‹ Discours du comte Albert de MunChapitre 38 sur 46 · II · texte numérisé non relu

II

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ficilo <]o Intuvoi- les rcrnplariints nécessaires, puisque dans rcnsei^ncinenl de Filial, malgré tous les efforts entrepris d(;[)uis un liés grand nombre d'années, on n'arrive pas encore à pourvoir toutes les chaires de professeurs ayant les grades requis par les règlements de l'Université elle-même.

C'est un fait qui est établi par les statistiques officielles; je vais vous en dc^nner un très court extrait pour vous montrer que je n'aventure rien dans une matière aussi grave.

Dans le personnel des collèges communaux il y a, parmi les professeurs de sciences pour lesquels le baccalauréat est exigé, trois maîtres sans grade ni brevet;

Parmi les professeurs de lettres, pour lesquels le baccalauréat est exigé aussi, dix- neuf maîtres sans grade ni brevet;

Parmi les professeurs do langues vivantes, quarantecinq maîtres sans diplôme ou certificat d'aucune sorte, français ou étranger ;

Parmi les professeurs pour l'enseignement spécial, dix-huit maîtres sans aucun litre;,

Parmi les professeurs de la classe primaire, auxquels on ne demande que le brevet primaire, trente-deux maîtres sans brevet;

Enfin, parmi les cinq cent vingt-huit maîtres d'étude qui, d'après les règlements, devraient être bacheliers, un tiers, c'est-à-dire cent soixante -quatorze , n'ont absolument aucun grade ni aucun brevet, si infime qu'il soit : en tout, deux cent quatre-vingtonze ])rofesseurs ou surveillants sans aucun grade.

Voilà pour les collèges. Pour les lycées, en se bor-

liant aussi aux seuls maîtres qui n'ont aucun grade ni brevet, on trouve :

Dans le personnel enseignant, treize fonctionnaires sans grade ;

Parmi les mailres et aspirants répétiteurs de l'enseignement classique, cent deux fonctionnaires sans grade.

Telle est la situation de renseignement officiel avec toutes ses ressources, avec son budget, avec les débouchés dont il dispose. Eh bien, comment voulezvous que, dans le court délai que vous accordez, l'enseignement libre puisse remplir des conditions que l'enseignement ofliciel ne peut pas réussir à réaliser lui-même?

J'en conclus donc qu'un très grand nombre d'établissements libres seront atteints par la loi. Le certificat d'aptitude empêchera la création de nouveaux, et l'exigence des grades fera périr les anciens.

Et je ne parle pas des dispositions secondaires qui figurent encore dans l'article premier du projet et qui constituent des impossibilités, comme par exemple l'obligation de produire, avant l'ouverture de l'établissement, la liste complète des professeurs : exigence impossible à satisfaire, car il est évident que les directeurs ne pourront pas conclure de traités avec les professeurs avant de savoir si l'autorisation d'ouvrir l'établissement leur sera donnée.

.Te ne parle pas non plus des pénalités; il y en a qui sont des aggravations considérables : par exemple, l'interdiction du directeur et la fermeture de l'établissement en cas de désordres graves occasionnés ou tolérés par le directeur, sans qu'il y ait un mot, ni

dans les ail ides, ni dans l'oxposû des mkjUIs, pDin' ('\l)li(jii('r ce (jiic c'osi, (|n'iin dc'îsordre grave, ni ce (jue <','est (jU(; de l'cjccasioniun' ou do le tolérer.

Ce sont là les petits côtés do la loi, moins graves assurément (pie ceux que j'ai signalés tout d'aljord , mais qui n'en sont pas moins funestes.

Kn résume, l'autorisation préalable pour empêcher les établissements libres de naître, l'exigence des grades pour faire mourir ceux qui existent, les pénalités pour étouiïer ceux qui auraient pu naître : voilà ce qui résulte du projet de loi.

Eh bien, voici la question que j'adresse directement au Gouvernement : Avez- vous pensé à l'obligation, aux devoirs qui résulteraient pour l'État de la ruine des établissements libres?

