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(!(,' sailli. Je regarde aulour de hkjI, el je ne vois plus même d'abri provisoiic qui puisse tenter les hésitants; je n'en vois plus d'aucune sorte. I-a répu.l)!ifjue conservatrice '? ( Ilircs iriiiiKiiirn.) Nous l'avons vue avec M. ïhicrs ; elle est venue s'évanouir dans les bras de M. Barodet. M. Dufaure a essayé d'en relever les débris; ils sont tombés avec lui, et il n'a plus trouvé, pour sa sincérité religieuse, d'autre ressource que de mettre son éloquente parole au service des causes justes et saintes persécutées par la république. M. de Freycinet disait h Bordeaux, en 1878, qu'il voulait une république où l'on ne blessât ni les personnes ni les intérêts, où l'on fût tolérant et conciliant; étant devenu chef du pouvoir, il a chassé les Jésuites... (Wrcs ironiques) ; puis il a cru qu'ayant fait la part du feu, ayant sacrifié un nombre respectable d'innocents, il pourrait gouverner sans faire de victimes nouvelles ; c'est à quoi se réduisait alors la république conservatrice. (Nouveaux r</-es.j M. de Freycinet est tombé sous cette illusion. On dit que M. Gambella est devenu aujourd'hui le représentant de la république conservatrice... Voilà ce qui nous reste; et déjà, pendant qu'on offre au pays cette extrémité comme une ressource suprême, la Commune relève partout sa tête triomphante, les amnistiés s'assoient dans l'Assemblée nationale, et la république de demain montre son visage à travers les mailles largement ouvertes de la politique opportuniste. Je demande, après cette expérience de dix ans, ce qu'on attend pour se convaincre. (Bravos.)
L'empire, Messieurs, l'empire est mort, mort dans une catastrophe sans égale, qui a trouvé nos cœurs d'autant mieux ouverts à une respectueuse sympathie,
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qu'en nous inclinant devant ce gi^and deuil d'un parti nous pouvions saluer en même temps une gloire de plus pour l'histoire nationale. (Très hiot !) L'empire est mort, car ce n'est pas vivre que d'avoir un représentant renié par tous ceux qui veulent sauver la religion et l'ordre social. [Bravos.)
Eh bien, aux désabusés de la république qui ne veulent pas de ses violences et qui n'espèrent plus dans sa modération, aux survivants de l'empire qui demandent un gouvernement fort, un gouvernement d'ordre et d'autorité, et qui gardent pieusement dans leur cœur la mémoire des princes qu'ils ont perdus , aux conservateurs enfin de tous les partis de la nation, non pas à ceux qui sont prêts à s'accommoder de tous les régimes en échange d'un peu d'ordre matériel, mais à tous les hommes de travail, de foi, de liberté, qui sont soucieux de leurs intérêts, de leur religion, de Téducation de leurs enfants, qui ont besoin, pour A'ivre, de la paix, de la prospérité, de la sécurité du lendemain, à tous ces hommes de bonne volonté, je dirai : Qu'attendez -vous pour venir à nous? (Bravos. — Acclaiiiations. — Vive le roi!)
La monarchie est là toute prête, avec un roi chrétien, honnête et loyal, avec des princes unis derrière lui dans une commune pensée de patriotisme; la monarchie avec son principe de stabilité, ses traditions, les preuves de son passé ; et, en face, il y a la répubhque avec la guerre à Dieu , la sécurité menacée au dedans et au dehors, l'anarchie dans l'armée , dans la justice, dans l'administration; la républi(]ue avec sa tyrannie, sa mobilité, et, elle aussi, avec ses traditions et les preuves de son passé... (Bravos redoublés):
mais la i(''|)ulili(|ii(;, lailus-\ Ijicii alleiitioji, où loul le inundf .s'iiiiil poiii- combattre, à l'heui'e du péril, autour (lu clicf cl (lu drapeau commun, tous, radicaux et modérés, intransigeants et o[)porlunistes, tous, sans distinction de nuances, d'opinions et de préférences. Voilà ce (pie je demande. Je demande que nous suivions cet exemple fécond et que tous, chrétiens et conservateurs, hommes de foi, d'ordre et de liberté, nous oubliions les nuances, les opinions, les préférences qui nous divisent pour nous rallier autour du roi et du drapeau de la monarchie nationale. (Jirdvos. — Applaudissements prolonffés. — Vire le roi !)
