‹ Discours du comte Albert de MunChapitre 28 sur 46 · II · texte numérisé non relu

II

bas et vulgaire, cl faiie rnontci' vers ce qui est grand, noble et généreux : voilà le lôle admirable de l'éducatio. (Vive, seiisalioii. et niiplaudissatni'ulx i'éj)C'lé>i.)

« Il y a longtemps, dit M. Gréard dans son J{ai))>uïl sur roiseigneitieid pnnKiu-e eu 1878, il y a longtemps qu'un des maîtres de la morale antique l'a dit : « L'espril « des enfants n'est pas un vase que nous avons à rem- <( plir, c'est un foyer qu'il faut échaufl'er. » (Bravos.) Mais, dites-moi. Messieurs, où donc ira-t-on chercher la flamme, où donc ira-t-on demander le secret de ce qui est grand et de ce qui élève, si ce n'est à la religion?

Qui pourra parler à un enfant de dévouement, de respect, de devoir, d'abnégation et de sacrifice, sans lui parler de Dieu et sans chercher, ailleurs que sur la terre, des perspectives qui atlirent son cœur et qui décident son courage? (Salve dehrarofi.) Quelle raison lui donner, quelle puissance invoquer pour courber son âme au joug de ces grandes vérités, si on ne commence d'abord par la plier à l'autorité de la foi , et quelle croyance pourrait- on mettre dans ce Jeune cœur, s'il est d'abord déshérité de toute croyance surnaturelle?

((. La religion ! la religion ! c'est la vie de l'humanité en tous lieux, sauf quelques jours de crise terrible et de décadence honteuse. La religion pour contenir ou combler l'ambition humaine, la religion pour nous soutenir ou nous apaiser dans nos douleurs, celles de notre condition ou celles de notre âme. Plus le mouvement social sera vif et étendu, moins la politique suffira à diriger l'humanité ébranlée. Il y faut une puissance plus haute que les puissances de la terre, des perspec-

tives plus longues que celles de la vie. 11 y faut Dieu et réternité. » (Vifs applau(Hsse)tients.)

C'est M. Guizot qui a dit ces magnifiques paroles. Je le cite à dessein, parce qu'il était protestant et que cependant il se rencontre ici admirablement avec les catholiques. Et cette nécessité de la religion, c'est la règle qu'ont acceptée, dans toutes les nations, tous les^ esprits soucieux de la grandeur et du bien de leur pays. (Très bien/) On ne s'est pas lassé, après nos défaites, de nous dire : C'est l'instruction qui nous manque, c'est le maître d'école qui nous a vaincus! Messieurs, est-ce que vous croyez que le maître d'écoleprussien était le maître d'une école sans Dieu? Mais la loi réglait , au contraire , l'enseignement religieux , de telle sorte qu'indépendamment des prières de chaque jours récitées dans la classe, indépendamment du dimanche, il prenait six heures par semaine. En Angleterre, lorsque, en 1833 et en 1839, la question d'enseignement commença à occuper le Parlement anglais,. M. Gladstone, — je cite celui-là parce qu'il est le chef du parti libéral, — M. Gladstone disait : « Tout système qui place l'éducation religieuse sur l'arrière -plan est un système pernicieux, « et, aux termes de la loi d'avril 1870, l'enseignement religieux est obligatoire dans chaque école subventionnée. En Hollande, l'enseignement est laïque. Savez-vous comment on l'entend? L'art. 23 de la loi dispose que l'enseignement doit servir à préparer les enfants à la pratique de toutes les vertus chrétiennes et sociales, et chaque classe commence^ et finit par la récitation de la prière. En Portugal aussi, l'enseignement, dit la loi, est laïque, mais l'instituteur donne l'instruction religieuse, enseigne le catéchisme,.

prépare les élèves à leur première communion, leur lit une traducîUon autorisée de l'Kvangile, et revient le lundi sur les points que le curé a traités dans le sermon du dimanche.

Nous voilà loin du laïcismc de M. llovclacque. ( Àpplaudisaoncnls.)

