POURQUOI L'UNION FUT ACCOMPLIE
Voiei un peuple composé de deux races distinctes, parlant des langues différentes, dont les institutions religieuses, sociales, municipales et d'éducation sont totale-
ment différentes ; dont les animosités de section à section |
étaient telles
qu'elles ont rendu tout gouvernement Dr
que impossible pendant plusieurs années. Et cependant, |
[. l'Orateur, nous sommes ici siégeant, discutant patiemment et avec calme,afin de trouver un moyen de faire disparaître pour toujours ces griefs et ces animosités, Nous cherchons à régler des difficultés plus grandes que celles qui out plongé d'autres pays dans toutes les horreurs de la guerre civile,
L'honorable George Brown exprime ensuite sa maniere de voir sur les droits des minorités qui doivent être protégés à perpétuité. Après avoir lu l'article du projet de constitution concernant le
maintien des droits et privilèges possédés par les | minorités protestante où catholique des deux |
Canadas, concernant leurs écoles confessionnelles qui existaient lors de l'établissement de la Confédération, M. Brown ajoutait :
J'admets que cela fait tache au projet dont la Chambre
est saisie; mais c’est une des concessions que nous avons | dû faire pour assurer l'adoption de cette grande mesure |
de réforme.
Mais on «à dit que, bien que cet arrangement fût peut-être équitable pour le Haut-Canada, il n’en était pas ainsi quant au Bas, attendu qu'il existait des causes dont la population anglaise avait eu à se plaindre depuis long-
temps, et qu'il serait nécessaire de faire quelques amende- |
ments à l’acte scolaire actuel pour leur assurer justi égale, Eh bien! lorsque cette question fut soulevés, to les partis dans le Bas-Canada se montrèrent prêts à la
régler d’une manière franche et conciliatrice, c'est-à-dire !
avec l'intention bien arrêtée de faire disparaitre toute cause d’injustice qui pourrait exister,
M.T.-C. WALLBRIDGE: C’est détruire le pouvoir des |
législatures locales que de légiférer sur ce sujet. honorable M. BROWN: J'aimerais savoir où est le
pouvoir que l'honorable monsieur a de légiférer auiour- | d’hui sur ce sujet? Qu'il présente un projet de loi pour |
annuler le pacte de. 1865 et pour révoquer les actes des écoles sectaires du Haut-Canada, et il verra combien il aura de votes en sa faveur. :
Qu'est-ce qui a fait que, dans ces dernières années, des hommes reconnus dans une section comme éminemment
capables, fussent totalement impopulaires dans l'autre section ? Ce ne sont pas nos vues sur le commerce qui en ont été la cuuse, É
Non, M.l'Ornteur, nous le devons à notre opinion quant au principe d'affecter des deniers publics à des fins loonles...... à la constitution en corporations d'institutions ecclésiastiques; à l'allocation de deniers pour des fins sectaires ; À l'intervention dans notre système scolaire, ete ...., Le jour où cette mesure deviendrn loi, sera un des plus heureux pour le Canada, cur tous les sujets de discorde seront bannis de la législature. , :
Mais, M, l'Orateur, je suis encore en faveur de ce projet, parce qu'il fait disparaitre les doutes que nous entretenions sur la stabilité de notre condition, stabilité que nous naurions pas pu assurer autrement,
Jl y à dans ce que disait alors l'honorable M, Brown beaucoup de vérités qui pourraient s'appliquer à la situation actueile. Il admettuit que les législatures provinciales ne pourraient pas annuler le privilège des écoles séparées, M, Brown et l'Assemblée législatived'alorsreconnaissaient qu’une concession avait été faite et un grand principe établi-en vertu desquels les législatures provinciales ne pourraient pas empiéter sur les droits des minorités,
De fait, une garantie nationale était accordée à ces minorités,
J'ai, M. l'Orateur, exposé suffisamment la nature du pacte conelu lors de l'établissement de la Confé. dération—-comment il fut accueilli ; comment on le comprit et comment il fut expliqué par les pères de la Confédération.
Quelle-u été la position depuis 1867? L'harmonie, la paix et la concorde ont été le résultat du pacte
|fédéral. Allons-nous rouvrir une vieille plaie ?
Allons-nous retourner aux dissentions civiles et religieuses qui existaient autrefois à l'état chronique? Ce que j'ai cité ndlaes selon moi, que, à la suite d’une période troublée par des dissensions d'un caractère religieux, qui avaient presque ruiné le Canada, on vit surgir un esprit de modération et de conciliation, qui se répandit dans tont le Canada, parmi ceux qui avaient à cœur les intérêts du pays, parmi ceux qui étaient prêts à sacrifier leurs divergences d'opinion, à s'unir ensemble pour
| garantir à la minorité la libre jouissance de ses
droits ; et la minorité en a joui depuis.
| Or, nous demandons aujourd'hui que la mino- |rité du Manitoba soit également protégée.
Tout recemment, en jetant les yeux sur de vieux livres, j'ouvris— et ce fut une singulière coïncidence, vu les circonstances actuelles--un ancien volume intitulé : ‘ Recueil des procès verbaux du | synode de l'Eglise presbytérienne du Canada,” pré- | paré par le révérend M. Kemp, membre de l'Eglise Libre, de Montréal,
Je lis dans ce livre le passage suivant, qui se trouve dans l'introduction, et que je cite pour montrer l'harmonie remarquable qui a régné entre catholiques et protestants de la province de Québec à presque toutes les époques de son histoire.
Voici ce passage :
Vers l’année 1790, les prabyiériens de Montréal de toutes les dénominations, tant anglais qu'américains, s’organisèrent en une église, et ils s'assurérent, l’année suivante, les services du révérend John Young. Leurs | réunions 8e tinrent alors dans l’église catholique romaine des Récollets ; mais l'année suivante, ils construisirent | l'édifice qui est maintenant connu sous le nom d'église de la rue Saint-Gabriel, la plus ancienne église protestante de la province. Dans leurs premiers procès-verbaux, ils reconnaissent la générosité avec jHysle les Pères Récol- | lets leurs firent cadeau d’une boîte de chandelles et d’une barrique de vin d'Espagne.
| Ce fait prouve les dispositions d'esprit qui exisitaient en 1790. Or, j'espère que nous ne foule-
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