‹ Discours de Sir Georges Cartier, baronnet [microforme]Chapitre 49 sur 247 · L'INSTRUCTION PUBLIQUE · texte numérisé non relu

L'INSTRUCTION PUBLIQUE

pas été administrés comme ils auraient dû l'être, et nous pourrons par la présente loi en retirer des sommes considérables, Les arrévages s'élèvent aujourd’hui à £25,000, et de ce montant, nous pourrions percevoir et placer £10,000 à £18,000, ce qui ajouterait £1,000 au revenu annuel. Je crois qu'il serait facile de réaliser £10,000 par année, en administrant sagement, et en plaçant avantageusement les deniers. Peut-être même pourrions-nous atteindre le chiffre de £14,000 ou £15,000 : la balance en caisse s'élèverait alors à £5,000 par année, et nous n'aurions que peu de chose à prendre dans le fonds des écoles communes.

Cette année, quinze collèges seulement ont regu des allocations. Les institutions telles que les classes de grammaire du Haut-Canada, ont obtenu £11,000, tandis que les écoles communes n'ont eu que £23,000. Dans les établissements subventionnés l'an dernier, on comptait 15,000 élèves, et non pas 9,000, ainsi que l’a prétendu le député de Lambton (M. Brown).

À entendre le représentant de Montréal (M. Dorion), l'on pourrait croire que les écoles du Bas-Canada ont reçu plus d'argent que celles du Haut-Canada. Mais il faut faire abstraction du crédit accordé à l’école normale, lequel monte seul à £3,000, et de ceux qui ont été votés pour les bibliothèques, etc., etc.

L'an dernier, les écoles communes du Haut-Canada se sont partagé £23,800, et celles du Bas-Canada, £29,600. C’est le surintenant qui, sous le systèine actuel, propose la distribution des crédits, basée sur le nombre des écoles ; mais le gouvernement en est responsable à la Chambre. Par la loi de 1853, les reliquats du fonds des écoles communes étaient aussi affectés au maintien des écoles dites de grammaire, dont une, dans chaque comté, recevait £190 ; les comtés pouvaient en établir en donnant à chacune £50.

Les établissements d'éducation supérieure ne sont pas également répartis dans les comtés du Bas-Cunada, et pour cette raison les municipalités ne doivent pas elles-mêmes distribuer les fonds. Nous voulons, non pas créer des dotations permanentes, mais encourager les institutions qui auraient besoin d'un peu d'aide et suivant les circonstances. Les dotations de l’université-collège de Toronto sont distribuées par le gouvernement, en vertu de la loi de 1853, et le surintendant a même le droit d'augmenter l'allocation pour les écoles communes, lorsqu'il a lieu de croire que le recensement est incomplet. Pourquoi donc ne confierait-on pas au ministère la distribution des crédits ? Craint-on que nous ne

favorisions trop nos amis ? Avons-nous donc mérité ce reproche ! en accordant de fortes sommes à Montréal, à Napierville, à Saint- Jean, à Beauharnois et à l'Assomption, dont les députés n'ont guère donné d'appui au gouvernement ? Presque les deux tiers des crédits sont allés aux institutions de comtés représentés par des adversaires du cabinet,

La tendance jusqu'ici # été d'encourager les collèges et les maisons d'éducation supérieure, au détriment des écoles élémentaires. Ce présent bill a pour objet de favoriser les écoles-modèles plutôt que les collèges.

M. Horron.—Je regrette que le secrétaire provincial ne nous ait pas plus clairement expliqué pourquoi il traite ses concitoyens du Bas-Canada autrement que ceux du Haut-Canada.

Ce bill, qui permet au ministère de donner une pension à tous les instituteurs mis à la retraite et âgés de plus de soixante-dix ans, n’est qu'un moyen d'exercer du patronage public, et d'acquérir de l'influence politique. De même, les grosses sommes accordées à Montréal n'ont pour but que de renforcer la position du secrétaire provincial.

M. Carrier.—Voici tout ce qui en est: dans le Haut-Canada, l'on ne compte que sept ou huit collèges et environ quatre-vingtcinq écoles de grammaire, au lieu qu'il y en a près de trois cents dans le Bas-Canada.

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