M. (lousin, qu'on ne prendra pas non jjIus pour un clérical, M. Cousin, après avoir étudié l'organisation de l'enseignement à l'étranger, et particulièrement en Allemagne, écrivait à M. de Montalivet, alors ministre de l'instruction puljlique :

« La religion est à nos yeux la base la meilleure, et peut-être même la base unique de l'instruction populaire. ))

Eh bien! qu'est-ce qu'on nous ofîre à la place de cette éducation religieuse que tant de grands esprits ont proclamée nécessaire? On a mis à la place, comme toujours, un mot sonore, retentissant, un de ces mots dont M. Tliiers voulait parler quand il disait dans l'enquête parlementaire sur le 4 septembre.

« Il y a des moments dans notre pays oîi tout le monde dit une chose, la répète, finit par y croire, et, tous les sots se mettant de la partie, la foule suivant, il n'y a plus moyen résister. »

On a dit : Nous donnerons une éducation nationale.

Qu'est-ce que c'est. Messieurs, qu'une éducation nationale? Il faut aller au fond des choses et déshabiller les mots : il y a dans la langue révolutionnaire des clichés dont il ne faut pas se lasser de faire justice. L'éducation nationale est un de ceux-là. C'est un mot qui brille, qui fascine, qui étourdit... Mais qu'est-ce qu'il y a dedans? Pour le savoir, le mieux, c'est de le demander

à ceux qui l'ont inventé. Ce n'est pas d'iiier. Au lendemain de la Révolution, en 1792, Condorcet offrait à l'Assemblée législative un plan" d'éducation nationale. « Il y explique que l'athéisme praticjue en est le vrai fondement et que la proscription des religions doit s'étendre sur ce qu'on appelle la religion naturelle. »

La Convention arrive, et alors c'est une fièvre d'éducation nationale; Saint-Just en a tout un programme.

« Les enfants seront revêtus de toile en toute saison (Hilarité); ils coucheront sur des nattes, dormiront huit heures; ils seront nourris en commun en ne vivront que de racines {Explosion de rires), de fruits, de légumes, de pain et d'eau. Us ne pourront goûter de chair qu'après l'âge de seize ans ! »

Lakanal apporte un projet en 70 articles : « Les garçons seront élevés surtout aux exercices du corps ; les filles, instruites surtout à coudre et à tricoter. » Le couronnement du système, la partie morale, ce sont les (c fêtes communales et nationales, pour lesquelles il doit y avoir un théâtre au moins par canton, où les hommes s'exerceraient à la danse et les femmes s'y instruiraient». Au nombre de ces fêtes, il y avait « la fête des animaux, compagnons de l'homme ». (Rire général.) Quand Lakanal en arriva à cet article de son projet, l'Assemblée se mit à rire et quelqu'un s'écria :

« Qu'est-ce que c'est que cette fête des animaux? »

Lakanal, qui ne riait pas, répondit : « ^les amis, c'est la vôtre. » (Ah ! ah ! très bien !) Comme éducation, c'est médiocre. Heureusement pour Lakanal, il n'y avait pas alors de local pour enfermer les députés, (Rires.)

Il y eut bien d'autres plans encore : Michel Lepelletier eut le sien, que Robespierre recueillit et qu'il soumit

à l'Assemblée. Tuns les euraiits, depuis Và^c de ciiif| ans jusqu'à douze pour les garçons, jusqu'à onze poulies filles, devaient être élevés en coinriiuii, aux dé|)en< de la IU''pu])liqu(', sous la sainte loi de l'é^^alité.

Le travail iiilelicctuel élait pros(iue iianiii, el à sa place on organisait le travail manuel. Les garrons de préférence devaient être «exercés h travailler la terre, employés dans les manufactures ou conduits sur les grandes routes pour y ramasser des cailloux ». ( zVohvcuHx rires.)

Voilà l'éducation nationale, et Danton en donne la formule un peu plus tard quand il s'écrie à la tribune : « Les enfants appartiennent à la République avant d'appartenir à leurs parents. » {ExdanudionH diverses.)

