‹ Discours de M. Masson, M.P. sur le budget [microforme]Chapitre 2 sur 4 · PPS NN PRE RS · texte numérisé non relu

PPS NN PRE RS

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taines d'hommes ct que la politique du gouvernement donnait aux manu facturiers une ample protection. Quelques jours après, mais Assez longtemps après, cependant, pour assurer l'élection de M. le ministre, le nom de cet industriel allait grossir la longue liste des insolvables du pays, et ses nombreux employés étaient jetés sur le pavé.

M. DYMOND—Ecoutez, écoutez !

M. MASSON—L'honorable député de York-Nord, dans le cours de ses remarques, s'est aventüré sur un terrain assez dangereux au point de vue des antécédents de ses amis dans la province de Québec: dévouement aux intérèts de l'Angleterre et loyauté à sa couronne, et il a reproché à mon honorable ami le député de Kingston d'avoir parlé avec peu de respect de ce sentiment si cher à tout cœur véritablement anglais.

Avee le Globe, il nous a dit que le député de Kingston, par sa politique de protection, voulait ruiner la prospérité et le crédit de la mère-patrie. Il n'est rien de plus amusant que lire les articles de ce journal, dont l'honorable député répudiait cepondant, il y a seulement quelques jours, la responsabilité; il est amusant, dis-je, de lire ces articles reprochant aux conservateurs du Haut-Canada leur alliance avec ces rétrogrades ultramontains, tels que l'honorable député de Charlevoix, M. Chapleau ot moi-même, qui entrainons j’honorable député de Kingston dans des vaies sans issues, et le contraignons à adopter une politique adverse aux intérêts de la müre-patrie.

Pour égayer un moment la Chambre, je me permettrai de lire un extrait de ce journal, le premier organe du parti libéral haut-canadien, et je démontrerai ensuite jusqu'à quel point la politique de ce parti s’accordo avec celle du parti national du Bas-Canada.

“Ta politique de sir John A. Macdonald ne serait pas moins dommageable à notre unian avec l'Angleterre qu’elle le serait à la Confédération elle-même.

‘ La protection aux produits canadiens implique une atteinte directe au commerce et à la marine britannique ; elle attaque l'anglais à son point le plus vulnérable : sa bourse ; elle répugne à ses idées et à ses opinions ; pour lui c'est la manifestation d'un égoïsme national du caractère le plus bas. C’est payer d’ingratitude

salibéralité passée, Brisons le lien commercial qui unit les intérêts, britanniques aux intérêts

canadiens, et le lien encore le plus solide qui unit le Canada à l'Angleterre sera aussi rompu.

“Les sympathies qui se groupent encore autour de notre union politique disparaîtront. Plusieurs considéreront cette action comme le premier et le plus MARTAANE des avertissements de l'intention du Canada de devenir indépendant.

‘La preuve La plus tangible des avantages que la mère-patrie retire de notre alliance serait détruite.”

C’est la première fois, M. l'Orateur, que l’on jette À la figure des conservateurs baszcanadiens, l'accusation de déloyauté. Je repousse l'accusation ; nous n'avons pas tourné le dos aux traditions qui nous ontété laissées par nos dévanciers, mais nous répétons aujourd'hui, ce que disait autrefois Lafontaine : “Avant tout soyons Canadiens !”

On nous accuso d'égoisme, parce que nous désirons prendre en main les intérêts du peuple qui nous envoie ici pour le défendre. Mais je demanderai à l'honorable député, le gouvernement impérial, le peuple anglais lui-même, les manufacturiers de Birmingham et de Manchester ont-ils été eux-mêmes toujours exempts de ce sentiment d’égoïsme que l’on nousreproche. Tout le système colonial n'est-il pas basé sur uned'idéed’intérèt. Appelez-la égoïsme, si vous le voulez, mais cet égoisme vous le retrouverez partout.

Vous le retrouverez dans la puissante nation européenne, se manifestant dans le monde encore inconnu des colonies qui lui produiront la matière première et recevront en échange les produits de fabrique de la mère-patrie; vous le retrouverez nécessairement dans la colonie devenue puissante et populeuse, et dont le sol se sera épuisé en produisant cette matière première indispensable à la métropole.