La statistique officielle établit qu'en comptant les élèves des petits séminaires, il y a environ, dans l'enseignement libre, 108000 élèves ! Je vous demande si vous êtes en mesure de recueillir au moins une partie de ces élèves, si les établissements dans lesquels ils étudient aujourd'hui viennent à succomber sous le poids de la loi, comme pour ma part j'en suis convaincu'.' Je dis que non ; et comme, dans une pareille matière, je ne voudrais risquer quoi que ce soit qui fût une appréciation personnelle, je m'appuie sur les statistiques et sur les rapports officiels. Je vais vous lire ce que j'y ai trouvé, et vous verrez que l'état matériel des établissements publics est dans de telles conditions , qu'il serait absolument impossible, et au point de vue de la salubrité, et au point de vue du bien des études, d'y recevoir des élèves nouveaux.

Voici d'abord la statistique qu'a publiée l'honorable

M. Bardoux en 1878; c'est la dernière que nous ayons à notre disposition. J'y lis ceci :

« Beaucoup de lycées laissent beaucoup à désirer sous le rapport des distributions intérieures et de l'état de conservation des bâtiments. De grands travaux de restauration ont déjà été exécutés dans un cer- Uiin nombre de ces établissements ; mais chaque jour de nouvelles améliorations deviennent nécessaires , et pendant quelques années encore leur réalisation exigera des dépenses considérables...

« Malgré les améliorations réalisées, il reste malheureusement beaucoup à faire, et les rapports de la dernière inspection générale , qui s'est étendue à tous les collèges sans exception, font ressortir l'insuffisance des bâtiments et des cours de récréation dans la plus grande partie de ces étabUssements et l'installation tout à fait défectueuse d'un certain nombre. »

En résumé , pour les collèges , 51 sont en bon état , J46 en assez bon état, 55 en mauvais état, et quant au mobilier scolaire il est, dans 28 collèges, en bon état, dans 142 en assez bon état et dans 82 en mauvais état.

Voilà les déclarations des rapports officiels. Voulezvous entendre les membres de l'Université"? M. Francisque Bouiller, ancien inspecteur général, écrivait déjà en 1879 :

« Le seul aspect de quelques-uns de nos lycées éloigne bon nombre de familles et d'élèves.

{( En vérité , on n'ose blâmer ceux qui hésitent à enfermer leurs enfants dans certains lycées , comme il y en a à Paris et en province, au centre de toutes les infections physiques et morales. Je n'en connais que trop de ces maisons universitaires, aux hautes et noires

iiuiraillcs, ;iii\ cuniiJors sombres ol limnidcs, aux cours élroites où, faute d'espace, on ne i^eul jouei', et que le soleil n'a jamais visitées.

({ Il y a tel ou tel lycée dont nulle connnriission de salubrité ne voudrait aujouid'liui pour un pénitencier ou une prison. »

Est-ce que vous nie diiez que ce témoignage, qui est de 187Î), est un peu anci(;n'.' Mais les autres abondent, et voici celui d'un homme, assurément d'une 1res grande valeur, d'une très haute coinpétence, dont vous ne récuserez pas l'autorité, de M. Michel Jîréal.

11 a publié récemment, — je crois que c'est au commencement de cette année, — un livre plein d'intérêt, sous le titre d'Excursions pedagogiqucH : il y raconte qu'il est allé visiter les lycées, qu'il n'avait pas vus depuis vingt ans, et qu'il reconnaît « les vieilles maisons où, dit-il, j'avais passé mon enfance comme élève et ma jeunesse comme professeur. Les murs étaient un peu plus noirs, les escaliers plus usés, les dortoirs plus délabrés , les réfectoires plus imprégnés de cette odeur lourde qui rappelle l'hôpital et la prison. Car, ajoute-t-il, les yeux s'habituent aux ruines; la gêne, avec le temps, n'est plus sentie. Beaucoup de nos proviseurs sont enchantés de leur lycée ; j'en ai vu un si habitué à avoir des classes sans jour, qu'ayant à construire des salles nouvelles, il a pris toutes les précautions pour y faire régner l'obscurité convenable... » (On ril.)

