‹ Discours du comte Albert de Mun (volume 4)Chapitre 7 sur 37 · III · texte numérisé non relu

III

toutes les guerres civiles, ils ne peuvent pas faire de mal à leurs adversaires sans en ressentir le contre-coup. »

Et c'est la raison qu'il invoquait pour conseiller aux ouvriers de laisser platoniquement au râtelier l'arme qu'on venait de mettre entre leurs mains.

Peine perdue! Quand la guerre est ouverte, on se sert des moyens qu'on a,

La grève n'apparait sans doute à personne, ni dans cette assemblée ni dans le pays , comme un moyen pratique d'organiser le travail! Tout le monde la déplore, et j'entends encore notre honorable collègue, M. Clovis Hugues, disant à cette tribune, à propos d'une loterie pour les grévistes que le gouvernement refusait d'autoriser :

« Croyez -vous que nous considérions les grèves comme un moyen utile d'action? Non. Pour nous, les grèves ne sont que des accidents passagers , une espèce de craquement du corps social dont la charpente croule. » (Interruptions à gauche.)

Je crois que ce sont à peu près vos paroles. Pardonnez-moi si je ne les cite pas textuellement.

M. Clovis Hugues. C'est parfaitement exact; mais c'est reproduire d'une manière peut-être trop poétique la pensée que j'ai exprimée.

M. LE COMTE Albert de Mun. Je n'abuserai pas de tous les faits dont nous sommes environnés. Je n'apporterai pas à la tribune les manifestes et les programmes que tout le monde peut lire dans les journaux. Il y a deux ans, dans la première discussion sur les syndicats, puis au Sénat, dans son rapport, M. Marcel Barthe a longuement exposé les tendances du parti ouvrier.

On a dit là- dessus, au Sénat surtout, à propos de la fédération des syndicats, tout ce qu'on pouvait dire; je n'y reviendrai pas, parce que c'est un côté de la question qui frappe suffisamment tout le monde, et aussi parce que je ne crois pas qu'on doive rendre la masse des travailleurs responsable de tout ce qui se dit dans les congrès et de tout ce qui s'écrit dans les programmes.

J'en ai pour garants les paroles de l'honorable M. Tolain, qui disait en répondant à M. Marcel Barthe, précisément à propos des nombreuses citations qu'il avait apportées à la tribune :

(( Il y a là évidemment une organisation beaucoup plus politique que professionnelle. Il y a là très souvent, j'en conviens, des politiciens plutôt que des agents s'occupant exclusivement d'une question économique. »

Mais, sans insister là-dessus, il me suffit, et je crois que je puis le faire sans exagération, d'établir que notre état social est singulièrement troublé , et il l'est d'autant plus qu'à la perturbation générale dont j'ai cherché à analyser devant vous le caractère et les origines, vient s'ajouter aujourd'hui une crise industrielle spéciale qui éclate maintenant au grand jour.

Il y aurait beaucoup à dire , Messieurs , sur les causes de cette crise : assurément, vous ne pouvez pas en être rendus entièrement responsables, et il y a une large part à faire à cette concurrence illimitée qui est le fond de notre régime économique. Mais vous me permettrez bien de vous le demander : depuis que vous êtes là, qu'avez- vous fait pour amoindrir le mal et en prévenir l'explosion? Quand, à quel moment vous êtes-

vous occupés de la situation du travail? Quand il l'a fallu absolument, quand la crise a éclaté sous vos yeux, pour ainsi dire sous vos pas; mais jusque-là vous avez usé votre temps dans les querelles politiques, dans les luttes de portefeuilles. (Exclamations au centre et à gauche.)

M. Louis Guyoï (Isère). Qu'avez -vous fait de votre côté?

Un membre à gauche. A qui la faute?

M. DU BoDAN. Ce n'est pas à la minorité!

M. LE COMTE Albert de Mun. Vous ne nous accuserez pas, je pense, de nous être mêlés des querelles de portefeuilles.

A^ous vous êtes usés dans ces discussions que la déclaration ministérielle appelait des discussions irritantes, et qui irritent, en effet, non seulement les cabinets, mais une bonne partie du pays.

M. Edouard Lockroy. Je demande la parole.

M. LE COMTE Albert de Mun. Au lieu de protéger le travail national, comme ce devrait être l'objet de toute la politique économique , afin de rétablir l'équilibre rompu par les charges énormes que le pays supporte , vous avez livré notre industrie à une concurrence insoutenable; et, comme si ce n'était pas assez, vous avez engagé les finances du pays dans une crise qui parait sans issue , et vous avez par là ébranlé le crédit et enrayé le mouvement des affaires. (Très bien! très bien ! à droite.)

Voilà votre part de responsabilité ; elle est lourde ; elle pourra paraître écrasante à ceux qui vous jugeront.

