‹ Discours du comte Albert de MunChapitre 9 sur 46 · II · texte numérisé non relu

II

Je m'arrête, Messieurs, et je vous demande ce que vous pensez de celte active intervention du clergé tinnsformant la chaire en tribune politique, s'emporlaiit dans ses sermons au delà de tout»; mesure, et abusant à CA^ poini de ses j)rérogatives, que le résidtat d(î l'élection s'en trouve pi'olbndénient vicié, et (jue celleci d(jit être nécessairement invalidée !

Mais le clergé, dit-on, n'a point borné là son action. Examinons donc les autres cbcls d'accusation, et d'abord ceux qui sont réunis dans le chapitre intitulé : Atteinte à la Uberlé du vote.

« De nombreux témoins, dit le rapport, ont déposé qu'à Plumeliau, à Cléguerec, à Moustoir-Ac, à Baud, à la Haie-Basse, à Séglien, à Locuon, à Naizin, à Noyal- Pontivy, et dans un grand nombre d'autres communes, les curés et vicaires se tenaient, le jour du scrutin, à la porte des sections de vote, surveillaient les bulletins, déchiraient ceux de M. Cadoret, forçaient les électeurs à prendre ceux de M. de Mun et les conduisaient voter.

« Précédemment, plusieurs d'entre eux avaient agi par voie d'intimidation pour se faire remettre les bulletins de M. Cadoret par ceux qui en étaient dépositaires. >i

Ici on ne cite même plus un fait déterminé ; on ne désigne plus celui qui s'en serait rendu coupable ; on n'invoque plus la déposition du témoin. On se borne à imputer en bloc des favts généraux aux curés et aux vicaires d'un grand nonïbre de communes dont on cite un très petit nombre, et, parmi celles-ci, en voici une , la Haie-Basse, qui n'existe pas, que je ne connais pas, et que personne ne connaît; ce n'est même pas une sec-

tion de vote, et par conséquent les curés et les vicaires ne s'y sont pas tenus à la porte de la salle du scrutin, surveillant les bulletins et déchirant ceux de mes adversaires, et attentant de cent manières à la liberté du vote.

Mais, en ce qui regarde les autres communes, à quoi devrai-je répondre? Quels sont les noms des coupables? Quelle faute ont-ils commise? dans quel lieu? dans quelles circonstances ? Sur quels témoignages s'appuie-t-on? quelles preuves donne-t-on des faits signalés? Le rapport est muet sur tous les points, et je pourrais m'en tenir là, en refusant de répondre à des accusations qu'on ne prend même pas la peine de préciser. J'ai voulu mieux faire cependant, tant j'ai à cœur de faire éclater la vérité, et j'ai recherché dans les dépositions ce qui avait pu motiver l'assertion sommaire du rapport. Je réponds à ce que j'ai trouvé.

A Locuon, qui est une section de la commune de Ploërdut, le scrutin, faute d'un local convenable, est toujours installé dans le presbytère, qui est à peu près la seule maison du bourg où on puisse le faire. Le recteur, pour laisser libre la salle du vote, s'était retiré dans sa cuisine : un nommé Guilloux, qui n'est pas de Locuon , était venu là pour faire de la propagande en faveur de M. Cadoret; c'est lui qui dépose devant la commission et qui accuse le recteur de l'avoir mis à la porte.

Or voici ce qui s'est passé. Le sieur Guilloux apercevant le recteur dans sa cuisine, sa propre cuisine, se dirige brusquement vers lui et lui dit : « Monsieur le recteur, votre place n'est pas ici. » Le recteur alors, le prenant doucement par le bras, le conduit à la porte et lui dit : « Mon ami, la vôtre est là ! « (On rit.)

'vJnivtrsi^,^

BIBLIOTHECà

Mettez- vous, Messieurs, je vous prie, à la place du recteur do i.ocuon , pacififiueinent (Hahli dans une partie de sa demeure, dont l'autre est ahaiidonnée au scrutin, et brusquement ai)ostri)pli('; pai' un étranger (pii n'a même [)as l'excuse d'être venu voter, puisqu'il n'est pas électeur de la commune, et dites si vous n'auriez pas fait comme lui. (Rires d'assentiment sur divers b(()irn.)

