‹ Discours du comte Albert de MunChapitre 31 sur 46 · II. — U · texte numérisé non relu

II. — U

Les L';is|iill;ti,'c.s liiuiiiciurs d'une admiiiislralion iiii|jr6voyaiilo cl souvent coupable aggravaient encore celle siluation; le malaise et rimiuiéludc étaient partout. Dans tous les milieux sociaux on conimenrait à sentir le besoin et le désir d'un gouvernement lionnCte, stable et réparateur. Le rétablissement de la monarchie tradilionnelle [)araissait ainsi à beaucoup la condition nécessaire du salut public, et l'espérance semblait d'autant plus permise à ses partisans que la mort du jeune prince impérial, massacré par les Zoulous, en désorganisant le parti bonapartiste, avait accru le nombre des conservateurs disposés, pour débarrasser le pays de la République, à se rallier à la cause de la vieille royauté.

M. de Mun n'avait jamais varié dans ses convictions royalistes, connues de tous ses amis, et auxquelles M. le comte de Chambord avait daigné rendre récemment un éclatant témoignage en lui adressant, à la suite de son invalidation, une lettre qui était en même temps un gage précieux de sa haute approbation pour son attitude; mais, placé sur le terrain catholique par les conditions mêmes de la lutte sociale où il s'était engagé depuis dix ans, il n'avait pas encore eu l'occasion d'exprimer publiquement ses sentiments politiques.

En face des maux accumulés par la République, il ne crut pas possible de garder plus longtemps le silence, et, sachant d'ailleurs qu'il répondait aux sentiments personnels de M. le comte de Chambord, de plus en plus résolu à manifester le caractère nettement catholique de sa politique, il voulut montrer à tous ceux qui partageaient ses convictions religieuses la nécessité, au nom même de leurs intérêts les plus chers, de se grouper autour du drapeau de la monarchie légitime. L'approche des élections législatives, qui devaient avoir lieu dans le courant de 1881 , rendait d'ailleurs naturelle et nécessaire une entière et loyale déclaration de principes. M. de Mun choisit, pour accomplir cet acte considérable, l'occasion d'une réunion d'électeurs du Morbihan,

convoquée à Vanne? par le comité royaliste du déparlement. Ce fut là qu'il prononça, le 8 mars 1881, le discours suivant, publié le lendemain sous le titre de Dieu et le Roi.

Messieurs,

Avant d'aborder les graves questions que je me propose d'examiner devant vous, je dois remercier M. le comte de Monti des paroles trop bienveillantes qu'il m'a adressées dans l'énergique allocution que vous venez d'entendre et de saluer de vos applaudissements, et il me permettra, j'en suis sur, de confondre dans une même expression de gratitude son nom et celui de M. le comte de Lambilly, qui m'a donné depuis cinq ans, dans ce département, des témoignages si précieux d'une amitié à laquelle je me félicite d'autant mieux de pouvoir rendre un public hommage, qu'elle est faite de deux parts inégales, l'une d'abnégation, l'autre de reconnaissance, et que celle-ci, qui est la mienne, est aussi la plus lourde. (Bravos. — Appînudisseiuoits. — Vice M. (Ir Monta — Vive M. de LainhUhj!)

Mais ce n'est pas seulement le patronage d'une amitié qui m'honore et de leurs noms respectés que m'apportent ici ces deux Messieurs, et leur présence est autre chose que le gage d'une affectueuse sympathie. Leur place était marquée au premier rang d'une réunion dont le caractère pohtique est publiquement annoncé, et je suis heureux, en les saluant à ce titre, de donner pour ma part l'exemple d'une discipline qui m'est douce assurément, mais que j'aime à pratiquer, surtout parce qu'elle est la force de tous les partis , la condition même de leur vie, et, pour le parti royaliste

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