Formule odieuse, mais i)récieuse en même temps, qui démasque les rhéteurs, qui résume nettement les déclamations, et qui exprime en quatre mots ce que M. Spuller met aujourd'hui cent pages à dire moins^ bien. (Bravos.) Le droit de l'État, le droit du gouvernement, le droit du préfet, le droit du conseil municicipal, tout cela, c'est la même théorie, et les lauriers de Danton doivent empêcher M. Ferry et M. Hérold de dormir : ils n'ont jamais rien trouvé d'aussi bien que cela : « Les enfants appartiennent à la République avant d'appartenir à leurs parents. » (Non! non! — ApplmuUssements.)

Maintenant, pères de famille, vous savez ce que c'est que l'éducation nationale.

Pour moi, c'est le plus odieux des despotismes; et quand j'entends appeler national un pareil système d'oppression morale, quand j'entends prostituer ainsi ce mot qui éveille toutes les nobles, toutes les gêné-

reuses pensées, qui évoque tous les grands souvenirs et qui appelle tous les dévouements, je suis saisi d'une profonde indignation! (Salve d'<fp}ih(tidh>^rritr)ils.)

Nationale, et à quel titre? Je croyais, moi. Messieurs, que le sentiment national était celui qui embrasse dans un même culte toutes les traditions d'un pays, qui s'enorgueillit de toutes ses grandeurs, qui, passionné pour sa gloire, ne consent pas plus à la rabaisser dans le passé qu'à la compromettre dans le présent et à en désespérer dans l'avenir {Mouccmext prolongé. — Bi'((cos enthousiastes), et qui enfin, survivant à toutes les transformations sociales, plus fort que toutes les discordes civiles, renoue sans cesse, entre les générations et les hommes, la chaîne interrompue du patriotisme. ( Bravos.) Est-ce là ce qu'on nous offre? {Apphni(lis:<crnents prolongés.)

Au premier mot qu'on dit de cette éducation nationale, on jette l'outrage sur quinze siècles de notre histoire. On nous dit qu'elle ne date que de la Révolution et qu'avant elle il n'y avait pas en France d'instruction populaire. M. Floquet le répétait hier à la Chambre : « Le premier acte de la Convention a été de constituer une grande éducation nationale commune à tous les citoyens, » c'est-à-dire qu'avant la Convention il n'y avait pas d'éducation nationale, et que l'instruction populaire ne date que d'alors, et on ajoute que la raison de cet état de choses c'est que le clergé usait autrefois de son influence pour maintenir le peuple dans l'ignorance. Eh bien! l'histoire tout entière se lève pour protester : les statistiques, les documents abondent, et, quoi que M. Paul Bert en ait dit un jour à la tribune, on nous permettra d'ajouter plus de cré*

dit ù tous ces travaux d'Iiornines consciencieux qu'à lies dénégations qui ne s'appuient sur aucun argument.

Ces travaux, Messieurs, je ne puis pas les faire passer ici sous vos yeux, parce que le temps ne nous le permettrait pas; mais ce que je veux vous dire, ce qu'il faut savoir, ce (ju'il faut répéter bien haut et sans cesse, ce contre quoi je défie qu'on élève une preuve, c'est que l'instruction populaire a été dans tous les temps la première et constante préoccupation de l'Église; c'est qu'au Moyen Age les évoques, les prêtres et les moines étaient partout instituteurs, et que les conciles ne cessent de recommander au clergé l'instruction des enfants comme un de ses premiers devoirs; c'est que la tradition ainsi formée ne s'est jamais démentie, et qu'à tous les siècles de notre histoire on retrouve le même langage dans la bouche des évêques de France, disant comme l'évèque d'Aulun à ses prêtres :

« Prenez tous les ans quelque somme d'argent sur les revenus de la fabrique pour aider à avoir un bon maître. Si vous pouvez vous-mêmes contribuer à la subsistance duditmaitre d'école, préférez cette aumône à celles qui ne sont pas si nécessaires et si pressantes. Inspirez à ceux qui veulent faire des fondations au profit de l'Église de les attribuer à cette bonne œuvre. )> (Vif ittouvemoit cl' approbation.)

Voilà les efforts du clergé pour entretenir le peuple dans l'ignorance !