A Naizin, Morcau, conseiller municipal, déclare que le 5 mars le clergé est venu seulement voter.

A Cléguérec, le curé, après avoir rapporté dans une lettre adressée à la commission d'enquête les menaces violentes dont les membres du clergé avaient été l'objet de la part de quelques-uns des adversaires de ma candidature, ajoute:

« Aussi, le dimanche 5 mars, nous n'avons pas paru au milieu de nos paroissiens, qu'à l'église et au moment où nous sommes allés ensemble déposer nos bulletins dans l'urne. »

A Moustoir-Ac, les membres du clergé, émus à la lecture du rapport de l'honorable M. Turquet, m'annoncent lui avoir fait parvenir directement une protestation dont ils m'envoient copie, et que voici :

« Monsieur le rapporteur,

« Ce n'est pas sans surprise que le clergé de Moustoir-Ac se voit condamné dans votre rapport comme ayant gardé du matin au soir la salle du scrutin les jours des élections du 20 février et du 5 mars. Il faut, Monsieur, que le témoin qui a eu l'obligeance de vous suggérer ce fait ne fût pas à Moustoir- Ac les jours ci-dessus indiqués; autrement, à moins d'être un indigne calomniateur, il eût pu voir que le clergé de Moustoir- Ac était occupe à l'église le 20 février et le 5 mars comme

les dinianciics ordinaires. Nous protestons donc, et nous protestons énergiquement contre cette première assertion rendue contre nous dans le rapport de la commission au sujet des élections de Pontivy.

« Nous protestons également contre une autre assertion du même rapport par laquelle on prétend que nous aurions détruit des bulletins de M. Cadoret. Nous déQons un seul habitant de Moustoir-Ac de pouvoir nous accuser d'avoir déchiré un seul bulletin Cadoret. »

(Suivent les signatures.)

Voilà, Messieurs, les graves atteintes que la liberté du vote a reçues dans l'arrondissement de Pontivy.

.T'arrive maintenant au troisième paragraphe du chapitre relatif à l'intervention du clergé. Le sujet que nous abordons est particulièrement grave ; c'est celui qui est compris sous la dénomination générale : Refus des sacrements.

Les accusations qu'on élève dans ce paragraphe contre le clergé morbihanais touchent à son honneur sacerdotal ; elles retentissent douloureusement dans le cœur des catholiques , et ils n'en sauraient parler sans émotion , car il n'est aucun d'eux qui hésiterait à flétrir ceux qu'elles atteindraient directement. Mais lorsqu'on dénonce ainsi des prêtres , jusqu'alors respectés de toute une population, comme ayant manqué aux plus sacrés de leurs devoirs, nous avons le droit de demander qu'on apporte à l'appui de pareilles accusations des preuves précises et irréfutables. C'est pour moi personnellement, qui ai l'honneur de défendre ici le clergé de l'arrondissement de Pontivy, c'est pour moi, plus que pour tout autre, un devoir de réclamer instamment ces preuves.

Or j'ai, connue tout le monde, remarqué avec ctonnenient et avec tristesse (juc le rap[)ort n'en lournit pas une seule.

Mais passons à l'examen des laits eux-mêmes. M. le rapporteur en signale cinq, parmi lesquels figure l'exclusion du chœur d'un personnage de la paroisse et la menace d'cnlevei'la grille d'une lomhe de famille, faits qui, tous deux, bien que très graves, ne sont pas des refus de sacrements.

Parmi les trois autres, il y a un enterrement qu'on prétend avoir été différé et un propos prêté à un vicaire, qui aurait dit d'une manière générale que les malades pourraient, à l'avenir, envoyer chercher l'abbé Cadoret. Un seul de ces cinq faits, Messieurs, un seul porte sur une menace précise de refus adressée à mes adversaires, au sujet de l'admission à la sainte table pour le jour de Pâques. Ce seul fait a suffi cependant pour que M. le rapporteur commençât en ces termes le paragraphe qui nous occupe :

« 3° Refus des sacrements.

