‹ Discours de Sir A.-P. Caron, M.P. sur le bill réparateur, Manitoba [microforme]Chapitre 2 sur 7 · MARS · texte numérisé non relu

MARS

| tionnel et dans le sens des intérêts de tout le pays. Dans l'intérêt du pays, comme dans celui des intéressés, il vaut mieux qu'elle soit discutée comme une question purement constitutionnelle, en éliminant autant que possible tout se qui peut être de nature à causer de l’irritation.

Lu question, comme je l'entends, se résout à ceci : Le plus haut tribunal de l'Empire a déclaré que certains droits avaient été enlevés à une minorité ; et que cette minorité, en vertu des lois qui nous gouvernent, en vertu de la constitution qui régit la Confédération de ‘puis sa création en à appelé an : plus haut tribunal de l'Empire. Ce tribunal, qui est en dehors de nos luttes ; qui ignore toute L: question de nationalité on de province, considérint cette question comme il envisage toutes les grandes questions des différentes parties de ce vaste empire qui sont soumises à sa décision impartiale ; ce tri- | bunal qui est le plus haut tribunal auquel un sujct anglais puisse s'adresser, à déclaré que la minorité du Manitoba avait été privée de quelques-uns de ses droits.

J'aurai occasion plus tard de parler des circons tances dans lesquelles un article concernant la protection des minorités a été introduit dans l'Acte de l'Amérique ue du Nord, et je prétends qu'en vertu de cet article il était du devoir impérieux du gouvernement, vu le jugement du Conseil privé, d'entendre l'appel de la minorité qui demandait le redressement de ses griefs. Cet appel ayant été entendu, le gouvernement du EAN à entre | pris d'appliquer le remède qu'offre la constitution. s| Les orateurs de la gauche ont parlé de mesures s | draconiennes prises par le gouvernement sur cette | question, mais avant de terminer j'espère démontrer que le gouvernement à fait tout ce qu'il était possible de faire pour amener la législature du | Manitoba à appliquer elle-même le remède.

| J'espère aussi pouvoir démontrer, par une analyse {cru à la bonne foi de l'Acte de l'Amérique Britandes arrêtés du conseil, que si aujourd'hui nous {nique du Nord, qui nous a été e xpliqué d'une manière sommes en présence de la question la plus impor: | si 4 loquente hier par un «les pères de la Confédéra tante qui ait jurnais été discutée dans cette enceinte, | tion, l'honorable secrétaire d'Etat. Si on tentait c'est dû au fait que la législature du Manitoba n'a | d'empiéter sur les droits de lu minorité de Québec, je pas voulu écouter la voix des citoyens de cette pro | lutterais pour la défense de ses droitsavec la même vince qui demandaient un remède aux maux dont | énerg jie avec laquelle je lutte aujourd'hui pour la ils souffruient, et pure qu'elle a réfusé de leur | léfense des droits de la minorité du Manitoba, rendre les droits qui, d'après la décision du Conseil En envisageant la question au point de vue de la privé, n'auraient pas dû leur être enlevés. Nous | justice, je partage entièrement l'opini ion de la majosommes allés si loin dans la voie de la conciliation | rité de la province de Québec, qui estime qu'on né que les honorables députés de la gauche et une | peut faire trop de concessions à nos amis qui sont classe it pe inte de la population uous ont le pro- | en minorité dans cette pro ince et qu ine partagent

x de ne pas nous servir du droit que nous avions | ni notre langue ni notre culte : mais je considère de Fe r cette question, qui, comme je l'ai dit, aussi que dans la province de Québec les différentes causé tant d'irritation duns le pays. On nous a | classes de Ja population sont d'opinion que li mino-

reprochu de retarder la solution de cette que stion. | rité doit jouir des mêmes priv ilèges que la majorité,

