AMENDEMENT CONTRE LES JÉSUITES
<r Sans vouloir maintenant entrer dans l'examen du mérite delà nouvelle loi organique sur l'enseignement, Sa Sainteté ne peut oublier que, si l'Eglise est loin de donner son approbation à ce qui s'oppose à ses principes, à ses droits, elle sait assez souvent, dans l'intérêt même de la société chrétienne, supporter quelque sacrifice compatible avec son existence et ses devoirs, pour ne pas compromettre davantage les intérêts de la religion et lui faire une condition plus difficile. Vous n'ignorez pas, Monseigneur, que la France, dès le commencement de ce siècle, a donné au monde l'exemple de sacrifices assez durs, dans l'espoir de conserver et de restaurer la religion catholique.
« Les circonstances dans lesquelles se trouve actuellement placée la société sont d'une nature si grave, qu'elles demandent que, de toutes ses forces, on cherche à la sauver. Pour atteindre ce but salutaire, le moyen le plus sûr et le plus efficace est d'abord l'union d'action dans le clergé, ainsi que le rappelait saint Jean Chrysostome (Jn Joannis Hom. 82) au sujet des premiers temps de l'Église : « Si dissensio fuisset in discipulis Mis, omnia peritura erant. » Sur cette considération, le Saint-Père ne cesse pas de conjurer tous les bons, non seulement de faire preuve de patience, mais aussi de rester unis, afin que les vénérables évêques avec leur clergé « unum sint, » que, serrés par les doux liens de la charité évangélique, « idem sentiant » et par les efforts de leur zèle « quœrant quœ sunt Jesu Christi. » C'est seulement en vertu de cette union que l'on pourra obtenir les avantages qu'il est donné d'espérer de la nouvelle loi, et écarter, au moins en grande partie, les obstacles pour de nouvelles améliorations