Je le demande, Messieurs, dans toute l'ardeur de mon patriotisme, dans la sincérité d'une conviction que les événements fortifient chaque jour, heureux si ma voix peut être entendue de cjuelqucs-uns et si je puis, par mon exemple et pour ma faible part, contribuer à former, pour le salut de la France chrétienne, la grande armée de la conservation sociale, à ({ui la tradition des siècles a légué ce cri de ralliement, qui vaut tout un programme : Dieu et le roi. (Bravos. — Lonijae salve d'applaudissements. — Vive le roi! — Vive M. de Mu)i ! — L'orateur est entouré et vivemeat félicité.)
Co (iiscours souleva (Jans la presse entière une vive émotion. Accueilli avec un véritable enthousiasme par Ythiivers et par le i)lus grand nombre des journaux catholiques des départements aussi bien que par VUnion et par tous les organes du parti légitimiste, il fut, au contraire, violemment attaqué par la presse républicaine et libérale, à laquelle firent malheureusement écho, avec plus de modération dans la
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l'onue, quelques journaux catliuliijues de Paris. Des récils fantaisistes, où la vérité était dénaturée, présentèrent Tallilude de M. de Mun et les motifs qui avaient inspiré sa conduite sous un jour absolument faux. Une polémique ardente s'ensuivit et se prolongea pendant plusieurs semaines. M. de Mun ne voulut y prendre aucune part; il trouva d'ailleurs une suffisante compensation à ces attaques injustifiées dans la lettre suivante, dont M. le comte de Ghambord daigna Thonorer :
« Goritz, 2o mars 1881.
« Je n'attendais pas moins de vous, mon cher de Mun. Le discours que vous venez de prononcer à Vannes est bien celui de Thomme qui, mesurant l'étendue du péril social, avait tant de fois déjà trouvé dans son patriotisme le courage de dire à la Révolution ce qu'elle est et à la contrerévolution ce qu'elle doit être. C'est avec une grande joie que je m'associe à votre nouveau triompl;e et que je vous adresse, avec mes félicitations les plus vives, mes remercier ments les plus sincères.
« Tout est vrai dans le tableau que vous faites de la prospérité factice de nos finances et de la :-ituation lamentable de notre industrie, de notre agriculture. Tout est vrai dans le récit indigné de ces expulsions d'humbles et saints religieux qu'entourait le respect de tous, et que l'on a chassés comme de vils malfaiteurs au nom de la civilisation.
« Vous n'avez pas oublié, et je vous en remercie, de saluer en passant ces hommes de désintéressement et de sacrifice, rhonneur de la magistrature, qui ont noblement refusé d'abaisser leur conscience au caprice de l'injustice et de l'impiété triomphantes. L'estime publique leur est acquise ; qu'ils comptent aussi sur ma plus vive reconnaissance.
« Mais si vous avez dit vrai, dans la triste énumération de nos abaissements et de nos humiliations, vous n'êtes pas
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moins lieurcux quand vous iii(li(juez le lomède à lant de maux. Avec la monarchie (raditionncllc, ce qui signifie la iiionarcllio chrétienne, vous vous faites fort de résoudre Iouh les problèmes conleniporains, et vous avez raison.
« Oue rinditrérence en matière politique se scandalise de la netlelé de vos affirmations, que les pusillanimes s'en effrayent, ([uc les révoltés s'en indignent, je le eomitrends, la vérité est toujours importune aux ciioques de troubles et de défaillance; mais quand Terreur, sous mille formes diverses, se produit de toutes parts et au grand jour, n'est-ce pas pour nous un devoir d'affirmer le droit, la justice, la vérité, et d'opposer à l'audace du mal la probité et l'honneur?
« Il s'agit de savoir si le monde doit retourner à la barbarie et s'il ne doit pas demander compte à la Révolution de ses exécrables forfaits. Il s'agit de savoir si la stabilité d'un principe qui domine les vicissitudes humaines et qui leur survit n'est pas supérieure à toutes les combinaisons du hasard et de l'intrigue pour protéger la dignité des consciences ainsi que la liberté des âmes, et assurer à cet ouvrier qui vous est si cher et auquel vous avez si généreusement consacré votre vie, la sécurité du pain quotidien.
