‹ Discours du comte Albert de MunChapitre 40 sur 46 · II · texte numérisé non relu

II

rintérêt de tout le monde do maiiiletiir iiit;i(l ce grand terrain de la liberU; de l'enseignement où nos fi-oyances et nos doctrines pourront se rencontrer, non dans la guerre, mais dans l'ardour d'une loyale concurrence. (Applaudisseinenls à droile.)

C'est la garantie commune, et c'est aussi le gage de la pacification des esprits. Car le jour où ce terrain, à force d'être ravagé, viendrait à se déroljor sous nos pas, prenons garde de ne plus trouver à sa place que le despotisme de l'État et la révolte des consciences. {Vifs applaiidlssoiicnls à droile. — L'oralenr, en retournant à son hanc , reçoit de iiourean les vires félicitations de ses amis.)

Le projet de loi fut adopté en première lecture, non sans que le paragraphe relatif à l'exanaen d'aptitude pédagogique n'eût été renvoyé à la commission. 11 revint devant la Chambre au mois de juillet de la même année, sans que la commission y eût apporté de modification sérieuse.

M. de Mun proposa un amendement à l'arliclc 1"^' de la loi, ainsi conçu :

« Est dispensé de la production du certificat d'aptitude pédagogique aux fonctions de l'enseignement, quiconque, satisfaisant d'ailleurs aux autres prescriptions de la loi, produira les deux diplômes de bachelier es lettres et es sciences, ou le diplôme de licencié es lettres ou es sciences. »

Au cours du débat, M. Maze, député républicain de Seine-et-Oise, ayant présenté un contre- projet qui donnait en partie satisfaction aux défenseurs de la liberté d'enseignement, M. de Mun s'y rallia sous certaines réserves et prit la parole en ces termes dans la séance du 10 juillet :

M. LE COMTE Albert de Mun. Messieurs, je ne viens pas, à l'occasion d'une deuxième délibération, rentrer dans l'examen général du projet de loi qui est soumis à la Chambre. J'ai proposé un amendement h l'article premier; mais je dois dire à la Chambre que si j'ai demandé immédiatement la parole, c'est que je suis disposé à me rallier à l'article l'"'" du contre-projet de M. Maze, sauf l'addition qu'il vient d'y apporter au cours de la discussion, tel, en un mot, qu'il était dans le contre-projet qui nous a été distribué.

J'ai drt, lors de la première délibération, ce que je pensais du caractère général delà loi, de son ensemble et de ses conséquences , que je regarde comme aussi désastreuses pour l'instruction publique en général que pour l'enseignement libre, parce qu'il atteint celuici très gravement dans son avenir et dans les conditions actuelles de son existence, sans que l'État soit aucunement en possession des ressources nécessaires pour prendre sa place.

J'ai d'autant moins besoin de revenir là-dessus que, dans la première délibération, M. le ministre de l'instruction publique a fait des déclarations qui ont pleinement justifié ce que j'avais eu l'honneur de dire à la Chambre. Il a reconnu, en effet, très nettement, que l'État n'avait pas le moyen de recueillir les élèves de l'enseignement libre, parce qu'il n'a ni les locaux ni les maîtres nécessaires.

C'est là une déclaration très grave, qu'il ne faut pas perdre de vue, et après laquelle j'ai quelque peine à comprendre qu'au lieu de porter sur l'enseignement public tous ses efforts, tout son travail, pour en combler les lacunes, pour l'améliorer, pour le perfection-

ner, on se montre si empressé de mcltrc des entraves nouvelles à l'enseignement libre.

II est vrai qu'on se défend très fort d'une pareille intention. Je me rappelle même que, dans la première délibération, M. le ministre de l'instruction publique a dit a la tribune que son projet de loi était fait dans l'intérêt de l'enseignement libre...

