ALBERT DELORME
Das. CARRIÈRE,
MaxiMe Lénine.
BarrTisTE Boucuer.
Davin TouRoNb.
R£SE PaRENTEAU, Président, CHarzes No1i, Gavntez Dusoxr, Moise OUELLETTE.
ALBERT MONKMAN.
BapTiaTs BOYER.
Dosaro Ross.
AMADLE JOBIN.
Pi. GARNOT, secrétaire./?
M. l'Oratour, voilà un hommo qui est tenu pour un héros, écrivant cetto lettre où il déclaro quo son but est d’avoir uno guerro d'oxtermination. Peut-on 80 méprendre sur la signification de cctto lettro? Pouton prétendre quo cet homme entraîné par son dévouoment à son peuple désirait simplement uno agitation dans lo but d'obtenir la justice qu'il réclamait depuis longtemps pour les métis, lorsque nous voyons parmi les papiers produite, formant partie de le preuve priso lors du procès, quo son but était de soulever uno guerre d'extormination? c'était son but d'avoir une guerre, la plus terriblo de toutos les guerres, une guerre indienno; ct cela tout spécialemont parmi une population comme celle du Nord‘Ouest, qui est tellement dispersés dans co pays, no vivant pas onsemblo comme los populations des villes des viailles provinces du Canada, mais où les colons sont séparés par des distances considérables, et où il leur ost presque impossible de se porter socours. C'est dans de telles circonstances, commo il lo dit dans sa lettre, qui ent uuo prouve indéniable qu'il voulait soulever une guerre d'oxtermination, Ji employa tous les moyens à sa disposition pour soulever cette guerre ; il fit tout en son pouvour pour 1éussir dans son néfaste projet ; il fit tout co qu'il put pour soulever uno guorro qui a ou les plus mauvais résultats pour le Canadn,et qui, s’il ÿ eut eu des complications par lo soulèvement des sauvages, aurait été encoro plus désastreuse. .
Jo demande la permission do proposer l'ajournement du débat.
Motion adoptée.
S£axoz pu 18 Mans 1886.
Sir ADOLPHE CARON: Ilior, M. l'Oratour, lors. que la Chambro s'est ajournéo, j'exprimais l'espoir qu'il 20 80 trouvorait personne dans l'encointe de cotlo Chambre, pour déclarer sous sa propro responsabilité quo Ricl était un héros, commo je l'ai lu dans cortains journaux, et quo le grouvornomaont l'avait sacritié ot on avait fait un martyr, J'ai lu uno lottro écrite pur Riol au major Crozior, pour faire voir qu'elle espèco de héros il était,—uno lettro dans laquello il aMrmo sa délormination, Aujourd'hui je vais compléter les rengcignemonts que contiont cotto lotiro on on citant une autre que Riel adressait à Taiscur d'Etangs, ot dans laquelle il dit:
Depuis quo nous avons écrit, il s'est passé des chosea importantes, La police est venue nous attaquer. Nous l'avons rencontré et Dieu nous a donné victoire. Trente métis et cinq sauvages ont soutenu lo combat contre 120 hommee,et après 35 ou 40 minutes ils ont pris ln fuite. Béniegez Dieu avec nous du auccds qu'il à eu la charité de nous accorder, Soulevez-vous, faites face à l'ennemi, et, si vous le pouvez prenez lefort à la Bataille, détruiecr-le, sauvez toutes les marchandises ot los provisions et venez nous trouver, Le nombre que vous êtes peut vous nermeltro do nous envoyer un détachement de quarante à cinquante hommos. Tout ce que vous fercz faites-le pour l'amour du bon Dieu, sous In protection de Jésus-Christ, dela sainte Vierge, de saint Joseph ct de saint Jean- Baptiste, et soyez certain que la foi fait des prodiges."
Cetle letiro fait voir quelle sorte do héros c'était que Louis Riol. Avec votro permission, M, l'Orateur, je lirai une lettre quo m'adressait, il y a quelquo temps Sa Grâce l'archovèquo Grandin. Cette lettro ost datéo du 12 juillot 1885, Pour éviter la poine do lire l'original ot de Ia traduire devant la Chambre, jo l'ai traduito d'avanco ot c'est cotto traduction quo je vais liro. Jo possädo l'original ot jo poux lo donner aux Débats; mais pour épargner à la Chambre l'enuui d'entondreo la lettre eu français et en anglais, j'ai cru préférable de n'en donnor que la traduction :
Honornble et cher monsieur—
Assurément les troubles du Nord-Ouest n'ont pas manquô de vous préoccuper beaucoup, et il moe semble que Votre Honneur doit reepiror plus à l'aise, maintenant qu'ils sont apaisés, Je partage plornement votre satisfaction, cependant je dois ajouter que chez moi elle est loin d'être complète. La rôvulte m'a tout particulièrement bless6 nu cœur ; j'a souffert de voir nos si bons mêtis trompé: par un misérable maniaque, mépriser nos avi, se défier de notre dévouement, se déclarer contre lo gouvernement, contre l’eglise et contre Dieu. J'ai eté surtout bien Pémblement affecté de voir, à la voix de cette espèce de possedé, Leg sauvager se soulever et aller jusqu'à massacrer des personnes qui ne leur avaient fait aucun mal, qui ne leur avaient tait que du bien, des personnes qui, comme nos chers nussionnnires Fafard et Marrhand, leur avaient tout sacrifié, leur existence môme. Les massacres, la destruction presque entidre de plusieurs de nos établissements ; absolument complète de plusieurs autres, la pauvreté, le maluise, l'inquiétude, ln crainte, le découragement chez les vaincus, la haine et le désespoir chez beaucoup, voilà surtout ce qui m'effraye et me fuit presque oublier mes malheu:s personnels. Ohacun assurément souffre plus ou moins de ces malaises et de ces funestes provisions ; et 11 me semble que J'en souilre plus qu'aucun autre,
Voici un autro extrait de cetto lettre que je voudrais aussi citer :
d'adresse à l'honorable ministre de lu justice une pétition en faveur des métis compromis dans cette regrettable révolte, non que je l'ap. prouve, bien loin de là, mais je sais positirement que ces pauvres révoltés ont Eté odicusement trompés, on a abusé do leur simplicité et on leur a fait prendre les armes, saus presque qu'ils s'en doutassent. Un misérable avait capté leur confiance, en so donnant comme un homme divin ; ils étaient convaincus qu'il avait nne pui sanco presque divine ; 18 redoutaient 5es colères et res menaces il aurait eu ln foudre ex main, qu'il ne se scrait pas fuit redouter davantage. Il n’en est pas venu là tout d’un coup. Il a profité de tout, de sr popularité d'autrefois, de ee réputation, de la confiance et de l'aficetion que ses compatriotes lui portaient, de leur esprit vruiment religieux et parfois auperstitieux; et surtout de leurs griefs contre le gouvernement, comprenant pourtantqua pouren devenir absolument maitre, il avait besoin de la rchigion, 1 R commencé par faire des efforts pour se gagner l'appui du clerge, tout en travaillant à aigrir les métis contre le gouvernement. 11 lui a éte trop facile de réussir surce point, mais iln'a pu venir à bout des prêtres, Pour obvier à cet Cchec, il à teavaillé longtemps, pour faire croire à ses compatriotes qu'il était un grand emnt. Il passait les jours et les nuits en prières, à1l jelarut souvent, et disait à tous qu'il avait nne mission vraiment divine. [la fini par ss doaner come l’homme de Dieu, et dès lors rien nele gênait plus. Jouwasant d'une autorité divine, 11 était supérieur au clergé et toute religion. Il n'avait à la bouche que ces mots: {Ii taut que la volonto de Dieu s'nccomplisse.” Plusieurs de ses compatriotes ont été effray s de sesexcès; comme les prêtres ils ont voulu lui résister ; dans les disputes ils les battait par Sos injures, ses mensonges et sc menaces; il lez faizuit cm
prisonne + mort même. Comprenant qu'il était im possitio 4 ‘ acoup 80 réfigidront goit À Prince-Albert, soit dans : 2 Ar retour, ils se sont trouvéa ruinbs commo les
Autres Ainsi honorable et cher mongiour, la plupart des prisonniers do Réginn sont victimes du terrorigmo gurtont, ils gont plus bôtes quo coupables, et pour cetie raison jo demande qu'on soît in ulgente pour eux. En dewaudunt cette faveur au gouvernement je puis dire que je serais appayé par toutes les pereonnos respectables du pays, do toutes nationalités et
do touts dénomination religieuse,
Ænsuilo l'évêque parlo dos consoillers qui ont aussi été emprisonnés à Rogina:
Dour ce qui est des conseillers de ce nouveau Mahdi, aomment les jus. tifier? Ilüins, cher monsieur, ces pauvres pens ont 6t6 chrisis nogitive. ment à causo de leur ignorance et de leur tfaidité. Dans les assemblées, 113 n'osnient pas ouvrir ln bouche; on prenait les résolutious À leur nez et ils no savaient pas môme ce dont il 8’ngissait, Aujourd'hui, l'éponvante eit chez tous les méiis du district, je dirai même dans toute la nation, bien que 8e louant de la noble coniuito du générat Middleton qui, me disaient de pauvres mères ot des miasionnaires, agissait plus en père qu'en vainqueur.
