CHEMINS DU NORD ET CANADA CENTRAL
M. le Maire, Messieurs,
J'ai l'honneur de vous soumettre tout d'abord la résolution sui. vante, appuyé par l'honorable M. Ryan : ‘“ Que l'importance touj'urs croissante des relations commerciales et autres entre la vallée de l’Uttawa et la ville de Montréal rend désirable l'établissement de communications plus promptes et plus faciles entres ces deux localités, et que c'est avec satisfaction que les citoyens de Monttréal ont appris la formation d'une compagnie destinée à construire un chemin de fer qui roliera d'une manière plus directe les villes de Montréal et d'Ottawa, tout en donnant à un territoire considérable, privé jusqu'ici de chemins de fer, l'avantage de communications plus rapides d’un côté, avec la capitale politique,et de l'autre, avec la capitale commerciale du Canada.” (Applaudissements.)
Depuis dix-huit ans, mes occupations politiques ou ministérielles ne m'ont pas permis de séjourner longtemps au milieu de mes électeurs, de mes concitoyens de Montréal. Mais je ne me suis pas moins constamment intéressé à tout ce qui pouvait contribuer au bien-être, à la prospérité et à la grandeur de Montréal, dont la richesse est utile au Canada tout entier. Je salue avec bonheur l’entreprise que l'on projette, en vue des résultats énormes qu'elle doit amener, Ce chemin dont on parle sera, en effet, un autre chaînon de ces voies de communications, qui, avec le Grand-Tronc et l’Intercolonial, se rattacheront un jour au chemin du Pacifique, pour ne former qu'une ligne de chemin de fer depuis Halifax jusqu'à Victoria, d’un océan à l’autre |
Ce n’est du reste, qu’à l’aide de cet immense réseau de voies ferrées qu'il est possible d’unir d’une manière très étroite, politiquement et commercialement, les diverses provinces qui constitueront la Confédération de l'Amérique britannique du Nord.
On ne saurait vraiment entreprendre l'exécution de pareils travaux dans des circonstances plus favorables. La Puissance du Canada n'existe que depuis quatre ans, et elle excite déjà le plus vif intérêt. Il ne faut pas qu'elle s'arrête aux Montagnes Rocheuses, mais il faut qu’elle ait pour bornes les limites même de Vancouver et de la Colombie-Britannique sur les côtes du Pacifique. Il faut que los ports d'Halifax et de Victoria servent de points de départ, l’un à l'Est et l’autre à l'Ouest, ux vaisseaux à destination
des autres continents, et que, par nos voies transcontinentales, transite tôt ou turd, en nous enrichissant, le commerce étranger.
L'importance de cette Puissance en formation est parfaitement comprise en Angleterre, dans l'Europe continentale, ainsi que par les Américains, bons juges en cos matières, Nous serons plus tard la grande Puissance du Nord. La configuration géographique de notre pays est supérieure à celle des Etats-Unis, en ce sens qu'ils n'ont pas cette profondeur de territoire que nous possédons, Notre position est telle que nous n'avons pas à craindre d'ennemis au Nord, nous occupons ici à peu près la position de la Russie en Europe, inattaquable aussi par le Nord,
Nous grandissons rapidement à l'ombre du drapeau britannique et notre métropole peut être fière de nous, Personne n'ignore ve que l'école radicale en Angleterre pense depuis longtemps de la conservation du #ystème colonial, mais ne faisons pas à la nation anglaise l'injure de croire qu'elle approuve les calculs mesquins de ses radicaux, Dans peu, nous nous verrons probablement mieux appréciés de tout le monde, et un seul cri s'élèvera des Trois-Iles pour acclamer la valeur de nos volontaires, qui ont si vaillamment repoussé les hordes envahissantes, (Vives acclamations.)
Après quelques autres observations, sir Georges termine son discours en disant que notre condition politique exige la construction du chemin de fer du Pacifique ; il est heureux de le voir mentionné dans les résolutions qui seront proposées, et espère que, en face de son intérêt qui l'y invite, la ville n'hésitera pas à voter un million de piastres en faveur des nouveaux chemins de fer que réclame hautementld'opinion publique.