« On ne démontrera pas mieux que vous ne l'avez fait ces grandes vérités; on ne prouvera pas mieux, pour recouvrer tant de bienfaits perdus, la nécessité de rendre à la France son Dieu et son roi.
« Henri. »
Peu de jours après la publication de celte lettre, M. de .Mun recevait de M. le comte de Chambord la mission d'organiser par toute la France un large mouvement de propagande royaliste. MM. Lucien Brun, sénateur, et le vicomte Mayol de Lupé, rédacteur en chef de V Union, donnèrent, par deux grandes conférences, le signal d'une campagne à laquelle prirent part les orateurs les plus autorisés et les plus brillants du parti. Alimentée constamment par des banque
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des meeliogs, des réunions publiques et privées, soutenue par une large diffusion de brochures et d'écrits politiques, celte campagne se prolongea pendant deux ans, sous la direction de M. de Mun, puissamment secondé par un jeune magistrat démissionnaire, M. de la Guillonnièrc, jusqu'au moment où la maladie et la mort de M. le comte de Chambord vinrent, en modifiant les conditions de la lutte politique, y mettre nécessairement un terme.
Dans rintervalle, les élections législatives avaient eu lieu 21 août 1881. L'arrondissement de Pontivy, en raison du iîTre de sa population, avait été scindé en deux circonscriptions. A la suite d'une réunion du comité royaliste du Morbihan, la première fut attribuée à M. le comte Lanjuinais, et la seconde (comprenant les cantons du Faouët, de •''"'urin et de Guéméné , réservée à M. de Mun , qui y fut élu : 4476 voix contre 3o60 données à M. le Fur, paysan du canlon de Guéméné et républicain exalté, que ses adversaires avaient cru habile de lui opposer.
La nouvelle Chambre se réunit à la fin d'octobre 1881 , et i élection de M. de Mun fut validée sans débat dès la première séance.
IXTERPELLATIOX
SL'R L'EXPÉDITION IjE TUNISIE
(Discours pioncncé à la Chamtoe des députés le 9 novembre 18él.)
L'expédition entreprise en 1881 en Tunisie, d'abord pour châtier les incursions des Kroumirs et en empêcher le retour, puis pour arriver à placer toute la Régence sous le protectorat de la France, avait pris peu à peu les proportions d'une véritable guerre coloniale. Pour y pourvoir, sans proposer au Parlement des mesures d'ensemble qui eussent alarmé le pays, et peut-être, à la veille des élections, porté préjudice aux intérêts du Gouvernement, celui-ci avait dû recourir sans bruit à des expédients qui, en jetant le trouble dans l'armée, menaçaient de la désorganiser. De graves désordres étaient résultés de cette situation, et l'opinion publique était vivement émue d'un état de choses que les partis d'opposition ne manquaient pas de lui signaler avec insistance. Conservateurs et radicaux reprochadent au ministère d'avoir trompé le pays en l'engageant dans une véritable guerre sans avoir consulté le Parlement. Beaucoup parmi eux considéraient l'expédition de Tunisie comme sans profit pour la France. Quelques-uns accusaient le gouvernement de ne l'avoir entreprise que pour soutenir d'inavouables intérêts.
Pendant la période clecloralc de 1881, la poléiniiiue avait redouble de vivacité, et les préfets, pour y répondre, avaient été jusqu'à nier, dans des documents officiels, qu'il y eût une guerre en Tunisie, afTcclaût de présenter rexpéditioii comnne une dôinonslration insignifiante.
La nouvelle Chambre se réunit sous b; coup de ces émotions, et, dès les premiers jours de la session, Textrême gauche interpella le ministère sur la situation de la lYame en Tunisie.
Le débat fut très ardent et dura plusieurs jours. La dioile y assista dans le silence.
Au moment où la discussion allait être close, M. le comte de Mun crut nécessaire d'établir en quelques mots son attitude. Sans partager le sentiment d'un grand nombre do conservateurs sur l'inopportunité d'une expédition en Tunisie, que les souvenirs de .ses campagnes d'Afrique lui faisaient, au contraire, regarder comme une conséquence presque inévitable de notre établissement en Algérie, et sans vouloir en aucune façon s'associer aux accusations assez vagues de ceux qui reprochaient au ministère de coupables uianœuvres financières, M. de Mun était cependant disposé à blâmer très énergiquement la manière dont l'expédition avait été engagée et conduite, les préoccupations électorales qui avaient paru dominer l'attitude du gouvernement et le manque de sincérité qu'il avait témoigné'vis-à-vis du pays.
