‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 199 sur 286 · ST2 LE BILL DE LA HILICB · texte numérisé non relu

ST2 LE BILL DE LA HILICB

Is milice de réserve devront suivre l'exercice avec eux, et se trouveront ainsi ploa propres à commander, s'il fklliùt appeler BOUS les armes plus de 40,000 hommes. Supposé qu'il y ait 200 divisions régi mental ree, chaque régiment fournira trente officiers, en tout 6,000 officiers, astreints à l'exercice j pour 300 divisions réginentaires, ce nombre s'élèverait à 9,000 et ainsi de suite. Lef hommes du service actif, leurs officiers et les officiers de la réserve recevront tous la mSme paie pour l'exercice, soit SO cents par jour.

Le projet de loi de 1862 flit rejeté parce qu'on le disait trop dispendieux, et, pourtant, lorsque l'honorable député de Cornwall, (l'honorable M. J.-S. Macdomild) à son tour, présenta un bill de milice, il commenta par demander une allocation de |250,000 pour l'ot^anîsation des corps volontaires ; — or, cette allocation était la pins oonùdérablequi eût été demandée jusque là. L'année suivante, l'honorable représentant de Comwall proposa à la Chambre une organisation plus vaste encore et, par suite, plus coûteuse. Depuis cette époque, des dépenses beaucoup plus considérables ont été nécessaires, d'abord ponr empêcher le renouvellement de tentatives comme celle de Saint-Albans, secondement pour repousser l'invasion fénienne ; mais je crois que personne dans le p&ya n'a bJSmé ces dépenses.

La tentative des ioniens nous a donné, sur la question de ht défense du pays, des idées que nous n'avions pas lorsque le bill de 1862 flit rejeté. Je dois, et je m'acquitte de ce devoir avec le plus grand plaisir, — je dois ici rendre justice i un officier de milice que l'on a cité avec éloge, je veux parler du lieutenant- colonel Powell. Les services signalés de cet officier m'ont convaincu qu'on n'avait pu faire un meilleur choix pour le poste de députa-adjudant général de milice.

J'espère que le gouvernement impérial sera satisfait du nombre d'hommes que ce bill astreint aux exercices militaires. Et ce n'est pas une force peu considérable que 700,000 hommes de milice ! Alors que les quatre millions de blancs qui habitent le sud de la Sépublique américaine éttùent dans la plus grande détresse, ils ont pu fournir 400,000 soldats pour défendre leur pays durant quatre ans contre les envahissements de la population du Nord, qui compte 21 millions d'Smeu, et a mis en campagne, pendant la guerre, l'effectif énorme de 2,600,000 hommes. Si le malheur voulait que nous eussions un jour & combattre une invasion américaine, nous sorions dans une position beaucoup plus avanta-

LE 3t MARS 1868 573

geuse quo les Sudistes avec nos 700,000 hommes prêts à prendre les armes, sans compter le secours de TAngleterre et Tocéan ouvert à notre flotte.

D'après le bill actuel, le nombre des exemptions eut très limité. Les juges et le clergé, avec une ou deux catégories de citoyens, sont seuls exempts de porter les armes. Quant aux quakers, ils continueront à jouir de la dispense du service militaire.

On me demandera peut-être pourquoi j'ai pris la direction du département de la milice ? Je répondrai que j'ai toujours aimé à affronter les difficultés, et que le département de la milice en offre de nombreuses. J'aime la diversité, et j'ai accepté courageusement les positions importantes que j'ai tour à tour occupées. Ainsi, j'ai travaillé successivement aux lois sur l'instruction publique, à la législation des chemins de fer, à la codification des lois civiles du Bas-Canada, et, enfin, j'ai dû prendre part à la nomination des juges et autres officiers judiciaires, comme on a pu s'en convaincre par la discussion d'hier soir.

Me voilà maintenant à la tête du ministère de la milice, pourquoi n'essaierai-je pas de remplir ma charge à la satisfaction de mes concitoyens ? Je ne désespère point d'y arriver.

Me voici rendu au " mémoire des frais ", à la " carte à payer" au " To be, or not to be " de la mesure proposée. Je commence par avertir les honorables messieurs qui m'écoutent de ne pas trop ajouter foi aux journaux sur ce qui concerne le coût de notre oi^anisation militaire.

Mais avant d'aller plus loin, il est une autre question inséparable de celle-là, que je désire signaler à l'attention de l'honorable député de Châteauguay,— je veux parler de la question des fortifications. C'en est une aussi d'argent, et, à la seconde lecture du bill, j'exposerai à la Chambre mes vues sur ce sujet. Je préciserai le montant que le Canada devra dépenser pour exécuter les travaux de fortification que le gouvernement impérial exige de nous. Je n'en dis pas davantage à présent, mais je prie les honorables membres, tant de la droite que de la gauche, de ne point s'effrayer par avance ; qu'ils veuillent bien attendre mon exposé et je leur promets qu'ils en seront contents.