Maintenant il faut ouvrir les yeux : la question ou-

vrière est là, menaçante; il faut qu'on s'en occupe.

Que nous apportez - a- ous?

M. le ministre de l'intérieur, que je regrette, dans une pareille discussion, de ne pas voir à son banc, a institué pour étudier les remèdes que réclame la situation une importante commission qui peut-être , soit dit en passant , aurait gagné aux yeux du public , en crédit et en autorité , à être composée d'hommes chez qui la fonction administrative ne fût pas la principale garantie de compétence. (Sourires à droite.)

Cette commission recueille des dépositions dont les journaux nous donnent un aperçu très sommaire, et j'ai vu que bientôt elle allait faire imprimer ses procès -verbaux. Elle a entendu des représentants des sociétés ouvrières que d'autres enquêteurs ont déjà entendus, et jusqu'à présent elle ne parait avoir fait qu'une enquête ajoutée à d'autres enquêtes.

Mais M. le ministre de l'intérieur a prononcé devant elle , en inaugurant ses travaux , un discours très important, très considérable, et qui doit nécessairement fixer notre attention dans la discussion qui nous occupe, puisque c'est justement sur l'organisation des associations ouvrières que repose tout l'elïort qu'il veut entreprendre.

Je dois dire d'abord que M. le ministre a posé la question d'une manière très nette et qui résume parfaitement bien les critiques que je viens de formuler contre l'état actuel du monde industriel. Voici ses paroles :

(( Le travail, — je me sers d'une expression qui trouve sa définition dans la pratique même qu'on en a faite, — recherche aujourd'hui une rémunération plus

considérable de la valeur qu'il représente. Et cette rémunération plus considérable, il la demande surtout et presque exclusivement à l'augmentation des salaires.

- « Or, comme nous sommes aujourd'hui placés dans des conditions économiques qui font que la valeur des produits tend plutôt à diminuer qu'à augmenter, comme il s'est établi entre tous les pays européens, — on pourrait dire dans tous les pays où s'exerce un commerce ou une industrie, — une concurrence très active, dont le premier résultat est l'abaissement des prix de vente, il s'ensuit que, si le travail recherche une rémunération plus élevée de sa valeur dans une augmentation des salaires , on aboutit à une crise par l'impossibilité de donner satisfaction aux deux intérêts en présence. »

Voilà bien la question ouvrière, née, comme je le disais, de ce que l'ouvrier est soumis à toutes les fluctuations du marché, et M. le ministre complète aussitôt sa pensée en disant :

« La solution que nous recherchons intéresse donc le pays tout entier, parce que le travail proprement dit tient en France une place trop grande pour qu'on se désintéresse des conditions dans lesquelles il s'exerce , et qu'on évite de rechercher s'il n'y a pas quelque chose de plus sûr et de plus conforme à l'intérêt général que la lutte entre la main-d'œuvre, qui demande une augmentation de salaire , et le fabricant, qui la refuse. »

M. Laroche -JouBERT. Qui est dans l'impossibilité de l'accorder !

M. LE COMTE Albert de Mun. Voilà bien la question

sociale intimement et étroitement liée à la question ouvrière.

Pour résoudre cette double question, quel est le système proposé par M. le ministre de l'intérieur?

D'abord il déclare qu'il n'est pas partisan de l'alchimie sociale, et il parle avec quelque sévérité des hommes qui, à défaut d'autres professions, se livrent à un genre d'apostolat plus fertile en déceptions qu'en solutions.

Et quelle est donc la solution de M. le ministre de l'intérieur? La voici :

« Cette solution , il me semble qu'on ne la trouvera qu'à la condition d'amener les travailleurs à demander la rémunération de leurs efforts de moins en moins au louage d'ouvrage et de plus en plus à l'association. »

Voilà la théorie ministérielle : cela peut, à ce qu'il me semble, se traduire en deux mots. On dit aux ouvriers : « Passez -vous des patrons et associez -vous entre vous. »

Eh bien, j'avoue qu'après avoir entendu M. le ministre dç l'intérieur condamner si fort les alchimistes sociaux et les apôtres de systèmes tout faits, j'attendais quelque chose de plus neuf et de plus pratique. Il me semble, pour employer une expression de M. Eugène Pelletan , que cela n'est même pas mettre du vin nouveau dans de vieilles outres; se passer des patrons, cela ressemble singulièrement à cette suppression du patronat que j'entends prêcher par les apôtres du socialisme dont M. le ministre de l'intérieur raille si fort la profession !

M . Gantagrel. C'est évident !

