‹ Discours de M. L.G. Desjardins... sur la résolution relative à la vente de la partie ouest du chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa et occidental fait à l'Assemblée législative de la province de Québec à la séance de lundi, le 3 avril 1882 [microforme]Chapitre 4 sur 49 · LES ÉLECTIONS GÉNÉRALES DU 2 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

LES ÉLECTIONS GÉNÉRALES DU 2 DÉCEMBRE

Veut-on dire qu'en adoptant la motion de l'honorable député des Deux- Montagnes, l'ancienne Chambre a voulu 4 mpohs au gouvernement de ne pas même prendre l’iniatitive d’un projet de contrat de vente du chemin, sans lui avoir préalablement demandé si elle était en’ faveur de la vente comme question politique provinciale ? Les termes de l’amendement n’ont certainement pas cette signification, et il est de toute évidence que-l’ancienne Chambre n'a ps voulu enlever au gouvernement le pouvoir de négocier la vente conditionnelle du chemin de fer, maïs seulement se réserver le droit d'approuver ou de condamner les transactions que le cabinot pourrait conclure.

Je veux bien supposer un instant que l'intention de l’ancienne Chambre était réellement celle que l'on prête à la résolution qu'elle a adoptée. Alors je dis que la motion de l'honorable député des Deux-Montagnen n'avait certainement pas pour effet de priver la Couronne de sa prérogative de dissolution de la législature; que les conseillers de son Honneur le lieutenant gouverneur conservaient tout entier leur droit constitutionnel de l’aviser Fe | ruied le peuple à se prononcer sur la politique de son cabi-

net; que, de fait, le gouvernmenten a appelé de la décision de l’ancienne Chambre au dpi ui-même, également juge souverain des actes de ses députés que de ceux du ministère.

1 est impossible que l'on ait oublié que nous avons eu des élections gone le deux décembre dernier, avant'la fir régulière de l’ancienne égislature. Le principal article du prograrame du gouvernment soumis à l'approbation du corps électoral a été, tout le monde le sait, celui relatif à la vente du chemin de fer. Le ministère a déclaré franchement, ouvertement, publiquement, au peuple, que sa politique était de vendre le chemin du Nord afin de rétablir l'équilibre dans nos finances provinciales. Cette question de la vente du chemin, cet article du programme ministériel, ont été discutés dans toute la province, dans le comté que j'ai l'honneur de représenter comme dans les autres. Consultés sur ce point si important, les électeurs ont répondu affirmativement, et se sont prononcés énergiquement en faveur de la politique du cabinet, en élisant cinquante-deux députés ministériels contre treize oppositionnistes, chiffres de la force respective des partis dans cette Chambre.

Le corps électoral ayant donné son opinion d’une manière si formelle et si éclatante sur le principe même de la vente du chemin de fer du Nord, il est tout à fait puérile de prétendre que le gouvernement devait, en premier lieu, avant de fuire des contrats, même conditionnels, demander à cette Chambre si elle approuvait la politique de la vente. La question ayant été directement posée au peuple avec le résultat que l’on connait pour réponse, il aurait été pour le moins inutile de la répéter devant cette

hambre qui, pour être l'expression vraie et fidèle de l'opinion publique, librement et tout récemment manifestée dans des élections générales, n’aurait pu dire autre chose que ce que le peuple a affirmé, et elle aurait dû déclarer que, conformément à la volonté nationale, elle était en faveur de la vente du chemin de fer provincial.

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