Je ne reproche pas à l'Angleterre d'avoir jusqu'à présent recherché son intérêt dans ses relations avec ses colonies, elle n’a fait en cela que ce que tous les pays possédant des colonies ont fuit, avec cette différence, toutetois, que sa politique à toujours été plus libérale, Mais je réclame pour le Canada ie droit de prendre en main 804 propres intérêts, tout en sauvegardunt autant que possible ceux de la mère-patrie,

Le gouvernement :mpérial, en nous donnant le droit de self government, nous a en même temps imposé l'obligation de pourvoir à tous no$ be:oins et à toutes nos dépenses, Il ne peut, par

conséquent,avoir voulu nous restreindre | établie ni à la hâte ni sans réflexion, et que

dans les moyens que nous croirions nécessaires pour prélever les fonds devant subvenir à nos besoins et dépenses ; tout ce qu'il pourrait exiger, et tout ce qu'il exige, si je suis bien renseigné, c’est que l'Angleterre soit au moins traitée sur le même pied que les autres nations par notre politique fiscale.

Tes conservateurs du Bas-Canada sont prêts à admettre la justice des réclamations de l'Angleterre et sont même prêts à aller beaucoupau-delà en sa faveur; eu, au moins, n’ont jamais même pensé à demander la protection contre la mère-patrie et le libre échange avec les Etats-Unis, comme l'ont fait leurs adversaires dans le Bas-Canada, ainsi que je le prouverai dans un instant,

Lorsque sir Alexander Gult, en 1859, établit un tarif protecteur atin de sauver le pays de la terrible dépression qui l'écrasait,—dépression aussi considérable que la présente, au dire de M.

le ministre des died manufacturiers de l'Angleterre se plaignirent au gouvernement impérial, et celui-ci fit des remontrances au gouvernement canadien, se basant sur les mêmes principes et les mêmes idées que celles qui sont invoquées aujourd’hui.

Quelle fut la réponse du gouvernement conservateur canadien ?

Sir À Galt répondit qu'avec le sef government, nous avait été donné le droit de régler nous-mêmes notre politique fiscale ; avons-nous ceské d'être Anglais depuis ce temps ? le lien qui nous unit à l'Angleterre s'est-il relaché ? avons-nous fait preuve de moins de loyauté depuis ? le gouvernement impérial nous a-til considéré d'un œil moins favorable depuis ?

Je maintiens que ce que nous avons fait en 1859, nous pouvons le faire aujourd’hui ; je me permettrai de rappeler à l'honorable député le bon vieux mot français, qui ne peut mieux s'appliquer que dans la circonstance actuelle : “ [| ne faut pas être plus roya- “ liste que le Roi.”

. Voici ce que sir Alexander Galt disait en réponse aux remontrances du gouvernement impérial à l’occasion de son tarif de 1859 :

‘‘ Le respect que nous devons au gouvernement impérial nous impose l'obligation de lui démontrer que la politique de ce pays n’est

l'on s'efforce de sauvegarder les intérêts de la mère-patrie ainsi que ceux de la province.

Mais le gouvernement du Canada, agissant pour sa législature et son peuple ne peut, à cause de ces considérations de déférence qu'il doit aux autorités impériales, consentir en aucune manière à abandonner ou même restreindre le droit qu’a le peuple dn Canada de décider pour lui-même du mode et du montant d'imposition auxquels il voudra bien se soumettre. Notre se{f government serait complète. ment détruit si l’on devait préférer les vues du gouvernement impérial à celles du peuple du Canada RE AE D I ER TE tt" Le gouvernement impérial n’est pas responsable des dettes et des obligations du Canada, il re contribue pas au maintien de nos services judiciaire, civil et de l'instruction publique ; il ne contribue en rien au gouvernement du pays, et la législature provinciale, agissant par l'intermédiaire de ministres qui lui sont responsables, est obligée de faire face à tous ces besoins ; il doit, par conséquent, réclamer et exercer la plus grande liberté quant à la nature et au chiffre de l'impôt que devra payer l'industrie du peuple.”

OETETEELEN

Je crois en avoir dit assez, M. l'Ora.

teur, pour vous démontrer que l'on peut revendiquer les droits de son pays sans mériter pour cela l'accusation de déloyauté, qui devient risible lorsque l'on jette les yeux sur les banquettes ministérielles et surtout sur les siéges occupés par les députés de ma-province,

L'honorable député de York-Nord admet qu'il y a toujours une assez grande différence dans !1 manière d’envisager les questions politiques, et que cette différence dépend souvent du siége que l’on occupe en Chambre. Il ne peut dire plus vrai, et l’on en voit un triste exemple dans la personne de députés de la province de Québec, qui autrefois ne parlaient que de protection et ne sont devenus libre-échangistes que pour faire acte de soumission à M. le ministre des Travaux Publics, qui n'entend pas que l’on manifeste des opinions différentes dans son parti.