M. LE COMTE Albert de Mun. Et j'avoue que je ne

comprends pas plus au point de vue pratique qu'au point de vue social cette manière de remédier à la lutte entre le travail et le capital. Je sais bien qu'on dit : « Les ouvriers se substitueront aux patrons , en solidarisant leurs forces; » et, si j'ai bien compris la suite du discours ministériel, le procédé que M. Waldeck- Rousseau recommande particulièrement est quelque chose comme l'association coopérative de production,, ce qu'il appelle des associations formées en vue d'une entreprise déterminée, et cela paraît bien être la pensée du cabinet, car j'ai retrouvé la même idée exprimée dans des termes un peu différents par M. le ministre du commerce à la distribution des prix de la chambre syndicale des ouvriers en carrosserie.

Eh bien , mais cela a déjà été essayé très souvent : l'expérience est faite, et permettez-moi d'ajouter que, jusqu'à présent, je ne la trouve pas encourageante.

Le système de l'association de production, — je ne parle que de celle-là, et non pas de l'association de consommation, ni de l'association de crédit, — a eu des partisans très déterminés ; je crois que M. Nadaud est du nombre, et je me souviens que, lors de la première discussion de la loi des syndicats, il a dit que l'idéal des ouvriers c'était de créer, par une fédération raisonnable , l'atelier coopératif.

M. Martin Nadaud. Voulez-vous me permettre de vous interrompre une demi -minute'?

M. LE COMTE Albert de Mun. Je crois qu'il vaudrait mieux me laisser continuer. {Parlez ! parlez!)

Eh bien, jusqu'ici, en fait, qu'est -il arrivé? Les associations de production ont échoué, pour la plupart, contre l'inexpérience commerciale, la division des

associés et l'insuffisance de la gestion. Les enquêtes, sur ce point, ont été multiples, elles ont toutes donné le même résultat.

M. Leroy-Beaulieu le constate dans tous ses livres, et spécialement dans son ouvrage sur la question ouvrière au xix« siècle. M. Jules Simon, qui se montre dans son livre du Travail très partisan de l'association de production, en énumère les difficultés si longuement, qu'on se demande, après l'avoir lu, comment elle est réalisable; et, si je ne craignais pas d'abuser des moments de la Chambre, je lui lirais les citations que j'ai là et qui sont toutes bien instructives. Tout le monde peut les trouver; c'est l'enquête faite en 1866, au ministère de l'agriculture et du commerce, précisément sur les sociétés de coopération. Les déposants ne sont pas des réactionnaires; ce sont des hommes comme M. Wolowski, M. Gernuschi, M. Gohadon, gérant de la société des maçons, M. Ghabaud, président de la délégation ouvrière à l'Exposition de 1862.

Tous déclarent la même chose : pour que des sociétés de production réussissent, il faut des conditions exceptionnelles , très difficiles à réunir, une abnégation très rare chez les associés, un choix d'hommes d'élite, et, en définitive, la plupart de celles qui se sont fondées depuis 1848 ont échoué devant l'écueil de la gérance. Gelles qui ont réussi l'ont dû à ce qu'elles se sont donné un directeur énergique, un dictateur, — c'est le mot de M. Ghabaud , — en réalité un véritable patron, ou bien à ce qu'elles sont devenues des patronats collectifs , comptant très peu d'associés et un très grand nombre de salariés, décorés du nom d'auxiUaires.

J'ai fait moi-même une enquête près de quelques-

unes des associations coopératives fondées depuis quelques années à Paris ; on a répondu à mes questions, d'ailleurs accueillies avec beaucoup de courtoisie par des hommes qui ne partagent pas mes idées , d'une manière invariable et qui a pleinement confirmé cette opinion : dans toutes il y a un petit nombre d'associés réels qui constituent exactement un patronat collectif, et un nombre assez grand d'auxiliaires qui sont de véritables ouvriers.

M. Laroche -JouBERT. Je demande la parole..

M. LE COMTE Albert de Mun. C'est ce que M. Gernuschi, dans l'enquête de 1866, exprimait très spirituellement en disant : « Les frères Rothschild sont des coopérateurs. Il est vrai qu'ils ont des salariés, mais la société des maçons en a également; seulement elle les appelle des auxihaires; mais qui empêche d'appeler les salariés de MM. Rothschild des auxiliaires? »

Je suppose que l'honorable M. Martin Nadaud, dont j'ai lu avec la plus grand attention l'ouvrage sur les classes ouvrières en Angleterre, voulait tout à l'heure me citer des exemples tirés de ce pays. Je crois que ces exemples aboutissent à la même conclusion; et, sans parler des différences de caractère et de tempérament national, qui ont bien leur importance dans la question, je dis que, là même, les résultats ne sont pas en faveur de la thèse. On a cité bien souvent la société des Équitables Pionniers de Rochdale et la société d'Halifax; mais elles ont commencé par être des sociétés de consommation, et puis elles sont devenues des sociétés ordinaires par actions réservant leurs bénéfices à un petit nombre de fondateurs ; quant aux sociétés de production , comme la filature d'Oldham,

elles ont donné lieu à des déceptions et souvent à de grands désastres.