M. LE RAPPonTi'X'R. C'cst vrai !

M. LE COMTE Albert de Mun. ... et que le but principal qu'il poursuivait était de créer des concurrents à l'enseignement de l'Ktat. Messieurs, quel que puissent être la sollicitude de M. le ministre de l'instruction publi(iue pour l'enseignement des établissements libres et son désir de le rendre plus agile et plus fort, de multiplier le nombre des concurrents de l'État, je vous avoue que, quant à moi, j'aimerais mieux qu'il voulût bien nous en épargner les marques. La meilleure manière d'avoir des concurrents, c'est de leur donner la liberté de naître et de grandir comme ils le veulent ; à vouloir trop ardemment s'en créer, on risque d'être trop enclins à les créer à son image, et de là à les choisir il n'y a qu'un pas. {Très bien! à droite.)

C'est précisément le reproche qui a été fait au projet de loi et à son article principal , qui porte la création du certificat d'aptitude pédagogique aux fonctions de l'enseignement, par tous les orateurs qui sont venus le combattre, non seulement de ce côté de la Chambre (la droite), mais par des orateurs appartenant aux différentes fractions de la majorité, comme M. Maze et M. de Lanessan.

On a dit que ce certificat était un retour au monopole, parce qu'il a paru qu'un examen spécial pour les

fonctions de l'enseignement serait un moyen pour l'Université de choisir ses concurrents. Or c'est bien là le monopole, qui n'est pas, — on ne saurait trop le répéter, — le droit, pour les maîtres de l'État, de distribuer l'enseignement à l'exclusion de tous les autres, mais le pouvoir reconnu à l'État de déléguer le droit d'enseigner à qui il lui plait; c'est, en un mot, l'autorisation préalable.

On a dit que ce certificat d'aptitude en était le réta- ])lissement. L'argument a frappé tout le monde, et tout de suite la discussion s'est fixée sur ce point capital.

M. le ministre de l'instruction pu];)lique , le premier, a reconnu qu'il fallait absolument définir l'examen, et je demande à la Chambre la permission de lui rappeler en quels termes il s'est exprimé, parce que ses paroles ont une très grande importance :

« On pourrait certainement, a-t-il dit, sous ce titre et sous celte apparence d'un examen d'État, faire entrer ce système oppressif que vous dénoncez ; mais, si vous le voulez , nous mettrons la définition dans la loi. »

De notre côté , nous disions , — c'était le langage de Mît" Freppel, c'était le langage de tous les orateurs qui ont combattu le certificat d'aptitude, c'était aussi le mien , — nous disions : Essayez donc de définir ! Pour nous , nous ne croyons pas que vous puissiez y réussir.

La commission a travaillé pendant un mois, et aujourd'hui elle revient avec un nouveau rapport ; mais sur ce point, sur le point capital de la discussion , elle n'a rien trouvé de plus que le premier jour.

p]lle pense, — voici ses paroles, — « qii'apn'is les déclarations faites à la tribune par M. le ministre de l'instruclion publique, et en tenant compte, soit de la définition donnée par l'article 5, qui réduit strictement l'examen nouveau h. une épreuve de capacité professionnelle, soit de la composition du jury, où une part si large est faite aux membres étrangers de l'Université, il serait difficile de soutenir encore que l'institution du certificat d'aptitude pédagogique est une mesure arbitraire et un retour déguisé au système de l'autorisation préalable. »

Les déclarations du ministre. Messieurs, je vous les ai rappelées tout à l'heure : il a dit qu'il était bien éloigné de vouloir détruire l'enseignement libre, d'autant que l'État n'était pas encore en mesure d'en recueillir les élèves, et que la loi était faite, au contraire, pour le développer et le fortifier! Je le répète, — nous sommes sans doute bien difficiles, — mais ces déclarations n'ont pas suffi à nous rassurer, et le moindre article de loi eût mieux fait notre affaire.

M. le rapporteur nous renvoie à l'article 5, qui dit que l'examen portera strictement sur la capacité professionnelle.

Eh bien , la question reste entière : après un mois , nous ne sommes pas plus avancés. Qu'est-ce, en effet, que la capacité professionnelle, et comment s'en assurera- 1- on? La question a été déplacée, mais elle n'a pas été résolue : elle a été changée de forme, voilà tout. Au lieu d'avoir à définir l'aptitude pédagogique , il faut définir la capacité professionnelle ; voilà tout ce que nous avons gagné.