Sous celte puissante impulsion , les écoles se multiplient de toutes parts : petites écoles dans les villes , écoles rurales dans presque toutes les paroisses, écoles souvent fondées par de pieuses libéralités,

comme dans ces trois villages de Champagne, où un prêtre du diocèse lègue 13000 livres pour acheter des propriétés dont les revenus seront exclusivement employés à l'entretien des trois maîtres d'écoles de ces trois paroisses, qui devront enseigner continuellement la jeunesse, et particulièrement celle des pauvres, « avec toute la douceur, mansuétude , amour et charité , non seulement desdits lieux, mais des autres lieux voisins, s'il s'y en présente... » {Applaiidi^senients.)

Et voulez -vous savoir à quels résultats avait abouti cette ardente et continuelle sollicitude ?

Dans le diocèse de Rouen, en 1710, on trouve 94 écoles tenues par des curés, 274 par les vicaires et les diacres, 450 par des clercs et des particuliers laïques ; le traitement des maîtres est fait tantôt par le curé, tantôt par la communauté des habitants; quelquefois il est assuré par les fondateurs.

Dans le département de la Haute-Marne, les savantes recherches de M, Fayet constatent que sur les 550 communes du département, 514 ont révélé par des documents authentiques les noms de huit mille régents ayant enseigné aux deux derniers siècles, dans les écoles existant encore aujourd'hui.

En Provence , les budgets des communes constatent invariablement une allocation pour le maître d'école, et souvent pour la maîtresse.

En Franche - Comté , le territoire correspondant au département du Doubs comptait, avant 1789, plus de 390 écoles. Je choisis les exemples d'un bout à l'autre du pays.

A Paris, Messieurs, au commencement du xviF siècle, la ville, avec ses 43 paroisses, était divisée pour Fins-

ti"ucli(»ii, en \il (|u;ii"licrs, donl cIi.umiii ;ivail g(iii(';ralerruiiil iiiK! écolo de ^'arrons et iiiic de lilh'S, t2î>i environ : la kcmIc i)aroissc de Sainl-Snlpicfî, (lui n'élait pas beaucoup plus étendue qu'aujoui-d'liui , contenait 17 quartiers, c'est -à- dire 'M écoles.

Voilà, Messieurs, voilà le grand spectacle que pn'-sentait l'ancienne France, et qui faisait dire à un ambassadeur vénitien, au xvf siècle, qu'il n'y avait personne en France qui ne sût lire ou écrire! {Bravos et apphtudissenients proloiigés.)

Et savez-vous comment on entendait, en ce temps-là, le droit des pères de famille? Voici comment s'en exprime, en 4787, l'assemblée provinciale de Champagne :

« Les gages des maîtres d'école, dit la commission,, sont généralement payés par chaque chef de famille ; tout habitant a un droit personnel pour voter sur la conservation, le renvoi ou le remplacement de ces hommes pul)lics, et nous pensons que les délibérationsdes municipalités i^elatives à ces questions doivent être prises ou confirmées dans une assemblée générale des habitants... Ces assemblées, ajoute la commission en parlant des municipalités, ne sont pas assez nombreuses ni assez éclairées pour traiter des affaires les plus importantes, et il serait dangereux de confier à trois ou à dix personnes les intérêts généraux et particuliers de tous les habitants. »

Je recommande cette lecture à M. Hovelacque. {mrex.)

Ah! Messieurs, laissez-moi m'arrêter un moment pour jeter sur ce glorieux passé de mon pays un regardi de reconnaissance attendrie! Celle qui, pendant quinze

siècles, avait, pour ainsi dire, tenu la France entre ses bras comme une mère porte son enfant, guidant ses pas à travers les âges Itarbares, adoucissant peu à peu ses mœurs à mesure qu'elle versait la foi dans les âmes, formant son esprit et cultivant son intelligence, c'était l'Église catholique! {Braros.) Laissez-moi la saluer d'un hommage filial et dévoué. Chaque jour elle est abreuvée d'outrages et de calomnies, et jusque •dans les palais législatifs on la renie, on l'accuse, on Ja condamne : c'est l'heure pour ses fils de se serrer étroitement autour d'elle et de lever son étendard plus haut que jamais. (Bravos prolongés.)

