‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 231 sur 286 · L'UNION DOUANIÈRE AVEC LES ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

L'UNION DOUANIÈRE AVEC LES ÉTATS-UNIS

Il me semble qne cette Chambre pourrait sanctionner la preière des propositions de l'honorable député de Shefford, comme

l'avais lue sur l'ordre du jour ; mais c'est autre chose, miùntetnt que nous avons entendu les discours que lee hononiblee Sput^s de Shefford (H. Huntington) et d'Hochelaga (M. Dorion) it fiûts pour l'appuyer.

Ily'a eu, depuis la Confédération, une fçrande augmentation ans la population, la production et la richease du pays, si bien l'il s'agit à présent de trouver de nouveaux dëboucbéH pour Scoulement de nos produits de plus eu plus aboudanta.

Mes honorables amis les députés de Shefford et d'Hocbelaga itiment, quant à eux, que notre population diminue. Le député Hocbelaga a même affirmé qne celle de son comté est à moitié Jcimée. Nous savons ce que décimation signifie, et ici une demi- ^cimation, Je suppose, est tout autant qu'un vingtième. (Sires.') raiment c'est trop ; et pourtant il nous aasure, et il y iosiste, ne son comté a perdu cinq pour cent de sa population I

M. HuNTiHOTON, — L'honorable monsieur est trop doctâpour moi.

SiB Geoboks Cabtikb. — Cela se peut quoique je n'aie aucune rétention à cot égard.

L'honorable mondear qui nous propose une espèce de réciproté douanière ou de ZoUvurein, a avancé que nous ne faisions point i progrès ; que nous allions à reculons ; enfin que loin de noua irichir, noue nous appauvns^ns. Il aurait dû, ce me semble, ïâéchir d'avantage avant de noue faire sa proposition. L'honoible députa nie qu'il ait abordé légèrement ce très grave sujet; laie je ne puis lui cacher le désappointement que m'a causé son iticours, après l'avoir écouté avec attention. Je m'étais attendu y trouver au moins la définition de l'Association ou de l'Union ananière, mais, non, tout son discoure a été plutôt une attaque ir la politique du gouvernement ; nous y survivrons.

M, Maokknzib, — Tenez donc votre camp en bon ordre.

SiB tisoROEB Cabtier. — ^tTous le tenons, je pense, en meilleur rdre que vous ne le voudriez tous. Nous avons confiance les uns &ns les autres : de là noire succès. Et cette confiance nous l'insirons aux autres.

De quoi se compose le discours de Tauteur de la motion ? D'injures, surtout, et d'autres paroles singulières. Il nous demande ce que le gouvernement a fait, dans une allusion dérisoire à la Nouvelle-Ecosse. Eh bien, ne nous sommes-nous pas concilié cette province ? Il a parlé aussi de la difficulté de la Bivière-Eouge. Mais il n'y a rien à dire pour le moment sur ce point. Terre-Neuve et bien d'autres choses ont été oubliées. Comblons, en passant, le vide de son discours. Envers Terre-Neuve pas plus qu'envers l'Ile du Prince-Edouard, nous ne pouvions user de coercition, il s'agissait de conventions mutuelles qui restent encore à conclure.

Le député de Shefford n'est pas entré dans le fond de la question du Zollverein non plus que le député d'Hochelaga; tous les deux ont parlé un peu davantage du libre-échange en se plaçant au point de vue protectionniste.

M. DoBiON. — Ce qu'il faut, ce n'est pas la protection, mais un marché.

Sir Gsoross Cartier. — Vous n'auriez pas une union douanière avec les Etats-Unis sans qu'il y ait un tarif uniforme en deçà et au delà de la frontière, à l'exclusion des marchandises étrangères, ce qui implique l'imposition de droits d'accise excessifs.

Il a été question de droits différentiels. De pareils droits n'ont jamais été reconnus ni par la législation coloniale ni par la législation britannique depuis que la politique en vigueur aujourd'hui a été inaugurée. C'est en 1846, que le ministre des colonies écrivit que nous ne devions plus établir de tarifs différentiels. L'honorable député de Shofford a oublié que le libre-échange et le commerce sur le pied de réciprocité (reciprocal trade) ne sont pas synonymes. Dans de grandes assemblées tenues à Manchester et Birmingham, l'on a en même temps dénoncé le libre-échange et demandé le reciprocal trade. M. Bright ne s'y est pas mépris ; à ses yeux le reciprocal trade n'était qu'un subterfuge des conservateurs pour ramener la protection.

Que veulent donc dire les deux honorables messieurs par les mot» de tarif do représailles ? Le tarif qu'ils voudraient avoir est un tarif fondé sur la réciprocité; mais si les Américains mettaient des droits sur une marchandise ne devrions-nous pas en faire autant de notre côté ? Je nie que le gouvernement soit indifférent sur le renouvellement des relations commerciales avec les Etats- Unis. Qui a paralysé nos efforts lorsque nous cherchions à empêcher l'abrogation du traité ? La combinaison Wood-Potter

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