‹ Discours du comte Albert de MunChapitre 21 sur 46 · IL · texte numérisé non relu

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ijui'liliu's nii'iiihics l'i ijniuhc. Les noms! les noms!

M. LE co.MTi-: ÀLitiiKT ))K Mi.'N. Les noms? .le ne vous les donnerai pas, je ne veux pas vous livrer des victimes. (K.nhdiialiotis iroiiifiKcs à f/diiclif. — Ajiplaudhacmcnla à ilro'iic.)

M. l'AUL DK Cassa(;.\.\(:. Hier, M. le sous-secrétarie d'Étal n'a pas voulu cilcr les noms des sigiiat;iires d'une plainte! Aujourd'hui M. de Mun fera comme lui.

M. LK coM'iE Alumut oi; Mi:n. Et .savez-vous comiTient cela se termine?...

M. Charles Floquet. Pounjuoi voulez -vous empêcher les électeurs d'aller devant une commission d'enquête?

M. LE COMTE Alijeiît ok M UN. Et savcz-vous comment tout cela se termine? A chacune de ces tournées, après les violences contre moi et les éloges de mon concurrent, ce sont des insultes à la religion. (Nouvelles exclamat'wii)< à ganclic.) Si je le dis, c'est que j'en suis sûr.

Un jour entre autres, après une des ces réunions, comme il passait dans les rues du bourg, ayant avec lui le maire et les conseillers municipaux, et qu'on arrivait devant le calvaire qui est sur la place, le souspréfet, se tournant du côté du maire, lui dit : « Vous saluez encore les croix, vous autres? Ne faites pas attention, alors! Nous ne les saluons jamais, nous. »

Voix no)nhreuses à gauche. L'enquête! l'enquête!

Un membre. L'enquête seule dira si tout cela est vrai!

M. LE COMTE Albert de MUxX. Et un autre jour, dans une commune voisine, il s'en va pour examiner les

travaux de coiistruclion d'une maison d'école, et, comme il trouve (ju'il y a un reproche à adresser à l'entrepreneur, il se tourne vers lui et devant tous les liommes qui sont là il lui dit : « Comment! c'est vous, un mangeur de bon Dieu, ([ui laites les choses si mal? >> { lidcrruplion^ n fjauchr.)

A gauche ci an c.odrc. L'enquête! l'enquête!

M. LE COMTE Albert de Mux. Eh bien, je fais appel à mes collègues de la Bretagne ; il faut avoir vécu dans ces paroisses où il n'y a pas un seul paysan qui passe devant la croix sans la saluer... (Applaudissc/neitts à (It-uitc), où, à côté de la croix neuve qui s'élève, il y a les débris de celle qu'on a renversée en 1793; il faut avoir vu tout cela de près pour comprendre ce que de pareils actes, de la part d'un fonctionnaire, peuvent soulever d'indignation dans la population ! (Applnu- <lisseinents à droite. — Interruptions à gauclic.)

M. Deschanel. Où sont les preuves?

M. Albert Joly. Nous disons que rien de tout cela n'est vrai !

A gauche et au centre. Non! non!

M. le comte Albert de Mux. Voilà, Messieurs, ce ijui se passe dans l'arrondissement de Pontivy.

Et quand cela aura duré pendant des mois, quand on aura gagné la fin de l'année, alors on prononcera mon invalidation ; et puis on nous dira ({u'il n'y a pas de candidature officielle, et on nous lira les circulaires les plus correctes qui recommanderont expressément aux fonctionnaires de s'abstenir de toute préférence en faveur des candidats !

Après cela vous nous parlerez de liberté électorale et de respect des consciences. Le respect des con-

sciences, Messieurs, savez-vous ce qu'on comineuci' à eu dire dans k; pays? ( l'iiiil à (/(nuln- cl (tu cciilrt'.)

M. CiiAULi'is l'LoQi KT. Vous craJgiK'z i'en(|ii<He !

M. LE coMTK Ar.iJKHT DK MiN. Vous allé/- voir que je ne la ci'ains pas.

Savez-vous ce (ju'on coinuiencîe à dire...

.\[. Ki>(»QrKi'. Vous ne voulez pas ({u'elle se lasse, et vous nous apportez des commérages.