« Ce qui a paru plus grave encore à votre commission, c'est que l'enquête a révélé que des prêtres avaient menacé de refuser les sacrements à ceux qui ne voteraient pas pour M. de Mun.

« Ces menaces ne pouvaient manquer de produire un effet considérable sur une population religieuse, surtout à la veille des fêtes de Pâques, époque à laquelle quatre-vingt-dix personnes sur cent reçoivent la communion. »

Dans une pareille matière, je ne puis admettre qu'on

ne vous ait pas énoncé tous les faits qu'on avait pu recueillir, et j'ai le droit d'être sûr que, si on n'en a pas signalé d'autres , c'est qu'on n'en a pas trouvé ; quand donc je vois que ces faits se réduisent à un seul, j'ai sujet de m'étonner qu'on en ait tiré une conclusion si générale.

Mais examinons dans leur détail ces cinq exemples proposés par M. le rapporteur à l'appui de son allégagation , et d'abord ceux qui ne sont pas . à proprement parler, des refus de sacrements.

M. l'abbé Roussel, que M. le rapporteur avait placé d'abord à Locrniné, et qu'ensuite, sur l'observation qu'on lui a faite, il a, rectifiant son erreur, rétabli à Moréac, M. l'abbé Roussel aurait dit que, s'il y avait des malades, ils pourraient envoyer chercher l'abbé Gadoret. Messieurs, j'ai voulu insister sur ce fait pour vous donner un témoignage de la sincérité absolue des attestations que j'apporte à cette tribune.

M. Roussel a prononcé, dans un moment de vivacité, la phrase qu'on lui reproche; mais de quelle manière? C'était à l'heure où le scrutin devait se fermer, pendant le dépouillement , à un moment , par conséquent , où rien ne pouvait plus influer sur les consciences. Apostrophé vivement par le témoin qui en dépose, M. Roussel lui riposte par la phrase en question; mais elle était si peu sérieuse dans la pensée de l'un et de l'autre , que quelques jours plus tard le même témoin venait requérir et obtenait sans peine, pour lui-même, de M. Roussel l'exercice du ministère sacré.

A Baud, continue le rapporteur, la sœur du sieur Nadau, partisan de M. le Maguet, étant morte, le curé déclara qu'on pouvait aller chercher l'abbé 'Cadoret

pour faire l'enterrement, et ce n'est qu'après un long retard que l'enterrement a eu lieu.

Kncore une erreur de l'honoraljle rapporteur : il n'y a pas à JJaud de sieur Nadau et on n'y a enlei'ré personne de ce nom. Mais cette fois le bruit de l'accusation s'est répandu dans le pays, et les protestations sont arrivées entre nos mains, si nombreuses et si éclatantes, que mon devoir est de vous en donner connaissance. C'est à propos de Melrand, et non de Baud, ({ue le fait a été raconté à MiM. les commissaires, et voici en quels termes :

« Quelque temps après les élections... »

Je m'arrête dès ces premiers mots , Messieurs , et je vous demande tout d'abord si, discutant la validité d'une élection, ne faisant pas au clergé un procès de tendance, il est juste et légitime d'invoquer, à l'appui de l'invalidation proposée, des faits qui se sont produits quelque temps après l'élection; mais je poursuis. Le sieur Nadau continue en ces termes ;

« Quelque temps après les élections, ma tante est morte. Mon père et moi avons été trouver le recteur pour l'enterrement. Le recteur nous a répondu : « Eh ! allez trouver le secrétaire de la mairie et l'abbé Cadoret. » Cependant, après un long retard, il s'est décidé à faire l'enterrement. »

Or, peu de jours après le passage de la commission à Pontivy, je recevais de M. le maire de Melrand la déclaration suivante :

<ï Je. soussigné, maire de la commune de Melrand, ai reçu de M. Daniel, recteur de ladite paroisse, communication de la déposition suivante, extraite du résultat de l'enquête re-

lative à l'éleclion de M. de Mun, dans rarroiidissemenl de Pontivy (suit la déposition).