M. Gatineau. Ce doit être un clérical. (Bruit.)

M. LE co.MTE Albert de Mux. « ...Vous ne connaisnaissez pas nos élèves, disait-il. S'ils pouvaient voir

ce (jui se passe dans la rue!... L'administration centrale envoie des cartes, des tableaux ; on les met dans une armoire chez le proviseur. Des livres sont adressés à la bibliothèque des professeurs ; ils sont placés sur les rayons, mais dans la salle décorée du nom de bibliothèque vous chercheriez vainement trace d'une installation permettant d'y passer une heure. »

Voilà le témoignage de M. Michel Bréal.

Eh bien, que résulte-t-il de ce délabrement et de ce manque de place? Naturellement un entassement énorme, extrêmement nuisible à la salubrité et à l'hygiène, cela va sans dire, mais qui ne l'est pas moins au bien des études; sur ce point j'ai encore une citation à vous faire, et je l'emprunte à un homme qui ne vous sera pas suspect non plus, — particulièrement^ je crois, à l'honorable M. Compayré, — à M. Gréard, vice -recteur de l'Académie de Paris.

Dans son rapport sur l'enseignement secondaire, lu à l'Académie des sciences morales et politiques en 1881 , il s'exprime ainsi :

« Faute de locaux, des classes de grammaire, qui ne devraient pas avoir plus de trente à trente-cinq élèves, en comptent soixante. Il est telle classe de philosophie dans laquelle cent jeunes gens sont groupés pour l'enseignement de l'histoire et des sciences;, telle classe de rhétoi-ique où. le professeur ne peut arriver à sa chaire qu'en passant par-dessus les bancs complémentaires qui encombrent les portes ; telle classe de mathématiques qui, pendant l'hiver, doit être éclairée au gaz toute la journée, afin que les exercices au tableau ne soient pas perdus. Dans un établissement où deux cents places seraient nécessaires

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pour l'cnseignornf'iit (lu dessin, nous on avons ciiiijuaiitc ;'i peine. Des éludes disposées pour trente élèves en reçoivent quarante, et quelques-unes servent en nnème temps de classe : c'est |)resque la l'ègle pour les cours priinaii'es. »

Et il ajoute qu'il faudrait, pour l'aire les réparations nécessaires aux seuls lycées Louis -le -Grand, Saint- Louis, Charlemagne et Fontanes, H 500 000 francs.

M. \.E co.M'rK i)K D()rvn,Fj:-MAii>r>i:Fi:r. Très bien ! nous les donnerons.

M. Louis Guillot (de l'Isère). Demandez-les, nous les accorderons ; nous voulons précisément beaucoup d'améliorations.

M. G.VTiNEAU. C'est une réclame pour les séminaires !

M. i.E co.MTF. Af.ijkrt DE MuN. Je ne réclamc rien, je constate. Voila l'état des lycées et des collèges constaté par les universitaires les plus en renom. Eh bien, je vous demande, monsieur le ministre, si vous avez dans ces établissements la place nécessaire pour recueillir les élèves des 803 établissements libres que vous allez fermer? Si vous faites cette déclaration, elle sera singulièrement audacieuse, étant données les conditions que je viens de vous dire. Et si vous ne la faites pas, comment pouvez- vous proposer un pareil projet de loi !

Mais ce n'est pas tout, .l'ai parlé du manque de place; il y a autre chose.

Vous n'avez pas davantage les maîtres nécessaires pour remplacer ceux de l'enseignement libre, que vous trouvez insuffisants. La statistique est encore extrêmement claire et extrêmement nette sur ce point.

Vous avez dans l'Université 5 780 maîtres et proies-

seurs de renseignement secondaire. Or tout le monde sait que, dans ce nombre, il y en a beaucoup qui sont employés dans l'enseignement spécial ou dans l'enseignement primaire. M. Michel Bréal, dans son livre que je citais tout à l'heure, fait une description très pittoresque des costumes variés de ces élèves de toutes sortes qui envahissent les cours et les salles d'études. Vous n'avez même pas le personnel nécessaire pour vos propres classes, et cela est si vrai, que dans un grand nombre de collèges on charge le même professeur de plusieurs chaires.