Toutes ces lettres nous donnent la prouve de ce qu'était Riel. Plus on étudio l’histoire do ce soulèvomont, plus on examine les documents qui s'y ratiachont, plus il est difficile do comprendre comment on à pu mêmo essayor de fairo un héros do Riel. Jo ne possèdo pas que ses lottres quo je vions do lire, nous on avons aussi d'autres que je no lirai pas car elles ont déjà été soumises à la Chambre; nous avons celles des pères André, Moulin, Bouginville, Levocq, et du frère Piquet qui disent positivement que la révolto a été l’œuvre do Louis Ricl et qu'il était parfaitement sain d'esprit,
Si c'était nécessaire pour compléter les témoignages, nous pourrions aussi donner la prouve des projets désastreux que Riel avait formés, et fairo voir qu'il était dans une situation d'esprit qui lui permottait d'exécuter ses funostes desseins. Les écrits qu’il a publiés, son testament, sos lettres d'adieu, con abjuration do ses crrours religieuses, tout cela démontre qu'il était sain d'esprit et parfaitomont responsable des actes dont il a été trouvé conpable.
Nous avons aussi la preuvo de ses intentions, car il a ossayé d'entraîner les sauvages dans le soulèvement; il a ou avec Pied-de-Corbeau, un chof des sauvages, uno entrevue qui a élé publié dans los journaux, et qui prouve au delà de tont doute qu'il a voulu fuire prondro les armes aux sauvages, Nous avons aussi la preuve irréfutable qu'il a tenté do soulevor los sauvages on 1879-80 ; nous avons le témoignage du Père André qui prouve d'uno manière indiscutable quo dans le dernier soulèvomont los motifs de Riel étaient intérescés, qu'il agissait dans son intérêt personnel
“et qu'il a déclaré être prêt à sacrifior la cause des môtis pourvu qu'on fit droit à ecs réclamations contre le gouvornemont,
Nons avons aussi, co qui d'après moi est uno prouvo très importanto, le fait quo lo 2 janvior, doux mois avant le soulèvement, sir Jobn « onvoyé une dépècho à Nolin, qui l'a communiquée au Pôro André et à Riel ; cetto dépâche étais au sujet du 1èglement des affaires des métis. Mais cile no parluit pas d’une indemnité à Ricl, ot c'est pour cela qu'il a uécidé do prondre les armes,
Nous avons on mains toutes ces preuves, qui no peuvent pas êtro réfutéos, pour montrer jusqu'à quel point cet homme mérito le piédestal sur lequel on voudrait lo placer pour le représenter au peuple canadien comme un héros,
Quai a oublié l'énormo influenco dans le pays du sormon prononcé par le pèro Dowd? Voici un homuno qui, on dehors de toutes les quostions do parti, étrangor aux considérations politiques, n'ayant on vuo q'e les intérêts do son peuple, déclaro positivoment qu'il n ou uno entrevue avec l'Archevèque Grandin ot dit :
a eu l'avantage d’une entreruc spéciale avec Sa Grâce, Mgr Graud n, atches êque des ternitoirea du Nord-Ouest, le thüître de la dern ère rebellion. Do la bouche même de Sr Grâce il a entendu le rôsit des atrocitéa qui ont été commises par les sauvages infiidles et les môtis faciles à tromper, qui étaient poussés par um homms méchant et sans scrupules ; comment de pauvres missionnaires ont 616 massacrés presque sous les yeux de Sa Grâce; comment les môus ont étô poussés à La révoite, non seulement contre le gouvernement du pays, mais, par les conseils de leur chef pervers, ils avaient été amcaës À renoncer à lour
foi et à ronior un clergé dévoué pour suivre un homme qui voulait d6poæer le pape ot renvoraor l'égliso ct touto autorité roligicuao ot oivilo.
Mais il y a oncoro plus quo cola. Do tout co qu'a fuit co maïhoureux, jo crois que rion no méritait plus lo sort qu'il a subi que Ia manidre dont il a essayé d'outraînor les eauvagos dune le soulèvoment. J'ai on mains une Jettro quo lui adrossait Faiseur-d'Etangs ot autros, datéo do Cut Knifo Jill, lo 29 avril 1885 :
A M. Louis Rire.
Jo veux avoir dog nouvelles des progrüs do l'œuvre de Dieu. S'il est survenu quelque hose depuis que vos messagers sont venus, lnlssez-lo moi savoir. Dites-moi à quelle date les Amtiicains atteindront le chemin de fer Canadien du Pacifique. Donnez-moi toutes les nouvelles que vous avez des autres places où votro œuvre fait des progrès. Gros:Ours a terminé ar tâche. il a priale fort Pitt, . :
Si vous voulez m'avoir, faites-le moi savoir de sulte, dit-il, et je l'ai eavoyé cherchô immédiatement.
Je serai quatre jours en route. Ooux qui sont atléa le trouver so coucheront deux fois en chemin, 1ls ont fait vingt prisonniers, y compris lo commandantau fort Pitt. 1l9 ont tué onze hommes, y oompris l'agent, deux prôtres et six blancs. Nous sommes campés prdi du cours d’enu immédiatement au-dessous de Ont Kaifa Hill, attendant Gros-Ours, Les Pieds-Noirs ont tué aoïxante hommes de police au Coude. Un môtis q'i servait d'intorprète auprès de la police, et qui a survécu, bien que bless6, nous a apporte cette nouvelle. Jei nous avons tu6 six blancs Nous no nous Sommes pas encore emparé des casernes, mais c'est le seul édifice do Battleford qui soit eacore entier. Nous avons capturé tous les chevaux et les bestiaux des environs. Nous avons pordu un homme, un Nrz- Perc6, qui & 6t6 tué pendant qu'il était seul, et un autre n &té bloeré, Quelques soldats sont arrivés de Swift Current, mais je n'en connais pas le nombre. Nous avons dea fusils et des carabiues de toutes sortes, mais les munitions sont peu abondantes; si c'est possible, envoyez-nous des munitions de toutes sortes. C'est la seule chose qui nous rend faibles. Vous avez fait dire que vous viendriez à Battlefurd dès que vous auriez torminé vos travaux au lac au Canard, Nous vous attendons encore, car nous sommes incapables de prendre le fort sans aîde. Si vous envoyez deg nouvelles, n'envoyez qu'un messager. Nous avons hâte de vous rejoindre. Uela nous encouragerait beaucoup de vous voir, et nons donnerait plus de cœur à l'ouvrage Jusqu'à présent tout à bien étéici, mais nous nous attendous toujours à ane visite des soldats. Nous avons confiance que Dieu nous sera aussi favorable dans l'avenir qu'il l'a 16 dans le passé
Nous, les soussignôs, envoyons des felicitations à vous tons.
(Signé, FAISEUR-D'ÉTANGS.
QOPINOW-WAY-WIN, MU3SSIN ASS, M£&E-TAY-WAY-IS, PEL-YAY-OHEW.
Selon moi, cotte lottre est d'uno grande importance, car alle fait comprendre les dangers auxquels nous étions exposés giâce à cet homme. . .
Je vais maintenant passer à un autre point de la question. Jo demanderai à aucun député qui a suivi cette affaire, si lo gouvernement s'est écarté du droit chemin, s'il est sorti do Ja plus stricte légalité en punissant Riel ? N'avons-nous pas appliqué les lois passées par ce mêmo parlement? Pendant tout le procès, n'avonsnous pas, autant qu'il nous à été possible, fait droit à toutes les demandes de l'avocat do la défense ? L'honorable député de Bellechasso (M, Amyot), en parlant dans cette Chambre l'autre jour, a dit que le procès avait été injasto et déliyal. Jo ne vois pas bien comment il peut prétendre cela ; dans tous les cas lui ct ses amis no s'entendent pas sur ce point, Dans un discours prononcé par l'honorable chef de l'opposition à London, jo lis son appréciation sur la maniäie dont le procès a été conduit, et je vois qu'il dit :
Je crois qu’il est juste de dire que dans mon opinion le gouverocment a bien agi en se chargeant de fuire venar les témoius du prisonmer ; et d'après ce que je connais du principal avocat de la Couronne, je suis convaincu qu'il est impossible que la cause ait été conduite de manière à constituer une injustice pour le prisonmer, ou à être dérogatoire à ln haute réputation dont jouissent les avocats de la Couronne et aux graves devoirs qu'ils avaient à remplir. Je n'exprime donc, pour le moment, aucun doute sur la justice du procès. D'après les renseignements que j: possède tout s'est passé avec équité, Mais outre la question de just ce, il est aussi amportant qu'il y ait un sentiment de contiance publique, de conviction genérale, que tout s'est passé avec justice et quo coutes les mesures ont été prises pour rendre justice, et je crois que laquesuon doit être examinée à ce point de vue des devoirs du gouvernement,
Maisil y a encore plus que cela, toute recommandablo que soit cetto volonté. Nous avons aussi lo témoisnago d’un des avocats do la défense—le témoignage de M. Fitzpatrick, qui a été interviewé à Montréol par un reporter du Star, jo Giois, Au cours do cet interview il dit que le procès a été
équifablo, qu'il a été conduit avec autant do justico qu'il était possiblo dans les circonstances.
