‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 139 sur 286 · AUX ÉLECTEURS DE WELLAND · texte numérisé non relu

AUX ÉLECTEURS DE WELLAND

ment le soin d'établir lui-même le chemin do fer, et, dans la session de 1851 un crédit de £4,000,000 fut ouvert pour commencer les travaux.

Telle est la série de projets divers, préconisée par M. George Brown et son journal. Nous savons ce que la construction du Grand-Tronc entre Sarnia et la Rivière-du-Loup a coûté: au moins £14,000,000 sterling. La réalisation des deux premiers projets aurait coûté plus de $35,000,000, et si Ton eût procédé dans le troisième, si la province eût fait elle-même le chemin de fer, la dépense aurait été de $70,000,000.

Je vous rappelle ces chiffres parce que je les ai cités en Chambre à M. (xeoi^e Brown qui, pour se dérober à la difficulté, a répondu que si la loi eût été convenablement mise à exécution, le pays ne se îHt pas endetté à ce point-là. Mais il est clair pour tout homme intelligent que, si Tun des projets avait été adopté, la province, dans ce cas, aurait eu à payer $35,000,000 et dans l'autre $70,000,000. Oui, telle était la politique de M. George Brown à cette époque.

Yous avez pu Tentendre cet agitateur, me reprocher d'avoir donné au Grand-Tronc avec d'exorbitants privilèges des allocations d'argent. Eh bien, voyons ce qui en est. Nous avons voulu abolir l'Acte de 1851, et refuser tout droit sur les deniers publics aux constructeurs du chemin de fer. Qu'est-il arrivé ensuite ? Pour aider à construire le Grand-Tronc, la province a fourni £2,300,000, pas d'avantage.

On veut qu'il ait eu un autre million sterling ; mais ce n'est pas au Grand-Tronc proprement dit que l'avance en a été faite. Cette somme représente des subventions positivement accordées en vertu de l'Acte de 1849, au chemin de Québec à Bichmond et au chemin du Saint-Laurent à l'Atlantique, qui ont été ensuite fusionnés avec le Grand-Tronc. Que conclure de tout cela ? que le gouvernement auquel j'appartenais a été indignement calomnié et que jamais nous n'avons donné de privilèges indus au Grand- Tronc. J'espère que les dames m'excuseront si je parle longuement d'une affaire de finance. Elle sont intéressées à ce que leurs maris ou leurs futurs ait la bourse bien remplie, et je veux prouver à tous que la fortune générale n'est pas compromise autant que le Globe voudrait le faire croire.

On a beaucoup crié que j'avais augmenté la dette publique. Je me suis expliqué pour la dette relative au Grand-Tronc, je vais

maintenant vons parler, Messieurs, d'un autre chapitre de la dette publique, je veux dire, du fonds d'emprunt municipal. Quelle a été notre politique à cet égard ? Mais d'abord quelle était la législation quand l'honorable John- A. Macdonald et moi nous devînmes ministres de la couronne ? Par un Acte que M. Brown avait défendu dans un journal, qu'il avait, en fait, imposé au gouvernement d'alors, le trésor public se trouvait à la disposition de chaque municipalité. Quelle fut notre politique en 1854 et 1855 ? Nous restreignîmes les opérations du fonds d'emprunt municipal dans le Haut-Canada, tout en limitant en proportion les prête du Bas-Canada.

Nous ne nous sommes pas arrêtés là. Nous avons pourvu aux moyens d'éteindre la tenure seigneuriale. C'est cette mesure que le Globe a tant attaquée et qu'il représentait comme un pur achat do terres libres pour les habitante du Bas-Cunada. N'oubliez pas que l'acte restrictif que j'ai mentionné autorisait le Bas-Canada à emprunter autant que le Haut-Canada l'avait fait alors, soit $7,000,000.

Jusqu'à 1858, mon honorable ami et moi, nous avons voulu protéger le trésor public et enrayer les opérations du fonds d'emprunt municipal, même dans le Bas-Canada, où les municipalités ne s'étaient guère prévalues de la faculté qu'elles avaient en vertu de l'Acte. Nous présentâmes un projet de loi autorisant un emprunt de quatre ou cinq millions de piastres sur ce fonds, pour éteindre la tenure seigneuriale dans le Bas-Canada. Au lieu d'augmenter la dette publique en laissant le Bas-Canada emprunter les sept millions, nous nous restreignîmes à cette autre somme. Par raison de justice à l'égard du Haut-Canada, nous fîmes remise d'un égal montant aux municipalités haut-canadiennes qui avaient été assez imprudentes pour contracter des emprunte aurdessus de leurs moyens, au fonds municipal. Telle est, Messieurs, l'injustice que mon collègue et moi nous avons perpétrée envers le Haut- Canada ! Cependant, on peut lire tous les jours dans le Globe que le Haut-Canada a été ruiné par l'extinction de la tenure seigneuriale opérée dans le Bas-Canada, tandis que c'est tout le contraire. Si nous eussions maintenu la loi telle qu'elle était à notre avènement au pouvoir, et telle que l'avait acceptée M. (xeorge Brown, la dette provinciale serait à cette heure plus forte d'au moins cinq millions de piastres.

Que dit-on aujourd'hui dans le Globe et dans tous les journaux

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