‹ Discours du comte Albert de MunChapitre 23 sur 46 · II · texte numérisé non relu

II

iairo, H'emprosserai(3nt d'accourir devant, lu coinrnission. Jo ne me suis pas tronnpé. (ÏVè.s bien! à droite.)

Pas un n'y a man(|ué. Je les ai lous reconnus ; tous les habitués des protestations, tous les anciens (Ut '1870. Ils y sont tous : J'uii qui a été condainiu'' à trois mois de prison pour cou[)s et blessures, nn autre <jui a subi une condamnation pour fraude en inatièi'C de recrutement, un troisième qui a une telle habitude de l'imposture, (ju'il est connu dans son pays sous le sobriquet du Menteur, d'autres encore qui sont des ivrognes de profession. Je les ai tous rolrouvés. (Très bien ! Iriis bien ! à droite.)

M. i.ii PRINCE DE LÉON. Gcux de l'ai'rondissement de Ploërmel sont allés protester contre votre élection.

M. HuoN DE Penanster. Dans notre pays, la clientèle républicaine se compose de tous les faillis et de tous les piliers de café.

M. i>E comte Albert jje Mun. Mais il y a une justice à rendre, tout ce monde-là a parfaitement compris ce qu'on lui demandait ; il a parfaitement compris qu'il ne s'agissait pas seulement de me faire invalider, qu'il ne s'agissait pas seulement d'apporter des témoignages de la candidature officielle, que ce (lu'il fallait, c'était dénoncer le clergé breton, c'était exciter les esprits contre les prêtres du Morbihan, et, pour tout dire, qu'il fallait servir la politique du jour en dénonçant les cléricaux. Le cléricalisme ! ils ont tous ce motlà à la bouche maintenant ; on le leur répète depuis trois ans ! il y en a (jui ne savent pas ce que cela veut dire, mais ils le disent tout de même. Ils sont si sûrs qu'il sera bien accueilli ! ( 7Vc'.s bien! à droite.)

Il y en a même un, un personnage, un conseiller

d'arrondissement, qui est si plein de son sujet et (jui pousse l'enthousiasme si loin, qu'il prend le cléricalisme pour un homme et qu'il l'accuse d'avoir publiquement patronné mon élection, (//ùy's à droite.)

Il y a là tout un plan arrêté, tout un système organisé, et le rapport de M. AUain-Targé le laisse clairement apercevoir ; il a d'ailleurs un mérite particulier. Dans ce sujet rebattu , il a trouvé quelque chose de neuf et une accusation qui n'avait pas encore été imaginée. Il dit que ce qui caractérise les prêtres de Bretagne, c'est qu'ils sont riches, et tout de suite après il explique cela en disant qu'ils prélèvent une dîme sur les paysans ; cela n'a l'air de rien , c'est une impression de voyage , un renseignement de touriste , c'est plein de couleur locale.

Eh bien, en réalité, savez -vous ce (|ue c'est? C'est une prime ofîerte à toutes les mauvaises passions ; c'est encore plus, c'est un encouragement officiel à la campagne entreprise dans le Morbihan sous le haut patronage de l'administration. Car je suis bien aise de vous dire que vous êtes admirablement secondés dans le Morbihan... {Rires approhatifs à droite.) Je suis bien aise de pouvoir recommander à toute la sollicitude du Gouvernement le préfet actuel de ce département...

M, Clemenceau. C'est un des vôtres.

Un membre à droite. Jadis.

M. LE COMTE Albert de Mux. ... qui s'acquitte de sa mission avec un zèle infini, et vraiment bien appréciable ; et il mérite d'autant mieux qu'on le distingue, quïl pourrait peut-être paraître suspect à quelques-uns, parce qu'il a la particularité d'être le dernier survivant des préfets du iO mai, d'être le dernier spécimen de

radiniiiislr.ilitjii du roidru iikjihI ; il ;i (ail. de la caiididaturo officielle en son temps pour le co/nplo des conservateurs, comme il en l'ait aujourd'hui i)our le compte de la Uépuhliquc, et il faut bien qu'il se fasse pardonner son passé; eh bien, il n'y a pour cela qu'une manière : il faut donner des gages. Or il sait bien ceux que vous demandez... (Afiscid'uticiil d rires à droite.)

