VOTE DE NON-CONFIANCE CONTRE LE MINISTÈRE
MACDONALD-SICOTTE
pnoifONcé LE 11 MAI 18G3
A L'ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE
Le 28 avril 1863, l'honorable J.-A. Macdonald donna avis qu'il proposerait un vote de non-confiance dès que le gouvernement demanderait des subsides, ce qui fût fait i la séance du 1er mai. M. J.-A. Macdonald, appuyé par M. Cartier, présenta alors l'amendement suivant : •< Que la Chambre ne se forme pas en comité, mais quMl soit résolu que l'administration, telle qu'elle est constituée actuellement, ne mérite pas la confiance de cette Chambre." A l'appui de sa motion, M. Macdonald prononça un long et vigoureux discours qui Alt bruyamment applaudi : évidemment il était l'écho de la majorité. M. Langevin fit aussi un discours fort remarqué. Le cabinet se défendit mollement et Ait encore plus mollement défendu. Clear-grits et rouges n'hésitèrent même pas de condamner fondamentalement sa politique générale, mais ils avaient l'air de dire avec MM. Brown et Dorion : <* Nous ne voulons pas laissa arriver le parti libéral-conservateur, et nous tenons MM. Macdonald et Sicotte debout jusqu'au moment où nous pourrons nous-mêmes prendre en mains les rênes du pouvoir." Le vote se prit dans la nuit du 7 mai, au milieu d'une vive excitation, 64 députés contre 59 votant la déchéance du gouvernement. Le vote de M. Rykert prit les conservateurs par surprise, car il avait promis de combattre le gouvernement. Ce n'est que le 1 1 mai que le premier ministre se leva pour expliquer qu'après ce vote de non-confiance il ne lui restait d'autre alternative que de demander l'appel au peuple et les subsides de rigueur. M. Cartier déclara qu'il n'était pas satisfait de cette explication, que les ministres bas-canadiens n'étaient pas à leur poste, que leur absence justifiait la rumeur que le cabinet allait subir un replâtrage en vue d'élections générales, et il proposa l'ajournement immédiat de la Chambre, ce qui équivalait à un vote de non-confiance. Il en résulta un débat très vif auquel prirent part MM. J.-8. Macdonald, Brown, Dunkin, J.-A. Macdonald, Drummond, Cameron, Galt et Cauchon. Pour la seconde fois, en moins de cinq
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jours d'intervalle, la chute du gouvernement était décrétée. La majorité s*éleva cette fois à onze voix. Pour : MM. Alleyn, Andorson. Baby, Beaubien, Benjamin, Brousseau, J.-H. Cameron, Matthew C. Cameron, Caron, Cartier, Cauchon, Chapais, Glarke, Gockbum, Crawford, Oaly, Oaoust, de Boucherville, de Gazes, Denis, Désaulniers, Joseph Dufresne, Ounkin. Perguson, Poumier, Galt, Gaudet, Jackson, Jones, Knight, Langevin, John- A. Macdonald, L.-S. Morin, Morris, Morrison, Morton, 0*Gonnor, Pope, Poupore, Powell, Pinsonnault, Robinson, Robitaille, Rose, Ross, John-J. Ross, J.S. Ryerson, Sherwood, Simard, Simpson, Street, Taschereau, Tett. Walsh, 55. — Gontre: MM. Ault, Bell (Lanark-Nord), Benoit, Biggar, Bourassa, Buchanan, Burwell, Brown, Gowan, Dawson, Dickson, A. -A. Dorion, Drummond, Alexandre Dufresne, DunsTord, Poley, Portier, Gagnon, Harcourt, Hébert, Howland, Huot, Jobin, Joly, Labrôche-Viger, J.-S. Macdonald. D.-A. Macdonald, Maokenzie, Macdougall, McKcllar, McLachlin, Mowat, Notman, Patrick, Prévost, Price, Rémillard. Rykert, Rymal, Scatcherd, Scoble, Somerville, Sylvain, Wallbridge, 44. Il est permis de douter de la sincérité de M. SandQeld Macdonald lorsque, pressé par M. Gartier, il déclarait qu*il ne connaissait aucun changement qui dût se faire dans le personnel de son cabinet, car la législature était à peine prorogée le lendemain, 12 mai, que les ministres bas-canadiens, M. Sicotte en tête, étaient mis de côté pour être remplacés par des libéraux qui reconnaissaient M. Dorion pour chef, Télément modéré de la section haut-canadienne étant traité de la môme façon au profit des principaux lieutenants de M. Brown. Le 16 mai, Tadministration Macdonald-Dorion se trouva constituée comme suit: les honorables MM. Sandfield Macdonald, procureur général du Haut-Ganada ; William Macdougall, commissaire des terres ; W.