M. i.K COMTK Ai.HKi'.r Di". Mln. Savcz-vous ce ipi'on commence à dire dans le pays? On dit (|u'il ne s'agit pas là d'une (juestion do personnes, qu'on est impatient de la persistance du Morbihan à se soustraire à la propagande républicaine et de l'énergie de ce sentiment catliolique ({ui, par trois fois, s'est affirmé sur mon nom. Et on dit que ce n'est pas l'homme qu'on veut invalider, mais la cause ; que ce n'est pas une élection qu'on veut soumettre à l'enquête, mais que c'est l'Eglise catholi(|ue elle-même. {l'^.rcUuiialioiis à (IKUclic et au centre.)

M. DE Baudry-d'Asson. C'est parfaitement vrail

i'ii membre à gauche. C'est abominable !

M. LE COMTE Albeut DE Mi:.\. Ah! vous vous étonnez de cela!

M. Paul de Cassagnac. Ils vont présenter Voltaire contre vous.

M. LE COMTE Albeut DE MuN". Mais est-ce qu'on ne se rappelle pas ce qui s'est passé autrefois? Est-ce qu'on ne sait pas qu'il y a deux ans, quand l'enquête fut prononcée contre mon élection , la première chose que fit la commission , ce fut de s'occuper de la déclaration de 1682 et de l'enseignement des séminaires, et d'interroger le ministre de l'intérieur, le directeur

de la sûreté générale et le ininistio de la justice sur les œuvres catholiques et sur ce qu'ils savaient de leur propagande.

Voilà ce qu'on dit, et, sachez-le bien, quand le peuple de ces campagnes lointaines aura Ijien compris que vous menacez la religion... (K.cclrniialions à fjanclic — A l'ordre! — Vifs applaudisseiix'tds à droito.)

M. DE Baudry-d'Assox. C'est vrai! ayez donc le courage de l'avouer.

L'ii inenibrr à (finultc Nous ne voulons pas du cléricalisme !

Cn autre niomhi-c à f/aiit](r. Nous ne confondons pas le cléricalisme avec la religion !

M. BoucHET. Nous ne menaçons que l'ignorance, sur laquelle vous spéculez !

M. LE COMTE Albert de Mln. Quand le peuple breton aura bien compris cela, vous verrez se lever du fond de son cœur une invincible réaction.

Allez donc dans le Morbihan, puisque vous le voulez. Vous y trouverez le sentiment catholique en révolte contre vous. Et, si vous voulez étendre cette enquête au delà des limites de l'arrondissement de Pontivy, si vous voulez la pousseï' d'un bout à l'autre de la France, et prêter l'oreille aux plaintes et aux revendications qui s'élèvent de toutes parts...

A ffnui'hr. Et les élections!

M. LE COMTE Albert de Mr.v. Nous allons en parler, des élections!

...Si vous écoutez ce qui se dit dans toute la France, vous vous apercevrez que vous avez si bien fait depuis deux ans, qu'à force de dénoncer les catholiques, à force de laisser... [Rumeurs à gauche.)

lu iiii'iiitn-r ù (iiiiirhr. C(! soiil oux (jiii Ibiit CG inéUerlà! (lu soiil eux ([iii déiKjncenl tout le inonde!

In (dilrc iiiriiihrr à t/iiiirhc. flaloiTinicz, il Cil reste toujours queUjue chose!

M. LK co.Mi'i', Aij'.Ein" DK Min. ...à lorce da les livrer sans défense aux outrages qui se inultiplienl tous l(;s Jours, à force de pré{)arer contre eux des manifestation* qui les blessent dans ce qu'ils ont de plus (îher, vous êles arrivés à ce résultat : que vous avez formé entnî tous les catholiques, pour vous résister, une ligue qui grandit tous les jours. (Apiihuidissmimls iroiiirpirn à tlduclir cl (III ccnli'c.)

Ah ! vous pouvez applaudir, si vous trouvez que ce soit un triomphe; mais moi , je vous dis que c'est une lourde faute et une faute sans remède.

Il n'y a pas de gouvernement, il n'y a pas de régime qui ait jamais pu se passer de ce qui représente dans un pays la force religieuse; il n'y a pas un empire qui se soit élevé sur les ruines de la foi. (Très bien ! trh bien ! à droite.)

