CHEMIN DE PEH DE MONTRÉAL ET POHTLAND
qui la fîiit. J'en appelle aux grands propriétaires, aux petits propriétaires, qui font la prospérité des grands, et aux cla^nes industrielles et ouvrières, qui font la pros])énté des uns et des autres. Nous avons une chance exceptionnelle d'attirer des capitaux étrangers. Il suffît à la ville de garantir £125,000 d'obligations, une bagatelle comparée aux dettes énormes contractée par les moindres villes des États-Unis, pour amener des capitaux qui passeront par les mains des industriels, des ouvriers, pour soulager le commerce qui souffre. C'est un avantage dont nous jouirons avant même que l'ouvrage soit achevé.
On dit que cette garantie de £125,000 imposera des charges onéreuses, mais ceux qui tiennent ce langage n'ont pas calculé sérieusement. En supposant même que la ville ait à payer tout le montant pour lequel son crédit sera engagé, il n'y a pas un vingt-cinquième de ses propriétés qui sera atteint. Voyez donc New- York. Elle est à la tête du commerce américain, mais pour obtenir cette position, elle n'a pas craint de s'endetter au montant de vingt-cinq millions de piastres. Il lui a fallu avoir foi en ellemême, en son esprit d'entreprise, escompter l'avenir. Oui, ceux qui s'opposent à ce mouvement sont des ennemis du progrès et de leur propre prospérité.
Le temps est venu de faire mentir votre réputation d'hommes apathiques, sans énei^ie et sans esprit d'entreprise. Que ces épithètes cessent de s'attacher au nom canadien ! Cette grande assemblée est une des premières qui aient été tenues dans une ville des provinces britanniques pour encourager une entreprise publique de cette importance. Il est désirable que l'exemple parte de Montréal, la tête commerciale do l'Amérique Britannique. Elle doit se montrer digne de sa position.
M. Cartier s'étend longuement sur les avantages qui résulteraient de la construction du chemin de fer do l'Atlantique et du Saint-Laurent, sur les embarras dans lesquels le commerce est plongé, embarras qui iront toujours grossissant si les amis do leur pays ne font pas de sérieux efforts pour les surmonter. Il dit, notamment, que les chemins de fer sont le plus puissant moyen à adopter pour endiguer le mouvement en faveur de l'annexion du Canada aux États-Unis. Songeons que nous n'avons pas encore soixante-dix milles de chemin de fer dans tout le Canada, et que la construction du premier chemin de fer, celui de Laprairie à Saint^Jean, remonte seulement au 21 juillet 1836. Eemuons-
nous, agitODs-nouB. ^ Montréal est appelée à devenir le grand entrepôt de TOuest : sans les chemins de fer et les canaux, il lui sera impossible d'atteindre cette glorieuse position qui en fera Tune des principales villes du continent.
1 Les chilTres suivants indiquent les progrès accomplis depuis. En 1840, 16 milles en exploitation; 1850,71 milles; 1860,2,087; 1870,2,497; 1880,6,891; 1889, 12,628; 1890, 13,256; 1891, 14,009. Le capital engagé dans les chemins de fer dépassait $760,500,000 en 1889, et les recettes de l'année s'élevaient à $42,149,615, les frais d'exploitation étant de $31,038,045. En 1890. le môme capital s'élevait à $786,447,812, et à $816,647,758 en 1891.