Autrefois, Messieurs, au temps du Directoire, on disait aux modérés et au.\ constitutionnels : Nous voulons bien de votre alliance, nous voulons bien marcher avec vous, mais il nous faut une garantie; montez à la tribune et dites que, si vous aviez été à la Convention, vous auriez comme nous voté la mort de Louis XVI.

Messieurs, vous n'avez plus. Dieu merci, de ces gages sanglants à demander. Mais vous en demandez d'autres, et comme il est entendu que l'ennemi c'est le cléricalisme, vous dites aux modérés, aux hommes du centre gauche qui ont besoin de vous pour être de la majorité : Nous voulons bien vous admettre, mais il nous faut une garantie ; déclarez avec nouij la guerre au cléricalisme; aidez-nous à chasser des écoles les Frères et les Sœurs, à empêcher le recrutement du clergé, à l'opprimer dans ses droits et dans ses libertés ; à ce prix-là vous serez de la majorité. {C'est cela. — Très bien! à droite.)

M. LE PRINCE DE LÉON. Le préfet du Morbihan s'en acquitte fort bien,

M. LE COMTE Albert de Mun. A ce prix-là, si vous avez des portefeuilles vous pourrez les garder jusqu'à la fin de l'année. (Rires et applaudissements à droite.)

Voix à droite. Et pas au delà.

M. LE COMTE Albert de Mun. Et j'imagine, Messieurs, qu'il doit y avoir quelquefois de singulières révoltes dans les consciences et des luttes bien vives dans certaines âmes. (Rire^ ifnhitatifs à gaucJie. — Oui! oui! à droite.) Car enfin on peut être chrétien, on peut avoir un nom respecté \ même de ses adversaires ; on peut avoir la réputation d'un conservateur éprouvé, avoir derrière soi tout un passé qui en témoigne , et paraître incapable de certaines défaillances, et alors il peut être dur d'accepter des programmes de guerre religieuse, de les sanctionner par son silence et d'ouvrir ainsi la porte aux violences qu'on a jadis combattues et réprimées; cela peut être dur, mais c'est égal, il faut avoir la majorité, et on accepte, et on se dévoue au liien public. {Xourcaux rires à droite.)

Le préfet du Morbilian a fait comme les autres ; il s'est dévoué au bien public , et alors il fait ce que son journal officieux appelle décléricaliser le Morbihan ; c'est-à-dire faire la chasse aux congréganistes , qu'on expulse toutes les fois que c'est possible, sans raison et souvent sans droit; au clergé, qu'on exclut de toutes les fonctions ; aux catholiques , qu'on poursuit et qu'on menace. {Applaudissements à droite.)

Guerre savante, qu'on essaye de faire modérée, parce qu'on n'oserait pas la faire violente dans ce payslà, où l'on sait bien qu'on est ainsi ouvertement en lutte avec l'immense majorité de la population et de ses représentants : demandez à M. du Bodan et à M. Lorois, qui ont exprimé sur ce point au Conseil

1 M. Dufaure avait pris la direction des aflaires au mois de novembre 1877.

général le sentiment public dans des termes dont le préfet n'a cortaincmenl pas perdu le souvenir. Voilii connnent la ]>épubli({ue administre suivant le vœu dui peuple. Eh bien, Messieurs, la commission d'enquête s'est assofiée à celte campagne; par le langage de son rapporteur, elle a donné, comme je vous l'ai dit, une prime aux mauvaises passions, un encouragement officiel à la guerre engagée contre le cléricalisme. (7'/r.s' hioi ! à droite.)

La richesse du clergé breton, monsieur le rapporteur, laissez-moi vous le dire, si, au lieu de ne visiter que les villes, vous aviez voulu voir sur place les choses dont vous parliez et parcourir un peu les campagnes, si vous aviez voulu regarder de près ces hommes que vous accusez de s'enrichir aux dépens de leurs paroissiens, vous auriez appris que ces presbytères , où vous me faites un si grand reproche d'accepter souvent une hospitalité que je dois à une amitié dont je suis fier, s'ouvrent à tous ceux qui souffrent, et que, s'il y a là quelques ressources, ce sont les pauvres qui en profitent d'abord. (C'rsl vrai. — Trl;^ bien! sur plusieurs ha)ics à droile.)