Chargé par un grand nombre de ses collègues de la droite •de porter à la tribune un ordre du jour de blâme contre le ministère, il le motiva en ces termes :
M. LE COMTE Albert de Mun, Je ne demande à la Chambre que quelques minutes d'attention pour avoir l'honneur de lui présenter une très courte déclaration au nom d'un grand nombre de mes amis et au mien.
La Chambre a compris la réserve dans laquelle nous
nous sommes renfermés pendant ces longues et douloureuses discussions. Étrangers à toute responsabilité dans la guerre où la France a été engagée par la légèreté du ministère, nous n'avions pas besoin de venir à cette tribune dégager la minorité de l'ancienne (Ihambre d'une complicité qu'elle n'a jamais eu à se reprocher.
Un iiieiiîhre. Vous n'y étiez pas!
M. DE Baudry-d'Asson. Ses collègues en faisaient p;irtie !
-M. LE COMTE Albert de Mux. On me fait observer que je n'avais pas l'honneur de siéger dans l'autre Chambre; aussi ai-je pris soin de dire que j'étais ici l'interprète de mes collègues.
Adversaires déclarés d'un cabinet qui ne pouvait, à aucun titre, avoir notre confiance, nous n'avions pas davantage à venir ici faire l'aveu d'illusions perdues et de notre bonne foi surprise. {Bruit.)
Nous n'avons pas cessé un seul jour de dire au pays, dans la mesure de nos forces, ce que nous croyions être la vérité, et peut-être Teùt-il mieux écoutée si les scandaleux démentis des préfets de la République n'avaient achevé de le tromper. ( Très bien! à droite.)
Le débat qui va se clore aujourd'hui sera pour la France le meilleur des enseignements. Pendant quatre jours, elle a vu se succéder à cette tribune, sans qu'aucune interruption de notre part soit venue les troubler. . .
.4 gauche. Allons donc I vous n'avez fait que cela !
M. LE COMTE Albert de Mun. Je dirai « sans aucune intervention de notre part », puisque le mot « d'interruption » n'est pas compris.
Klh; ;i vu se succôdor h la lril)iiii(> des hommes qui, par leur attachement ;i la Héi)uhhrjue rxi même par leurs sympathies pour U*, ministère, ne saurai(;nt (*itre suspectés d'avoir apporté dans cette adnire un esprit de parti ou d'opposition systématique; ils sont venus en termes émus, avec des térnoignag(;s accablants, convaincre le ministère de la [tius coupable des aventures politiques. {îiilcrnijil'ions.) Ils ont apporté ici l'invciilaire de ses contradictions intéressées, de ses calculs funestes; ils ont dénoncé la politique électorale qui a été la fatalité de ses actes. (Très bien! à droite.) Ils ont montré l'imprévoyance apportée dans les préparatifs militaires, le trouble jeté dans l'organisation de l'armée, l'usage irrégulier qu'on avait fait des ressources financières ; ils ont parlé de notre situation diplomatique compromise.
Nous avons entendu le ministère se défendre , et il ne nous a pas semblé qu'il se fût justifié. (Très bien! à di'oite. — Rn)neurs à (/((Kchc) Nous sommes demeurés les témoins attristés de ce débat cruel pour l'honneur delà France. (Réclamations à gauche et au centre.)
Nous aurions pu céder à la tentation de venir à la tribune pour en tirer quelques conclusions...
A (fauche. Faites-le!
M. LE COMTE Albert de Mun. ...nous aurions pu faire ressortir les fatales conséquences que M. Clemenceau signalait tout à l'heure , et la difficulté où est le régime républicain de soutenir dignement l'honneur national. ( V'/rt^s protcst^dionfi an centre et à gauche. — Cris : A l'ordre/ — La censure/)
M. Noël Parfait, Ce n'est pas là un langage français!
M. LE PRÉSIDENT. Je lie pouiTais pas permettre... (Bruit.)
M. Gambetta. Je demande la parole. (Vif!< aY>plaudiasrinoits à gauche et nn cotlre.)
M. LE président. Je ne pourrais pas permettre à l'orateur de parler en ces termes du régime républicain et de dire que la Constitution sous laquelle nous vivons, et à laquelle le Parlement en particulier doit le respect, ne permet pas de défendre l'honneur du pays.