Vous resterez, Messieurs, dans la loi commune. Vous êtes les plus forts aujourd'hui ; mais vous portez au flanc, par cette opposition que vos violences ont créée, une blessure qui sera mortelle. (7'/'t'.s bien! à droite.)

Tout à l'heure on parlait des élections, et l'on disait : « Mais voyez donc ! chaque fois que l'on invalide une élection, c'est un républicain qui revient! »

Y avcz-vous regardé de bien près? et avez-vous vu ce que sont ces majorités dont vous vous targuez si fort? 1,000 ou 1,500 voix au plus dans vos plus grands succès. Eh bien, il n'y a jamais eu un gouvernement

qui, au lendemain de son triomphe, alors qu'il a dans la main toute la puissance, tous les moyens d'action... (Exclamations et riref^ à (/(nirhr.)

VoLv nombreuses à gtairlie. Et le 16 mai ! et le 16 mai!

M. Georges Perin. Le 16 mai a-t-il remporté la victoire ?

M. Emile Bouchet. Vous êtes sévère pour le 16 mai, monsieur de ^^lun !

M. Georges Perix. Vous oubliez le 1 4 octobre !

M. LE comte Albert de Mrx. Je dis qu'il n'y a pas de gouvernement qui, lorsque la fortune lui sourit de toutes parts et que le succès de ses entreprises répond à celui de sa politique, il n'y a jamais eu de gouvernement qui, dans ces conditions, n'ait eu pour lui, au moins dans ses débuts , un consentement presque unanime et qui ait dû chiffrer par de si petits résultats ses victoires électorales. Il n'y en a pas qui ait vu se dresser en face de lui une minorité si compacte, si nombreuse et si déterminée !

Messieurs , on a beaucoup reproché à mes amis et à moi, dans le cours de ce débat, d'avoir mêlé à la lutte électorale le nom de M. Gambetta. . . (Ah ! ah ! à gauche.)

Eh bien, je l'ai fait, je ne m'en défends pas, et je suis prêt à recommencer, parce que j'estime qu'on a toujours le droit de dire d'un homme qu'il est le candidat d'un autre, quand il appartient au parti auquel cet autre commande et qui lui obéit tout entier! (Viveif récl.a'tnations à gauche.)

M. Georges Perln. C'est une erreur complète! Personne ne commande au parti républicain!

M. Paul de Cassagnac. Personne ne commande^ dites-vous; mais tout le monde obéit !

M. (ii:()iu;i:s l*i;niN. .h; inainlicns (jiic c'osl nue urreur !

M. Alkuei) Naoiiki'. C'est bon pour les cléricaux d'être commandés pai- le jiape !

M. Clemenceau. M. de Mun est donc le candidat du pa[)e !

M. LE coMTK Alukut I)K Mun. Je sais bien que, quand viennent les élections, on crie au scandale, on a des pudeurs toutes nouvelles : on ne veut plus rien tenir de M. Gambetla, et on repousse le patronage de son nom! En Bretagne surtout, on s'en défend avec une vigueur dont les protestations de mon adversaire gardent encore la trace!... Mais ici, quand on est à la Chambre, bien et dûment validé, ({uel est donc celui (jui le désavoue comme son chef?

A gauche, ironiquement. C'est superbe, cela!

M. LE COMTE Albert de Mun. Pourquoi donc alors se défendre si fort, au moment des élections, d'un patronage qui s'accepte si bien dans la réalité de la vie politique? Et de quel droit nous reprochez -vous de vous avoir donné la veille une épithète qui convient si bien à votre lendemain?

A gauche. Mais à l'élection ! Ce n'est pas l'élection , tout cela !

M. LE COMTE Albert de Mun. Vous dites que je m'en suis servi pour intimider et effrayer les électeurs? Non, mais pour leur ouvrir les yeux, en leur montrant où les mènent les candidats de la République. Et rien ne pouvait mieux le leur faire comprendre que le nom de votre chef.

Car vous savez ce qu'il leur représente et pourquoi il leur fait peur.

l'it monhi-e à (jauvlir. Il ne fait pas si peur que cela!