Vous sauriez que ces prêtres , que vous représentez comme si ardents, si absorbés par les luttes politiques, sont jour et nuit, par tous les temps, par toutes les saisons, en route dans la campagne pour visiter les malades, pour porter secours aux indigents, et qu'ii n'y a pas un malheur autour d'eux qui ne les trouve empressés d'accourir au-devant de lui. (Applaudissements sur les mêmes hancs.)

Et alors peut-être n'auriez-vous pas écrit cette phrase qui, je vous en avertis, soulèvera dans le pays.

bien des indignations. Car vous auriez su que, dans cette vie pénible, laborieuse, toute de dévouement, ces quêtes, dont vous leur faites un crime, et qui sont cependant parfaitement régulières, se trouvent pour eux le seul moyen de subvenir aux charges de l'existence, et un moyen beaucoup moins onéreux pour les populations qu'un supplément de traitement à payer; quand vous aurez supprimé cela, vous aurez tari une source de bienfaisance et rendu impossible un ministère qui profite à tout le monde.

Mais qu'importe ? on aura excité les esprits contre le clergé, et c'est ce qu'on cherche.

Il y a dans le Morbihan, comme ailleurs, des cercles catholiques d'ouvriers , et on en profite pour les confondre tous , à propos de moi , dans une dénonciation générale, établie sans preuve, et sur la foi de renseignements qui témoignent, de la part de ceux qui les ont donnés, une bien grande ignorance des choses dont ils parlent.

Bien plus, on néglige les preuves ((ue l'on a du contraire. Dans une seule ville, on a entendu des membres du cercle catholique ; c'est à Gourin : ils ont tous déposé que l'on ne faisait pas de politique électorale dans le cercle. Leurs dépositions sont là, dans le dossier, mais elles ne sont pas au Joarnal officiel. {Ah '. <ih ! — Très bien ! à. droite.)

M. DE Baudry-d'Asson. C'est loyal, cela.

M. LE co.MTE Albert de Mux. On a néghgé ces dépositions-là ; mais en revanche, on en a accueilli d'autres, et on dit que les cercles catholiques du Morbihan forment une association placée sous la direction de celui de Vannes, qui se confond avec un comité dit

(le Saint- Paterno, coinilé qui choisit les candidats royalistes et qui, — cela n'est pas douteux, dit M. le raiiporleur, — exerce sur les cercles catholiques une dirccliou i)olitique.

Eh bien, vous avez été parfaitement mal renseignés; vous avez été renseignés par des gens (jui n'entcîndenl absolument rien ni à l'organisation des cercles catholiques, ni à celle du parti royaliste dans le Morbihan; vous avez confondu des choses absolument différentes, des responsabilités (jui sont distinctes et qui doivent rester telles.

Ah ! si vous voulez dire que je suis à Pontivy le représentant des royalistes aussi bien que des catholiques, vous avez raison, je m'en honore...

U)i niriiihrr à clroilc. VA VOUS les hooorez.

M. LE co.MTE ÀLiJKRr DE Mux. ... et je suis bien aise de saisir cette occasion pour unir dans une même affirmation ma foi politi(]ue et ma foi religieuse. (Apphiudi^scmoitfi sur dh^crs haitrs à droite.)

Mais ce n'est pas là ce (jue vous voulez dire. Vous dites que les cercles catholiques sont un foyer de propagande électorale, et qu'ils sont dirigés par ceux qui sont à la tète du parti royaliste dans le Morbihan.

Kh bien, rien de tout cela n'est vrai.

L'Œuvre des Cercles catholiques d'ouvriers est la grande affaire de ma vie. Tous ceux qui me connaissent le savent, et il n'y avait pas besoin d'une enquête pour découvrir cela.

Or, à propos des cercles du Morbihan, on attaque, dans ce rapport, l'Œuvre tout entière. On me désigne, — et je ne m'en plains pas , — par ma qualité de membre de cette Œuvre.

Je dis que cela me donne le droit de la défendre et d'expliquer ce qu'elle est ; je vais en user.

Il va, Messieurs , dans l'Œuvre des Cercles catholiques d'ouvriers, une idée fondamentale que je ne désavoue pas et qui répond à un programme autour duquel on a fait dans ces derniers temps beaucoup de bruit.

