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comiircniliv;, el c(! (iiic nul diiii.- noire Iciiips ne coniprcm) mieux que vous.
a Sur toutes lc.s(|uc.stions rcligieu-scsclpolitiqucsqui ac.Mleiit l'i'^urope cl (lécliirenl notre malheureuse France, vous faites la lumière, parce que vous n'avez pas peur de signaler, sans |iassion comme sans faiblesse, les vcrilables causes de notre décadence et de nos abaissements. Oui, l'avenir est aux hommes de foi, mais à la condition d'ôtre en mrnie temps des hommes de courage, ne craignant pas de dire en face, à la Révolu lion triomphante, ce qu'elle est dans son essence et son esprit, et à la contre-révolution, ce (pj'elle doit être dans son œuvre de réparation cl d'apaisement.
« Je vous remercie de tout mon cœur d'avoir une fois de plus réduit à néant ces odieux mensonges mille fois répétés cl toujours reproduits, ces misérables é<[uivoques à l'endroit du passé, comme si, pour réformer des abus condamnables, il n'était pas insensé d'avoir renversé des abris protecteurs.
« Je vous remercie d'avoir insisté avec tant d'autorité et de franchise sur les bases fondamentales, sur les vérités éternelles cl les principes nécessaires pour toute société qui veut vivre dans la paix et s'assurer un lendemain.
« Grâce au ciel, il est resté intact entre mes mains le dépôt sacré de nos traditions nationales et de nos grandeurs. C'est à renouer les anneaux de la chaîne séculaire que chacun doit, à votre exemple, consacrer son activité et sa vie.
« Retournez sans crainte au milieu de ces généreuses populations de l'Ouest, dont je reçois si souvent les constants témoignages d'indomptable fidélité.
« La Révolution, poursuivant son idéal d'État sans Dieu, c'est-à-dire contre Dieu, a inscrit sur ses listes de proscription l'humble éducateur du peuple et l'admirable fille de Charité; c'est l'heure où l'indifTérence et l'inaction seraient pour tout homme de cœur une honte et une trahison.
« Auprès de ces classes laborieuses, objet constant de mes préoccupations; auprès de ces chers ouvriers, entourés de
tant (Je (laltears el de si peu d'amis vrais, vous ijouvez mieux que tout autre me servir d'interprète.
« J'entends toujours avec bonheur leur cri de foi et d'espérance. Qu'ils sachent bien que moi je les aime trop pour les flatter, et, pour tout dire en un mot, répétez- leur bien sans cesse qu'il faut, pour que la France soit sauvée, que Dieu y rentre en maître pour que j'y puisse régner en roi.
« Confiance, mon cher de Mun, n'oubliez jamais- que lavenir est aux hommes de foi et de courage.
« Henri. »
A la suite de l'invalidation de M. de Mun, une nouvelle lutte électorale s'ouvrit à Pontivy. L' Univers , avec la même généreuse ardeur, proposa aux catholiques français une seconde souscription pour soutenir le combat. De toutes parts cet appel fut entendu, et des adhésions nombreuses se produisirent.
Le scrutin était fixé au 2 février 1879. De graves événements vinrent, pendant la période électorale, modifier notablement les conditions de la lutte. Le 30 janvier, M. le maréchal de Mac-Mahon donnait sa démission des fonctions de président de la République, et M. Grévy lui succédait, en même temps que M. Gambetta prenait la place de celui-ci à la présidence de la Chambre. Les espérances que ces changements firent concevoir aux républicains se traduisirent, dans le Morbihan , par un redoublement de menaces et de violences, dont la magistrature de Pontivy se fit ouvertement complice en poursuivant et condamnant sans trêve, sous les motifs les plus futiles ou les plus odieux, les amis de M. de Mun. Un certain nombre d'entre eux se laissèrent intimider; M. le Maguet fut élu avec une faible majorité.
La Cbambre se hâta de valider sans débat cette élection.
M. de Mun adressa à ses électeurs la circulaire suivante :
Cl rciil(('i ri' nilrcs^ii'i' iin.r ('Irclnirs ilo l'iirrondiiisemeid (le l'niitivij.
.Mi;S CIIKUS AMIS,
Après trois ans de luttes et de victoires, Dieu a peimis que nous succombions. Mais notre défaite est glorieuse; nous étions près de dix mille debout autour du drapeau.
Vous savez par quels moyens nos adversaires ont triomphé. J'aurais pu sans peine élever contre l'élection du 2 février d'éclatantes protestations; beaucou[) d'entre vous m'en ont pressé, et il n'eût pas manqué à la Chambres des députés de voix amies pour exprimer votre indignation. Je n'ai pas voulu cependant prolonger une agitation désormais stérile, ni surtout, en acceptant les témoignages que m'offrait votre dévouement, vous exposer à des persécutions que le passé m'autorisait à redouter pour l'avenir.
La conscience publique vous vengera, et elle dira que, pour résister aux manœuvres d'intimidations déployées contre vous, il a fallu à ceux qui sont restés fidèles un indomptable courage.
Je les remercie de tout cœur et je les supplie, quoi qu'il arrive, d'être fermes et de songer au lendemain. Nos vainqueurs d'un jour sont les maîtres, et nous allons les voir à l'œuvre; ceux qu'ils ont séduits ouvriront bientôt les yeux : tenons-nous prêts.
Vous qui n'avez jamais fléchi , qui n'avez ni illusion ni défaillance, ne courbez pas aujourd'hui la tête devant la Révolution victorieuse; la cause que nous servons
ne périra pas, et elle porte avec elle le salut de la France.
Les liens que ces trois années ont formés entre nous ne sont pas rompus; aucun de vous, je le sais, n'oubliera celui dont vous avez fait votre compatriote.
Pour moi, je demeure attaché au fond du cœur à ce pays qui m'a donné tant de marques d'afîection. Votre ancien député restera le vrai représentant de vos sentiments et de vos convictions.
Mes amis, confiance et courage ! L'avenir est à nous ! Nous nous sommes levés pour Dieu, Dieu ne nous abandonnera pas.
Comte Albert de Mun.