Avoir la capacité professionnelle , c'est être capable

d'exercer sa profession. Il s'agit ici de la profession d'éducateur, d'instituteur de la jeunesse : à quel signe pourra-t-on le reconnaître dans un examen? C'est toujours la même question.

Tout à l'heure , l'honorable M. Maze rappelait la difficulté qu'on avait eue à la résoudre, et il avait bien raison. Les paroles de tous ceux qui l'ont essayé sont le témoignage éclatant de leur embarras. Le premier jour, M. Compayré disait que l'examen d'aptitude pédagogique, — aujourd'hui c'est l'examen de capacité professionnelle, — servirait à témoigner que le candidat possède la dignité, la fermeté, l'autorité morale nécessaires. On lui a fait observer qu'un examen d'une heure ne prouverait rien en pareille matière, qu'on ne pourrait pas faire une composition sur la dignité et la fermeté du caractère, et que l'examen, nécessairement illusoire sur ce point, tournerait , par la force des choses , à n'être qu'un examen sur des opinions , sur des tendances, dans lequel le jury serait naturellement porté à écouter ses préférences ; en sorte que l'examen, inutile pour ce qu'il aurait la prétention d'étabhr, ne serait plus qu'un moyen d'exclusion entre les mains de ceux qui voudraient s'en servir.

i\L le ministre de l'instruction pubUque a voulu répondre à cette objection, et il a cherché à son tour une définition précise, capable de rassurer tout le monde.

« Le chef de l'établissement, a-t-il dit, n'est pas seulement un professeur, c'est un directeur d'études , un éducateur. Eh bien, Messieurs, nous nous sommes demandé, nous vous demandons, — et nous procéderons, des deux parts, à cette étude avec une entière

bonne foi, — si l'on ne pcjuiT-iil ));is insliliier dans co pays un examen d'État, un examen d'éducateur, de directeur d'établissement libre d'inslnir-ljon secondaire...

« Vous allez être un éducateur : pour être un éducateur, la première condition , c'est de pouvoir exercer sur le personnel, enfantin ou enseignant, l'autoi'ité que donne un savoir acquis et prouvé. Vous allez donc faire une leçon devant le jury. Le sujet en sera tiré au sort parmi les matières de l'enseignement secondaire; vous ferez une composition de français dans laquelle, par exemple, vous exposerez vos idées sur les établissements d'enseignement. »

Mais une composition française sur les idées qu'on peut avoir en matière d'enseignement, cela ne prouvera pas la dignité, la fermeté et l'autorité morales; et précisément on risquera que le jury n'ait une disposition naturelle à trouver bonnes les idées qui se rapprocheraient des siennes, et mauvaises celles qui s'en éloigneraient. Cela a frappé tout le monde : l'honorable M. Maze l'a dit à la tribune, en demandant qu'on s'expliquât clairement, nettement.

La commission demanda le renvoi, et le lendemain elle revint avec un article nouveau spécifiant que le certificat d'aptitude pédagogique institué par l'article !'=■■ aurait pour but de constater la capacité professionnelle des directeurs des institutions d'enseignement secondaire privé. L'examen comprendrait des épreuves écrites et orales , qui porteraient « sur les matières de l'enseignement, sur les méthodes et les procédés pédagogiques, sur l'administration scolaire et la tenue des établissements d'enseignement secondaire. »

Voici comment M. Compayré définissait, après réflexion, l'examen d'aptitude :

« Un examen de capacité professionnelle dans lequel on montrerait, non seulement qu'on est au courant des matières de l'enseignement, mais aussi des méthodes et des procédés pédagogiques. »

M. Fabre, en lui répondant, fit observer avec beaucoup de justesse que cela ne prouverait pas qu'on est un bon éducateur, et qu'en outre le jury pourrait bien juger sévèrement ceux qui présenteraient des méthodes nouvelles; à quoi M. Jules Ferry, l'interrompant, disait :

« C'est une erreur! s'ils ont de l'esprit, ils seront reçus. »

Voilà donc où nous en étions à la première délibération : à un certificat d'aptitude délivré après un examen écrit et oral sur la capacité professionnelle, dont il est entendu qu'on se tirera avec de l'esprit !

