‹ Discours du général FoyChapitre 23 sur 67 · DE MILITAIRES · texte numérisé non relu

DE MILITAIRES

SÉANCE I>U 19 JUILLET iSsa.

L'ordonnance royale du i4 août 181 4 a promis du pain aux veuves des militaires. La loi du a5 mars 1817 a empêché l'exécution de la promesse royale. Vous voulez aujourd'hui remplir la lacune qui existe dans cette partie de la légis* lation. Or les articles du projet ne me semblent pas atteindre ce but. J'ai l'honneur de vous proposer, sous la forme d'amendement, la rédaction suivante :

<c II sera accordé des pensions du quart du ma^ « ximum de la pension d'ancienneté attribuée à « chaque grade militaire ;

« i*" Aux veuves des militaires morts en jouis- « sance de la pension de retraite ou en possession « des droits à cette pension ;

« a° Aux veuves des nailitaires morts au service « après vingt années d'activité.

ce Les veuves des militaires qui viendront à «mourir après la publication de la présente loi, tf n'auront droit à ladite pension qu'autant que

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rer des États-Unis une partie de leurs approvisionnements. L'émancipation de l'Amérique du sud pofte le dernier coup au système dumonopole réciproque.

Les Antilles ^ne sont plus ni les jardins ni les fiefs de l'Europe. C'est une illusion de notre jeunesse à laquelle il faut renoncer. La nature les a placées sur les rivages de l'Amérique. Avec TAmérique est leur avenir. C'est comme entrepôts de commerce, comme grands marchés posés entre les deux hémisphères, qu'elles figureront désormais sur la scène du monde. I>à, en regard de tant déjeunes pavillons, elles seront plus que jamais les postes avancés de l'agriculture, du commerce, de la politique de la vieille Europe.

C'est à elles, avec notre assistance, à varier leur industrie y à changer l'emploi de leurs capitaux, à s'ouvrir d'autres débouchés. Accordons-leur la'liberté du commerce, sauf quelques faveurs réd^ proques , propres à perpétuer les liens de la commune origine. Protégeons-les de notre renom, de notre puissance , même de notre trésor ; mais laissons-leur prendre les formes politiques qui conviennent aux localités. Laissons-les se constituer et s'administrer elles-mêmes , et surtout gardons-nous de les tromper ! •

Oui, messieurs, gardons -nous de tromper nos colonies ! En vain vous proclameriez définitif ce qui, de sa nature, est provisoire et caduc. La loi de douanes que vous discutez n'a pas le caractère de la durée. Ce que vous allez décider n'aura pas

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TefTet qu'on en attend, ou bien une autre législature le défera.

Malheur aux colonies , si des souvenirs trompeurs les entraînaient vers un avenir chimérique!...^ Malheur à elles , si une vente avantageuse , qui ne serait pas le résultat de l'économie dans les frais de production , propageait encore la culture et multipliait les ateliers de fabrication d'une denrée qui déjà surabonde dans tous les marchés de l'univers !

La richesse et la puissance ne sont plus là. Ce ne sont pas vos règlements mesquins de prohibition ou le redressement de quelques torts administratifs qui les feront revenir. Il n'est pas donné aux hommes de rendre la vie à ce qui n'est plus. Les temps sont accomplis; l'ancien régime colonial est fini.

Je rejette tout accroissement de surtaxe des sucres étrangers, et j'appuie l'amendement de M. Duvergier de Hauranne, comme le plus conforme au but que nous devons nous proposer, de soulager les colonies sans violer les intérêts et les droits de la mère-patrie. Cet allégement sera pour nos Antilles l'équivalent du dégrèvement opéré l'an dernier sur notre contribution foncière. Mais, quel que soit le tarif que la chambre adoptera, je rentre dans Faroendement de M. Galmiche , et je demande que ce tarif ne soit voté que pour deux ou trois ans.

Je sais que toute loi de douanes est provisoire ; mais il importe d'attacher spécialement cette épi-

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thète à la loi actuelle, parce que d'ici à deux ou trois ans nous aurons le temps d'organiser ou de laisser s'organiser nos colonies , parce que d'ici là nos rapports de toute espèce avec le Nouveau- Monde seront définitivement fixés.

CHAMBRE DKS DÉPUTAS. — l8a2. I Sg

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