GOUIN
Ottawa, 18 juillet 1918.
Mon cher Léon,
La Revue Trimestrielle ”, m’est arrivée l’autre jour m apportant ton étude sur la constitution canadienne. C’est avec grand plaisir que je vais te donner ma pensée sur ce travail. Inutile de t’a- 1 ai mer d avance, je ne brûlerai pas d’encens. Il y a infiniment plus de satisfaction pour moi à te dire franchement — et pour toi à savoir exactement — ce que j approuve et ce que je désapprouve dans ta lettre.
Sur 1 ensemble, je ne fais aucune réserve; tu as exactement défini l’idée fédéraliste : “ C’est un compromis entre une alliance et une fusion complète De ce principe fondamental découle ce corollaire, qu entre les entités réunies par la Confédération, il n y a dans l’entité nouvelle qui résulte de l’association, ni supérieur ni subordonné, mais égalité. Et pour me servir encore une fois de ton expression :
chaque pouvoir est suprême dans sa juridiction et dans sa phère ”. Il ne s’ensuit pas que, si chaque