J'invite M.' le comte de Mun à retirer son expression, ( Applniidissements répétés à gauche et au centre.)
M. LE COMTE Albert de Mcn. }*[essieurs, si ma l)hrase avait été achevée, je crois que vous l'auriez laissée passer... (Xouf non !)
J'ai entendu tout à l'heure à cette tribune M. Clemenceau mettre M. le président du conseil en opposition avec lui-même et lui dire: « Vous nous avez déclaré i|u'il y avait des circonstances où l'honneur national commandait de ne pas tout dire : alors il faut en conclure que le régime de la République parlementaire n'est plus possible. » ( Rccla)>ialions à gauche et au centre.)
M. le président. Si quelque chose ressort de cette discussion, c'est que la Chambre a permis que le débat fût aussi acéré et aussi implacable que possible; mais je manquerais à mon devoir si je tolérais qu'il devînt injurieux, soit pour les personnes, soit pour le gouvernement de la République.
J'invite de nouveau M. le comte de Mun à retirer l'expression dont il s'est servi. (Très bien! très h'ien!)
M. LE COMTE Albert de Mun. Monsieur le président, je déclare qu'il n'a pas été dans ma pensée...
A (/'nichr. lU'tiic/. l'expression !
M. 1,1-: co.MTi; Ai,i!i;i!r di: Mcn. ,1e n'ai dDnné au (lébul uih; louniure injuiicusc ni pour les personnes ni même pour la l'oi-me du (iouvcrneinenl. .l'ai cru qu'il m'élait permis de tirer des discussions qui se sont i)roduites ici une preuve de la difficulté d'appliquer le régime parlementaire... (Jiniil j^i'olonifc.)
M. T.E PRÉSIDENT. Retirez-vousl'expression, Monsieur de Mun?
M. LK COMTE AujEirr jjE Mux. Laquelle, monsieur le président? (E.rclamalions à (junchc.)
M. LE PRÉSIDENT. Vous avez dit qu'il résultait de ce débat, —je n'ai point la prétention de reproduire exactement vos paroles, mais je reproduis la pensée, — que le régime républicain était hors d'état de protéger l'honneur national.
A (faiiclic. C'est cela! c'est cela !
M. LE PRÉSIDENT. Je VOUS prie de déclarer à la Chambre si vous retirez cette expression.
M. Bourgeois. L'orateur a parlé de « difficulté » !
j\L LE COMTE Albert de Mun. Monsieur le président, j'ai dit la difficulté pour le régime républicain... (Bruit.) Je fais appel à mes collègues. (Oui/ oui/ à droite.)
J'ai dit « difficulté », et je crois que le mot n'excédait pas les limites du droit de discussion, {Intcrrupliims à gauche.)
Si j'avais prononcé celui « d'impossibilité », je pourrais reconnaître qu'il a excédé ma pensée; mais j'ai prononcé celui de « difficulté », et je ne crois pas que je doive le retirer.
M. LE PRÉSIDENT. Retircz-vous l'expression?
M. LE COMTE Alhert DE MuN ct 67's coUèyuea de la droite. Laquelle? (Exclamations.)
Un iitemhre à gaurhe. Ilelisez votre manuscrit!
M. LE PRÉSIDENT. Vous avez dit que le régime républicain ne permettait pas de soutenir la dignité nationale.
.1 droite. Non ! non !
M. DE LA Bassetière. On en a dit autant de la monarchie et de l'empire !
M. LE PRÉSIDENT. Yoici , d'après la sténographie, l'expression dont se serait servi M. le comte de Mun :
« ... La difficulté où est le régime républicain de soutenir dignement Thonneur national... »
A droite. C'est cela 1
Plasieurs )nembres à gaitclie. « L'impossibilité ! » — Nous demandons la censure !