Je veux parler de la contre - révolution ; et je suis heureux de l'occasion qui m'est offerte de répéter ici ce mot, qui a soulevé tant de colères, tant d'accusations et tant d'alarmes. Attaqué à propos du caractère général de cette Œuvre, vous reconnaîtrez, j'en suis sûr, que j'ai le droit d'en parler à mon tour... (Oui ! oui! — Parlez! parle:!), le droit de donner ici une explication nécessaire, nécessaire surtout pour déjouer les espérances de ceux qui croient à la division des catholiques, et qui s'en réjouissent comme d'un gage de leur faiblesse.

Je ne ferai pas ici de questions de personnes ; si j'en faisais, moi qui suis un nouveau venu à la tribune française , ce serait pour rendre hommage à ceux dont le passage y a laissé d'illustres traces % et dont l'œuvre principale, aujourd'hui menacée par vos colères, a donné à notre pays cette jeunesse chrétienne qui demeure, pour son avenir troublé, son plus ferme sujet d'espérance. {Applaudis>ienie)its sur les mêmes banes.)

Si ceux-là étaient ici , s'ils pouvaient voir, quand on

' M. le comte de Falloux, qui avait, dans un article récent du Correspondant , très vivement attaqué les idées exprimées par M. de Mun à l'occasion d'une réunion des Cercles calholiques, à Chartres, et le mot de contre-révolution, par lequel il les avait résumées.

y puilo (lo la ^'uenc qu'on fait à l'K^lise, l'cxpressioi» de vos visages et lo reflet des passions fjui vous animent... ( /tirrs hnii/ffiilx cl <ii)iiliniiH.<sriiiciils i roii'Kjiics-^ à (/((inlic cl (III ccuirc.)

M. IIkniu I)K La(:iu;ii;ij,i;. [.es :?03 Méphistophéiès.

M. i)K Mrx. ... s'ils voyaient cela, ils comprendraient sans doute que cette guerre ne souffre ni trêve ni transaction ; qu'il n'y a pas pour nous d'alliés sur vos bancs, cl que notre drapeau doit être nécessairement le contraire du vôtre.

Vous (Mes la Révolution ; c'est assez dire pourquoi nous sommes la contre-révolution... (Oui ! oui ! Très hicn ! sur un certain nomhrc de Ixnicn à droite. — Nouveaux applaudisse irtent s ironiques mi cadre et à gauche.)

Je vous remercie, iSIessieurs, de vos applaudissements, car ce que je souhaite par- dessus tout, c'est qu'il n'y ait point de division parmi les catholiques, et, s'il pouvait y en avoir, l'écho de vos applaudissements les ferait taire et achèverait de nous réunir tous contre l'ennemi commun. (Mouvements en sens divers.)

Il faut. Messieurs, être ici d'une entière franchise et dire toute sa pensée.

Qu'est-ce donc que la Révolution?

A gauche. Ah ! ah ! voyons.

M. LE COMTE Albert de Mun. Si elle n'était que le renversement des trônes, le déchaînement des passions populaires et l'émeute sanglante , vous n'oseriez pas vous glorifier d'être ses fils ; si elle n'était qu'un ensemble d'institutions et de lois, une succession de faits accomplis, son nom n'aurait pas survécu dans-

les âmes , après un siècle écoulé , et nous n'en serions pas aujourd'hui à agiter cette redoutable question.

La Révolution n'est ni un acte ni un fait, elle est une doctrine sociale, une doctrine politique... (Oui/ oui ! à gauche), qui prétend fonder la société sur la volonté de l'homme au lieu de la fonder sur la volonté de Dieu... {Exclamations prolongées et rires ironiques à gaurlie et au centre.)

Un membre à gauche. Par la parole des Jésuites.

M. DE Baudry-d'Assox, s' adressant à la gauche. Vous ne pouvez même plus entendre prononcer le nom de Dieu.

M. LE COMTE Albert de Mlx. ... qui met la souveveraineté de la raison humaine à la place de la loi divine.

C'est là qu'est la Révolution ; le reste n'est rien , ou plutôt tout le reste découle de là, de c^tte révolte orgueilleuse d'où est sorti l'État moderne, l'État qui a pris la place de tout , l'État qui est devenu votre Dieu , et que nous nous refusons à adorer avec vous. La contrerévolution, c'est le principe contraire ; c'est la doctrine qui fait reposer la société sur la loi chrétienne. (Bruit à gauche.)