-P. Howland, receveur général ; Oliver Mowat, maître général des postes ; A. Perguson-BIair, secrétaire provincial ; A.-A. Dorion, procureur général du Bas-Ganada ; Luther-H. Holton, ministre des linances; L.-T. Drummond, commissaire des travaux public ; L Thibaudeau, président du conseil exécutif; L. Letellier de Saint-Just, ministre de Tagriculture, et L.-S. Huntington, solliciteur général. Un portefeuille l'ut offert à M. Sicotte, mais il le refusa avec dédain.
M. rOrateur,
Nous venons d'apprendre que nous sommes en pleine crise ministérielle, résultat prévu depuis longtemps, et que nous sommes même à la veille d'une dissolution, ce à quoi tout le monde s'attendait. En même temps, d'étranges rumeurs feraient croire à un changement dans l'administration. On dit tout haut que le gouvernement, en désespoir de cause, aurait pris la détermination de refaire son personnel pour se présenter devant le peuple, au lieu
de rester ce qu'il était lors du vote de non-confiance. (Ecoutez ! Ecoutez /) L'opposition ne craint pas de se présenter, elle, devant le peuple telle qu'elle est. {Applaudissements.) La force de Topposition est encore la même, et cette force représente la majorité. Peu lui importe la composition du ministère et la manière dont il se présentera devant le pays ; mais elle ne saurait fermer l'oreille aux rumeurs étranges qui courent sur certains membres de la Chambre.
M. Beown. — Nommez ! Nommez I
M. Cartier. — L'honorable député d'Oxford-Sud peut se réjouir, car il a dit l'autre jour que le gouvernement actuel lui convenait parce qu'il pouvait le contrôler et qu'il ne pouvait espérer d'exercer aucune influence sur les membres de la gauche. Je veux savoir du premier ministre s'il est vrai qu'il doit y avoir un changement dans le personnel du cabinet et une dissolution. J'espère que tel n'est pas le cas, car la réorganisation du cabinet après un vote de non-confiance, en vue d'un appel au peuple, serait inconstitutionnelle.
M. J.-S. Macdonald. — L'opposition n'a pas le droit de poser une pareille question dans un temps de crise, et le gouvernement n'a pas à donner d'explication. Mais je puis déclarer que le gouvernement a l'intention de demander des subsides à la Chambre.
M. Cartier. — Nous avons le droit d'être renseignés sur le personnel du gouvernement et sur ses actes, nous avons droit de savoir si ce gouvernement est ou n'est pas au complet. Le Bas-Canada n'est pas représenté dans le cabinet, il a droit de l'être. A qui donc nous adresserons-nous? J'ai besoin du procureur général pour discuter le premier ordre du jour, qui est d'une extrême importance et auquel je m'intéresse d'une manière spéciale. Où sont les membres bas-canadiens de l'administration ?
M. J.-S. Macdonald. — L'honorable monsieur peut lancer contre eux un mandat d'arrestation si cela lui plaît. (Cris ironiques de : Ecoutez ! Ecoutez /) Je répète de nouveau que le gouvernement n'a aucune explication à donner.
M- Cauchon. — Il n'en est pas moins vrai que l'honorable M. Cartier possède la confiance de la Chambi'e plus que le premier ministre et qu'il a le droit de poser cette question. {Ecoutez ! Ecoutez /)
M- Cartier. — M. l'Orateur, je propose que la Chambre s'ajourne immédiatement. {Tumulte et applaudissements.)
