‹ Discours de Napoléon sur les vérités et les sentiments qu'il importe le plus d'inculquer aux hommes pour leur bonheur, ou, Ses idées sur le droit d'ainesse et le morcellement de la propriété Elektronische DatenChapitre 12 sur 19 · A COPENHAGUE · texte numérisé non relu

A COPENHAGUE

Berlin, aG août i8ia.

Je m’empresse d’accuser la réception de la lettre que votre excellence a bien voulu me

communiquer.

PIECES DIVERSES

Elle me mande que les préparatifs d’une expédition ont été repris avec une nouvelle activité en Suède, depuis que le prince royal est de retour de l’entrevue d’Abo, et que toutes les nouvelles qu’on reçoit des diverses parties de la Suède s’accordent sur ce fait, que lès préparatifs seront terminés du 24 au 26 de ce mois, et que la^orce des troupes qui doivent faire partie de l’expédition est évaluée à trente -six mille hommes, commandés par le prince royal. Vous me mandez par votre lettre que l’on n’est pas d’accord sur le but que se proposent les puissances coalisées. On indique pour point de débarquement l’île de Zéelande, d’autres annoncent que le point de Lubeck est celui sur lequel on a projet de l’effectuer, et que le prince compte beaucoup, en pénétrant dans le pays , sur le soulèvement des babi'-

PIÈC£$,PIV£KSSS.

fonts, parmi lesquels il a, dit-on, un grand nombre d’affidés et d’émissaires secrets.

J’ai l’bonneur de faire part à votre excellence d’une confidence que m’a faite M. le comte de Saint-Marsan hier.»

Il me dit que le baron Deyben , ministre de Danemarck près la cour de Berlin, sonfoit de chez lui et lui avait fait officiellement, de la' pært de sa cour 7 la communication suivante:

M. de Lysackewitz, qui était ministre.de Russie à Copenhague, a été chargé par le général Schuchtevn,qui résidait pour la Russie à Stockholm, de faire des. observations au 'Danemarck sur les avantages qu’il poqrrait avoir d’entrer 4ana le’ système de la Ru^ie

PIÈCES DIVERSES

et de l’Angleterre, et d’abandonner celui ^e la France. M. de Lysackewitz ne fit aucune démarche directe, parcequ’il n’avait reçu aucun ordre de sa cour ; mais le gouvernement danois fut instruit de l’instruction de M. de Schuchtevn à M. de Lysackewitz.

Au retour du voyage du prihce royal, dans une audience qu’il a donnée à M. de Bender, chargé d’affaires d’Autriche , il lui dit que les cours de Vienne et de Berlin étaient bien aveuglées sur leurs intérêts en faisant cause commune avec la France ; que le Danemarck était plus clairvoyant, qu’il ■était disposé à accéder à la neutralité proclamée par la Suède, et à la soutenir, à l’occasion, par une armée de quarante mille hommes. Ce propos fut rendu par le chargé d’affaires d’Autriche à celui de I^emarck, et en

PIÈCES DIVERSES

même temps M. Doseskeva déclara à Copen*

hague que la .cour de Suède était étonnée de ne point avoir reçu de réponse à sa déclaration antécédente.

Ces circonstances donnent la clef de deux, bruits différents qui se sont répandus, Tunque la Suède' proposerait au Danemarck d’accéder à sa neutralité, et prendrait motif pour lui déclarer la guerre ;

L’autre, que le Danemarck penchait à entrer dans les vues de la Suède.

Je prfe votre excellence de vouloir bien me donner quelques éclaircissements sur ces faits, pour guider mes opérations, n’ayant aucune donnée sur ces afïaires. Je dois me

borner seulement à mettre exactement asous

PIÈCES diverses.

les yeux de votre excellence ce qui m’a été communiqué. Ci-joint une lettre de son excellence M. le comte de Saint-Marsan, ministre de France en Prusse. •

Je prie votre excellence de recevoir les assurances de ma haute considération.

PIÈCES DIVEttSES. ' 143

Page 1