Coinme je l'ai dit hior, notro responsabilité était bion grande, ot jo crois que tout homme dans cotto chambro ou au dobors, qui a véritablement à aœur les intérôts du Canada, admottra que dans uno question do cette importance, il était du dovoir du gouvornoment do considéror quel scrait dans l'avenir lo résultat do ln conduito qu'il allait tenir,
En onvisagoant lavonir du Cavada, ct dans l'intérèt do
cot avenir, il me semblo quo lo chef, celui qui avait causé |
deux soulèvomonts dans un si court ospaco do tomps, deux 1évoltes qui ont coûlé tant d'argent nu Canada, et tant do vios préciouscs, dovait subir la punition du erimo qu’il avait commis, Il était important on vue de l'uvenir, de donner uno leçon à coux qui ayant do prétendus gricts, ou qui prétendant avoir des griefs récls Ou imaginaires, auraiont eu onvie de suivre l’oxemplo de Riel on voulant 80 faire justico cux-mèmos, ot on prenant los armos contro le gouvornement ot contro ln constitution, L'exemplo de ce maiheurounx qui a subi la punition de son crime, sora certainement une jeçon poar les autros, ot Jour fera voir que si, à l'avenir, ils font comme lui, il: soront passiblos du mèmo sort, ot qu’à tout prix la constitution et les institutions do co pays doivent être maintenues ot défondues snvers etcontro tous. Personne pe doutera, j'en suis £ûr, combion profondément nous avons ressenti lo caractère pénible du devoir en infligeant la poino de mort, k
Mais, M. l'Orateur, l’histoiro de tous los pays nous onsoi-. gne que cetto terriblo pénalité, est après tout, le soul moyen quo possèdo la société do so défondre contre ceux qui l'attaquent, qui rofusont d’obéir aux lois et de rospecter la consti. tuion établie pour protéger cetto société. 2
Doux fois, M, l'Orateur, Riel a levé l'étondard de la révolto, on 1870 et en 1885, Je domando à tout homme raisonnable, soit dans cetto Chambro, soit au dehors, si nous n'aurions pas méconnu notre devoir si nous l'avions laissé impuni après la répétition du soulèvement qu'il avait organisé en 1869.70? Ne l'aurionsnous pas, pour ainsi dire invité À organiser uns troisième révolte ? N'aurions-nous pas donné un exemple qui cût été probablomont désastreux, dans l'avenir, pour lo pays ? Et si nous n'avions pas oxécute la sentonce, qui a été r'ondue par le tribunal compétent, ne nous eorions-nous pas trouvés dans la position de geus qui auraïont déclaré au monde que le gouvernement du Canada tolérait un crimo tel que celui de rébellion, avec tous ses meurtres affreux, ot autros malheurouses conséquences ? Je crois que nous aurions manqué à notro devoir, nous aurions manqué à ce courago, quo, on notre qualité d'hommes publics ot de ministres responsables do la couronne, nous devons posséder, seulement au point do vue du devoir,si nous n'avions pas laissé la loi suivre son cours, 8i nous n'avions pas permis que la sentonce fût exéeutéo. J'ai dit, M. l'Orn. teur, dans un autro lieu et dans un autro temps, que jo détestais la rébellion, et que je n'avais aucune sympathie pour les rébelles, ot j'ai été viotemmont attaqué pour cetto déclaration, Lh, bion ! M. l'Orateur, jo prends lu liberté de répéter, aujourd'hui, cette déclaration ; je voux la 1épétor de mon siège on parlomont, et oxprimer l'espoir que coux qui me sont chers ot porteront mon nom, 80 laisscront toujours guider par le rentiment quo j'ai exprimé en cetto occasion.
J'irai plus loin ct j: crois pouvoir diro que la province do Québec, cotte province dont jo suis #i ficr, et qui ert ma provinco natale, que cotte province, dit-je, hait la rébullion et n’a aucure sympathie pour les rebelles, Ilest vrui que dans un moment de surpiise, d'opinion publique, mais une partie sculement do l'opinion publique, peut s'êtro laissée égarer par des agitateurs, qui, jour un objet où un autre, désirait la tourner contre lo gouvernoment actuel, JL est vrai que, pendant un moment, une partie do l'opinion publique a semblé désapprouver l'action du gouvernement sur cette affaire Riel, deveuuo historique. Mais, M. }'Osateor, cette surpriso n'a duré qu’un instant, ot la réaction s'opère
déjà; la réaotion s’accontuo do plus on plus chaquo jour, ot, quaad sora vonu le temps d’on appeler oncoro À cotto opiion publique eur la ligno do conduite suivio par lo gouvornement dans cotto affaire, jo connais agsez ma provinco pour ôtro parfnitoment sûr quo son vordict exprimern l'opinion qua lo gouvernement a fuit son devoir sous des circonstances los plus péniblor, qu'il a fait son dovoir onvera lo pays, ct c'est go quo nous sommes {ouus do fairo ici. J'ai élé poiné, M. l'Oratour, do voir dans cortains journaux publiés on Canada une accusation de déloyauté portéo contro la province de Québoc.' Ceux qui ont lu l'histoire do notro pays, M. l'Oratour, ceux qui connaissont l'histoire de In provinco de Québoc, savent tùs bion qu'en 1812, après quo cotto province, ou le Cauudu fruuçais, comme cllo étnit appelée, out changé d'allégaanco, ot tu passéo d'un drapoau à un autro, cotto province, on le Canada français, resta fidèlo à la couronno e: résista à toutes les offres alléchantes qui lui furont faitos par la république américaine de s'unir à celle-ci dans sa lutte contre l’Angloterro, lutte dans laquelle on lui laissait entrevoir pour elle la possibilité d'uno rovaucho. Jo prétonds, M. l'Orateur,—ot je crois exprimer l'opinion de tous ceux qui sont en position do parler au nom do leurs compatriotes—quo dans tonte cctto veste Confédération du Canada, parmi toutes les races qui l'habitent, parmi toutes les nationalités qui composent notro population eb constituent le peuple canadien, il n'y a pas uno nationalité, il n'y a pas un pouple plus loyal et plus fidèle À Ia couronne d'Angleterre que lo peuple de la provinoe de Québec. Nous no voulons, M. l'Orateur, rien de plus que co qui nous est dû. 11 nous importe peu d’être tr:înés dans les colonnes de certains journaux. Nous no voulons rion de plus que nos droits; nous ne voulons aueun privilège qui ne soif accordé aux autres ; mais nous voulons être traités sur un picd d'égalité avec tous les autres.
Dans tous les cas, jo puis diro quo davs les rangs du parti c nservateur, nu moins, il n’y a pas d'hommes déloyaux. Que ce soit sur les rives du Saint-Laurent, ou que ce soit sur les bords de la Saskatchewan, quand nous prenons les aimes, c'est duns lo but de maintenir l'autorité de la loi ot de défendre le gonvernemont du pays, ot uon pour fomenter la réboition et donncr de l’aide aux rebelles. Jo dois dire, M. l'Orateur, quo j'ai été surpris de liro une déclaration faite par l'honorable député do Québec-Est (M. Laurier), si cotto déclaration a é'é bien rapportée. J'ai lu dans les joaroaux publiés à Montréal la déclaration suivante:
Si j avais Cté sur les bords de la Saskatchewan, quand la rébellion a éclaté, j'aurais pris les armes contre le gouvernement,
Or, M. l'Orateur, j'ai pu, quelque temps après avoir vu cotte déclaration, lire le serment d'oflico que cet honorable député a prèté, lo 8 octobre 1877, quand il devint membre du Conseil privé du Canada et ce sorment solit comme suit:
Je, Wilfrid Laurier, jure solennellement el sincôrement, fidèle et v aie allégennce à Sa Majeato la Reine Victorin, souverane légiumo : Roy aumo-Uni de la Grande-Bretagne, d'Irlande, et de Ja Puisssuce du Cauada, dépendant du dit Royaume-Unr : que je la dtfendrai jusqu'an
bout de mes forces contre tont complot conte EA rersonne, En COuronne
et sa digmté, et que je ferai tout en mon pouvoir pour fire connaître à
Sa Majesté, ses héritiers et successeurs, toute traluson, ou conspiration ettaute tentative que je saurai être faites contreelle, et je jure sans arridre-pensés et eang restriction mentale.