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M. J.-S. Macdonald. — Les députés doivent bien peser le vote qu'ils vont donner avant de s'exposer aux hasards d'une élection générale. Leur vote peut avoir pour effet de donner le pouvoir à ropiX)6ition.
Une voix. — Oui, à la majorité.
M. J.-S. Macdonald. — Cette motion prouve que Topposition est factieuse, elle arrête le vote des subsides et toute législation. {Cris (U : Non, non,)
M. DuNKiN. — La législation que le premier ministre demande à la Chambre est d*un caractère important, et il semble que le gouvernement actuel n*est composé que de Haut-Canadiens.
M. Brown. — ^Je n*ai pas de sympathie pour le gouvernement, mais la conduite de M. Cartier est la plus extraordinaire que j'ai jamais vue. Si j'étais procui'eur général du Haut-Canada, je dirais à l'opposition : " Faites adopter votre motion," et je demanderais au gouverneur général de dissoudre les Chambres immédiatement.
M. J.-A. Macdonald. — L'administration a déjà été condamnée par la Chambre. Cependant le premier ministre demande les subsides sans nous dire qui compose son cabinet. Toute la Chambre désire savoir quels sont les ministres. Elle a le droit d'être renseignée.
M. J.-S. Macdonald. — L'administration est la même qu'elle était.
M. J.-A. Macdonald. — Ij'honorable procureur général du Haut- Canada dit-il que l'administration est la même aujourd'hui qu'elle était hier ?
M. J.-S. Macdonald. — Je ne connais aucun changement.
AUX
A MONTRÉAL
M. Sandfield Macdonald ayant réussi à réorganiser son cabinet, annonça qu'il allait en appeler au peuple. Les élections furent fixées au mois de juin. Presque également divisés comme Tétaient les partis, la lutte s^engagea avec un acharnement extrême. A Montréal, les trois candidats libéraux : MM. Dorion, Holton et Young Airent défaits par MM. Cartier, Rose et McGee. Ce dernier qui avait combattu les conservateurs jusqu'alors, s'était rallié à eux après la formation du cabinet Macdonald-Dorion, ayant été remplacé dans la section bas-canadienne par Thonorable L.-T. Drummond. Les électeurs du Bas- Canada furent généralement favorables à la politique conservatrice, mais le Haut-Canada donna une majorité à M. Sandfield Macdonald. C'est le jour même de son triomphe que M. Cartier prononça le discours qui suit :
Messieurs,
Laissez-moi, tout d*abord, vous remercier bien cordialement de m'avoir élu par une majorité de plus de six cents voix sur mon adversaire, Thonorable M. Dorion. Ce nouveau témoignage de confiance m'impose des devoirs dont j'espère toujours me montrer digne. Laissez-moi vous dire aussi combien je regrette la disparition de notre vieil ami, M. Thomas Molson, qui se trouvait à mes côtés à la dernière élection, et qui est aujourd'hui dans la tombe. Vous connaissez Tesprit d'entreprise, les grands services rendus au pays et à la ville de Montréal par cette famille éminente qui prit ici l'initiative de la navigation à vapeur, qui a fondé des
collèges, bâti des églises, doté des universités et qni pendant plusieurs générations s'est fait remarquer par sa générosité, sa charité et son énergie.
