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et qu'il chaque; violonco nouvelle; on s'assoit sur les ruines (ju'on a laites pour n;prendre haleine et [)arlei' (l'apaisement. Je sais cela, et je dis, Messieurs, (|ue c'est une connédie électorale (O;*; / o /((/); je dis que non seulement on ne peut pas s'arrêter parce qu'on est poussé par les innpatients, mais encore et surtout qu'on ne veut pas s'arrêter, et on ne le veut pas, parce que l'œuvre entreprise n'est pas une œuvre de hasard, de circonstance ou de politique, mais une oeuvre de sectaires longuement préparée dans les loges de la franc-maçonnerie, commencée dès le lendemain de la guerre de 1871, dans les discours où M. Gambetta allait, comme à Saint-Quentin, comme à la Ferté-sous- Jouarre, ameuter les esprits contre les catholiques; une œuvre enfin dont le programme est devenu celui de toute sa vie politique et qui porte un nom connu de toute la France : c'est le programme de Romans.
Voilà la vérité. (Oui! oui! — Apjjlaudissements.) On a pu varier les procédés, essayer tour à tour de la violence et de la modération ; on n'a jamais changé de programme, et on poursuit avec persistance le plan qu'on a tracé d'avance. Ce n'est pas l'emportement d'un jour, c'est un système de gouvernement qui consiste à déchristianiser la France pour mieux l'asservir, à mettre partout l'État à la place de Dieu, et, quand on aura suffisamment enguirlandé les électeurs de belles promesses et de bonnes paroles , quand on les aura étourdis par le mirage d'une prospérité factice et trompés par les apparences d'une modération intéressée, un système de gouvernement qui consistera, on l'espère bien, à se mettre soi-même à la place de l'État.
Voilà la dictature iju'on nous prépare.
C'était jadis la dictature de l'incapacité ; aujourd'hui ce sera quelque chose de bien plus redoutable , ce sera la dictature de l'impiété. {Br<(co.<.)
Sans doute la France chrétienne, la France honnête a protesté par d'admirables résistances contre la tyrannie qui la presse; et je ne sais rien de plus beau, de plus fortifiant que cette lutte entre la conscience et le despotisme, que cette nation qui défend son âme contre l'esclavage, qui se dérobe avec de superbes révoltes au joug qu'on lui propose, et qui, sentant sur son épaule la main de ses vainqueurs, se redresse courageusement, s'enveloppe dans son honneur et s'écrie , comme cet orateur de P^ome au tyran qui le menaçait : « Quand tu m'arracherais la langue , mon ^ âme, restée libre, de son souffle seul repousserait ta violence. » {Braro! — Applaudlssentents jiroloiiijés.) .Te ne sais rien de plus beau que ces protestations qui se multiplient sans cesse depuis deux ans ; rien de plus beau que ces juges qui demeurent jusqu'au dernier jour sous l'épée qui les menace, fièrement drapés dans leur indépendance ; rien de plus beau que ces trois cents magistrats qui déposent leur toge pour ne pas courber leurs fronts... (Très bien! — Braros); rien de plus beau que ces sacrifices constants, ces dévouements infatigables qui donnent à la défense religieuse du pays ses ressources et ses serviteurs. Cette lutte, Messieurs, cette protestation de tous les catholiques, de tous les hommes de liberté contre le despotisme révolutionnaire, il faut qu'elle continue sans trêve et sans repos : c'est le devoir, c'est l'honneur, c'est le moyen de faire hésiter les persécuteurs, d'entraver
leur in.iri'lic, de l'elanicr eiiliii auUuil (jij(! possible l'exécution de leurs desseins.
Mais je suis ici pour vous dire , parce que c'est ma conviction , que ce n'est pas assez.
Ce n'est pas assez , parce que cela ne résout pas la (jucstion politique, et que, la question politique en suspens, c'est le lendemain plein de périls et d'incertitudes, c'est l'avenir du pays livré à tous les dangers que j'ai essayé de vous montrer; je me trompe, c'est l'avenir du pays condamné à l'irrémédiable catastrophe morale et matérielle dont j'ai fait tout à l'heure passer le tableau sous vos yeux.
Voulons -nous abandonner notre patrie à la ruine, nos intérêts les plus chers à l'exploitation d'une politique coupable, nos enfants à l'impiété, nous-mêmes à la persécution; nos champs, nos ateliers et nos usines à une législation qui les épuise; nos droits et nos libertés à un despotisme sans scrupule ; notre dignité, notre sécurité nationale aux entreprises inavouées'? Ou bien, comme des citoyens pénétrés de leurs devoirs envers leur pays, comme des hommes jaloux de leur indépendance, comme des chrétiens dévoués à leur foi, voulons -nous à tout prix tenter un effort héroïque pour sauver notre patrie et nous sauver nous-mêmes? Voilà la question. {Motivcmoil.)
Messieurs, je n'ai jamais compris l'indifférence politique. Je sais très bien, et tous les catholiques savent avec moi que, si la soumission à la loi divine est la condition essentielle qui s'impose â tous les gouvernements humains, Jésus -Christ n'a pas cependant dicté aux nations chrétiennes la forme de leur constitution politique, et que c'est là une question hbre au-dessus
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de laquelle l'Église demeure immuable dans sa constilulion divine. Si l'indifférence politique était là, s'il s'agissait d'une thèse aussi manifeste pour un esprit chrétien, je n'en parlerais que pour y souscrire. Je dirai davantage : si l'indifférence politique n'était que la préoccupation exclusive, chez ceux qui en ont la garde, d'intérêts sacrés plus hauts que les intérêts humains, je n'élèverais pas la voix pour la condamner. Mais ce n'est pas là, ce n'est pas dans cette affirmation d'un principe certain, dans ce sentiment d'un devoir supérieur, qu'est l'indifférence politique ; elle est dans cette erreur pratique qui, s'appliquant à un pays déterminé, y tient tous les gouvernements pour également bons ; elle est dans cette insouciance qui les accepte tous par une défaillance coupable, et qui se réfugie dans le chimérique espoir de trouver des expédients pour en tirer parti. (Braco^^. — A})p]aiidis>ieinritts.)
C'est là qu'est l'indifférence politique, et c'est d'elle que l'illustre et à jamais regretté cardinal Pie {bracos pro(on(/és) a pu dire qu'elle ne sera jamais qu'une vaine formule. « Quiconque, — ce sont ses propres paroles, — quiconque s'épuise à vous dire qu'il n'a pas ^^ d'opinion politique , et que le mieux est de n'en pas avoir, termine rarement son discours sans vous démontrer qu'il en a une mauvaise et qu'il veut vous la faire partager'. » {Bravo>i. — Apiilaiidis'ieinents.)
Voilà ce que c'est que la neutralité poUtique, et c'est pourquoi je dis qu'elle est aussi impraticable que dangereuse.
Une nation ne peut pas se passer de gouvernement,
1 Œuvres de M" Pie, évéquc de Poiliers, t. II, p. 321.