Le rapport du chief-registrar , qui est le fonctionnaire chargé de l'enregistrement des associations ouvrières, sur les années 1876 à 1880, en fait foi. Il y a quelques jours un journal anglais, VEvening Standard, publiait le discours prononcé par M. Bahier, membre du parlement, devant le congrès annuel des délégués des sociétés coopératives de la Grande-Bretagne et de l'Irlande; après s'être longuement étendu sur les résultats des sociétés de consommation , l'orateur déclare qu'en matière de production la coopération est une affaire plus délicate que toute autre , et il en signale en deux mots les causes d'insuccès habituel dans l'insuffisance du capital et la mauvaise gestion.

Voilà pour l'Angleterre.

Si on parle de l'Allemagne , qu'on Use les rapports de l'homme qui a été le véritable apôtre de la coopération, de M. Schultze-DeUtsch, qui vient de mourir : il s'exprime sur les sociétés de production en termes très attristés ; il s'étend longuement sur leurs difficultés, et il adjure les ouvriers de ne pas s'y engager avant d'avoir établi des sociétés de consommation.

Voilà les faits, et c'est pourquoi je ne crois pas que M. le ministre de l'intérieur, que je me féhcite d'apercevoir maintenant à son banc , ait indiqué quoi que ce soit qui ressemble à une solution efficace.

Il a paru cependant fonder de grandes espérances sur les adjudications des travaux de l'État qu'il a proposé d'offrir aux associations ouvrières.

Mais, qu'il me permette de le lui dire, c'est encore là une très vieille outre passablement endommagée

par l'expérience , et le vin qu'il y verse n'est pas nouveau. L'un et l'autre ont servi en 1848, et c'est à ce propos que M. Thiers disait à M. Alcan ou à M. Corbon, après le vote de trois millions de subvention aux associations ouvrières :

(( C'est vingt millions qu'il aurait fallu demander ; ce n'était pas trop pour faire une expérience qui vous guérît de toutes ces folies. »

Alors aussi, sous l'empire de ce même besoin d'organisation du travail qui nous tourmente encore, on avait donné une très vigoureuse impulsion aux associations ouvrières. Qu'est-il arrivé? Le crédit leur a fait défaut, et elles-mêmes, manquant de capital et de direction, ont pour la plupart sombré très promptement. {Mouvements divers.)

Les ouvriers le savent bien. Ces jours derniers, dans un journal que M. le ministre de l'intérieur connaît bien, le Moniteur des syndicats ouvriers, il y avait une lettre très intéressante de la chambre syndicale des ouvriers peintres en bâtiment au conseil municipal de Paris. Dans cette lettre, les ouvriers protestent très vivement, et par des raisons très fortes, contre les projets de continuation des grands travaux de la ville, et ils ajoutent :

c( On fait miroiter à nos yeux l'espoir que ces travaux, du moins en partie , pourront être donnés aux associations ouvrières ; mais nous n'avons ni capitaux ni crédit pour fonder ces associations. Puis, aurions-nous l'un et l'autre, que l'expérience nous a suffisamment démontré, — nous avons eu douze sociétés coopératives dans notre profession depuis 1848 , — que ce n'est pas en facilitant à quelques douzaines d'ouvriers leur pas-

sage dans la bourgeoisie qu'on améliore le sort du plus grand nonnbre. »

Au reste, la réponse aux propositions ministérielles ne s'est pas fait longtemps attendre. M. Zévort, directeur de l'enseignement secondaire, a été chargé par le Gouvernement de prévenir la chambre syndicale des ébénistes qu'on lui proposerait de soumissionner les travaux de confection du mobilier des lycées de France.

Tous les journaux ont reproduit le très intéressant récit de la séance tenue par les ébénistes à la salle Rivoli, à la suite de cette communication. Il est très instructif. Je ne veux pas en lire le détail à la Chambre ; mais qu'est -il résulté de cet entretien?

C'est d'abord le sentiment instinctif des ouvriers que le crédit leur fera défaut, leur répugnance à puiser dans la caisse du syndicat, qui doit servir exclusivement à soutenir les grèves, et enfin la conclusion pratique qu'il faut recourir au crédit du Gouvernement.

Et cela a éclaté bien plus manifestement encore dans une autre réunion, tenue le même jour, à la salle Horel, où M. Joffrin, conseiller municipal, avait convoqué les chambres syndicales de Paris pour examiner la proposition faite par lui et par M. Guichard de verser aux corporations ouvrières une subvention de cinq cent mille francs et d'organiser des ateliers municipaux. On a battu des mains au principe, mais on a tout de suite déclaré que c'était une subvention illusoire, et on a réclamé : la fédération du bâtiment, un milhon; les menuisiers, cinq millions.

C'est parfaitement logique , et le terme naturel de la voie où le Gouvernement vient de s'engager.

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