Un écrivain distingué disait que les deux hommes qui se ressemblaient le moins sur la terre, était celui qui prétendait vouloir et pouvoir faire de grandes choses si on lui en fournissait l’occasion, et le même homme arrivé au but de son ambition.

Il avait raison, si l’on en juge par l'exemple donné par les députés libéraux de ma province.

Je désire. M. l'Orateur, ne rien dire de désagréable à M. le ministre du Revenu de l'Intérieur ; je ne puis m'em-

êcher de remarquer, cependant, que a Chambre avait droit de: s'attendre à

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une plus complète franchise de sa part lorsqu'il affirma, dans son discours sur l'adresse, que le parti national n'avait jamais arboré le drapeau de la protection. Tenant ouvert le livre do M. Lareau, il nous a dit qu’il contenait le programme du parti national, et quo le mot de protection ne s’y trouvait même pas, et l'honorable ministre réussit à convaincre quelquos-uns des députés connaissant peu nos luttes, que véritablement la protecton n'avait jamais fait partie du programme libéral, J'ai maintenant ce livre entre les mains, et je me permettrai de lire le 9ème articlo de ce programme, que l'honorable ministre aurait dà lire:

49. L'obtention du droit absolu de régler nous-mêmes nos relations commerciales avec les autres pays de manière à assurer l’établissement de manufactures au Canada.’

Or, je demande à mes honorables amis, ce à quoi pourrait nous servir le droit d'encourager nos manufactures, si nous négligions les moyens mis À notre portée pour y parvenir. Pourquoi obtenir le droit de régler nous-mêmes nos relations commerciales si, ce droit obtenu, nous le reléguons comme un instrument inutile dans l'arsenal de nos droits politiques !

L’'obtention de ce droit ne peut nous valoir que d'autant que nous sommes prêts à admettre le principe de protection, car nous possédons aujourd’hui le pouvoir le plus illimité d'établir le libre échange; nous n'avons, pour cela, qu'à briser les barrières que ncrsavons élevées et ouvrir notre pay* au commerce du monde entier.

Je ne crois pas me tromper en disant que les difficultés qui se dressaient de- “ant nos adversaires, étaient l’impossibilité où ils se trouvaient d'établir un système do protection contre l’Angleterre, et un système de libre échange en faveur des Etats-Unis, et, chose singuliôre, les alliés des libéraux du Bas- Canada nous accusent aujourd'hui de déloyauté parce que nous réclamons pour le Cansda des droits qui avaient êté demandés, dans des limites beaucoup moins favorables, à l'Angleterre, par le parti national.

| Je réclame votre indulgence, M.

l'Orateur, car je désire mettre devant la Chambre, une fois pour toutes, la preuve du peu de sincérité de nos adversaires eur Cette question d’une grande

importance dans la province de Québec.

Le cri de “Protection” fait le tour de notre province ; les libéraux l'ont soulevé dôs 1872, et il est assez probable que la lutte prochaine s'y fera en grande partie sur cette question.

Lorsque je dis que le parti national avait adopté le principe de la protection pour nos industries agricole et manufacturière comme une des clauses principales de son prograrnme, je m’appuie de la parole de M. Joly, le chef de ce parti etaujourd’hui premier-ministre de la province de Québeg.

M. Joly dans «a lettre au député de Wellington-Nord, re lui donne pas soulement son opinion personnelle, mais il constate un fait, ot ce fait, il l'explique ensuite plus au long dans ce que je vais citer :

“On nous accuse d'avoir abandonné le princi- ‘pal artivle du programme de notre parti na- ‘“lional. Nous réciamions avant tout une poli- ‘tique commerciale nationale. On a accusé ‘mes amis de l'avoir abandonnée et on y a mêlé mon nom comme chef du parti national, ‘mais je ne l’ai pas abandonné.”

Toute dénégation à ce sujet s’applique done encore plus à M. Joly qu'à moi, car je ne puis rien connaître par moi-même des dispositions des chefs de ce parti, et je suis obligé de m'en rapporter à leurs discours et à leurs écrits, dont je me permettrai de lire quelques extraits.