« Sur la prière de M. Daniel, recteur de Melrand, j'ai fait à ce sujet l'enquête suivante: Le 12 juin dernier, vers six heures du soir, je suis allé au domicile de Yves Nadau (le père de Vincent Nadau), débitant de boissons au village dit la Croix-Rouge; j'étais accompagné du soussigné Peutrec (Louis), maître menuisier au bourg de Melrand; j'ai posé à Yves Nadau deux questions :

« i° Je lui demandai s'il était allé seul ou accompagné de quelque autre trouver M. le recteur au sujet de l'enterrement de sa sœur. Il me répondit sans hésiter qu'il y était allé seul. J'insistai et je lui fis observer que, suivant l'usage reçu, il s'était sans doute fait accompagner d'un autre. Il me répondit invariablement qu'il n'y avait que lui. Je répliquai qu'au moins son fils Vincent (Nadau) l'accompagnait. Il me répondit que son fils Vincent n'avait pas mis les pieds chez le recteur.

« 2° Je lui demandai ensuite quelle réponse lui avait faite le recteur, quand il demanda l'enterrement de sa sœur. Il me répondit : « Le recteur m'a dit d'aller trouver le secrén taire de la mairie pour un permis d'inhumation. »

« 3° Je demandai à Nadau quelles observations lui avait faites le recteur après l'autorisation d'inhumation délivrée? « Aucune, » me répondit-il; il me dit que l'enterrement se ferait à dix heures, ainsi que je l'avais demandé. Il n'a pas parlé de l'abbé Cadoret. »

Cette pièce est signée du maire et du témoin qui l'accompagne.

Mais ce n'est pas tout : le pauvre témoin , pris luimême de remords du rôle qu'on lui avait fait jouer, s'en est allé trouver son recteur, et là, par-devant témoins, a rétracté sa déposition, disant qu'il avait été conduit presque de force à Pontivy par le sieur Étesse, rece-

veur buraliste, ù qui il n'avait pas osé résister, qui avait payé son voyage et son repas , et s'était rnôrne chargé de formuler sa déposition devant la commission.

Voilà pour le refus d'enterrement.

Enfin , continue le rapport :

« A Lignol, le curé a menacé une des plus honorables familles du pays de faire enlever la grille qui entoure la tombe de leur aïeul, si, à l'avenir, les descendants ne votaient pas pour le parti clérical, »

Informée de cette accusation, la famille en (juestion s'est empressée de la démentir par la déclaration suivante :

« Nous, soussignés, Joseph le Menai et Louis le Moual, petits-fils de Guillaume de Kerduel par notre mère, certifions que le recteur de Lignol n'a jamais menacé d'enlever le grillage qui entoure la tombe de notre grand'père, si dorénavant nous ne votions pas dans le sens clérical.

« En foi de quoi nous lui délivrons le présent. »

Signé : « .T. le Moual, L. le Moual. »

J'ai répondu catégoriquement. Messieurs, aux faits allégués comme un témoignage de l'abus exercé par le clergé, de son influence morale, et je viens maintenant au plus grave , au refus de sacrements proprement dit.

Ici permettez- moi de vous rapporter un incident que vous ignorez peut-être.

Au mois de mars, lors de la première discussion qui eut lieu sur mon élection, le Journal du Midi, qui parait à Avignon, donnant le compte rendu de la séance, écrivait ce qui suit dans le numéro du 26 mars:

« L'absolution et la communion ont été refusées à des femmes d'électeurs qui s'étaient prononcés contre M. de Mun. »

M. le procureur de la République d'Avignon s'émut de cette accusation , et demanda des instructions à ses supérieurs, en même temps qu'une enquête à son collègue de Pontivy.

L'enquête n'ayant amené aucun résultat, le procureur de la République d'Avignon, fort des instructions de M. le garde des sceaux, exigea, sous peine d'une poursuite immédiate, une rétractation formelle de la part du journal. Cette rétractation parut, en effet, dans le numéro du 21 avril. Elle était conçue en ces termes :

Rectification.