M. LK COMTE Alhert DE McN. Sans doute... [Inter- /•iiptio)is divo'seii.)

Il faut bien (|ue je réponde lu-dessus! On en a fait un argument contre mon élection. (Oui ! oïd ! — Pn,lez!)

Sans doute son nom réveille chez eux les impérissables et douloureux souvenirs du temps où M. Gambetta était le maître absolu de la France.

Sans doute il fait apparaître à leur esprit troublé l'image dramatique des camps où la jeunesse de Bretagne allait ensevelir ses forces et sa vie... (Très bien! et apj)h(iidlssrmeiits à drolir. — Rumeurs à gauche.)

M. LE VICOMTE DE BÉLizAL. Le camp de Conlie!

M. Charles Floquet. C'est honorable pour votre l»atriotisme.

M. Alfred Naquet. Qui est-ce qui avait amené la guerre, sinon le parti catholi(iue'?

M. LE COMTE Albert de Mun. ...le souvenir de ces désastres sans nom, cortège désormais inévitable de sa mémoire! (Approbalion à droite. — ProteatationK à f/aiiche et au centre.)

M. Charles Floquet. C'est un langage odieux!

M. le président. Monsieur de Mun, M. Gambetta est absent... (Bruit à droite.)

M. le comte Albert de Mux. J'ai tini.

Messieurs, je vous l'ai dit en commençant...

M. LE président, m. Gambetta est absent. (Vires réclamations à droite.)

M. DE Baudry-d'Asson. La guerre à outrance et le camp de Conlie, c'est de l'histoire! On aie droit de la rappeler à la tribune.

— 'im —

M. i.i; l'itKsiDiiNT. J'en appelle ii M. di; Mun luiiiiùme. KsI-il bien convenable d'attaquer, dans le» termes où il le fait, un colh-guo absent'.' ( Hriti/foiica nkidinalioiis à droilc)

M. Paul m: Cassagnac. (l'est ûa i'bisloii-e!

M. i,K l'iiKsiDiiNi'. ...et en le faisaiil , M. dn Mun ne se met-il pas absolument en dehors du sujet qu'il a à traiter'.' ( Xonvcllrs r('cl<ntiiiti<)iis à droilr.)

J'ai montré, et M. de Mun en conviendra lui-même, j'ai montré beaucoup de libéralisme en le laissant en deliors de son sujet... ( lluntciirs à drollo.)

M. DE Haudrv-u'Asson. Comment! en dehors de son sujet'.' Il n'en est pas sorti.

M. LE l'KÉsiDENT, ...en parlant de choses étrangères à son élection.

Je le répète, il n'est pas possible que M. de Mun persiste, contre un collègue absent, dans une attaque aussi violente, et j'ajouterai : aussi étrangère à son élection. Je prie l'orateur de rentrer dans la question.

M. DE Baldry-d'Asson. Il ne s'agit pas de savoir si M. Gambetta est absent. Ce n'est pas la faute de l'orateur. Il devrait être à son banc.

Un nieitihre à droite. Il y était tout à l'heure.

M. Albert Jgly. Il est plus facile d'attaquer un de ses collègues que de défendre son élection.

A gauche. Parlez de l'élection!

M. DE Baudry-d'Asson. II y a de dures vérités qu'il faut savoir entendre.

M. LE président. Il y a une chose qu'il faut savoir faire, c'est de garder le silence quand on est à son banc.

M. de Baudry-d'Asson. Il y a des choses qu'il faut

savoir permettre à l'orateur de dire , même contre les membres de la gauche.

M. LE PRÉSIDENT. Veuillez garder le silence.

M. LE COMTE Aluert DE Mux. Je suis trop habitué à la bienveillance que m'a toujours témoignée M. le président pour ne pas y rendre encore une fois hommage. Mais il me permettra de lui dire que, si j'ai fait intervenir dans le débat le nom de M. Gambetta, c'est qu'il avait été apporté à cette tribune par ceux qui ont attaqué mon élection...

A droite. C'est vrai î

M. LE COMTE Albert de Mln. ...que Ion s"est étonné qu'on l'ait mêlé à la lutte électorale et qu'il faut bien que j'en donne l'explication.