Je crois que l'honorable député qui représente Mégant'e (M. Langelier), a déclaré que cette rébellion n'avait pas été fomentéo contre la couronne, mais contre lo gouvernemont du Cnnada. Cot honorable monsieur est un avocat, et jo n'ai aucun doute qu'il connaît parfaitement bien co que déclare l'Acto de l'Amérique Britannique du Nord, article 9. Cet article se lit comme suit:
& À la Reîne continueront d’être et sont par le présent attnbuës le gruvernement et le pouvoir exécutif dn Cauad.”?
Qu'il considère comme il lo voudra, l'honorable député do Québec-Est verra quo sa déclaration—que je suppose exactcment rapportée, chose que j'ignore cependant, vu quo jo n'étais pas présont à la graudo assemblée devant laquello ello a été faite—cst extraordinaire. Je suis ts houreux de
dire quo dans les rangs du parti consorvatour, nous no poseé. dons personne qui forait uno tello déclaration, J'ai dit que nous avions fait tout simploment notre dovoir envers lo Canada et onvors la province de Québec. Nous réclamona pour notro peuple, pour los doscondants dos hommes qui ouvriront au christianigmo et à la civilisation lo vasto continent do l'Amérique, nous réclamons pour eux qu'ils soient mis sur un pied d'égalité avec les autros nationalités qui habitont le pays. Sur co point nous no ferons jamais do concessions. Pour co qui mo regarde, je n'on ferais aucuno sur toute quostion d'égalité de droits avec cs autres provincos du Canada. .
Dans tous los cas c'est notio intérêt d'avoir dans co pays uno loi criminelle, qui s'applique également aux lrançais et aux Anglais, aux Ecossais et aux Irlandais, Ilno doit pas y avoir pour quelqu'un des lois qui diffèrent d'avec collos applicables aux autres; il no doit pas y avoir une loi criminélle qui s'applique à une natioñalité sans être applicable à une autre nationalité. Nous désirons formor un peuple canadion, uni, heuroux ot soumis à la loi, ct c'ot seulement à cetto condition que nous pourrons, je crois, :éaliser, ou quo nous pouvons essayer de 1éaliser co que nous croyons êtro notro destinée sur co continent,
Pour ma part, je n'essaiorai jamais do fairo naî:ro au soin do In population de la province de Québec, un sentiment de chauvinismo qui nous sorait fatal, Co sentiment, s'il vouait prévaloir, no produirait que l'isolemont et la séparation do la provinec de Québec des autres provinocs, et il ferait paître contre Ia province de Québec un sontiment bostilo dans los autres partios de la Confédération. En lisant cotto discussion sur l'affaire Riel, j'ai aussi observé quo certaines personnes supposont que le peuple de ja province de Québec no sympathisait pas avoo Îles aspirations du peuple dos autres provincos. Jo puis aseurer cette Chambre quo ces porsonnes sont dans une complôto erreur, si ellos supposent, un iostant, que la saine opinion publique dans notre province n'est pas d'accord avec la saine opinion publique dans les autres provinces. Elles so trompent aussi, si olles supposont un instant que le pouplo de la province de Québec sympathise avec ls mouvement Riel. L'autro suir l'honorable député de Québec-Est (AL. Laurier) a nié, si je lui bien compris, que l’on eût essayé d'organisor un parti national français sur la question Riel. Permettez-moi de citer le discours que l'honorable céputé a prononcé devaot l'assomblée du champ de Murs ; or, d'aprôs ce discours ct celui do M. Mercier et autres déclarations que js possède, je désire savoir s'il est possible quo l'honorable député de Québoc-Est ignore le fait qu'uno tentative ait é!6 fuilo pour organiser un parti national français dans la province do Québec, pour que les démarcations do parti disptrussenc ct qu'un parti national français fut organisé, Voici un extrait da discours prononcé par l'honorable député do Québoc-Est devant l’assomblée du champ de Mars, tel que rapporté dans Ze Patrie du 26 novembre 1885 :
Désormais il n’y a plus ni libéraux ni conservateurs; mais le grand parti national composé des anciens libéraux ct des anciens conservateurs. S'il était appelé à faire l'historique des griefs des mets, al
pourrait dire qu’ils ont 6t6 victimes de tontes sortes d'exactions, et al croit qu'aucun de ses auditeurs n'aurait hésité, dans lo même cas, à
prendre le fusil pour faire le coup de feu contre desspéculateurs éaontés.
M. Mercier, qui était aussi présent, à celto occasion, g'exprima, comme suit:
En face de ces crimes, en présence de ces defaillances, quel est notre devoir ? Nous avons trois choses à faire pour pumir les coupables : briser l'alliance que nos députés ont faite avec l'orangisme, et rechercher, dans une alliance plus naturelle et moins dangereuse, la protection de nos intérêts nationaux. Nous unir! ab! que je me sens À l'aise en prononGçant ce mot. Voilà vingtans que js demande l’uaion des forces vives de la nation.
Je crois, de plus, quo peu après coite grande assemblée ot plusiours autres qui ont été tenues pour organisor le parti pationul, des ouvertures furent faites à mon honorable collèguo ot ami le secrétaire d'Etat, On lui offrit la direction du nouveau parti national, et on lui promit quo les libéraux et los conservateurs, qui devaiont composer le nouveau parti
national, l'accoptoraient commo lour chef, Jo remarquo qu'en faisant colio promosse l'honorablo député a cité quolques discours; mais, M, l'Oratour, lo soul qu'il a aité ost un discours do l’iunorablo député d'Elocholagn (M. Dosjnrdins), un conrorvateur à cotto époque; ot on donnant «cs oxplications au sujet do l'organisation du parti national français, il v'a cortninemont cité aucun dos discours do M. Morcior, ou des discours prononcé: par dos libéraux on cette occasion.
Je me domando comment il est possiblo que notro population do la province do Québec puisso avoir do l'admiration pour Riel. Commo cola est bion connu, cetto population ost sincèrement catholiquo; elle est dirigée, dans une grando mesure, par con clorgé, vu lo grand attachomont qui oxisto entro ollo et lo clergé. Or, comment scrait-il possiblo quo lo peuple de la provinco do Québec püt avoir un6 telle admiration pour Riel, Cet hommo, pour réaliser 808 fine, a abandonné sa religion; il était prêt à abandonner ses propres compatriotes, ot jo le demande : commont cot hommo aurait. il pu êtro un héros ? La lettro do Mgr Grandin, quo j'ai lue, fait voir la destruction effrayante dont le chof métis était responsable, ot la mieère qu'il avait causéo à Ia population du Nord Ouest, Quiconquo lira les lettres quo mon honorable ami lo député do Montréul-Contro (M. Curran), a citées l’antro jour, et qui ont été publiées dans les Annales do la Propagation de lu Foi, ponseran commo moi, qui ai lu ces documents, et qui connais la condition dans laquello so trouvaient les paroisses situées eur la Saskatchowan avant la rébollion ; il se demaudera comment il est possible d’avoir de la reconnaissance pour un homme qui a répandu la déso. latica das presque tous les hameaux de la Saskatchowan ; comment il est possible d'avoir de l'admiration, au lieu do n'avoir que de la haino pour un tel hommo.
Jo n'ai jamais compris, et jo no puis comprendre encoro que la cause de cet homme ait jamais été la nôtre. Je ne puis, pour ma part, consentir « le reconnaître comme lo représentant de notre race. Il n'est pas le représentant de notro raco ot ilne l'a jamaisété. Mon attention a été attiré, fil y a quelques instants, par un honorable député qui con- :naît co dont il parlait, Cot honorable député mo dit que lo
! frèro de Louis Riel a déclnré qu’il votorait pour n'importe qui plutôt que pour un Canadien français, Je désire savoir pourquoi, nous, le peuplo do la province de Québoc, sans
. avoir été consulté par lo chef métis, quand il entreprit Pagi.