Nous nous somines abstenus de tout ce qui aurait | et que, comme question de fait, cette r'èé gle a été mise pu toucher à Fautonomie de cette Fee ince, car Len} pri atique longtemps avant de devenir loi. Quelles je suis convaincu que celui qui voudrait, de propos | ont té és résultats de cette manièr d agir” Les délib porter atteinte à l'autonomie d' une des | résultats sont que sur cette question, qui pourrait grandes provinces de li Confédération, ne serait pas créer des divisions entre les différentes nationalités un vrai patriote; pour ma part, je serais le dernier | et en crée de fait daus les autres provinces, les pro à vouloir le faire, je combattrais pour obtenir un |! test its et les catholiques de Ja province de Québec délai, j'excuserais toute mesure de lenteur afin | sont nr même avis et en sont venus c la même con de n'être pas obligés d'exercer la juridiction que | clusion, savoir : Que la protectiou de la l'Acte de l'Amérique Britannique du Nord donne | dans le Manitoba intéresse la minorité au gouvernement fédéral, mais qui ne doit être | de Québec au même degré que la exercé que lorsque tous les autres moyens ont ! Manitoba échoué, Ni aujourd'hui ce droit est exercé, c'est | Lors de la Confédération, lorsque les protestants parce qu'après avoir essayé par tous les moyens | de la province de Québec ont expliqué qu'ils voupossibles d'arriver à unc solution, nous avons été ! laient qu'un certoin nombre de comtés fussent réserincapables d'amener li province du Manitoba à} vés à la représentation de la minorité, quelle à été la reconnaitre les droits de La minorité. réponse de la majorité? Elle nu pas pis end un Une certai ne presse et des oruteurs de la gauche ! seul instant que la minorité demandait trop: ceux prétendent qu'on ne devrait pas troubler la paix et | qui ont discuté cet article important et qui ont l'harmonie dans cette province Ds Le arnour d'ine | contribué à sa rédaction disaient : Nous ne voulons faible minorité, plus faibleaujourd'hui qu'elle n'était | rien refuser à la minorité protestante, mais nous au moment de l'entrée de la province dans li Confé- | voudrionsque les représentants de ces somtésfussent dération, parce qi ue «les éléments étrangers y ont été |anglais sans que nous y soyons forcés par une loi ; introduits et que la majorité s'est déplacée, Vu | ses droits seront respectés et elle n’a rien à craindre que la majorité n'est plus française comme à cette | de notre part, et notre seule objection, c'est que époque et que d'autr éléments ont été intro-! nous aurions l'air « der à la loi Es lieu de faire duits dans la province depuis, on se sert de cet | une concession ions Mais, M. l’Orateur, ce argument que la minorité est bien petite pour causer | n'est pas la seule concession qui ait a faite, Longtout le trouble et tout le mécontentement qui temps avant la Confédération, La minorité protesrègnent actuellement, Je dis au contraire que tante de Québec, en ce qui concerne l'éducation, a plus la minorité est faible, plus est impérieux le joui des mêmes droits et privilé, ges que ceux dont devoir du parlement de protéger cette minorité, ! jouit la minorité catholique de la province d'Onlui qui est son protecteur naturel et qui constitue | tario en vertu de la loi. le pouvoir indépendant entre les provinces et tous les divers éléments d’une province.

minorité protestante minorité du

Non seulement cela, maisen dehors de toute obligation constitutionnelle, en dehors de toute obliga. Je ne crains pas de déclarer, M. l'Orateur, que si | tions légale, lorsque la minorité protestante est où ne réussit pas à convainere les minorités que la} venue nous demander que, dans les prisons de constitution qui régit le Canada sera appliquée | là province, une partie fut réservée aux femmes équitablement et protégera leurs droits, la Confé- | détenues appartenant à leur religion, la demande a dération n'atteint pas le but que se proposaient ses | été acc ‘ordée sans aucune hésitation. 11 en a été auteurs. Je prétends que, sans cela, elle est incom- de même pour les asiles et plusieurs autres priviplète et que cette lacune pourra faire sombrer les lèges accordés À la minorité protestante, que lustitutions sous lesquelles nous vivons, {nous n'étions tenus de leur accorder en vertu

En ma qualité de Canadien-français, fier de mon | d'aucune loi, mais que nous avons volontairement origine et de mu province, je déclare que je n'hési- | concédés pour obtenir ces bienfaits inappréc iables, terai pus à combattre toute tentative d’'empiéte- | la paix, l'harmonie, la bonne volonté qui règnent ment sur les droits de la minorité protestante de | parmi notre population, la province de Québec, Je le ferais, non à cause! J'ai déjà dit que, longtemps avant qu'il fut dit de la religion à laquelle cette minorité peut appar-! dans la dnetitulion que la minorité protestante de tenir, mais parce que je considère que c'estf'un | Qué bec aurait ses propr scoles et jouierait des devoir constitutionnel que nous devons à ces mino- privilé que la loi accorde aux catholiques rités ; je le ferais parce que, lorsque ces minorités | d'Ontario, nos concitoyens protestants de Québec, ont accepté la Confédération et ont renoncé à leurau- | n'ont jamais eu à craindre la moindre intervention tonomie pour entrer dans la grande union, eliés ont | de la part des catholiques. Et je suis heureux de

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dire que non seulement dans la province de Québec, mais dans d'autres provinces aussi, il y à des pro testants qui pensent comme nous sur cette question.

Les opinions libérales et généreuses ne peuvent pas être trop répandues, quand elles viennent de personnes appartenant à une autre religion que celle pour laquelle ils parlent, et je vais lire une lettre adressee par M. Carnegie, ut EX de pute pro vineial d'Ontario, à sir Mackenzie Bowell, dans laquelle il dix :

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