(^uant aux attaques que j'ai dirigées contre lui, je croyais que le passé de la guerre de 1870 , ainsi que le rôle qu'y a joué M. Gambetta, appartenaient à l'histoire et qu'on pouvait, en présence d'un si grand nombre d'hommes dévoués à sa politique, parler de lui avec la certitude qu'il se trouverait ici quelqu'un pour venir le défendre. ( Approhatioii à. droite.)

M. DE Baudry-d'Asson. m. le président s'est chargé de le défendre. {Rumeurs à gauche.)

M. Clemenceau. Il n'a pas besoin d'être défendu.

M. LE COMTE Albert de Mun. Je disais, Messieurs, pour en finir avec ce sujet, i|ue ce qui émeut surtout dans le nom de M. Gambetta, c'est moins le souvenir de son passé que le cri de guerre contre le catholicisme par lequel il a résumé votre politique. {Interruptions à gauche et au centre.) Ce cri a retenti au fond du cœur des Bretons.

C'est pour cela que tout ce pays s'est levé et s'est

lournô (1(! mon côté; c'est pour relu (juc (iiiii IjouI de la !• raiice u l'autre tous les callioli(|ues se lèvent aussi et se détouiiieut de vous!

M. Nadaui). Vous ne croyez, pas un mol de ce (|ue vous dites! ( K/jvs ntuicurs à droite.)

Plusieurs iiH'iiihrrs à droUr. A l'ordre ! à l'ordre !

Un membre à droite. On insulte l'orateur !

M. i.E PRÉSIDENT. Monsieur Nadaud, la parole que vous venez de prononcer vient mal à jiropos, et elle n'est pas i)ailementaire.

M. DE Baudry-d'Asson. Ah! l'interruption vient de la gauche : elle ne mérite pas un rappel à l'ordre !

M. ij<: COMTE Alijert de Mlx. Voilà, Messieurs, ce que votre enquête va mettre en lumière; et, je le répète, quoi que vous fassiez, il faudra que vous comptiez avec cette minorité désormais attachée à vos pas. {hderrujtiions à gauche. — Monveinetda divers.)

Et, quand vous ne l'entendrez plus, quand vous aurez achevé de la réduire au silence, c'est alors qu'elle vous deviendra plus redoutable que jamais, et que vous ressentirez la faute que vous avez faite. Cette minorité, vous en vivez aujourd'hui, parce que, l'ayant sous vos yeux, vous ne songez encore qu'à vous unir pour la combattre. (Applaudissements à droite.) Mais (juand vous aurez définitivement étouffé sa voix, alors il faudra bien vous regarder les uns les autres, et ce sera pour nous le commencement de l'espérance! ( InterrujHions à gauche. — Mouvements en sens divers.)

Pendant que je vous parle, je me souviens d'un discours de M. de Serre qui a l'air d'être fait pour vous. Il disait :

« Dans les premiers temps de la Révolution, ks hommes du jour dirent aux hommes de la veille : Vous n'êtes pas nationaux, retirez-vous! Bientôt vinrent les hommes du lendemain, et par d'aussi bonnes raisons, ils éloignèrent les hommes du jour pour être bientôt après chassés eux-mêmes par des nouveaux venus.

«... Tous les intérêts légitimes se trouvant alors en dehors de la représentation, les Assemblées ne purent maintenir leur autorité... qu'en opprimant tout ce qui n'était plus représenté par elles, et à mesure qu'elles s'épuraient la violence augmentait dans leur sein. »

Vous en êtes là, Messieurs; vous avez mis hors la loi les hommes de la veille ; les hommes du lendemain sont là qui vous attendent. {Applaudissements ^>rr plusieurs }>a)ics à droite.)

Et maintenant votez l'enquête, c'est moi qui vous y convie. (AJi ! ait ! à t/duclte.) Ce sera peut-être pour ma cause une épreuve de plus; mais qu'importe, si c'est aussi pour vous un pas de plus vers votre ruine ! (Applaudissoneuts à droite. — Uorcdeur, e)i retournant à so)i banc, est entouré et ri renient félieité ))ar ses coUègues de la droite.)

Après une réplique violente de M. Laisant, député de la Loire -Inférieure, qui demanda rinvalidation immédiate, la Chambre prononça par assis et levés le renvoi de l'élection devant la commission d'enquête.

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