« Sous ce titre: < Silhouettes parlementaires (M. Albert (; de Mun), » le Journal du Midi, dans son numéro du dimanche, 26 mars dernier, insérait une correspondance datée de Versailles, 24 mars 1876, signée VHomrnc du jour, au milieu de laquelle on lisait la phrase suivante :

« L'absolution et la communion ont été refusées à des u femmes d'électeurs qui s'étaient prononcés contre M. de K Mun. «

« L'administration du Journal du Midi, mieux informée, n'iiésite pas à reconnaître qu'elle avait été induite en erreur, et que les faits qu'elle publiait ainsi sont complètement faux.

« Le gérant : Ab. Millaud. »

La commission d'enquête a -t- elle donc découvert des faits qui avaient échappé au parquet, puisqu'elle s'est cru autorisée à vous apporter une si grave accusation ?

Voici la réponse de M. le rapporteur :

« Des témoins, dit- il, ont déposé qu'après le 5 mars on demandait h confesse pour qui l'on avait voté, et que l'on avait refusé l'absolution à des femmes dont les maris avaient mal voté. »

Messieurs, la commission, en acceptant ce passage du rapport, en a -t- elle bien pesé toute la gravité? Je veux en douter: plus attentive, elle eût songé qu'elle outrepassait singulièrement ses droits et son pouvoir, puisqu'elle ne pouvait accueillir une pareille accusation sans prétendre envahir ce tribunal où Dieu s'assoit à la place du juge, où l'accusé n'est traduit que par le repentir, où il n'a d'autre garde que la foi.

Ce qui se dit dans ce tribunal a dans le ciel un écho que la terre ne répète point, et il n'y a pas d'exemple, depuis dix-huit siècles, que, vaincu par la menace ou V par la séduction, affaibli par l'âge ou par la maladie, corrompu même par l'apostasie, un prêtre catholique ait trahi le secret de la confession. (Très bien ! très bien ! sur plusieurs bancs à droite.)

Comment la commission n'a-t-elle pas aperçu cette barrière infranchissable pour elle, et ce voile qu'elle ne pouvait tenter de soulever sans violer du même coup tous les droits de nos consciences?

Qu'est-ce, en elïet, qu'une accusation dont on ne peut faire la preuve? et comment cette preuve peutelle se faire, quand le principal accusé ne peut être entendu ni dans ses aveux ni dans sa défense?

Avant d'accepter les vagues assertions de témoins suspects qui ne viennent même pas parler d'un fait qui leur soit personnel, mais qui racontent l'avoir entendu dire à propos de tel ou tel, la commission aurait

dû se souvenir que le prêtre ainsi mis en cause ne pouvait élever la voix ni pour justifier la sentence rendue, ni même pour la nier, et qu'il se laisserait accuser sans s'émouvoir plutôt que de se faire absoudre au prix d'une trahison.

Et dès lors elle eût reculé devant une parole qui ne pouvait plus être qu'une vaine et stérile allégation, et qui devait blesser douloureusement les consciences catholiques.

Elle vous eût ainsi épargné la peine d'entendre démontrer ici l'inanité de cette accusation, sur laquelle vous me permettrez, j'en suis sûr, de ne pas m'arrêter davantage.

Il me reste d'ailleurs, pour compléter ma tâche, à répondre à ce fait allégué par le rapporteur touchant les refus de sacrements, le seul, comme je l'ai montré tout à l'heure, qui mérite d'être rangé sous ce titre. Le voici :

« Des témoins ont déposé que le curé de Noyal-Pontivy avait menacé les habitants de ne point leur donner leurs pàques s'ils ne votaient pour M. de Mun..., et de refuser également la première communion à leurs enfants. »

Les témoins sont au nombre de deux : Busnel et Guevello. Busnel est cet ancien garde champêtre qui n'est pas de la commune, qui a fait en toute cette affaire métier de dénonciateur, et dont j'ai constaté déjà deux mensonges flagrants. Il affirme qu'on a menacé de refuser les premières communions ; Guevello déclare qu'on a menacé de refuser les pâques. Aucun d'eux ne dit d'ailleurs à qui la menace a été adressée ; ils ont entendu dire qu'on avait menacé, voilà tout! et c'est sur cette déposition que le rapporteur s'appuie

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