M. Joly a dit, en 1872, lors de la formation de l'association du parti national dont il venait d’être élu le chef:

‘On a proposé de donner au parti qui veut se charger de cette tûche le nom de { Parti National. (Appl). Je vais vous dire pourquoi on a choisi re nom. Vous avez dû voir par les discussions de la Chambre et des journaux que pour attirer une immigration considérable et avantageuse dans le pays, il faut encourager l'industrie par tous les moyens

ossibles. Toutle monde comprend que nos Jeunes gens ne quitteraient pas le pays s'ils y trouvaient de quoi suffisamment, non pas pour faire du luxe, mais pour se payer au moins un morceau de pain et de quoi se vôêtfr. Il faut donc, pour empêcher cette dépopulation en détail, un parti qui encourage l’industrie sous tontes ses formes, un parti qui soit avant tout national, qui nous obtienne de prime abord, non pas l'indépendance politique, mais l’indépendance commerciale. Il faut à cesujet une politique nationale, si nous voulons ramener nos compatriotes dans leurs foyers, encourager une {immigration étrangère et établir un marché {avec les autres pays. (Appl) Au lieu de {faire des théori - d'échafnnder des utopies, {je crois qu'il var nieux adopter une plate- { forme, comme disent les aglais, une plate- ‘tforme nativnale,commerciale et industrielle.’

J'espère que M. le ministre des Fianncos admottrn qu'il ressort de ce discours deux conséquencos.qui sont également opposées aux idées qu'il a émises devant cette Chambre; premièrement, que son trùs distingué allié de la pro:

vince de Québec est parfaitement d'opinion que les ressources industrielles d'un pays peuvent être notablement augmentées par une législation convenable, et secondement, que cette législation convenable, c'est la protection.

Je citorai yn autre membre distingué du parti national qui, dans lu même circonstance, fit un discours très vigoureux, mais beaucoup moins modéré. Je veux parler de M. Langelier, maintenant micistre dans le gouvernement de la province de Québec, et dont l’opinion doit être acceptée comme étant celle de l’un des chefr de ce parti:

“Notre pays qui offre de si nombreux avantade ss est pourtant le pays le plus arriéré de “\’Amérique, ?

J'avais toujours cru jusqu'alors, M.

l’Orateur, que le Canada était, en civilisation Commerciale et industrielle, plus avancé que le Mexique et les Etats de l'Amérique du Sud, mais il paraît que je me suis trompé. M. Langelier continuc:

‘ Cela est dû, pas n’est besoin de le dire, à ‘notre administration politique."

Lui aussi, par conséquent, croit que les intérêts commerciaux et industriels d’un pays peuvent bénéficier d’un gouvornement bien au fait des besoins d’un peuple, de même qu’ils peuvent souffrir d’un gouvernement inactif, comme celui que nous avons aujourd’hui. 1l ajoute :

‘ Ce n’est pas un renversement complet de l'ordre de choses actuel, ce n’est pas de l’opposition radicale qui sont les principes de notre programme, ce que nous voulons c’est que la Constitution soit amendée, amendée dans le sens de notre programme ; c'est notre indépendance commerciale que nous désirons et oe mous devons avoir... de nn sielecsntes Dafccotan ia

000000 00000 ones res

Le Gouverneur-Général, lors du grand diner qui lui a été donné à Québec, par les citoyens, à son arrivée dans le pays, a déclaré que le pays poyvait prendre les allures indépendantes qu'il lui plairait.

‘Si nos ministres ont-fait la sourde oreille, ou n’ont pas de mémoire, c'est à nous de preudre la tâche en main.

“Ilya à côté de nous quarante millions d'hommes, avec lesquels nous ne pouvons pas commercer. Il faut que cela change, et, pour cela, 1} faut so mettre à l’œuvre immédiatement.

es.

jettent à la figure l'accusation de dé.

Si je comprends bien le sens de ce M discours, le voici: “Notro pays est ar. | “yriéré; le gouvernement pourrait, s'il ls “Je voulait, nous tirer de l'état humi- “liant où nous nous trouvons; nous “voulons la protection contre l'An.

“ gleterre, mais nous désirons le libre “échange avec les quarante millions au “ sud de notre frontière.”

Et co sont ces messieurs qui nous

loyauté ?

Nous est-il jamais entré dans l’idée, en réclamant le droit de régler notre politique fiscale, de donner la préfé.

rence aux Etats-Unis sur la mère-pa- !

trie? Lorsque nous monterons au pouvoir nous imposerons tels droits que nous trouverons convenables dans notre intérêt, mais en prenant soin de sauvegarder, autant que ces intérêts le permettent, ceux de l'Angleterre.

