LE TRAITÉ DE WASHINGTON
fut ratifié, à la séance du 16 mai, par 121 voix contre 55, qui se répartirent comme suit : Pour : MM. Abbott, Archambault, Ault, Baker, Barthe, Beaty, Beaubien, Bellerose, Benoit, Bertrand, Blanchet, Bolton, Bown, Brousseau, Burpee, Cameron (Inverness), Cameron (Peel), Campbell, Carling, Cartier, Carmichael, Caron, Carter, Cayley, Chauveau, Coffin, Colby, Crawford (Brockville), Crawford (Leeds), Cumberland, Currier, Daoust, DeCosmos, Deiorme (Provencher), Dobbie, Drew, Dugas, Ferguson, Ferris, sir Alexander Galt, Gaucher, Gaudet, Gendron, Gibbs, Grant, Gray, Grover, Hagar, Harrison, Heath, sir Francis Hincks, Holmes, Holton, Houghton, Hurdon, Irvine, Jackson, Jones (Leeds et Grenville), Keeler, Killam, Kirkpatrick, Lacerte, Langevin, Langlois, Lapum, Lamson, LeVesconte, Little, sir J.-A. Macdonald (Kingston), McDonald (Antigonish), McDonald (Lunenburg), McDonald (Middlesex), Masson (Soulanges), Masson (Terrebonne), McCullum, McDougall (Lanark), McDougall (Trois-Rivières), McGreev y, McKeagney, Merritt, Moffatt, Morris, Morrison (Niagara), Nathan, Nelson, O'Connor, Pearson, Perry, Pickard, Pinsonneault, Pope, Pouliot, Power, Ross (Champlain), Ross (Dundas), Ryan (King's, N.B.), Ryan (Montréal-Ouest), Savary, Schultz, Scriver, Shanly, Simard, Smith (Selkirk), Smith (Westmoreland), Sproat, Stephenson, Street, Sy'vain, Thompson (Cariboo), Tilley, Tourangeau, Tremblay, Tupper, Wallace (Albert), Wallace (Ile Vancouver), Walsh, Webb, Whitehead, Wilson, Workman, Wright (comté d'Ottawa)—121. Contre : MM. Anglin, Béchard Blake, Bodwell, Bourassa, Bowell, Bowman, Brown, Cameron (Huron),Cheval, Connell, Coupal, Delorme (Saint-Hyacinthe), Dorion, Fortier, Fortin, Fournier, Geoflrion, Godin, Joly, Jones (Halifax), Kempt, Macdonald (Glengarry), McFarlane, Mackenzie, Magill, McConkey, McDougall (Renfrew), McMonies, Metcalfe, Mills, Morison (Victoria Ouest), Munroe, Oliver, Paquet, Pelletier, Pozer, Redford, Renaud, Robitaille, Ross (Prince-Edouard), Ross (Victoria, N.E.), Ross (Wellington Centre), Rymal, Scatcherd, Snider, Stirton, Thompson (Haldimand}, Thompson (Ontario), Wells, White (Halton), White (Hastings-Est), Wood, Wright (York Ontario, Ouest), Young—55.
M. l'Orateur,
J'espère que la Chambre voudra bien me permettre de prendre la parole à cette phase avancée du débat, à cause de l'importance de la question qui nous occupe. Quoique la discussion soit presque terminée, il reste encore à relever un ou deux points sur lesquels rien n’a été dit. Mais avant de le faire, je voudrais jeter un coup d'œil sur des événements passés.
Peut-être se souvierdra-t on qu'il y a quelques années, au cours d’un long débat engage entre le parti libéral du Haut-Canada et le nôtre sur le sujet de la représentation proportionnée à la popu-
lation, je prononçai un discours que mes adversaires politiques qualifiaient alors de “ grand codfish speech.” (Rires.)
Je démontrai que, si le Haut-Canada l'emportait sur le Bas- Canada à certains égards, ce dernier possédait dans ses pêcheries du golfe une grande source de richesse, et qu’en signant le traité de réciprocité de 1854, les Américains avaient en considération et en vue surtout la valeur de ces pêcheries. A cette époque, le Haut-Canada ne parut pas en concevoir l'importance et le prix ; mais les discours prononcés ici, par les représentants d’Ontario, me prouvent combien les sentiments y ont changé. En vérité, ces messieurs ont soulevé plus d'objections au sujet de ces pêcheries, que ceux qui étaient principalement intéressé: à en faire paraître toute l'importance ; c'est à peine s'ils pouvaient trouver des expressions capables d’en exprimer la valeur. Le jugement que j'avais porté, voilà quelques années, était done exact. Oui, et mes adversaires d'aujourd'hui en témoignent suffisamment.
Le gouvernement, ayant une haute idée de ces pêcheries, désirerait obtenir de plus libérales concessions pour leur usage, que celles qui sont contenues dans le traité. Les députés des provinces maritimes ne doivent pas croire qu'ils soient seuls interessés à la question des pêcheries ; la province de Québec l’est tout autant, par rapport aux pêcheries du golfe et Gu Labrador. Je fais cette objection, parce que certains représentants de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick ont parlé tout comme s'ils eussent été les seuls possesseurs des pêcheries, tandis qu'il est b'2n vrai que le rendement de la pêche dans la provinces de Québec peut soutenir la comparaison avec le produit des autres provinces.
Le gouvernement étuit convaincu qu’en recevant les pêcheurs américains sur le pied d'égalité avec les pêcheurs canadiens, nous accordions aux premiers de très grands avantages, et nous nous sommes appliqués à obtenir des concessions plus étendues sous la forme de réciprocité commerciale. N'ayant pu réussir, nous avons insisté sur ce qui pouvait le mieux nous convenir après cela, et nous l'avons eu. Les négociateurs du traité y ont inséré un article par lequel les Américains auront à nous payer une somme qui sera fixée par une commission, dans le cas où celle-ci constaterait que la valeur de nos pêcheries ouvertes aux Américains est supérieure à celle des pêcheries américaines ouvertes aux Canadiens.
Plusieurs députés de l'opposition se sont efforcés de démontrer que le traité représentait de notre part une cession de droits terri-