C'est encore là une question de chiffres et de statistique. Sur vos 252 collèges communaux, il n'y en a que 142 de plein exercice, et sur ces 142, il y en a 86 où le même professeur est chargé de plusieurs chaires. Voilà les chiffres.

Eh bien, comment ferez- vous, avec un personnel dans de telles conditions, pour recueiUir les élèves dont vous trouvez aujourd'hui les professeurs insuffisants?

Et alors, si vous n'avez rien à nous donner, si vous n'avez ni place ni professeurs, je vous demande encore une fois comment vous venez nous proposer une loi qui peut détruire ce que nous avons et qui nous suffit. (Très bien! très bien! à droite.)

J'ai consulté VA)i)iuntre dn l'instruction publique pour 1881. Il y a 327 villes où l'État n'a pas de collèges, où il n'y a que des établissements libres; sur ces 327 villes, 116 sont des chefs-lieux d'arrondissement, c'est-à-dire que dans la moitié des villes où le Gouvernement entretient un sous -préfet il n'a pas de quoi offrir aux familles le moven d'élever leurs enfants.

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( iràcc ;uix (jlaljli.sseuiciils libres, ces laiiiille.'^ lr(ju\ rut (l;ms ces villes une éducation à la portée de leurs moyens, en ra|)port avec leurs ress(iurces. Vous allez les obliger b. aller cherclier des collèges bien loin, au prix de dépenses considérables, et, permettez- moi de l'ajouter, au prix aussi de l'internat forcé, contre lequel, et avec tant de Justice à mon sens, vous vous élevez si fortement dans vos écrits et dans vos discours.

Voilà, Messieurs, les conséquences de la loi qu'on nous propose; dans quelques années on publiera sans doute une nouvelle stalisli((ue : les résultats de votre œuvre apparaîtront alors. Vous aurez, on le disait tout li l'heure, dépensé beaucoup d'argent, — je ne doute pas (ju'on n'en donne, — vous aurez accru dans de larges mesures les charges des contribuables, vous aurez transformé en une source d'éducation onéreuse pour tout le monde celle (|ui existe aujourd'hui, qui coûte aux familles, mais non pas à la masse de la nation.

Uii rticiiibre à droite. Qu'est-ce que cela leur fait? Ce n'est pas eux qui payeront !

M. LE COMTE Albeht DE MuN. Et au bout de tout cela, si votre expérience est manquée, si vous êtes arrivés, comme c'est ma conviction, à l'affaiblissement du niveau des études, à une moindre diffusion de l'instruction , à la diminution du nombre des élèves, vous conclurez sans doute que vous vous êtes trompés. Mais il sera trop tard , car on ne répare pas le mal fait à une génération. On ne fait pas d'expériences sur l'intelligence et sur l'âme d'une génération d'hommes. (Apitlaudissernents à droite.)

Voilà ce que je reproche à votre loi. Quant aux motifs sur lesquels elle s'appuie, et que l'honorable

M. Compayré rappelait hier, il y en a un au(|ael je vous demanderai la permission de ne pas m'arrêter; c'est celui qui se formule par ces mots : une partie de la jeunesse s'élève dans l'ombre. Sur ce point, je me bornerai à vous répondre ([ue si c'est une question de fait, c'est une affaire d'inspection et de surveillance. La loi de 1850 y a pourvu, et M. le ministre de l'instruction publique, assisté des conseils académi(|ues, sait assez bien s'en servir pour rassurer tous nos adversaires. (Très bien! très bien! à droite.)

Si c'est une question de tendance, d'opinion, si vous vous plaignez que le résultat de l'enseignement libre est qu'une partie de la jeunesse a des sentiments, des idées, des opinions qui ne sont pas les vôtres, vous vous plaignez de la liberté elle-même, et de ce qui est sa conséquence naturelle et nécessaire ! Si vous la voulez, il faut l'accepter tout entière, avec ses conditions et ses effets légitimes. (Nouvollos marques li'us- ■soitiiiunit à droite.)