M. DE LA Bassetière. Sous tous les régimes, une pareille appréciation a été permise et on en a usé.
M. LE président. Vous n'avez pas la parole, monsieur de la Bassetière; l'incident est déjà assez difficile à éclaircir sans venir le compliquer par de nouvelles interruptions.
Il semble rester un outrage adressé au gouvernement de la République. (Marques d'assentiment à (jancJie et au centre. — Protestations à. droite.) Je désirerais que M. le comte de Mun, en n'y persistant pas, me rendit ma tâche moins pénible. Mais il me paraît difficile de ne pas faire appel à la rigueur du règlement. M. Laroche -JouBERT. C'est une appréciation! M. LE COMTE DE Maillé. C'ost uotro droit de parler ainsi ! Nous ne sommes envoyés ici que pour cela !
M. UK IJaudhy-d'AssON, ^<'(i(lrrss(i}it à M. tic Mm,. Nu relirez rien ! {Crh : La cciisKrc ! lu cmsnn' ! )
M. i.K l'nii.siDKNT. La censure est demandée. Je lis l'arliilc l'24 du règlement, qui est ainsi conçu :
i< La censure, avec exclusion temporaire du palais de l'Assemblée... » (Vires récUnnaiioiis à droilr.)
M. DE LA RocHKTTE, ô M. de MuH. Ne reliiez lien !
M. DE liAUDHY-D'AssoN, de SU pUtce. Si vous m'infligiez une semblable peine, vous auriez à faire mon siège une seconde fois!...
Phfsieufs menihrrs à i/nnclic. On ne vous a pas entendu !
M. DE J3aUI:)RY-J)'AsS0N, desmidaid d((iis Vliéntinjrlf.
Je dis. Messieurs, que si vous m'infligiez une semblable peine, vous aui-iezàfairemon siège une seconde fois, je vous le garantis !... { HrKijanies exclamations el rires à (/niirhe et an cenlrc) ... et je liens à ce que mes paroles soit insérées au Jimmal offu-iel.
M. LE PRÉSIDENT. La Chambre veut-cUe me permettre de continuer la lecture de l'article i'24 du règlement, qu'il importe qu'elle connaisse?... ( Le silence se rétahlii.)
Il est ainsi conçu :
« La censure avec exclusion temporaire du palais de l'Assemblée, est prononcée contre tout député : 1"..., 2"..., 3-\.., ¥...
5» Qui se sera rendu coupable d'outrages envers le Président de la République, le Sénat ou le Gouvernement. »
Ces derniers mots « le Gouvernement » s'entendent du Gouvernement existant, c'est-à-dire du Gouvernement de Ja République, puisque les membres du
Gouvernement sont protégés par un autre article. I Iiiterrtiption.'i ironiifues à droite. — Vives inarques '}'<(i>sentiment à gauche et au centre.)
M. LE VICOMTE Blin DE BouKDûN. On pûunait exclure alors tous les orateurs qui ont attaqué le cabinet!
M. DE Baudry-d'Asson. Oui ! excluez donc tous les orateurs de la gauche qui ont attaqué le Gouvernement ! I l'ru'it à ijoHcIte et an centre.)
M. LE président. Aux termes du règlement, M. le cornte de Mun a la parole...
M. DE Baudry-d'Asson à M. le comte de Mun. Ne la prenez pas ! Ce n'est pas la peine !
M. LE président. ...il pourrait déclarer, par exemple, que, dans sa pensée, il n'a pas voulu outrager le Gouvernement.
A droite. C'est bien évident !
M. de LA Bassetière. Il ne s'agit que d'une simple appréciation! {^Exclamations ironiques à gauche et au ' idi-e.)
M. LE PRÉSIDENT et M. LE COMTE ALBERT DE MUN
hangent quelques mots à voix basse.
M. LE PRÉSIDENT. La parole est à M. le comte de Mun.
M. LE C'jmte Albert de Mu^n'. Messieurs, je n'éprouve aucune difficulté à répéter quil n'y a eu de ma part aucune intention d'outrage, mais seulement une appréciation. (Applaudissements sur plusieurs bancs à 'Irnit,'. — Exclamations ironiques à gauche et au •■ntre.)
M. le président. Après cette déclaration, Messieurs,
puisque le mot « impossibilité » n'a pas été prononcé,
t que d'ailleurs M. de Mun déclare qu'il n'a pas eu