‹ Discours du comte Albert de MunChapitre 11 sur 46 · LE 27 AOUT · texte numérisé non relu

LE 27 AOUT

Circulaire adressée aux électeurs de rarrondîssenient de Pontivy.

Deux jours après Tinvalidation de M. deMun. Louis Veuillot publiait dans Vi'nivers un article de protestation qui se terminait par ces mots :

« Nous avons besoin de M. de Mun pour nous défendre et soutenir un peu la réputation du peuple français devant l'Europe. Depuis la guerre, qui ne fut pas une gloire, rien ne nous arrive de plus honteux que l'ostracisme dont M. de Mun est frappé ; défendons-nous.

.< Il y a un précédent pour cette revanche. Longtemps O'Connel fut le mendiant de l'Irlande; M. de Mun sera le mendiant de la France. Cette qualité ne diminuera pas sa valeur.

« On fera un comité. Nous nous inscrivons d'avance pour la somme qu'on nous demandera, en disant ce qu'une pauvre femme irlandaise disait à son mari, menacé par un brutal ennemi d'ù'Connell : Souviens-toi de ton âme et de la liberté.

« Si ce moyen échoue, nous courberons la U^'le, demandant à Dieu de se souvenir de la France et de juger sa cause. »

Cet appel fut entendu. Immédiatement un grand nombre (le lettres d'adhésions et d'offrandes généreuses arrivèrent aux bureaux de VUnivcrs, qui ouvrit une souscri|>tion publique, le 26 juillet, sous le nom d" « l'nion callioliquo électorale ».

Les électeurs furent convoqués [)Our le 27 août; M. Tabbc Cadoret ne se représenta pas; M. le comte A. de Mun se trouva seul en présence de !\I. le docteur le Maguet, candidat républicain. 11 publia aussitôt la circulaire suivante:

Électeurs de l'arrondissement de Pontivy ,

Le 5 mars , vous m'avez choisi , avec une majorité de 1971 voix, pour représenter votre arrondissement à la Chambre des députés.

Cinq mois plus tard, votre décision a été cassée, et il vous faut aujourd'hui retourner au scrutin.

Vous savez comment les choses se sont passées et quels motifs on a invoqués pour annuler vos votes ; vous avez lu les accusations dirigées contre vous et les réponses que j'y ai faites en votre nom ; vous avez pu les juger.

A vous de répondre à votre tour.

Catholiques ,

On a cassé mon élection en haine de notre foi commune. Levez-vous pour protester de votre amour pour elle!

Bretons ,

On a mis en doute la sincérité de vos suffrages. Le-

vez-vous tous pour affirmer la liberté de vos consciences.

On vous a dit que vous alliez au vote comme une troupe d'enfants ou comme une bande de moutons. Faites voir que vous êtes des hommes, et de cette race que rien ne peut dompter quand elle a dit : Je veux !

Vous me connaissez tous aujourd'hui ; car j'ai été pendant cinq mois votre député, et vous m'avez vu à l'œuvre. Je vous avais promis de tenir haut et ferme le drapeau de la Croix ; je me suis efTorcé de le faire en toutes circonstances. Je vous avais promis de servir vos intérêts avec tout mon dévouement ; je n'ai perdu aucune occasion de vous venir en aide.

Désormais il y a entre nos cœurs des liens que rien ne saurait rompre; car nous avons combattu ensemble pour la même cause et contre les mêmes ennemis.

Le danger est plus grand que jamais ; les faits sont venus à l'appui des menaces.

Debout ! enfants de la terre de granit. Debout pour l'honneur de la Bretagne, pour la garde de votre foi et pour la défense de vos droits les plus sacrés.

Plus de divisions ni d'incertitudes. Unissez -vous tous autour du drapeau catholique, et marchez au vote comme un seul homme, en chantant votre vieux refrain :

Catholiques et Bretons toujours.

Comte Albert de Mun.

Candidat catholique.

Malgré toute la pression électorale exercée sur les électeurs par radministration républicaine, M. le comle de Mun

fui ëlu par 0790 su(Tragos contre 9''il.'J donnés à son concurrent.

A l'ouverture de la session extraordinaire de 1876, au mois de novembre, en dépit des efforts faits par M. Carre Kcrisouct pour demander une nouvelle invalidation, la Chambre adopta sans débat les conclusions du rapporteur, M. de Ladoucctte, qui concluait à la validation, et vota Padmission de M. de M un.

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