 30 juin 1879

D prsrocsesconoonner oonosan sonteesoe onenees Géosestoseneeeseesescsteees 2, 0UG024,71 Les dépenses d'exploitation ont été de. ses. 1,622,925.58

Recettes nettes $ 383,899.13

Les dépenses d'exploitation se sont élevées à un peu plus de 83 pour cent des recettes.

Commen peut-on 1ffirmer que le gouvernement doit obtenir du chemin du Noru ues recettes nettes de 40 pour cent des recettes d'exploitation, que l’on évalue à un million de piastres annuellement, lorsque l’on constate que celles du Canada Southern, exploité avec toute l'énergie et la liberté d'action d’une compagnie, n'ont été, en 1878-79, que de 17 pour cent, bieu que les recetues d'exploitatien aient été doubles de celles de notre chemin provincial, et que la ligne soit d’une trentaine de milles moins longue ? Je ne le comprends pus.

us 1850-81, le tratic du Cañada Southern, comme celui de tous les chemins üe 1er canadiens, s'est beaucoup développé. Les recettes d’exploitution out atteint le très fort montant de... $3,648,311.44

Les uépeuses d'exploitation ont été de... 2,588,599.86

Les uépeuses d'exploitation ont ainsi été de 71 pour cent des recettes, c'est-uire que lorsque, comparées à celles de l’année 1878-79, les recettes de ceute ligne augmentaient, en 1880-81, de 82 pour cent, le rapport des dépenses d'exploitation au montant des recettes ne diminuait que de 12 pour cent. ;

Je pose encore une fois la question : comment peut-on croire une seule minute qu'il soit possible au gouvernement d'exploiter le chemin du Nord

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à illi iastres, lorsque ttes annuelles d’un million de piastres, ne 60 pour Je ne d'exploitation du Canada Southern se ns on sait Pier à 71 pour cent des recettes de $3,648,311.44, c DA sd ne fois et demie plus considérables que celles 4 No KA en incial sur une ligne moins longue? Je trou; 3 cela inc cevable. ë trafic en 1880-81. Ses rorottes fait un immense : ue k mn és à 810,861,618.10. Ses dépenses Ma EE SA Te 87 tee c'est-à-dire un peu plus ES eur en “Nord ‘pour , ? PAR HÉ ment exploite le k Joe ee C'est tte une assertion sIÉ0NAn te EL ne Manet qui ont pu voir de près ce que sont les affaires de à .

chemins de fer. "euves Convaincantes' de l’imimbre veut-elle des pr euves s j ne ne Goes dans l’exploitation des cn rne 2 En pu 7 ave récentes. Il y a eu une guerre de tarifs a 10 ; le de Chicago, de New York, de Boston et de AR pou jé fe dance se tre de l’année 1881-82. Le Grand Tronc en a su a ae a nie cs lignes. Aussi, pendant ces Six MOIS, 868 El dimi. ie Ile ere de mois correspondants de l’année 1880— : on ue APR ee 870 t ses dépenses d'exploitation ont augmenté de $2 ge ; ARR LE Li de $385,870 dans six mois ; doublez le ste is C’est ue Le 740 pour l’année entière. Et pourquoi cet écar \ se Un érable” Parce que Le volume du tre du Grand Trone pendant. ce andis que les taux de p .

ee ne enlo tton du Grand Tronc à ses vue rapport des dép de 67.67 pour cent pendant les premiers six Le & Fe . Abe A s'est élevé à 73.52 pour cent pendant le semestre co n 192) ; 1-82. cle :

Re de da ue tarifs a encore pue RAS 8 3 nc.