Voyons maintenant ce que dit l’honorable M. Pelletier, aujourd’hui ministre dans un gouvernement qui admet ne pouvoir rien faire pour soulager le pays souffrant, un gouvernement libreéchangiste,

Il va nous faire comprendre, en termes assez clairs, que nous n'avons pas assez de protection et que nous en avons trop: pas assez contre l’Angleterre ot trop contre les Etats-Unis, ct remarquez, M l'Orateur, que ce discours de M. Pelletier fut prononcé, ainsi que les autres, à des rénnions 80lenneiles, qui décidèrent de la forma.

tion du nouveau parti en 1872:

“Les manufactures, les différentes branches ‘d'industries que nous pourrions développer ‘avec tant d'avantage ne reçoivent pas la pro- {tection nécessaire.

Il y a pourtant, me direz-vous, un élan ‘vers le progrès : l'esprit d'entreprise semble

naître. Oni, messieurs, la faim, .la misère ‘font faire bien souvent desefforts humains.

Aujourd’hni la terrible crise com: ale que

‘ nous traversons, tout en alarmant ceux qui ‘étaient les plus confiants dans un avenir ‘“ meilleur, leur fait faire des efforts aunrê:aes ‘ pour éviter une ruine complète.”

Le tableau est bien un peu charge, car, si je ne me trompe, un comité de cette Chambre, formé en 1872, nous fit rapport que prises dans leur ensemble, les manufactures du Canada étaient alors dans un état assez satisfaisant et recommandait une légère augmentation de protection; nous savons tous que la grande dépression et la véritable

crise n'ont atteint leur apogéo que de-

uk,

M. Pelletier continue ainsi .

“De généreux efforts sont faits depuis “quelque temps, c'est vrai; quelques capita- “Jistes entreprenants essnient bien d'établir ‘des manufactures, mais ont-ils pu inspirer # confiance dans leur succès? Ont-ils pu faire disparaître cette objection si grande du turif “qui rend presque impossible l'exportation de {nos produits ?

Quelle garantie ont-ils pour risquer leurs “capitaux dans les manufactures exposées ‘constamment à un changement de tarif qui US paralyae tout.” (Applaudissements.)

‘Il yaàù côté de nous une population de “quarante millious avec lesquels nous ne pou- ‘yons commercer. Notre pays offre des avan- {tages immenses et c'est pourtant encore le “pays le plus arriére de l'Amérique, faute LA d'encouragement aux manufactures.’

On le voit, l'honorable monsieur, réitère l'expression exagérée de monsieur Tangelier, l'opinion de ces messieurs n'était d’ailleurs que l'écho de celle d’un grand nombre parmi leurs amis. Ils n’ont jamais ex confiance dans l'avenir du Canada, ils n’en ont pas plus dans l’avenirde leur province!

Il est évident que ce que demandait M. Pelletier c'était plus de protection contre l'Angleterre ct les autres puissances européennes, mais lorsqu'il parle des Etats-Unis, son langage est tout différent, et au lieu de demander la protection, il trouve que nous en avons beaucoup trop; que notre tarif contre les Etats-Unis était équivalant à la prohibition, car il dit:

# Par notre tarif de protection ontrée, nons

. avons forcé nos voisins à user de représailles, ‘et nous en sommes les premières victimes.”

Mais ce n’est pas tout. L’honorable M. Letellier, maintenant lientenantgouverneur do la province de Québec, voulut proposer lui-même la résolntion suivante, qui fait connaître la politique du parti national.

“Que pour assurer le développement de notre agriculture, de notre commerce et de nntre industrie, amener le rapatriement de nos compatriotes en leurs offrant ici un trevail rémunérateur, attirer chez nous l'immigration ilest nécessaire que nous ayons toute facilité d'aider nos manufactures à soutenir la concurrence étrangère et d'ouvrir à nos produits de nouveaux débouchés, et cela par l'obtention du droit de régler nos rapports commerciaux avec les autres pays.”

Je vais maintenant soumottre à la Chambre, et surtout aux ultra loyaux qui siégent à droite, M. l'Orateur, les Opinions d’un autre membre distingué

du parti national de Québec, d'un homme que M. le premier ministre a cru devoir récompenser en lui donnant un siégo au Sénat.