Voilà ce que j'ai à répondre sur ce poinl.

Mais il y a un autre argument : c'est le niveau des études. L'honorable M. Compayré l'a reproduit à la tribune, en accusant la loi de 1850 d'avoir porté de mauvais fruits scolaires. Si cela était vrai, si vous pouviez l'établir avec des laits, avec des chiffres, avec des statistiques, je comprendrais alors qu'on pût défendre la loi et la justifier; mais, quant à moi, en cette matière, — que je me suis bien gardé d'aborder avec mes seules appréciations personnelles ; il y aurait eu là de ma part une grande témérité, en raison de la nature particulière d'un terrain sur lequel on ne peut s'avancer qu'appuyé sur la compétence profession-

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nellc, — CM celle matière je n'ai liouvé nulle pari la [)ieiiv(' (le ce que vous diles.

Voulez- vous parler du nombre des (Hal)lissements? M. le rapporleur a dit, en cnbl, (|u'un grand nombre d'établissements laïques ont disparu après la loi de d850. Messieurs, cela est vrai; mais il va là une situation dont il faut bien se rendre compte : beaucoup de ces établissements disparus n'étaient ffue de simples annexes de l'Université, de tout petits établissements, et le pays n'a pas perdu à leur disparition, puisqu'à la place de maisons (|ui comptaient, en moyenne, 37 élèves, il a vu éclore 53 nouvelles écoles comptant en moyenne 483 élèves chacune, et qui, disséminées sur toute l'étendue du territoire, ont répandu de toutes parts des foyers d'instruction, jusque-là principalement concentrés dans les villes. Voilà pour les établissements.

Est-ce du nombre des élèves que vous parlez ? Mais ici les chiffres sont encore contre vous. Le nombre des élèves de l'enseignement secondaire est aujourd'hui de 54000 de plus qu'en 1850. En 1842, la proportion était d'un élève par 344 habitants; aujourd'hui, elle est d'un élève sur 243. Donc, sous le rapport du nombre des élèves, ces chiffres constatent un progrès important, et, après tout, c'est là qu'est le but.

Quelle est donc votre objection ? C'est le dépérissement des études.

Que ce dépérissement existe ou non, ce n'est pas ce dont je veux m'occuper; mais ce que je prétends, c'est que la loi de 1850 n'en est pas la cause, et je vais essayer de le montrer par l'autorité d'hommes que vous ne pouvez pas conte i^ter.

De quoi vous plaignez -vous?

Est-ce de ces manuels qui servent à la préparation hâtive aux examens? Mais déjà, il y a bien longtemps, en 1835, on se plaignait de ces petits livres (jui prétendent donner en quelques pages toute l'instruction nécessaire aux candidats. C'est M. Jourdain, ancien secrétaire général au ministère de l'instruction publique, qui le dit, et avec lui un autre homme très éminent, très considérable dans l'Université, un membre de l'Institut, un directeur de l'École normale, dont l'honorable M. Compayré assurément ne récusera pas l'autorité, car je crois qu'il a été couronné précisément par lui : M. Bersot.

M. Bersot constate qu'en 1862 il y avait déjà un très grand nombre de générations qui avaient été formées par ces petits manuels de préparation. Un grand nombre de générations, en 1862! Cela suppose bien des élèves qui étaient sur les bancs avant 1850.

Parlez-vous de ces maisons d'éducation où les candidats malheureux se rencontrent avec ceux qui sont pressés d'en finir pour se faire donner une préparation hâtive? Je vous répondrai que c'est encore là un mal que tous les personnages de l'Université ont signalé depuis bien longtemps. Le même M. Bersot, que je cite avec insistance à cause de sa grande autorité, écrit qu'en 1838 le ministre de l'instruction publique était déjà obligé de prendre un arrêté pour défendre d'afficher des préparations au baccalauréat ; M. Bersot se demande ce qu'a bien pu devenir cet arrêté ministériel, et il recherche alors lui-même la cause du dépérissement des études. Est-ce donc à la liberté de l'enseignement qu'il l'impute?

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