ï r celle du Grand Tro à Ce autres nan une fige 81, le rapport des dépenses d pe Pons taie petdan le premier semcstre de 1881-82, a été comme pour les diverses lignes dont voici les noms:

ler. Semestre de ler, Semestre de " 1880-81. 1881-82,

+ 54 pour cent 60 pour cent, Le New York central Rte ent Le Lake Shore and Michigan du # le chemin de la rive sud du lac Eri Fr et du sud de a du Michigan... ïe pis : : k Le Michigan centra sense sesnesseseseree Le nb Southern—le chemin du sud à . F :

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ve si ee ue nous ayons dans la bibliothèque de cette ‘gi ature re Pole EE 1878. Elle suffit amplement aux besoins de la com- Fe on ue je soumets à cette honorable Chambre, A PLe 81 d : site 1878, la longueur totale du réseau des chem sn . ete Bretagne était de 17,333 milles, dont 9,412 avec double,

triple et quadruple voies. Le réseau entier avait coûté la somme fabuleuse de $3,492,725,770, en capital ordinaire, en capital garanti, en capital référentiel, en emprunts et en débentures. Le coût par mille était de 201,505. On peut juger de la perfection des travaux de ces lignes par le montant qu’ils ont absorbé par mille.

Pendant l’année 1878 les recettes des chemins de fer anglais se sont élevées à $302,271,875 ou $17,440 par mille. Les dépenses d'exploitation ont été de $165,946,840. Le rapport des dépenses aux recettes est ainsi de 53 pour cent. Me répétera-t-on que le chemin du Nord peut être exploité pour 60 pour. cent de ses recettes, puisque les lignes anglaises le sont bien en moyenne pour 53, comme en 1878, je réponds en continuant , la comparaison ccmmencée par laquelle je prouve qu'il est impossible d'espérer de semblables résultats dans notre pays.

Quelles sont les causes générales de la grande différence dans le rapport des dépenses d'exploitation aux recettes des chemins de fer anglais et des lignes canadiennes, notamment du chemin du Nord? Je vais les énumérer.

La première est celle de l’immensité du trafic des cheminsde fer anglais. En 1880-81, les trains du chemin du Nord et de l’embranchement de $ Lin, d’après la statistique officielle, ont transporté 427,265 voyageurs, soit 1152 par mille de chemin.

En 1878, les trains des chemins de fer de la Grande Bretagne ont transporté 565,024,455 voyageurs, soit 32,592 par mille. Il me semble que voilà une assez grande différence entre le trafic des voyageurs des ‘chemins de fer anglais et celui de notre ligne du Nord.

Les recettes du transport des marchandises sur les chemins de fer anglais se sont élevées, en 1878, à $167,823,805, soit 99,680 par mille.

Les recettes du transport des marchandises sur le chemin du Nord, y

compris les malles et l'Express, en 1880-81, n'ont été que de $347,177.90, soit $935 par mille. Voilà une différence qui mérite que l’on en tienne compte dans la comparaison des dépenses d'exploitation du chemin du Nord et de celles des chemins de fer anglais.

La seconde des causes principales de la différence entre ces dépenses d'exploitation est le fait que plus de la moitié du réseau anglais a une double, une triple, et une quadruple voie. Il est évident pour tout le monde que le rapport des dépenses d'exploitation aux recettes est bien moins élevé sur un chemin qui a assez de trafic pour employer deux, trois et quatre voies.

La troisième cause est le fini des travaux des chemins anglais. Ces lignes sont construites à si grands frais, si solidement fixées au sol, si minutieusement parachevées, que les dépenses d'entretien de la voie, de grosses réparations, sont comparativement bien moins élevées que celles du chemin du Nord, des chemins canadiens, et des voies américaines.

La quatrième cause est la différence du climat. En Angleterre, comme dans tous les pays de l’Europe occidentale, les dépenses d'exploitation des chemins de fer ne sont point augmentées pendant la saison d'hiver, comme au Canada, comme dans notre province surtout, par les tempêtes de neige et les difficultés de la circulation des trains.

Il ne faut pas oublier non plus qu'en Angleterre, en Irlande et en Ecosse, les chemins de fer n’ont pas comme les nôtres à soutenir l’active et facile concurrence d’une grande navigation intérieure qui, d’un autre côté, est pour notre pays un si puissant moyen de progrès.

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