, tation, qui se termina par Ia rébellion—je désire savoir, dis. je, si nous dovons considéror 51 cause commo la nôtre, ct si
{ nous dovons lo considérer comme le représontant de notre pouple? I! n'est pas le roprésentant do notre race, et, pour ma part, je ne conentirai pas à lo reconnaître comme tel, Or, M. l'Orateur, jo suis convaincu, si nous oussions entravé l'opération de la loi; si nous eussions empêché l'exécution de la sontenca, qu'une clameur 50 scrait élovéo partout dans la province de Québec, si nous n’avions pas fait ce quo nous avons fait, ct si, après l'exécution de la sentence, nous eustions abandonné ros portefeuilles de ministres,
Maintenant, je demarderai l'indulgencc do ia Chambre, si j'abordo un eujot, que l’on a beaucoup exploité contre moi, et qui a été intentionnellement mul intorprêté par mes advorsaires, dans le but de me nuire dans ma province. Je veux parler de ce banquet, 8i souvont cité, auquel j'ai twsisté dans la cité de Winnipeg. J'ai été accusé d'avoir accepté un banquet le jour où Riel devait subir le châtiment de sun crime. L'honorablo député do Bellechneso (A, Amyot) qui, aujourd'hui, ponso de moi bien autroment qu'auparavant, à au qu'il était do son devoir, en pr'onosçant son discours, do mentionner co banquet. 11 a dit quo j'étuis allé à Winnipeg dars le but do boire du champagne sous l'échafaud do Ricl. Or, M. l'Orateur, comme je compronds, l'affaire est {rôs simple ct très facile à expliquer. J'étais allé à Winnipeg, commo cela est bien connu, pour 1égler certaines réclamations résultant de la rébellion, Les réclamants avaient parcouru des centaines et des centaines de milles pour atteindre Winnipeg, afin d'être en état de produire les preuves qu'ils possélaïent ct
d'obtonir un règlomont do leurs réclamations, O'élait au commoncement de l’hivor, et qnolquos-uns do cos r'éclamnnts dépondaiont absolumont do l'argent qu'ils avniont droit do recevoir du gouvernement, quel quo on At lo montant, pour supportor les rigucurs d'un hivor au Nord-Ouest, fur ma routo, jo requs un télégrammo m'informant quo mon ani, lo ministro de l'intériour, qui avait visité lo Nord- Ouest dans les intérôta do son départomont, ct qui avait produit, comme il lo fuit généralemont partout où il va, une impression dos plus favorables, avait reçu do ses amis do Winuipog l'offre d'un banquot, et jo fus invilé à m'y joindre. Or, M. l'Orntour, je quittui Ottawa, lo 31 d'octobro, ot on partant, cn ma qualité do mombre du gouvernomoent, jo savais quo Riel no sorait pas orécuté lo 10 novembre, Jo savais qu’une commission médicalo se rendait dans l'ouost— de fait, los médecins partirent lo mêmo jour quo moi. Jo lirai uno lottre qui mo fut adrosséo pur lo très honorable sir John Macdonald, quo l'honorable député do Québcc-Est a Juo, mais n’a pas luc on ontier, Cette lettre m'est adroscéo ct ost datéo du 20 novembre 1885. Ja voici :
OrrawA, 20 novembro 1885.
Mox cuen Canov,—Vous dites que vous êtes accusé d'ôtre parti d'Ottawa avant que le gouverneur en conseil en arrivêt à une décision au sujet de Louis Riel, et commo ponr éviter de participer à catte décision. vo n’est pas le car. Lo conseil est arrivé à la conclusion qu'il était nécesaaire et dans l'intérêt de la justice que În sentence fut exécutés, en votre présence, en votre qualité de membre du conseil, et avant votre départ pour Winnipeg. . .
Mais, vu Paftidavit de M. Lemienx, que l’état mental de Riel s'étai: changé pour le pis après si condamnation, il fut réaolu, on votre pré. sence, qu'une enquête serait faite pour savoir si, depuis son procès, fuel avait ces36 de stinguer le bien du mal. Et dans co cas surement l'exéention de la sentence a ôté suspendue, Votre présence à Winniper était absolument nôcessairo pour rôgler les comptes de l'expédition militaire résultant de la rébellion.
Votre tout dévoué, J. A. MACDONALD,
Celto lettre fait voir, M, l'Oratour, quo quand je suis parti pour Winnipeg, il avait été décidé on conseil que la sentenco devait êtro exécutée, à moins quo des rapports do médecins établissant quo l'état montal do Louis Riel s'était changé pour le pis depuis sa condamnation ot la sontenre reudue contro lu. L'arrêté on conscil du 12 n’est aucunement on contradiction avec la lettro ci-dessus, Cetto loitre dit qu'il avait été décidé d'envoyer des médocins, et qu'en conséquence, le conscil avait résolu que l'exécution n'aurait pas licu le 10 novombre.
Lo rapport des médecins est daté do Rézina le 8, et il était impossible qu'il arriva ici et que l’ordre do l'exécution fut transmis pour lo 10. Cola était matériollement impossible. Lo magistrat accorda un sursis à Riel jusqu’au 16, ot un arrêté du conseil du 12 décréta que la loi suivrait son cours, Ainsi jo no vois aucune contradiction, comme quelques-uns ont essa76 do lo faire voir, entrola lottre quo rir John m'adressait ct l'arrêté du conscil auquel jo réfère.
J'ai été aussi violemment accusé à propos des paroles que j'ai prononcées à co banquet. Je dois, NL l'Oratour, répéter co que j'ai dit à co sujet: les quelques paroles que j'ai pro. noncécs alors ont été publiées ot je suis prêt à êtro jugé d'après ces paroles; n'est-il pas évident aussi que c'était dans lo soul but de m'injurier qu'on a soulové cetto tempête à propos du bangnet do Winnipeg ? Puisquo je savais quo l'exécution n'aurait pas lieu lo 10, quello raison avaie-jo do rofuser uno invitation qui m'était faite par l'association libérale conservatrice de Winnipeg, l'organisation politiquo do notre parti, forméo de citoyons qui sont dans l'intimité des chefs du parti, qui offraient uu banquet à l'honorable M White et qui m'ont fait In politesse do m'inviter ? Mon : cceptation éiut donc une chuso tout à fait ordinaire, puisque je savais que l'exécution n'aurait pas liou; quant aux somarques quo j'ai faites, tout homme loyal on aurait dit autant, c'est à diro quo je n'avais aucune sympathie pour les rebelles et que je détestais Ia rébellion, Est-co une déclaration que moi, Canadien français, venant de la province de Québec, jo n'aurais pas dû fuiro ? Sont.co là des paroles que mes compatriotes no dovraicnt pas me permottro do pro
noncor soil à Winnipog, goit dans uno autro partio du pays, soit à l'étrangor ? Cost pour cols quo j'ai été attaqué. On a voulu réparer ma causo do colle do mes collèguos qui, jo dois lo diro ot jo suis fior do lo diro, so sont montrés si loyaux ot si fidôlos onvors moi pondant toutes coë diMicultés, Ceux qui m'ont attaqué disniont quo nous avions sacrifié los droits do nolro provinco, que nous avions été traîtres onvors nos compatriotes, quo nous les avions sacrifiés à l'orangrismo ct au protestantismo,
Lo rapport que mon honorable ami a déposé aujourd'hui sur lo bureau de la Chambro fuit voir jusqu'à quel point nous avons été influcncé des considérations do co gonro; cet d'autres accusations toutos aussi odiouses tomboront d'ollosmêmos lorsqu'il nous sera possible à produire d’autros documents qui foront voir avec quelle injustice nous avons 616 traité durant tonto cetto agitation.
L'honorablo député de Hollechasso (M. Amyot), perlant de moi, disait que j'ai vondu ma province ot mes compatriotos aux orangisios. Mais, M. l'Oratour, lorsque cot honorable député, co pourquoi jo l'ai admiüé, cst venu nous offrir 8os services ot ceux du bataillon qu'il commando pour aller réprimer la révolte, fuisait.il plus quo son devoir ? No faisaitil pas oxactemont co que j'ai fait pendant tous ces troubles ? Lui, comme soldat, combattait pour son pays au premicr rang ; et moi, rovôtu de l'autorité do ministre do la milice je faisais tous mes efforts pour que ceux qui allaicut à l'ennomi oussont tout le confort qu'il était possiblo do leur donner.