Maintenant la commission nous apporte un rapport nouveau où elle nous donne la dernière définition trouvée, qui doit faire la lumière sur la question. L'examen d'aptitude sera « une épreuve de capacité professionnelle, dans laquelle on ne demandera pas au futur directeur de posséder la science universelle, mais d'établir qu'il a du sens, une certaine instruction, qu'il n'est pas étranger aux choses de l'enseignement, et de prouver, non pas qu'il a telle ou telle méthode, telle ou telle pédagogie, mais qu'il en a une! »

Je ne reviendrai pas sur ce que M?"" Freppel a si bien dit de la première partie de cette définition. Je vous avoue que je ne me trouve pas plus avancé qu'au premier jour! Prouver, dans un examen, qu'on a du sens.

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fit particulièrement le sens de l'éflufatioii, duquel tout le monde est d'accord pour dire que c'est le plus diCficilc, le plus délicat, le plus personnel qui soit, cela n'est pas plus simple assurément que d'établir dans une composition qu'on a de la dignité, de la fermeté et de l'autorité morale.

Pour le reste, on parle d'abord d'une instruction suffisante ; mais je vous ferai remarquer qu'il n'y a pas besoin pour cela d'un examen nouveau : le baccalauréat es lettres, avec les matières scientitlques qu'il comporte, est précisément cet examen qui témoigne d'une certaine instruction suffisante. La loi de d850 vous donnait sur ce point entière satisfaction , et votre nouveau programme n'y ajoutera rien.

J'arrive au point capital, à la méthode pédagogique. On nous dit : Le candidat ne sera pas interrogé sur telle ou telle méthode ; on lui demandera seulement de prouver qu'il en a une. Mais je vous demande ce que c'est, exactement, que d'avoir une méthode pédagogique. Est-ce la savoir'? Suffira-t-il de faire une bonne composition ou une bonne réponse orale sur une question de pédagogie? Suffira-t-il d'affirmer qu'on a une méthode ? et. si cela suffît, cela prouvera-t-il qu'on est capable de l'appliquer? Évidemment non; cela tombe sous le sens. Et il ne faut pas dire qu'on s'en tirera si on a de l'esprit ; cela n'est pas sérieux. Est-ce que moi, père de famille, je serai rassuré sur ce directeur d'établissement, sur ses qualités d'éducateur, parce qu'il se sera tiré d'un examen où il aura disserté sur la pédagogie à la satisfaction du jury?

Et si ce n'est pas assez pour prouver qu'on a une méthode pédagogique que d'en savoir une, qu'est-ce

que vous demandez de plus ? Comment montrera-t-on qu'on peut l'appliquer? Est-ce en prouvant qu'on l'a appliquée? Mais vous ne voulez pas de la preuve du stage; vous repoussez l'amendement de M. Maze; vous dites que le stage est illusoire et qu'il ne prouve rien; et pourtant, permettez -moi de vous le demander, qu'est-ce qu'il y a de plus probant, au point de vue de [a capacité professionnelle, de la dignité du caractère, du sens de l'éducation, que le fait d'avoir pratiqué la profession pendant deux ans ou trois ans?

Vous dites : La preuve n'est pas sérieuse, suffisante, parce que le certificat de stage peut être délivré par tout le monde , et que rien n'en garantit la vérité.

Mais d'abord permettez -moi de vous faire observer que c'est une erreur : le certificat de stage est délivré par le conseil académique, sur l'attestation du chef de l'établissement, laquelle est soumise à un contrôle constant par le visa que l'inspecteur appose sur le registre du personnel dans ses tournées annuelles.

Vous voulez rendre ces inspections plus fréquentes, plus rigoureuses, obligatoires même...

