SCANDALE DU PACIFIQUE
mais que le pays tout entier appela ‘* La Calomnie du Pacifique.” (Applaudissements.) Donc, en 1873, nous quittâmes le pouvoir, et de cette date jusqu’en 1878, le parti de la Xéforme, (libéralj—si on peut l'appeler ainsi, car en une certaine circonstance, M. Blake a déclaré que cette Xéforme n'avait rien à réformer—({rires), les Rouges ont eu une occasion de faire voir de quelle argile ils étaient pétris. Ils étaient en grande majorité. Ils avaïent tout à leur disposition pour développer les ressources du pays et pour montrer leurs qualités d'hommes d'état. (Ecoutez, écoutez) Il est peut être bon qu'il y ait de temps à autres des changements de gouvernement; et beaucoup de gens disaient alors, que, vu que sir John Macdonald et le parti Libéral Conservateur étaient au pouvoir depuis longtemps, il était peutêtre bon de voir ce que l’autre parti pouvait faire. Les Rouges avaient, encore une fois, tout à leur disposition ; ils avaient carte blanche. Ils n'avaient rien à se reprocher comme gouvernement, vu qu'ils avaient été loin du pouvoir depuis des années. Une forte majorité les appuyait en chambre. Tout les favorisait. Cependant, depuis leur première session jusqu’à la dernière, leur administration ne fut qu’une suite de fiascos et de maladresses. (Vifs applaudissements.) Quand nous lui avons passé le pouvoir, le pays était dans un état de prospérité satisfaisant, mais dans quelle position se trouvait-il lorsqu’à leur tour ils durent nous céder la place ?
En 1878 et pendant les quatre années précédentes, la ruine était générale. (Ecoutez, écoutez Les artisans étaient sans emploi ; nos meilleurs ouvriers émigraient en grand nombre aux Etats-Unis; nos familles
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voyaient leurs enfants forcés d'aller chercher du travail et gagner leur pain dans un pays étranger, parce qu’il n’y avait ni travail ni pain pour eux dans leur propre patrie. Les manufactures étaient arrêtées, les ateliers étaient fermés, le commerce était atteint d’une défaillance presque générale ; le découragement et l’affaissement des affaires allaient jusqu'au désespoir. (Vifs applaudissernents.) Mais l'opposition conservatrice avait encore foi dans l’avenir de notre patrie. Nous savions que nous avions un climat salubre et avantageux, un peuple habitué à des institutions libres, et capable et désireux de travailler pour son pays. (Vifs applaudissements.) Nous avions une terre fertile et une magnifique perspective devant nous et nous nous sommes dit: ‘‘ Assurément, nous n’allons pas mettre bas les armes, nous n'’allons nous affaisser et nous croire à tous jamais battus. Non, nous devons chercher un remède.” Messieurs, nous