Dans les discours aux électeurs, les libéraux prétendaient qu'eux seuls ont fait passer la mesure des écoles séparées. Mais cette assertion est-elle vraie ? Les comptes-rendus du Parlement montrent que les clear-grits ont toujours combattu le bill. Ce n'est pas à M. John Sandôeld Macdonald, ni à M. Foley, ni à M. Wilson, que les catholiques du Haut-Canada sont redevables de cette importante loi, mais à M. John- A. Macdonald, le chef du véritable parti libéral du Haut-Canada, et à ses partisans. L'auteur de la loi est un conservateur, M. Scott, député de la ville d'Ottawa.^ Quels sont les hommes qui s'y sont opposés ? M. Brown et les clear-griU. MM. J.-Sandfield Macdonald, Mowat, Foley, Macdougali ont voté pour le bill, parce que, membres du gouvernement, ils ne pouvaient faire autrement, mais ils ont eu la douleur de voir que le succès était dû à l'opposition. Et combien de prétendus libéraux ont méconnu leur titre en suivant le fanatique George Brown ? Les orangistes, dont l'alliance avec le parti conservateur du Bas-Canada est dénoncée à l'égal d'un crime par M. Dorion, ont voté en faveur des écoles séparées ; sans leur appui, la mesure tombait, et par les votes des clear-gritSj ces amis de M. Dorion qui ont tous, moins cinq, voté contre. *
> M. Scott a été depuis Orateur de la législature d*Ontario et secrétaire d'Etot dans le ministère Mackenzie i Ottawa, de 1873 à 1878. Il remplit présentement les fonctions de chef du parti libéral au Sénat.
* Le bill Alt adopté en seconde délit)ération, à la séance du 3 mars 1863, par 80 voix contre 22, et en troisième délibération, le 13 mars suivant, par 76 contre 31 voix qui se répartirent comme suit: Pour, messieurs Abbott, AUeyn, Andersen, Archambault, Baby, Beaubien, Beaudreau, R. Bell (Russell), Beiijamin, Benoit, Blanchet, Bourassa, Brousseau, Buchanan, Garling, Caron, Cartier, Gauchon, Ghapais, Glarke, Grawford, Daoust, Dawson, de Gazes, Denis, Désaulniers, A.-A. Dorion, J.-B.-E. Dorion, Dostaler, Alex. Dufresne, Joseph Dufresne, Dunkin, Evanturel, Foley, Portier, Foumier, Gagnon, Gaudet, Hébert, Huot, Jobin, Joly, Kierkowski, Knight, Labrôcbe- Viger, Laframboise, Langevin, John-A. Macdonald, J.-S. Macdonald, McGann, Macdougall, McGee, McLaclilin, Mongenais, Martin, O'Halloran, Patrick, Poupore, Prévost, Rémillard, Robitaille, Rose, Ryerson, Rykert, Scott, Sherwood, Sicotte, Simard, Simpson, Somerville, Starnes, Sylvain, Taschereau, Tassé, Walsh et Wilson, 76. — Gontre: messieurs Ault, Biggar, Bown, Burwell, John-H. Cameron, Gockburn, Cowan, Daly, Dickson, Ferguson,
En 1856, M. Dorion lai-même se prononça en faveur des écoles mixtes, sur une motion de M. Papin demandant Tabolition des écoles séparées dans toute la province, et l'établissement d'un système uniforme, qui eût empêché également les catholiques du Haut-Canada et les protestants du Bas-Oanada d'obtenir des écoles de leur propre religion. Voilà un exemple de ses opinions.
M. Dorion a avancé que la partie Est de Montréal lui est redevable de travaux publics importants ; on sait cependant que M. Young, son allié, son ami, est celui qui a toujours le plus travaillé pour détourner vers le quartier Ouest le commerce de cette ville.
M. Dorion, M. Brown, et leurs partisans se sont vivement opposés dans le temps au bill qui mettait à la charge de la province l'amélioration du lac Saint-Pierre, dont pourtant il revient tant d'utilité à tout le pays. Et c'est encore à mes amis du Haut- Canada que nous devons cette mesure bienfaisante.
Quelle a été l'attitude de M. Dorion à l'égard des droits de péage sur les canaux ? M. Galt prévoyait que par de sages dispositions il serait possible d'attirer dans le Saint-Laurent tout le commerce de rOuest. Malgré l'opposition de M. Brown, il avait supprimé les péages que les ministi'es actuels ont rétabli à leur avènement au pouvoir. Ces droits ont eu pour effet de faire prendre aux navires la voie d'Oswégo et des Etats-Unis, et d'enlever à notre pays plusieurs millions de piastres.