M. Fabre a un grand avantago sur beaucoup de ses amis ; il est incapable de déguiser le but auquel il tend, et il manifeste sos tendances avec la plus grande franchise. Il s'est livré avec grand soin à l'étude de notre condition politique et s'est formé des idées très rad'cales à ce sujet. Il se déclare franchement en faveur de l'annexion et ne peut se soumettre à l’idée de déguiser sa pensée :

# Derrière ln Confédération, dit-il, j'ai tou-

jours entrevu l'indépendance, toujours pensé

que l'intervalle qui s’écoulerait entre l'établissement de la Confédération et son déclin serait moins long que celui quis’est écoulé entre la naissance et In chute de l'Union ; et l’année dernière il ne m’a fallu qu’écarter le voile.”

M. MACKENZIE-- Cet extrait a déjà été lu.

M. MASSON—L'honorable Premier se trompe: ces extraits n’ont jamais été lus devant cette Chambre, ni ailleurs que je sache, et M. le premier ministre admettra qu'ils sont excessivement intéressants et instructifs.

J'achèverai donc ma citation :

UJine m'a fallu” qu'écarter nn léger voile pour montrer que d::3 la déduction logiqne de ma pensée, l'annexion était In dernière étape de la marche et la situation définitive du pays.

(appl.)”

On se tromperait grandement en croyant que cette opinion n’est que l’opinion personnélle de M. Fabre, car ses paroles ont reçu les applaudissements de ses auditeurs réunis à l’occasion de la formation du nouveau parti.

Le même libéral distingué avait dit déjà dans une autre occasion :

‘ Ce que nous devons done demander, c’est une sorte de traité de Washington entre l’Angleterre et le Canada, reconnaissant le droit que nous avons de protéger notre industrie et de la mettre à l'abri des effets d’une concurrence À laquelle nous ne saurions tenir tête avec nos ressources actuelles.

CETTELE EE LEE ELL COLE ELEC EEE ELEC ER CEE ECCEC EEE CCE COTE

“Il semble évident que l'opinion publique est généralement fixée sur la nécessité d'un changement dans nos relations commerciales avec l'Angleterre: que l'idée de protection esten train de faire rapidement son chemin, et devra bientôt s'imposer. Les journaux conservateurs, les mieux avisés, sentant venir le courant qui emportera bon gré mal gré tous les partis, conseillent àleurs chefs de se mettre à la tôte du mouvement.”

Nous dira-t-on maintenant que Île.

parti national n’a jamais préconisé la protection et qu'il n’a jamais fait de changement de front ? |

M. le premier ministre nous dira peut-être, comme il l’a dit dans la province d'Ontario, qu’il n’a que faire des idées spéculatives de ses partisans ; qu'il leur est parfaitement loisible d'entretenir les théories les plus adverses sur l'avenir politique de notre pays, pourvu que ces idées restent dans le domaine de la théorie et que l'on ne s'efforce pas de leur donner une forme plus pratique.

Je lui rappellerai, cependant, que l’un des messieurs que je viens de nommer, l’un de ses bons alliés dans la province de Québec, un des alliés de ceux qui nous accusent de déloyauté, M.

Fabre, s'est ouvertement plaint de ce que le député de Kingston avait été sacrifié dans son rôle de commissaire impérial à Washington; que l’on n’aurait pas dû l'envoyer pour accomplir une tâche impossible et de beaucoup au-dessous de ses grandes capacités, mais que l’on anrait dà l'envoyer pour négocier le transfert du Canada aux Etats-Unis !

Je crois, M. l'Orateur, qu'il aurait été difficile de donner une solution plus pratique aux idées théoriques de ces messieurs, et j'espère que nous n’entendrons plus parler du manque de loyauté ‘ des conservateurs |

Le parti national a été protectionniste non-seulement à son origine, mais il l’a toujours été depuis, et sice n'était de la main de fer de M. Mackenzie, qui s’appesantit sur eux, ses chefs le seraient encore aujourd’hui.

En 1874, lorsque le parti libéral monta au pouvoir, un nouveau journal, Le Bien Public, fut fondé dans la ville de Montréal, ayant entre autres but celui de combattre en faveur de la protection et de soutenir les principes du nouveau parti libéral réformé qui avait désiré jeter par dessus bord MM.

Dorion, Geoffrion et autres.

Les principaux promoteurs de cette entreprise étaient, si je ne me trompe, monsieur le député actuel de Montréal- Est, (M. Jetté), M. Thibaudeau, que le gouvernement actuel a nommé rénateur, M. Rainville nommé juge, M.

Boausoleil, nommé syndic officiel, M.

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