Avant de revenir au mémoire des frais, je soumettrai à la Chambre un état des dépenses Mtes pour la milice dans l'ancienne province du Canada, depuis l'année fiscale 1864-65. Cette annéelà, l'allocation pour les services de la milice avait ét^ en chiffres

Mi LE BILL DB LA UIUCB

ronds de 1384,000. Survint la néceesit^ de réorganiser la milice 1 cause des menaces fénieones et les dépenses de l'année inontÀrent en réalité & $774,000 ; un vote de crédit couvrit ensuite le montant dépensé an deii de l'allocation. En 1865-66, uinéede l'invasion fénienne, il folint fure des dépensée imprévaea très considérablee. La somme votée pour la milice ét^t de $470,000, et l'on dépensa $1,285,000 ; te Parlement dût encore voter ud crédit supplémentaire. Tout le monde sait que les menaces incessantea dee féniens nous ont depuis forcée de maintenir la milice sur le même pied qu'en 1866. Ces envahisBeursen perspective ne semblent pas avoir interrompu leurs agissements. En 1866 et 1867, le montant accordé était de $1,887,000, et l'on a dépensé $1,700,000. Pour l'exerdce actuel, c'est-i^re pour la période du premier juillet dernier au premier juillet prochain, — il y a dans l'allocation une somme de $140,000 affectée à la Nouvelle-Ecosse et une autre de $80,000 affectée su Noaveau-Brangwick. Je n'ai pu obtenir de ces deux provinces l'état exact de leurs dépenses, et je les porte approximativement au total dee affeotationa Mais aux dépenses générales, s'élevant i $1,148,000, nous avons i ajouter pins de $470,000 pour les casemee, et aussi pour les munitions que le gouvernement impérial nous a fournis. Les $1,148,000 ne s'appliqueront qu'aux dépensée ordinaires. Le total des dépenses de la milice, y compris les réclamations acquittées par le gouvernement împériid, et que nous aurons à lui rembourser, montera i 11,621,000. On voit donc que, depuis trois ans, la dépense annuelle ponr la milioe a été en moyenne de $1,500,000. Je puis cependant placer quelque cboee à notre crédit en regard de ce montant eonsidérnble. Le gouvernement canadien a, par «xemple, dans ses arsenaux pour $457,000 d'armes et de munitions qui sont payées, plue la valeur de $828,000 en effets d'habillement entre les mains des volontaires, fin outre, les salles d'exercice du Haut et du Bas-Canada sont évaluées à $81,000, et nos canonnières à $33,000 ; ce qui fiût en tout $1,400,000 au crédit du gouTememeut canadien.

M. Mackknzie. — Je défflre savoir ai le montant marqué pour les salles d'exercice est uniquement ce que le gouvernement a payé ou bien s'il représente la valeur entière de ces salles d'ezenùoe, car il ne &Dt pas oublier que les munidpalitéa ont pris i leur charge la moitié des frais de construction.

M. Cabtikb. — Je répondrai d'une manière prédse 4 cette question on autre jour. Ijee municipalités, il est vrai, fournissent leur qaote-

part pour la construction des salles d'exercices, mais je crois que ces salles sont la propriété du gouvernement ; je prendrai des renseignements à cet égard. En tous cas, le gouvernement possède un tiers au moins de la valeur des salles d'exercice. Le département de la milice a donc, en totalité, $1,400,000 à son actif. Si Von déduit de ce montant $40,000 pour la part des municipalités dans la construction des salles d'exercice, il reste $1,360,000 à mettre en regard des dépenses dont je viena de parler.

Je crois que Thonorable député de Ghâteauguaj n'apprécie pas beaucoup ces valeurs qui, après tout, ne donnent pas de dividendes. Mais comme elles servent à la défense du pays, je pense qu'elles fournissent au pays un meilleur dividende que si elles étaient réduites en actions de banque. J'arrive enfin au mémoire de frais.

n est six heures, la Chambre s'ajourne.

A la reprise de la séance :

M. Carti£B continue son discours : — La mesure que j'ai l'honneur de présenter, si elle devient loi, nous procurera tous les moyens de protection et de défense dont nous avons eu besoin depuis trois ans, mais à beaucoup moins de frais. Une nouvelle invasion fénienne rencontrerait une résistance beaucoup plus forte encore que par le passé. Cette loi sur la milice et sur les fortifications apprendra à l'étranger que nous sommes déterminés à demeurer sous la protection de la couronne britannique. Je suis même sûr que si l'on demandait à la Chambre de sanctionner une loi de milice très coûteuse, elle y consentirait. Mais la mesure actuelle vise à l'économie, et c'est surtout à ce point de vue qu'elle se recommande à la Chambre.

Mon intention est de donner plus de développement aux écoles militaires. C'est à l'honorable représentant de Corn wall que revient le mérite d'avoir établi ces écoles dans l'ancienne province du Canada. A Toronto, Montréal, Québec et Kingston, ces écoles ont été ^équentées par un grand nombre d'élèves, et elles ont donné les résultats les plus satisfaisants. Je désire que les talents militaires chez nous soient utilisés autant que possible dans ces écoles. Le Haut et le Bas-Canada comptent déjà tout un personnel d'excellents instructeura II faut étendre le système des écoles aux provinces de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick, et je demanderai une allocation suffisante pour le faire.

J'aurai à pourvoir aux traitements de l'adjudant général, du député-adjudant général, des fonctionnaires et employés du dépar-

Page 1