M. FouROT. Mais vous niez la puissance de Dieu.

M. le comte Albert de Mux. On nous accuse de vouloir rétablir l'ancien régime. Mais qu'est-ce que c'est que l'ancien régime ? 11 faudrait d'abord s'entendre là-dessus.

Ah! certes, ce n'est pas moi qui voudrais jeter le mépris sur le passé de la France ; ce n'est pas moi qui pourrais jamais oublier, en face de ma patrie amoindrie et déchirée par les luttes des partis , ce qu'elle a

Irunvc du gloire, du grandeur et du prospérilci ;i liiiubre de son antique monarcliie nationale. (Vive tij)prubalion sur ijiirhjiios bancs l'i droilc — /{iiiiicnrs n 'IKifchc.)

M. J>K Baudhv-d'Asson. l'A (ju'cllu n';uir;i jamais ^ous la Répuljii(|ii('.

M. LE co.MTK Aljjeht DE MiJN. Ce n'est pas moi (\u\ voudrais renier ces vieilles traditions et l'aire dater d'un siècle l'histoire de mon pays. Si c'est là qu'est l'ancien régime, n'attendez pas de nous que nous le répudiions jamais; il est digne de tous nos respects, (7'/r.s him ! sur les nu'iiirs baitrs.) Mais qui donc pourrait songer à rétablir tout uu ensemble de privilèges qui avaient eu leur raison d'être et que le temps, dans sa marche, a détruits pour jamais '.' (Exclamalions à (jaiu-lw.) Qui donc, surtout i)armi les chrétiens, pourrait souhaiter de voir renaître les abus qui peu à peu avaient pénéti-é la société des deux derniers siècles, et qui l'ont conduite au naufrage où elle a péri'.' (Nouvelles e.nlninatioiis à gauclie.)

Plusieurs membres à droite. C'est vrai.

M. LE COMTE Albert de Mux. Ces abus, laissezmoi vous le dire, il en est que nous combattons de toutes nos forces et dont vous êtes, vous, les héritiers naturels.

La Révolution était déjà dans l'ancien régime ; elle y était par la philosophie rationaliste, qui a fait les libres penseurs...

M. Victor Plessier. Helvétius !

M. le comte Albert de Mun. ... elle y était par l'oubli des devoirs sociaux, qui a fait l'antagonisme des classes; elle y était par l'invasion de l'État dans le

domaine de l'Église, par les arrêts des Parlements expulsant les religieux, par l'esprit des légistes envahissant la nation. Et quand, demain, la discussion du budget des cultes va commencer, quand nous verrons M. Guichard et d'autres venir invoquer contre l'Église toute la législation des anciens Parlements. . .

M. Gl'icïl\rd. Je demande la parole. {Exclanuitiona '"' droite.)

M. LE COMTE -U^BERT DE .MUN. ... Savez-VOUS Ce

qu'on pourra dire? C'est que l'ancien régime, c'est VOUS qui êtes ses exécuteurs. {Inleri-uptlons et rires '' gauche.)

M. DE Baudry-d'Assox. Oui, c'est vrai! Et ils le >avent bien.

M. LE PRÉSIDENT. M. de Muu, il me semble que nous sommes bien loin de l'élection de Pontivy. Ne pensez -vous pas qu'il serait temps d'y revenir? (Très bien! à gauche. — Rumeurs à droite.)

M. LE COMTE Albert de M un. Monsieui" le président, j"y reviens par une pente naturelle et très rapide, mais...

Sur divers bancs à gauche et au centre. Parlez! parlez !

M. le Comte Albert de Mun. Eh bien. Messieurs, nous ne voulons ni l'ancien régime ni la Révolution. Ce que nous voulons, c'est la société chrétienne, qui est le règne de la liberté vraie, dont vous ne nous avez jamais donné que la caricature ; le règne de la liberté , fondée sur la foi rehgieuse, établie sm- la tradition et garantie par le dévouement des forts envers les faibles; la société chrétienne , c'est l'aUiance de l'Église avec l'État; et la Révolution, ce que vous voulez,- vous,

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