D'ailleurs je no demande pas à être jngé autremont que jo l'ai été par. l’honorablo député luimême. Je référorai à quelques-unes dos lettres ot des dépôches dans losquolles il exprime une grando admiration pour Îles scrvices quo j'ai rendus. 1l est vrai quo sa grando amabilité À cotto époque, exagérait mes mérites, commo aujourd'hui il exagüro co qu'il appelle mos fautes. Mais avant d’en finir avec cotto question du banquet j'aimorais À communiquor à la Chambro certainos déclarations écrites qui m'ont été envoyées, ct jo voudrais aussi expliquer le but do cos déclarations,
D'ordinaire jo n'ai pès la réputation do courir après los dîaors ou do me donner du trouble pour on avoir. Possédant un cortain nombre d'amis, je puis toujours avoir un dîner sans avoir à le demander. Mais on a dit dans les journaux, et quelqu'un a répété que ce banquet n'aurait pas rénssi si je n'avais pas promis aux organisateurs quo Louis Riel rorait pondu, N'est-ce pas aussi injuste pour ces messieurs quo pour moi-même que do prétendre qu'aptôs avoir onvoyé une imvitation par lo té'égrupho à deux ministres do la couionne, ces mêmes personnes, qui sont des gentilshommes, auraient ensuite menaté do retirer leur parole à moins qu'une promesso ne leur fut faite ? Si queiqu'un était venu me demander de lui faire une promesse, quelque insignifianto qu'elle put êtro, afin d'avoir un dfnor de lui où d’autres, jo lui aurais dit : gardez votro dînor, je peux m'en payer un; je ne veux pas m'asseoir à [a table d'un hommo qui exige de moi une promesse quelconque en échange do son hospitalité,
J'ai ici des déclarations écrites qui m'ont élé adressées par les organisateurs do co banquet ; j'en lirai uno, pour no pas abuser du temps de Ia Chambro en les lisant toutes, mais si on veut me lo permettre je les communiquorai aux Débats pour qu'elles puissont paraître dans le rapport, car il ost assez important pour moi qu'elles soiont publiées, Lo document que je vais liro est une déclaration do M. Scarth, qui. est bien connu ici et encore mieux à Toronto, et dont l'honorubilité est au-dessus do tout soupçon. Sa déclaration so lit comme suit :
Je, Willem Bain Searth, de la ville de Winnipeg, dans le comté de Selkirk etdans la province du Manitoba, Ccwer, déclare solennelle. ment :—
19 Qu'il est venu à ma connaissance qu'on a fait courir le bruit que le banquet quin été donné à sir A. P. Curonet à son collègue, le 10 novembre, suus les auspices de l'association conservatrice, n'aurait pas eu Jieu s1 sir À. P. Caron ne nous avait pas donné l'assurance que Riel serait pendu.
M, MILLS: Ecoutez, écontez:
Sir ADOLPIT CARON :
4° Quo co rapport est faux,
L'honorable député peut dire maintonant : écoulex, écon* tez, Dion qu'il soit mon adversaire, il doit ôtre fier de voir que la réputation d'un do ses collèguos dans cotto Chambro à ôté vongéo de cotte maniôro,
3° Que jo suis lo président de l'association de Winnipep, et que J'étais Lo président du comité du banquet, que j'ai aussi présidé À co bundust, ot aus je connais tous les faits qui so rapportent À co banquet.
4° Que le #0 septembre dernier, j'ni fait envoir à l'honorable Thomas White, qui 6tait alors à Winnipeg, que l'associntion consorvatiico désivalt lui offtir un banquet au retour de sûn voyage à travers le Manitobu etles territoires du Nord-Ouest, et je lui demandai de me dire la date probable de son retour, afin quo l'association fut avertio à temps.
5° Que le ou vers le 26 uctobra dornier, le dit honorable Thomas White me télégrapbia qu'il serait à Winnipeg le jeudi, 3 novembre
ernier,
6° Que sur la réception de ce télégramme, j'ai convoqué une réunion de l'association, et il fut alors d6cidé d'oftrir un banquet à l'honorable M. White, lo 10 novembre, et comme il était annoncé que sir A. P. Caron venait à Winnipeg, il fut décidé à cette même assemblée, d'offrir lo banquet aux deux tuimistres, sir A. P. Ouron et l'honorable Thomas White, à la dato mentionnée ci-dessus.
° Que les depôches suivantes furent envoyée) :
Winnie, 3 novembro 1686,
À l'honorable Taow4s Ware, Manitou, Man.
L'association conservatrice offre un banquet à vous et à sir À. P. Caron, mardi aoir, le 10 courant, Vouillez télégraphier si vous acceptez, (Signé) W. B. SOARTH.
Winxireo, 8 novembre 1885,
Sir A, P. Canos, Ottawa, Ont.
L'association conservatrice de Winnipeg offce un banquet à vous et à M. White, mardi eoir, le 10 courant, Télôgraphiez si vous serez
présent. .
(Signé) W.B. SCARTH.
Los réponses suivantes furent fuites :
Cricaao, Izr., 6 novembre 1885.
À l'association conservatrice, Winnipeg.
Je serai à Winnipeg, samedi. Beaucoup de remerciements à l'asso. ciation conservatrice de Wionipeg pour son amabilité en offrant un
banquet À mou collègue et à moi.
(Signc) A. P. CARON.
Monpxx, 3 novembre 1885.
om
A W. B. ScarTir. . .
Veuillez transmettre À l'association conservatrice mon acceptation reconuaissanto du banquet qu’elle me propcas pour le 10 courant. ea (Signé) THOMAS WHITE.
89 Que sur la foi de ces réponses, les préparatifs commenndrent de suite et gang autres communications aux promesses des ministres, et qu'ile furent conticués sans interruption jusqu'au jour du banquet, bien qu'il fat alors connu que Riel avait abtenu un sursis.
9° Que je n'ai pas, et qu'i ma connaissance, aueua des membres du comité, nlaucune personno ayantun contrôle sur les arrangements du banquet, n'a parlé à sir A. P. Caron avant le banquet pour eavoir si Riel serait pendu ou non, ou n’a cherché À obtevir de sir A. P. Caron la promesse qu'il serait pendu. .
10° Que ni moi, ni aucun membre du comité du Lanquet, à ma connaissance, n'avons obtenu ou demandé avant le banquet de sir À. P. Caron l'assurance que Riel serait pendu. .
11° Que In question de l'intervention du. gouvernement dans l'affaire Riel fut mentioanë: par un membre du comité à une réunion tenue, dans l'après-midi ou la goirée de la veille du banquet, et tout ce que j'ai dit alors c'est que nous pouvions nous sttendre à ce que la loi serait bien administrée et que nous pouvions ave: eonfiunco laisser l'affaire entre les mains du chef du gouvernement, qui avait pendant ei longtemps administré avec sagesse les affaires del'Rtat. k
129 L'association conservatrice n’a jamais nommé de députation ou de délégation pour discuter la question Riel avec sir A P. Caron, et par conséquent aucune discussion de cette nature n'a eu lieu. Et je fuis cette déclaration, la croyant conaciencieusement vraie et en vertu de l'acte passé dans la 37m année du règne de Sa Majesté, intitulé Acte pour la suppression des serments volontaires et extrajudiciaires.
(Signé) W. B. SCARTH.
Prise devant moià Winnipeg, dans le comté de Selhitk, co 39 novembre 1885.
(B'guê) A. D, MeCLevaanas, .
Commissaire pour recevoir Les affidavits.
Voici maintenant la déclaration de M, Gilmour :
Je, Thomas Henry Giln.our, du comté de Selhirk, dans la province du Manitoba, avocat, déclara solennellement : . un
19 Que je sms et qu'avant et depuis le ler novembre courant j'étais le secrétaire de l'association hhérale conservatrice de Winnipeg ; 2° J'ai agi comme secrétaire du comitô nommé par l'associstion pour offrir un Eanquet à sir À. P. Caron et à l'honorablo Thomas White à Wionipeg
le 10 novambre coutant, ot comme membro de cu comité j'étais ex oficio ancrétalre de tous les cous-comités nommés en rapport nvec co bauquet, 3e Ba ma dite qualité do secrétaire j'étais présent à toutes les réunions du comité du banquet, ot pendant 168 préparatifs du dit banquot et pendaut environ douze jours avant co banquet, jo suis vouu en contact jouenalier avee les différents membres du comité an sujet dos dispositions à prondre pour lo banquet, 4 J'ai roncontré air A. P. Jaron, et J'al conversd avec lui nvant le banquet, et jamais jo n'ai entendu quelqu'un lui diro que le banquet n'aurait pas lou ei Riel n'était pus exécuté, ct je n'ai jumnis entendu sir À, P. Oaron dire ou lalgscr entendre à moi ou à d'autres que Riel serait pondu, ot jo no l'ai jamnis entendu faire uno promesso à cet effet, Lundi après-midi, lo D novembre, la velllo du banquet, une réunion du comité ou liou pour prendro Îles urrangemonls defnitifs, J'étais présent à cetto réunion ot j'y ai ngi comme socrétaire du comité, et À cette dato je no envais pas, et nu meilleur de ma counnigsance aucun membre du comité ne savait quelle serait la conduite du gouvernement à l'égard de Riel ; un membre du comii6 ayant demande si quelqu'un savait ai Riel serait cxécutô ou non, M, W. E, Senrth, le président de l'association, qui occupait le fauteuil, déclara alors que tous les conservateurs devaient ôtre aoavaineus que io gouvernement adopterait la incilleure ligne de conduite, quoiqu'il advint, et qu'il croyait que cettu question no devait en nucuno mæmère influer sur uotra conduite à propos du banquet ; et jusqu'au moment du banquet et môûme après le banquet je n'ai eu aucun renseignement d'une source quelconque concernant fiel, si ce n'est qu'il avait obtenu un sursis jusqu'au 16novembre. de ne crois pas qu'aueun membre du oomitè du banquet ou de l'agsocintion ait reçu À cette époque aucnn renseignement de air À. P. Caron quant à la conduite que ticndrait le gouvernement à l'égard de Riel,
Que les bruits et les rumeurs qu'on m'a dit circuler dans certains quartiers ot disant que le banquet v'anruit pas eu lieu si la promesse w'avait été tuita quo Riel serait exécuté sont sans fondement et entièrement faux au metlleur de ma counaigsance. Le seul mobile des conservateurs ôtait d’'houcrer deux des chefs dans iosquels ils ont confince. Je fais cette déclaration, la croyant congciencieusement vralo, et en vertu de l'acte passé dans ln 37ôme année du règne de Sn Mayasté, intitulé : ‘Acte pour lasuppres-ion des serments volontai:es et extrajudi-
ciaires.
