‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 264 sur 286 · LOI DES ÉCOLES DU NOUVEAU-BKUNSWICK · texte numérisé non relu

LOI DES ÉCOLES DU NOUVEAU-BKUNSWICK

nement responsable, que de demander à la Chambre d'aviser le gouverneur. Je crois la motion plus qu'imprudente, mais je n'en blâmerai pas trop Fauteur, car toutes ces discussions ont pour résultat de jeter de la lumière sur l'Acte de Confédération et d'en bien faire saisir l'esprit. L'honorable député hésitera peut-être maintenant à pousser plus loin sa proposition : du reste, le débat qu'elle a soulevé ne peut manquer d'influer sur le gouvernement du Nouveau-Brunswick.

SÉANCE DU 29 haï

Cette question peut être divisée en deux parties principales : en premier lieu, l'Acte adopté mérite-t-il approbation ? deuxièmement, le Parlement avait-il le pouvoir d'intervenir ? Il s'agit d'abord d'une question de principe et ensuite d'une question de droit. Les vues exprimées par le député de Victoria (M. Costigan), sont sans aucun doute partagées par toute la Chambre, mais un point plus important reste à traiter, et j'en suis venu à la conclusion qu'il est tout à fait en dehora de la juridiction du Parlement d'intervenir. C'est pour les meilleures raisons du monde que le sujet de l'éducation a été attribué à la juridiction des gouvernements locaux, et si ces gouvernements ont juridiction exclusive en cette matière, comment le Parlement du Canada peut-il intervenir ? En agir ainsi, serait créer le plus dangereux précédent, au cas où les protestants de la province de Québec deviendraient mécontents de sa législation, ils pourraient alors en appeler au Parlement fédéral, pour la faire abroger. Je ne crois pas que le député de Victoria ait exprimé le sentiment des catholiques des province d'Ontario et de Québec. Le True Witness du 10 mai, est pleinement rangé du côté du ministre de la justice, et ce journal passe pour refléter l'opinion des catholiques de la province de Québec. La loi passée par le Nouveau-Brunswick est constitutionnelle et je ne vois rien qui puisse justifier le gouvernement du Canada de la désavouer. Nous pouvons tous avoir à cœur de rendre justice au Nouveau- Brunswick ; mais la Chambre doit rester dans les limites de la loi. Sur la question de savoir si le principe en vertu duquel cette loi a été passée est juste ou non, je dois dire que je ne suis pas du même avis que le député de Saintr Jean. Le meilleur moyen pour moi d'attaquer, par la législation, le mal dans sa racine et de prévenir le crime, est de fonder des écoles confessionnelles puisqu'il est de

toute importance de façonner l'esprit de la jeunesse do manière à ce qu'elle ait conscience de ses devoirs envers son Créateur. Que serait une nation qui n'aurait pas d'assises plus solides que sa prospérité matérielle ? Le meillear élément de force pour un pays, consiste dans les principes religieux de ses gouvernements. C'est ce que l'archidiacre (arcMeacon) Leach vient d'exprimer à Montréal dans une éloquente conférence sur la nécessité de l'éducation religieuse. Nous devons tous être convaincus de cette vérité, et je crois qu'il serait mieux pour nous de n'avoir qu'an système d'éducation dans tout le Canada. Mais au point de vue légal, la Chambre n'a pas, suivant moi, le droit d'intervenir, et j'appuierai l'amendement soumis par le député de Stanstead. Il n'y a rien d'inconséquent dans cet amendement. Ce n'est que l'énoncé de de l'opinion du Parlement du Canada, et il n'y a pas de doute que la législature locale reprendra ce sujet en considération.

SDR LE

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