Quant à l'économie que l'on voulait exercer dans les services publics, elle a été jusqu'ici absolument nulle : quedis-je ? le ministère a admis qu'il avait augmenté les dépenses de 855,000. Tout son effort s'est réduit à jeter sur le pavé quelques dignes et anciens serviteurs du pays, comme le Dr Meilleur, pour leur substituer des créatures, des partisans. On ne doit pas non plus oublier que ces grands prêcheurs d'économie ont conseillé de nouvelles élections qui auront coûté à la province $500,000, outre les fVais d'une nouvelle session I
Le bill de milice présenté par mon gouvernement, ce bill que l'on avait si fort dénoncé, aurait mis la province sur un pied de défense effectif, moyennant $300,000 à $400,000 par année, tandis que le projet de loi soumis par le gouvernement actuel décrète la cons-
Harcourt. Haultain, Hooper, Jackson. Jones, Mackenzie, McKôUan, Morris, Morrison, Mowat, Munro, Notman, Powell, J.-8 Ross (Dundas), Rymal, Scatcherd, Scoble, Smith, Slirton, White et Wright, 37.
338 AUX ÉLECTEURS DE IfONTHÊAL-EST
cription ayoc oe qu'elle a de plus rigoureux, et crée des emploi» pour les amis des ministres. Déjà le découragement s'est emparé des volontaires et la milice se désorganise visiblement. Il a été produit un rapport sur les édifices publics d'Ottawa, dans le but d'inculper l'ancien ministère. Comme chacun le sait, très peu de constructions ne dépassent pas les évaluations faîtes par approximation, à cause de toutes les circonstances que l'on ne saurait prévoir, témoin l'aqueduc de Montréal. Au reste, ce rapport qui fourmille d'erreurs énormes, est l'œuvre d'hommes indignes de confiance.
Bn terminant, laissez-moi vous adjurer de rester fidèles à la constitution du pays qui protège si amplement touts les races, toutes les classes. Cette constitution est bien supérieure aux institutions républicaines que beaucoup de nos libéraux admirent, mais qui éprouvent en ce moment la plus grande crise que l'histoire des Etats-Unis ait encore vue. Avant tout soyons de notre pays I
AUX
ÉLECTEURS DE WELLiVND
A WBLLAND
Le ministère Macdonald-Oorion fit convoquer la session de 1 863 pour le 1 3 août. Quelques jours auparavant, M. Cartier fut invité à adresser la parole à une grande assemblée des électeurs de Welland, comté du Haut-Canada, qui était représenté par M. Thomas Clark Street. Il consacra la plus grande partie de son discours à relever les accusations lancées depuis plusieurs années par M. George Brown et le Globes dans le but de préjuger l'opinion publique contre celui qu'ils appelaient le ** petit Français." Ce discours causa une grande sensation dans tout le Haut-Canada, et fût vivement discuté par la presse des deux partis. On y voit que l'ancien premier ministre se disait sûr de renverser le gouvernement à la réunion des Chambres, mais les votes ne justifièrent pas cette prédiction. Quoique chancelant, le ministère échap])a par une majorité de trois voix au vote de censure proposé par M. Sicolte qui, mécontent d'en avoir été évincé, se plaignait de son mode de formation. C'est quelques jours après ce vote que M. Sicotte abdiquant toute dignité, accepta une place de juge du gouvernement même qu'il venait de censurer. Les conservateurs se trouvèrent en minorité de deux veix seulement sur le vote de non-confiance qu'ils proposèrent pour blâmer cette nomination. Touterois, ils auraient renversé le gouvernement sans la défection de l'honorable M.-H. Foley et de M. James O'Halloran, député de Missisquoi. M. O'Halloran passa pour avoir vendu sa voix. H avait promis à ses électeurs de ne pas appuyer les libéraux, et viola de cette façon sa promesse. M. Foley qui avait appuyé le vote de censure proposé par M. Sicotte Ait non moins sévèrement blâmé, mais il reprit place dans l'opposition durant la vacance qui suivit la session.