(Signé) TH, GILMIUR Prise devant moih Wionineg, dans le comté de Selkirk, ce 30èm3 jour de novembro 1886. à J. W. E. Danny, commissaire pour recevoir les aMdavita.
Ces déclarations sont corroboiéss par des lettros que j'ai regucs ue mon ami l'honorable député de Provenchor (M. Royal) et de plusiours autres mossieurs que j'ai vn pondant mon séjour à Winvipog, cb toutos déclarent postivement que les bruits qu'on à fait courir dans le but de me faire du tort sont complètement faux, La lettr'o de M. Royal est en français ef se lit comme suit :
BAINT-BONIFACE, MANITOBA, 30 novembre 1885.
Mox cuer gt ADoLPré,—J'ai reçu votre lettre du 24 et je m'emprecss d’afirmer qu'il est faux que le banquet conseivateur du 10 à Wiomipeg n'ait eu lieu qu'à la suite d'une entrevue qua vous auriez eue, vous et le ministre de l'intérieur, avec une députation, au cours de laquelle vous auriez promus que Riel srait pendu, Si j'ai bonne mémoire, vous auriez ren votre invitation d’aseister à ce diuer, organisé en l'honneur de White, à Suint-Paul, en route pour Winnipeg.
(Signé) J. ROYAL,
On a prétendu dans certaines assombléos quo mes propres compatriotes les Canadiens frarçais du Manitoba avaient refusé de me recevoir ou d’avoir aucuno relation avoc moi, aprôs le banquet. Voici une autre lettre quo j'ai reçu de M. Royal à co sujet :
Lor:que vous êtes venu faure visite à Mgr Taché, en novembre dernler, je suis heureux de dire que non seulement Sa Grandeur vous a reçu, mais Klle vous à fait viiter les institutions de Saint-Boniface dans sa propre voiture. AMunseigneur était avec vous, de même, lortque np:è, avoir quitté Sant-Boniface, Sa Grandeur vous à conduit à Winoipeg viaiter [e couvent des RR. SS de Jésus-Marie.
de vous a1 vu à votre passage, la surintendant de l'éducation, M. Bernier, st M. LaRivière, membre du cabinet provincial, vous accompn
gaat éraleneut, (Signé) J. ROYAL.
Ainsi ces messicurs qui m'avaiont praciousement offert l'hospitalité à Winnipeg, qui ont eu l’obligeance do m’acoom. pagner dans les diflérentes institutions qui rondent cotto ville ei intérersante, ont cu pour moi toutes cos attentions après co fameux banquet; ct j'aimerais à savoir ai cos hommes qui prennent autant d'iuté:êt aux affaires du Nord- Ouest qu'aucun des agitateurs qui ont voulu soulover ja province do Québec contre lo gouvernement auraient eu pour moi toutes ces aitontions délicates, si ma conduito avait été ai repréhonsible qu'on a voulu le faire croire ? Mais l’autre soir l'honorable député a aussi dit que certaines
dopèches avaiont étè adroseéos par moi à l'honorablo promicr ministre, Jin voici uno; jo no sais pus si o'ost do collo- JA qu'il vout parlor, mais ollo a 616 publiéo dans son propre journal et n ensuite fait lo tour de la prosso du pays,—jo [a cite tollo quo roproduite par le Aail, L'honorablo député dit quo lo 8 novambro air A. P. Con télégraphin co qui suit à sir John À, Mucdonald :
La population est trèsexelté. Ju cralus que 8i nous no Jniasons pag la loi suivro son cours, il y aura plus do troublo que nous no nous ÿ attondions, Je ne poux donner Aucune preuvo de cela, mals j'en suis certuin,
Jo puis dire à l'honorable dépulé quo je n'ai jamais onvoyô uno tollo dépècho. Cotte dlépècho n'a jamais été anvoyéo par moi à sir Jobn A, Macdonald où fi qui que co snit, L’honorablo député s'aporcovant qu'il y avaib une contra. dietion dans lo fait quo co télégrammo aurait pu êtro envoyé par moi s'est ropris el # dit: Non, ce r'est pas sir À. P. Caron qui l'a envoré à sir John A. Macdonald, mais sir Jobn A, Macdonald qui l'a envoyé à sir À P. Caron. Quoiqu’il on soit, je n'ai pas attaché à cotto affaire plus d'importanco qu’olle n'en méritait, muñs j'espère quo lo démonti quo je lui donne aujourd'hui est assez formel pour ompècher cotto rumour do circulor dans lo pnyx
Maintenant jo vais liro les lettres in‘érossantos du député de Bollechusse (M. Amyot) quo j'ai promis do cilor, Bien qu'il soit un do mos adversaires acharnés, il n'aurait pas dû publior, commo il l'a fait, que j'avais attaqué lo Jo bataillon do Québec, Je laisso à qui quo co soit dans cetlo Chambre de décider si pendant cos rogrettables événements du Nord- Ouest jo n'ai pas profité do toutos les occasions qui m'étaient offertes pour sxprimer mon intime conviction que les doux bataillons français qui ont fait la campagne valaiont aucun dos bataillons qui étaiont dans lo Nord Ouost. Je demandoà l'honorable député si, malgré lo peu do temps à ma dirposition pur suite de l'encombrement des affaires qui requéraiont continuellement mon attention, si jo n'ai pas, loreque je recevais une dépêche, on quolque chose qui put être utile à nos volontaires, que j'admirais tant pondant cos dures épreuves, saisi la promiôre occasion d'en fairo part à la Chambro ct do faire lour éloge comme ils lo méritaiont ?
Comment aurais je pu injurier co bataillon quol’honorable député tiont tant à défendre lorsqu'il v’ost pas attaqué ? Comment cela serait-il possiblo en p:ésonce des lettros quo j'ai reçues de lui ot dans lesquelles il dit :
l Merci, merei plusieurs fois pour ce que vous avez dit du 9ème batail-
Coci ressemble til à uno lettre adrestée à un homme qui était hostile à co bataillon? Si jaloux que soit, ot à justo titre, le député de Bellochasse, de l'honneur de son bataillon, cela ressemble tal À uno lottro qui m'aurait été adrossée si jo m'étais montré injuste envera le 9ème bataillon. S'il en out été ainsi m'aurait-1l remercié? Ces lettres étaient alors très intéressantes ot clles sont très utiles aujoard’hur. En voici une portant Ja dute du 15 avril 1885 :
Partout, on découvrait la main amie du ministre et du désartement, qui me paraissatent avorr fait l'impossible pour remplir leur part.
1} dit encore :
Merci rour ce que vous avez dit en Chumbre du 9ème bataillon. J'at un beau batuillun. Ce sunt des hommes de cœur et je les prends parlà {Sigue) G. AMYOT.
M. RERGERON : Co sont dus hommes de cvur.
Sir ADOLPHE CARON : Co sont des braves, et tous los bravos sont des hommes de cœur, Dans une autre lottro du 9 mai, l’nonorablo député dit :
Je dois vous déclarer, et vous ponves le dire en mon nom, que le départemvnt de la milice a, tontle temps, fuit lPimpo:siblo pur larmée, 5 gné) Gi. ANYUT.