A l'époque. Messieurs, où la France était ainsi couverte d'écoles, le procureur de la Chalotais, dont on a salué le nom comme celui d'un des précurseurs de la Révolution qui devait émanciper l'esprit humain, la Chalotais donnant avant l'heure le signal des plans d'éducation nationale , écrivait :

« Les Frères de la doctrine chrétienne, qu'on appelle ignorantins, sont intervenus pour achever de tout perdre : ils apprennent à lire, à écrire à des gens qui n'eussent dû apprendre qu'à manier le rabot et la lime. ( E.rdarnatiort^.)

« Parmi les gens du peuple il n'est presque pas nécessaire de savoir lire et écrire qu'à ceux qui vivent pour ces arts ou que ces arts aident à vivre. »

Et Voltaire, à qui la Chalotais avait soumis son ouvrage, lui écrivait :

« Je ne puis trop vous remercier de me donner un avant-goût de ce que vous destinez à la France... Je trouve toutes vos vues utiles ; je vous remercie de proscrire l'étude chez les laboureurs. »

J)c (|iil;1 coté, je vous le demande, de quel côté esL l'aiiioui- (lu i)eui)le el. le sentiment national? (Applun-

El muinlciiant, pour compléter les pièces du procès, il faut placer sous vos yeux, en regard du tableau que je viens de vous montrer, celui que la Franc(t présentait quelques années plus tard, au moment où allait disparaître cette Convention qui avait, nous dit-on, tout fait pour l'instruction populaire.

Ce tableau, ce n'est pas moi qui vous le donnerai : le voici, fait en deux mots par un homme (lue la Révolution ne récusera pas, Grégoire le prêtre apostat, Grégoire le régicide :

« Sur plus de sept cents districts, disait- il en 1794, soixante-sept seulement ont quelques écoles primaires; seize seulement présentent un état qu'il faut trouver suffisant, faute de mieux. Une lacune de six années a presque fait crouler les mœurs et la science. » Et la même année, Fourcroy disait :

{( On n'apprend plus à lire et à écrire. »

Mais pourquoi chercher si loin des témoins? Hier, à la tribune, est-ce que M. Ferry, pour se défendre contre la logique de M. Madier de Montjau, ne lui disait pas : « Voyant les écoles vides, les enfants à l'abandon, le personnel laïque absolument inexistant, vous n'auriez pas vous-même, monsieur Madier de Montjau, fait autrement; vous auriez fait comme Bonaparte, vous auriez eu recours aux seuls maîtres existants alors, aux Frères des Écoles chrétiennes. » (Bravos.) Aveu précieux et bon à retenir quand on nous parlera de l'instruction qui ne date que de la Révolution !

— aoi —

Messieurs, que s'était -il donc passé? M. Ghaiies de Lacretelle, le père, je crois, du député (jui proposait naguère un projet de loi sur l'instruction laïque, M. de Lacretelle l'explique ainsi :

«... La Convention vint, qui, toujours frappant, toujours détruisant, ferma des écoles, des collèges à peu près désertés ( puisqu'ils étaient déjà ruinés et envahis), et confisqua leurs biens aussi tranquillement que ceux des hôpitaux, tandis qu'elle dispersait et empri.sùnnait ou égorgeait ce qui pouvait rester d'instituteurs. »

Voilà donc l'éducation nationale 1

Est-ce là ce qu'on nous prépare aujourd'hui? Messieurs, je vais vous dire pourquoi je le redoute : c'est ({ue je retrouve dans les plans qu'on nous propose, dans les procédés qu'on emploie, dans tous les détails de la campagne qui commence, ce trait qui marque tous les efforts impuissants de la Convention, la haine de la religion. Portails, qu'on invoque si souvent contre nous, disait au premier Consul, pour lui montrer en quel état la période révolutionnaire avait mis l'instruction populaire :

« Les professeurs ont enseigné dans le désert, parce ({u'on a proclamé imprudemment qu'il ne faut point parler de religion dans les écoles; l'instruction est nulle depuis dix ans. Les enfants sont livrés à l'oisiveté et au vagabondage. » Les professeurs ont enseigné dans le désert, parce qu'on a proclamé qu'il ne faut point parler de religion dans les écoles. Voilà bien la vérité. La flamme est éteinte; le foyer demeure vide et froid. Les élèves se détournent d'un enseignement stérile : les maîtres ne se rencontrent plus, ou bien ils font,

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