‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 221 sur 286 · AD BANQUET OFFERT A L'HONORABLE JOHN ROSE · texte numérisé non relu

AD BANQUET OFFERT A L'HONORABLE JOHN ROSE

PAR LES CITOYENS DE MONTRÉAL

Après avoir occupé avec beaucoup d'habileté pendant dix-huit mois les importantes fonctions de ministre des finances, l'honorable M. John Rose crut devoir remettre son portefeuille pour accepter de former partie d'une grande maison de banque à Londres, qui devait être connue désormais sous la raison sociale : Morton, Rose et Gie. M. Rose avait des talents financiers qui pouvaient lui faire espérer un premier rôle sur une scène agrandie. Avant son départ les citoyens de Montréal qu'il avait représentés pendant plusieurs années, sans distinction de parti, lui oflrirent un banquet, pour lui témoigner leur haute considération. Le général, sir Charles Windham, sir Micheal Beach, le général Dart, consul général des Etats-Unis, lord Alexander Russell, sir Georges Cartier, les honorables MM. Tupper, Dorion, Holton, Ouimet, Dunkin, le capitaine Prince, M. P., de Londres, M. Richard Potter, président du Grand-Tronc, le juge Coursol, et beaucoup d'autres citoyens distingués comptaient parmi les couvives. Après avoir passé en revue les principaux actes de sa vie publique et les progrès accomplis par le pays dans les trente dernières années, M. Rose termina par des paroles qui créèrent une vive émotion. — ** Je ne prendrai pas congé de vous sans essayer, d'une manière bien imparfaite cependant, de vous dire combien je ressens, non-seulement l'afliection de mes amis intimes à ce diner d'adieu, mais encore le plaisir que me cause la présence de tant de personnes qui ne partagent pas mes opinions politiques. Je serais fort dépourvu de sentiments de reconnaissance, si je ne saisissais pas cette circonstance pour remercier aussi mes anciens collègues tant de la droite que de la gauche en Chambre, dont les paroles d'adieux sont inscrites en termes d'une amitié bien trop partiale pour moi. A ceux-là et à ceux ici présents, je leur dirai que, si jamais dans la chaleur du débat, il m'est arrivé de proférer une parole acerbe et peu généreuse, j'espère qu'elle sera oubliée. (Ecoulez /) C'est le devoir d'un homme public de soutenir ses opinions avec fermeté ; et c'est également son devoir d'exposer sans crainte ce qu'il peut regarder comme des erreurs de ses adversaires, tant sous le rapport de la conduite que sous celui de la politique. Mais je crois que ce devoir est possible sans violer les relations amicales de la

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