M. AMYOT: Je ne change rien à cela.
Sir ADOLPHE CARON : Plus loin:
Au nord du Jne Supérieur, là encore, à chaqus pas, on voit les effurts du département pour nous alléger in misere, etc. Du reste, en consentant à faire le voyage on savait qu’on n'allait pas aux noces. L'esprit, la santé et le moral des troupes 1ei, sont excellents, Si je re-
tourno au pays, jo tâchoral do rendre et de fairo rondro justioo à oeux act, comme vous, font lour possiblo pour que las volontaires reçoivent 1 comfort désirabla,
L'honorablo député est aussi on désaccord avoo co qu'il avait coutumo do diro danë son journal ot aïllours on abtnquant lo général Middleton, qui commandait les troupos, Eh Dion, dans cotto môino lottro qu'il m'a adroseéo, l'honorablo député dit :
Middloton, qui n'est jarnis vonu à l'ouost, no pout rlen y connattro. T1 fait bion lo possible ot l'impossible, où il eat, ot mérite los plus grands éloges C'est un vaillant général et j'ai ploino conflanco on lui, mals fl no peut pas tout faire aevl dans un pays vaste comme colul-ci,
Il dit do plus:
Ouimet et Btraugo demandent ausal des ronforts, Jo comprenda co quo tout cola va coûter, inais à tout prix il faut valnero, et vaincre une tois nour toutes.
Or, je no puis voir comment il ost possible que l'honorable député, qui ost parti à la tôto do son bataillon bion décidé à vainoro, tienne tant aujourd'hui à défondro los gons qui nous ont cauré tant d’ambarras ob tant de déponses, ot qui ont mis en dangor la vie de nos soldats. Mais, M. l'Oratour, longtomps après quo los troubles eurent cessé, il a plu à Sa Graciouso Majesté mo conférer un titre, et longtemps après lo rotour dos troupes, l'honorable député a été l'un des premiers à m'envoyer uno dépbohe do félicitations—co dont Jo lui suis très roconnaigsant—dans laquelle il dit: “ Mos félicitations les plus cordialcs de la dignité à laquolle vous avez êté élové et quo vous aver si bien méritéo."”
M. AMYOT: L'honorable ministro aura-t-il la bonté do donnor la dato de cette dépêche ?
Sir ADOLPHE CARON: Lo 19 août 1886, J'ai dit que c'était longtemps après la fin des troublos,
M. AMYOT: Ils ne sont pas encore finis,
Sir ADOLPHE CARON : Los troubles los plus sérioux sont finis, mais jo snis quo les troublos que l’honorable député s'efforce do auscitor ct qui no sont pas trôs sérieux, no sont pas finis.
M. AMYOT: Alors pourquoi cola vous trouble.t-il à ce point? Ê ,
Sir ADOLPHE CARON: L'honorable député ne rappelle, en demandant la date do co télégrammo, qu'il savait très bien que Riel était alors sous le coup d’uno sontonco do aaort, ot cepondant il m'a onvoyé co télégramme flattour, ce dont je lui auis très reconnaissant,
M. AMYOT : Parco que lo Monde disait que Riel ne serait pas pendu.
Sir ADOLPHE CARON : L'honorable député sait que lo premier devoir d'un soldat est do rester calme sous le feu et do ne pas s’exciter.
Eh bien, M. l'Orateur, mes amis de Québec, les principaux hommes de cote ville, se sont réunis pour mo présenter une adresse de félicitations lorsque ce titre m'a été conféré, et l'un des promicrs À signer cette adresse était encoro l'honorable député, et naturellement il doit l'avoir lu, car jo le connais trop bien pour croire qu'il voudrait signer uno adresso do ce genre sans 80 donner la poino de la liro. Dans cette adresse 8e trouvait le paragrapho suivant:
Quelle reconnaissance le pRys ne vous doit-il ge pour l'activité et le zèle que vous avez mis dans l’accomplissement de vos devoirs importants pendant ces jours de troubles. Nos soldats, dont l’héroïque courage pendant la récente campagne est maintenant connu partout, savent apprécier à leur juste valeur la promptitude avec laquelle vous avez agi, votre vigilance et votre sollicitude pour leur bien-être.
Ceci a été signé par l'honorable député. L'honorablo député a affirmé on outre que j'ai attaqué les troupes. Ceci m'est plus pinible que tout ce qu'a pu dire l'honorable député, ot j'en aï été très poiné dans le temps, car je ne puis, même aujourd'hui, exprimé la grande anxiété que j'ai éprouvée jour et nuit lorsque j'ai senti pesersur moi la responsabilité du bienètre des bataillons en campagne, et je puis me rendre à moimême la justice de dire que je crois avoir fait, avec ou sans
pu lniasor à désivor cola a dépondu de mon manquo do com» pétonco ot non de mes intentions. J'ai fait tout co que j'ai pu, comme l'honorable député n été obligé do l'admottro, pour assurer à nos troupos la plug grando sommo do confort pos. siblo, ot pour lour épargnor toutos los miadros que j'ai pu lour épargner, Mais l'honorablo désuté ost aïlé à la fron. tidro ot il a exprimé son opinion sur los troupes qui étaiont on cnmpagne. Jl a donné un avis de motion demandant do produiro 808 lottros ot 804 télég'ammos, ot vraimont je aais très houroux de pouvoir los produiro. Mais, afin do lui donnor un avant-gôüt do quelques-uns de #08 télégrammes jo désire en lire un ou deux. Jén voici un daté du Courant- Rapido lo 25 avril 1886.
Uanon— Arrivé foi anins ot snufs. Trouvé général Laurio parfuit soldat, mouvement on avant des troupen de Middleton prématnré; conséquence aora ônormo, dépense inutile. Volontalreg devraient ôtro employés aux garnisons, et à la protection des furta et des munitions. Aclalreurs américains, sauvages ot môtis, habitubs à manière do combattre des rebelles, devraiont livrer los combats et attaquer. de iddleton exposée à être massnorée. Moral des troupes excellont, Comptes sur le 9ème,
C'est co que j'ai fait Maintenant voici un autre télégrammo daté de Calgary, lo 14 mai 1885 :
J'ajoute ot jo persiste à dire qne cette guorre devrait être faite par des hommes co-abnttant de 18 môme manière que les rebelles. Les volontares gont spécialement adaptés à la protoction des forts et des pro- Y A
Je no sache pas que les prisonniers aiont été on danger, ot autant quo je pis on juger, los volontaires on ont eu bien soin, Mais lo télégrammo dit do plus:
Nos volontaires ge font massacrer. 600 éclaireura valent 2,000 volontaires pour des combats de ce genre. Hommes pleins de courage.
Lorsque l’honoruble député a jugé qu'il était de son devoir do m'attaquer comme il on a parfaitement le droit si le cœur lui on dit, il n'aurait pas dù oublior qu'il avait lui-mêmo exprimé une opinion aur co que j'avais fait pour les troupes, et il n'aurait pas dû me reprocher d'avoir attaqué lo 9ième bataillon lorsque ses propres télégrammes contiennent au sujet de nos troupes uue opinion que je ne puis comprendre. L'Honorable député a aussi attaqué le major général qui commandait les troupes. Je vais lire à la Chambro (avec la permission du général) une lettre quo l'honorable député a adressée au major géuéral à l'occasion de l'élévation de œæ dernier à la dignité de chevalier. Ælle se lit comme suit :
‘ Quésxo, 26 août 1885.
Sir Frepenicx D. Minozxron, C.C.M.G., Ottawa.
Cuer monsieur, —J’aurais dû vous écrire plus tôt pour me joindre au concert unanime de félicitations qui vous arrivent de partout, mais une absence prolongée de la ville m'en a empéchô. Votre élévation à la dignité de ‘chevalier!’ n'est que la juste reconnaissance des granda services que vous avez rendus à la Paissance du Canada, et les bonneurs dont on vous couvre rejaillissent sur tous ceux que vous avez encouragés par votre bravoure personnelle, sûrement guidés par votre expériences, et qui tous ont largement bénéficié de la science que vous 8 acquise une honorable carridre militaire.
Je regrette profondément les attaques d'une presse malicieuse et mesquine contre ‘notre général” mais votre réputation est assez haut plas6e pour que ces sottes calomnies ne puisient l’atteindre.
Veuillez me permettre, par votre entremiss, de présenter mes respects à lady Middleton, et me orotre,
Votre tont dévoué, G. AMYOT.
M.RYKERT: Par qui cetle lettre était elle signée,
Sir ADOLPHE CARON: Par l'honorable député de Bellechasse (M. Amyot). En ce qui concerne le général, il est inutile que j'exprimo une opinion déjà exprimée par tous ceux qui s'y connaissent en fait d’affaires militaires au gujet des services qu'il a rendus. En Aogleterre et au Canada ses services ont été justoment appréciés et dans tons les cas l'honorable député a bien mauvaise grâce d'attaquer le major général après avoir exprimé par écrit l'opinion quo j'ai lue au sujet de sos services. Avant que de terminer je désire éclairoir un point dont plusieurs honorables députés ont parlé au cours du débat actuel. On adit que Riol s'étant
succès, le mieux que je pouvaisfaire, Si quelque chose a rondu, le gouvernement auraît du lui pardonner, J'affirme— 2,
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