LUDGER DUVERNAY
PRONONCÉ LE 21 ocToBre 1855
A MONTRÉAL
Le ?1 octobre 1855, la translation des restes de Ludger Duvernay, fondateur de ja Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, eut lieu de l'ancien cimetière de la rue Saint-Antoine, au nouveau cimetière de la Côte-des-Neiges. La cérémonie fut extrêmement imposante, et l'on porte à dix mille personnes la multitude qui accompagnait le corbillard. Toutes les autres sociétés canadiennes, les officiers de la milice, de la cavalerie, les pompiers, avec leurs brillants costumes, s'étaient joiats aux membres de la société nationale. Vors deux heures de l'après-midi, un dimanche, au son des cloches de ia cathédrale, le convoi se mit en marche et défila par les rues Sainte-Catherine, Lamontagne et Sherbrooke jusqu’à la Côte-des-Neiges. Les coins du poêle étaient portés par l'honorable Joseph Bourret, MM. W. Nelson, N.-B Desmarteau, P. Jodoin, Jean-Louis Beaudry, Jeun Bruneau, R. Trudeau. La procession s'arrêta au bas de la colline où se trouve élevé le monument. Plusieurs corps de musique exécutèrent des morceaux appropriés à la circonstance. Puis le prêtre prononça les paroles que la religion fait entendre sur la tombe de ses enfants.
La cérémonie accomplie, l'honorable T.-J.-J. Loranger prononcça l'éloge de celui qui avait été son ami intime, mais surtout l’ami fidèle, intrépide de sa race. Sa parole éloquente créa une profonde impression. ‘ Renouvelons,” s’écria-t-il en terminant, ‘dans ce champ de la mort que domine l'antique montagne d’'Hochelaga, où le christianisme planta sa première croix, où le pionner planta le premier drapeau de la civilisation ; d’où l'œil contemple le panorama enchanteur que forment les eaux du Saint-Laurent, mariant leur limpide éclat aux ombres de la plaine ; renouvelons, dis-je, le serment que nous avons fait en formant l'association Saint-Jean-Baptiste, de demeurer à jamais Canadiens et de conserver dans toute sa vigueur notre nationalité, et nous aurons dit à notre fondateur un adieu digne de sa mémoire.” M. Loranger fut suivi du président de la Société Saint-Jean-Barptiste, l’hono-