CHUTE DU MINISTÈRE HINCKS-MORIN
ministérielle sans en saisir d'avance toutes les conséquences. Est-ce dans les rangs de son propre parti que l’honorable député compte constituer un ministère ? Assurément non. Veut-il d’un cabinet de coalition avec nos adversaires ? Mais les conservateurs haut-canadiens n’ont pas encore montré qu'ils soient prêts à former une pareiHe coalition. Si oui, il leur faudrait renoncer à beaucoup de leurs principes. Il reste un troisième moyen de former une administration, ce serait de contracter alliance avec l’honorable représentant de Kent (M. George Brown), Mais mon honorable collègue a trop de sens pour croire que le Bas-Canada pourrait l’approuver de s’allier avec un homme qui insulte chaque jour d’une façon si outrageante à 108 croyances, à nos idées.
Bref, la question seigneuriale ne peut être résolue d’une fagon satisfaisante pour les censitaires, sous les auspices d’une administration qui serait composée de pareils éléments. Le député de Saint-Hyacinthe doit le comprendre facilement, Quant au député de Montmorency, il n’a eu d'autre but, en présentant son amendement, que de renverser l'administration au cri inavoué mais bien connu: ‘“ Ote-toi de là que je m’y mette.”
SUR LA
COALITION DE 1854—LA SÉCULARISATION DES RÉSERVES DU CLERGE RT LE GRAND-TRONC
PRONONGÉ LE 20 SEPTEMBRE 1854
A L'ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE
L'année 1854 fut témoin d'une transformation des partis. Le 5 septembre, M. Cartier fut proposé comme Orateur de l’Assemblée législative par le ministère Hincks-Morin, mais il fut battu par trois voix, ce qui amena la retraite du ministère. Sir Allan MacNas, chef des conservateurs du Haut- Canada, fut alors appelé à former une administration, et après s'être assuré de l'appui des libéraux modérés anglais, il offrit une alliance qui fut acceptée par M. Morin et ses collègues. Le nouveau ministère se trouva constitué comme suit: Haut-Canada — sir Allan MacNab, président du conseil exécutif, les honorables J.-A. Macdonald, procureur général; W. Cayley, inspecteur général des comptes; R. Spence, ministre des postes; John Ross, président du Conseil législatif ; Bas-Canada—les honorables A.-N. Morin, commissaire des terres; L.-T. Drummond, procureur général; P.-J.-0. Chauveau, secrétaire provincial; E.-P. Taché, receveur général; J. Chabot, commissaire des travaux publics. Ce ministère de coalition, qui devait amener une transformation dans l’état des partis, fut violemment combattu à son début, mais il réussit à faire voter l'adresse par une majorité considérable, la séance de clôture n'ayant pas duré moins de ?2 heures.
Quant à la sécularisation des réserves du clergé, dont il est question dans le discours de M. Cartier, il est bon d'expliquer que l'acte constitutionnel de 1791 reservait le septième des terres de la couronne non concédées dans le Haut et le Bas-Canada, pour le soutien d’un clergé protestant. Il accordait au gouverneur le droit d'établir des cures ou reclories et de les doter au moyen de ces terres. En 1836, sir John Colborne institua 57 cures en faveur de l'Eglise anglicane. Ces réserves couvraient une étendue de 2,395,687 acres. Plus tard l'Eglise d’Ecosse fut admise à en bénéficier. Les autres sectes voulurent aussi jouir des mêmes avantages, et les juges anglais