‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 232 sur 286 · L'UNION DOUANIERS AVBG LES &TAT8-UN1B · texte numérisé non relu

L'UNION DOUANIERS AVBG LES &TAT8-UN1B

plus particulièrement. Le députa de Chitcangu&y n'est pas exempt de blfime. Que n'a-t-il été à Détroit pour y parler en Aiveur da traité au lieu de se venger par le silence de w défaite à Montréal- Contre ? Chacun sait ce que nous avons fait depuia pour obtenir le Tenonvelloment du traité. ïa Chambra nous a accordé l'autorieation d'admettre eu Aranchiae, par arrêté dnConseil, les maiobandisee qui ne payaient pas de droits sous le traité de réciprocité, dès que les Amérioaîna voudraient le faire auan. Toute notre législation a tendu vers ce but, et nous avons devancé en cela les Etais-Unis. Individuellement, les Américains sont de bonsvoirins, mais en tant que nation, il n'y a pas de gens an monde qui aient moins de libéralité envers les autres peuples, si l'on excepte les Chinois. Le député de Shefford nous a presque menacés de l'abrogation du système d'entrepfit si la réciprodté ne s'établissait pas.

U. UoNTiNOTOK. — J'ai dit que je craignais de voir abolir le système d'entrepôt si noue adoptions la politique de représailles.

Su Geoboes Cabtieb. — Mon honorable ami devrait étudier la sUuntiondes choses en ce qui concerne la liberté du commerce. Le Canada permet aux Américains de lui envoyer leurs farines et leurs graine en IVanohise et leur ouvre ses canaux ; nos voisins ne nous donnent chee eux aucun de ces avantages. Aux yeux des Américains, le système de l'entrepfit est très avantageux ; seulement, la libéralité est toute de notre c£té.

On a beaucoup parlé sur l'émigration. Hais est-il bien vrai, comme l'a affirmé le député d'Hocfaelaga, qu'il y ait 500,000 Canadiens- Français aux Etats-Unis 7 La population des Etats de la Nouvel le- Angleterra est moindre que celle des provinces du Canada ; elle est de 3,200,000 fimes seulement. Si ce chiffre d'un demi million était exact, les Canadiens formeraient un sixième de tout« la population de la Nouvelle-Angleterra. Le recensement de l'Etat de Yormont indique un accroissement de 16,000 fimes k peine dans les vingt dernières années. On pourrut établir que )o nombra total des Canadiens- Français aux Etats-Unis ne dépare ]>as 250,000 à 300,000. Beaucoup de nos gens vont aux Etats-Unis, mais beaucoup aussi en reviennent A ce propos, n'oublions pas qu'environ 80,000 Américains se sont établis dans Ontario et Québec, et bien peu parmi eux retournent aux Etats-Unis.

Quelles seraient les conséquences d'une réciprocité industrielle î L'exclusion des marchandises anglaises et le renchérissement dos denrées. II nous resteiait ensuite à recourir à la taxe directe pour

subvenir à nos dépenses. Jamais le peuple canadien ne se soumettra à ces nécessités du régime proposé. Du reste, les fabriques canadiennes perdraient les avantages qu'elles ont maintenant ; le prix de la main-d'œuvre et du travail augmenterait chez nous ; et alors la grande industrie manufacturière se concentrerait dans les principales cités des Etats-Unis.

Au point de vue de nos relations avec l'Angleterre, cette proposition est absurde. Malgré tout ce que le Times tk pu dire, l'opinion là-bas est tellement en faveur des colonies, que lord Granville s'est cru obligé de déclarer que le gouvernement métropolitain n'avait nul désir d'adopter une politique qui pût amener la dissolution des liens coloniaux.

La seconde proposition du député de Shefford est très vague ; elle tend à recommander, je suppose, une union douanière avec les pays qui adhéreront à son projet. Il a beaucoup été question du Zollverein allemand. Or, la principale cause qui l'a fait adopter, est la difficulté que présentait la perception des droits de douane sur une très longue frontière. C'est aussi à peu près le système qui existait dans le Haut et le Bas-Canada en 1791. Mais notre position ne ressemble pas à celle de l'Allemagne. Nous avions accès à l'océan de toutes les parties du Canada dans la saison d'été ; et le mouvement de transport sur notre territoire sera encore facilité bientôt par le service du chemin de fer Intercolonial. La nécessité d'une union douanière avec nos voisins ne se fait donc pas sentir ici comme dans les anciens Etats de l'Allemagne.

Notre condition est tout à fait différente de celle des Etats-Unis. Nous sommes taxés légèrement, ils sont surchargés d'impôts ; et pour réaliser une union douanière, il nous faudrait hausser notre tarif et augmenter les taxes. Jamais nos populations, je le répète, ne voudront se réduire à ces nécessités. La seconde proposition de l'honorable député, a ainsi de quoi étonner, quand on l'examine de près. Je dois dire, au sujetjde la troisième que comme le Canada aimerait mieux un tarif moins élevé encore que celui qu'il a actuellement, elle a fort peu de chances d'être approuvée. La quatrième proposition nous mènerait droit à l'union politique avec les Etats- Unis, c'est-à-dire à notre anéantissement national. Elle ne peut donc nous convenir.

En résumé, les propositions de l'honorable député de Shefford suscitent tant d'objections que je me vois forcé de voter contre toutes les quatre indistinctement.

SCR LE

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