‹ Discours du général FoyChapitre 32 sur 67 · SUR L'EMPRUNT DES CENT MIIXIQNS · texte numérisé non relu

SUR L'EMPRUNT DES CENT MIIXIQNS

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Parmi les tristes souvenirs que nous ont légués les discussions de nos assemblées politiques pendant le règne de la terreur , il en est un plus particulièrement affligeant pour les amis de la liberté. Je veux parler de l'argumentation favorite de certains orateurs sinistres de cette époque.

Ils ne manquaient jamais, en ouvrant le débat, d'attaquer le droit qu'on avait de leur répondre , et d'accuser par anticipation les intentions de ceux qui se préparaient à les combattre. Ce qui était alors l'explosion d'une passion farouche , on pourrait le dédaigner aujourd'hui , comme n'étant plus que la précaution obligée d'une mauvaise cause.

Cependant il importe à notre hoijneur et à notre droit de repousser des prétentions calomnieuses.. •• Qu'on cesse donc de nous parler de l'opinion qu'on égare , des soldats qu'on décourage. Vous est-il jamais revenu que les troupes anglaises fussent moins ardentes au combat, parce qu'une opposition vigoureuse , appuyée sur le peuple , devait ameuer tôt ou tard le ministère à composer ou à

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se retirer ? N'avez-vous pas entendu , dans toutes les guerres de notre temps , les plus beaux génies dont s'honore l'histoire parlementaire de la Grande- Bretagne , les Burke , les Fox , les Shéridan , demander , commander la paix à chaque session , et plusieurs fois dans la même sesion ?

Lord Chatam lui-même, qid avait été Idng-temps à la tête des conseils du. monarque ^ dont l'administration avait jeté tant d'éclat sur l'empire britannique ; lord Chatam n'a-t-il pas dit en plein parlement, lors de la guerre d'Amérique, qu'il se réjouissait de la résistance des Américains, comme d'un événement heureux pour son pays ? Et cependant les Américains étaient à l'Angleterre des sujets révoltés! £t l'on voudrait qu'en présence d'une stupide agression où la morale serait violée et les intérêts nationaux foulés aux pieds ^ on voudrait que nous restassions muets !

Non , messieurs, non ; mon droit est entier , maconscience est pure. On nous apporte la guerre : avant de la subir, je m'enquiers d'où elle vient; je lui demande où elle nous conduira ; j'examinerai ce que nous voulons , et j'examinerai ce que nous pouvons*

Qui veut la guerre ? Est-ce la nation ? est-ce le gouyernement?

La nation ! Eh quoi ! la nation voudrait voir ses ports et ses ateliers fermés, son commerce anéanti y son industrie dépérir, sa richesse passer à d'autres mains ! la nation supplierait qu'on ajoutât aujourd'hui y et toujours , de nouveaux emprunts , de

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