M. HippoLYTE Maze. Oui, c'est le seul article de mon contre-projet que la commission ait accepté !

M. LE COMTE Albert de Mux. Ce n'est pas contre cela que je m'élève ; mais je crois que cette disposition n'était pas nécessaire, parce que je suis persuadé que les inspections sont beaucoup moins intermittentes que vous ne le croyez.

J'ai ici les cahiers du personnel de l'école Sainte- Geneviève, que vous connaissez tous de nom, — de l'école de la rue des Postes, — je me les suis procurés : ils témoignent que de 1855 à 1879 l'inspection a eu lieu

tous les ans, et que tous les ans Je cahier a été visé par l'inspecteur.

Puis il faut remarquer que le certificat de stage n'est pas une pièce indiUërenle : il est établi sur papier timbré, revêtu de signatures légalisées, et, comme le rappelait M. Maze, la fausse attestation tombe sous le coup de l'article 1()() du code pénal, c'est-à-dire l'emprisonnement de un à cinq ans.

M. Iln-i'OLYTK Ma/.k. Cinq ans, dans certains cas, et la perte des droits civiques.

M. LE COMTE Albert de Mun. Voilà la loi de 1850; il me semble que ces garanties -là valent bien quelque chose. Mais enfin, si elles ne vous suffisent pas, augmentez -les : rendez l'inspection plus exacte, plus rigoureuse, jusqu'à ce que l'authenticité du certificat vous paraisse absolument établie, et alors quelle preuve voulez- vous plus forte, plus décisive, de la capacité professionnelle?

Pour tout le monde, pour tous ceux qui savent ce que c'est qu'un établissement public, la question propre de l'éducation, c'est précisément ce qu'on appelle dans les collèges la question des maîtres d'étude, — aujourd'hui on dit des maîtres répétiteurs, — et dans les étabUssements libres, la question des surveillants. On sait bien que c'est là, dans cette modeste fonction, qui oblige à vivre tout le jour, à tous les moments, avec les élèves, que se forme l'art de l'éducation.

Vous croyez, vous, qu'en augmentant leurs appointements, en leur ouvrant des débouchés, vous aurez de meilleurs maîtres d'études ! M. le ministre le disait un jour, ici, dans la grande discussion de l'article 7 : « C'est une question d'argent, et pas autre chose!

Nous, nous croyons le contraire; nous croyons que c'est une œuvre de volonté, d'intelligence et de cœur, de cœur surtout, parce qu'on ne s'acquitte bien d'une pareille fonction qu'à force de dévouement et d'affection pour ses élèves. Nous croyons que ce n'est rien moins qu'une question d'argent et que, si on peut, avec de l'argent et des débouchés, avoir de bons professeurs, parce que c'est une carrière comme les autres, on n'a pas de bons éducateurs. Nous croyons qu'il y faut autre chose, qu'il y faut un goût, une aptitude spéciale et une vraie vocation ; et c'est pour cela que nous avons confiance dans le stage, une confiance bien plus grande que dans un examen. Mais enfin, quelque opinion qu'on en ait, tout le monde sent que là est le nœud de la question, et les efforts constants que vous faites, depuis trente ans, dans l'Université, pour améliorer ce côté de son organisation , en sont la meilleure preuve.

Eh bien, puisque vous ne voulez pas du stage, puisque vous ne croyez pas à la preuve de l'expérience, qu'est-ce que vous nous donnerez pour rassurer les familles? Si vous n'admettez pas que ce soit une affaire de vocation, qu'on naisse pédagogue, vous devez admettre qu'on peut le devenir? Gomment? Voilà la question. En apprenant dans les livres? Mais nous allons alors tomber dans le manuel ! On formera des pédagogues comme on forme des bacheliers ! On se bourrera d'une méthode, on apprendra des réponses toutes faites , et on se présentera à l'examen !

Il y a déjà un dictionnaire de pédagogie signé de M. Buisson, directeur de l'enseignement primaire; des dictionnaires au manuel, il n'y a qu'un pas : on y arrivera.

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