‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 140 sur 286 · AUX ÉLECTEURS DE WBLLAND · texte numérisé non relu

AUX ÉLECTEURS DE WBLLAND

grita ? Qae la dette publlqae est de soixante-douse milUonB de piastres.

M. JoHN-A. Maodonald. — Dites plutôt quatre-vingt-sept millions.

M. Cabtier. — En effet, M. Brown la porte à quatre-vingt-sept millions. Comment est-il arrive à ce chiffre ? Je lui ai dit un jour à la Chambre, que ce qui Tempêchait de devenir un homme public, influent et puissant, c'était son manque de droiture, son peu de goût naturel pour la vérité. En cela je le crois incorrigible. (Bires.)

Je sais que M. Brown se plaîl à parler chifft'es, à discuter sur les finance de la province, je vais vous étonner peut-être : s'il est un homme incapable de discourir pertinemment de finances, c'est lui, c'est M. George Brown.

Que vous dit-il donc dans son journal ? Que la dette s'élève à soixante-douze ou plutôt à quatre-vingt-sept millions ? Allons, tranchons le mot : c'est un mensonge, oui, un mensonge éhonté I Chacun sait que la province est dépositaire de plusieurs fonds publics, tous productifs, notamment les fonds des Terres des Ecoles communes du Haut-Canada, des terres de l'Université, d'Osgoode Hall, du Palais de Justice de Montréal, etc. De ces fonds il faudrait défalquer plusieurs millions sur les quatre-vingtsept millions que M. Brown dit être notre dette. M. Brown a aussi oublié un détail, c'est que la province a déjà fait assez de placements pour payer sa dette de 1861, occasionnée par la construction du canal Welland, cette entreprise qui a si puissamment contribué à la prospérité publique. Le fonds d'amortissement a été placé en effets et titres réputés excellents ; il est juste d'en déduire le montant sur la dette publique. Or, si l'on déduit la valeur de ce fonds et le million et demi emprunté pour le canal Welland, la dette telle que supputée par M. Brown serait déjà réduite à soixante-douze millions de piastres. Mais il faudrait encore retrancher la somme que les municipalités ont remboursée au fonds^ d'emprunt et aussi celles que rembourseront les compagnies de chemin de fer. Il 7 a toute probabilité, par exemple, que le chemin de fer du Nord pourra rembourser la province de ses avances. Il en est de même pour le chemin de fer Great- Westem. Quant au Grand-Tronc, sur les sept millions qui lui ont été avancés, il ne versera pas moins de quatre ou cinq millions au trésor public. Tout cela étant déduit, quel serait donc le

résultat ? La dette réelle de la province ne dépasse point cinquante-cinq, peut-être même cinquante millions, au lieu des quatrevingt-sept imaginés par M. Brown.

Maintenant, Messieurs, je vais vous poser une question qui ne pourra manquer de vous frapper. Malgré tout ce que vous avez entendu dire de notre grande dette publique, payez-vous plus do taxes qu'il y a vingt ans ? Il est vrai que certains articles sont plus imposés à la douane, mais il ne faut pas oublier que sur nos £10,000,000 d'importations annuelles, un tiers de la marchandise ne paie pas de droits et que, si les droits qui se perçoivent étaient répartis sur la totalité des articles achetés, la moyenne des droits serait d'un peu plus de douze pour cent et peut-être moindre.

Une bagatelle en comparaison des droits que Ton paie à la frontière américaine. Les habitants de la province, au nombre de trois millions, versent chaque année au fisc six ou sept millions de piastres, ce qui, avec le revenu des travaux publics, nous permet de payer les ^ais de législation et d'administration, et d'affecter une somme très considérable pour l'encouragement de l'instruction publique. Toute cette taxe n'atteint pas $3 par tête tandis qu'aux Etals-Unis les frais du gouvernement général s'élèvent à $12 ou $14 par tête chaque année, abstraction faite des taxes d'Ëtat et des taxes locales. Si l'on calculait tout aux Etats, on arriverait à une somme de $15 ou $20 par tête, ce qui en Canada, suffirait pour acquitter non-seulement l'intérêt mais le principal de la dette publique. Elle est de cinquante-cinq millions, en la répartissant sur une population de deux millions et demi ou environ ; une contribution de $23.50 l'éteindrait totalement.

M. George Brown nous a trompés sciemment au sujet de l'intérêt de la dette publique. Cet intérêt ne dépasse pas deux millions et demi. Des cinquante-cinq millions qui constituent toute notre dette, trente ont été convertis de manière à ce que la province ne paie que cinq pour cent d'intérêt au lieu de six. En outre, la loi a prévu la création d'un fonds d'amortissement sur le pied d'un demi pour cent, lequel en quarante-cinq ans éteindra toute cette dette de trente millions. Si la balance n'a pas été consolidée de la même façon, c'est sans doute que nous avons eu des successeurs incapables, mais leurs jours sont comptés. Ils ont convoqué le Parlement pour le 13 août ; ce nombre treize no signifie, ça me semble, rien de bon pour ^ipc, {^Rire$.)

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